צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 170

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Quand D.ieu veut faire du bien à un homme et veut seulement qu'il prie, Il suscite une peine ou une crainte du même ordre, ou il voit un autre affligé et implore miséricorde pour lui. Rabbi Tsadok : toute chose que D.ieu veut faire venir se déploie en plusieurs teintes (gevanim) et contient aussi son contraire : la midda (mesure) s'éveille pour le bien, son contraire s'éveille, l'homme prie, et vient la chose redoutée, à l'envers, sous la forme des biens qu'elle contient. Les justes, leur commencement est souffrances et leur fin quiétude : l'homme voit d'abord la force du mal et, par cette souffrance, il l'adoucit. « De l'étroitesse j'ai appelé Hachem », et Il répond par l'espace large.

Aussi : la génération du Déluge destinée à la Torah ; trois dons précieux donnés à Israël par les souffrances ; dans les malédictions de Moché, la bénédiction cachée de la fuite sans poursuivant et de la vie d'Israël

‏[קע] כשהקב"ה רוצה להטיב לאדם ורוצה רק שיתפלל האדם על הדבר אז מזמין לפניו צער או פחד ‏מעין דבר זה וכדשז"ל (יבמות סד.) מפני מה היו אמהות עקרות כו'. או רואה אחר מעונה באותו ‏דבר ומבקש רחמים עליו כדי שיהי' הוא נענה וכמ"ש פחד פחדתי וגו'.

כי כל דבר שהש"י רוצה ‏להביא לעולם או לאדם היא מתפשטת לכמה גוונין ויש בה ההיפך ג"כ ח"ו וכד"ש (שמו"ר פ' ל וזח"ג ‏רטז ב) בדור המבול שהיו מעותדים לקבל תורה אלו זכו. וכן בכל דור ובכל אדם.

ולכך כשמתעורר ‏מדה זו לטובה מתעורר ג"כ ההיפך ח"ו ומרגיש פחד ומתפלל ובא הטוב. אבל לעולם הוא בא הדבר ‏שמתפחד רק שבא ההיפך דהיינו כל מיני טובה שבדבר זה.

וזה ענין מ"ש (ב"ר פ' סו) צדיקים ‏תחילתן יסורין וסופן שלוה פי' בכל דבר וכל מדה טובה וענין טוב תחילת הכניסה בו הוא בצער ‏כטעם כל התחלות קשות [ע"ד שא' (גיטין מג.) אין אדם עומד על ד"ת אא"כ כו'] וכד"ש פ"ק דברכות ‏‏(ה.) ג' מתנות טובות כו' וכברייתו של עולם ברישא כו' (שבת עז י). לפי שהעוה"ז רובו רע כידוע ‏ולכך כל דבר שמתעורר בו רואה הוא מקודם כח הרע שבו ומצטער וע"י הצער ממתיקו ומיד סופו ‏שלוה.

וכענין תלתא דפורעניתא ושבע דנחמתא שתיקנו רז"ל שהם ג' ראשונות וז' תחתונות ‏שההתחלה חלוק לג' והסוף לז' כידוע. והתחלת כל פעולה הוא מצד הכרח הפועל שחסר לאותה ‏פעולה א"כ ההתחלה מצד החסרון שהוא חסר ודחוק לכך ומן המיצר קראתי י"ה שמתוך הצער ‏זועק לה' ועונהו במרחב שזה נקרא נחמה דהיינו שמתנחם על צער העבר שרואה שאין צער כענין ‏ונסתם ואין רודף.

כי משרע"ה אוהב ישראל הי' בודאי לא קיללם רק בכל קללה טמון הברכה שיש בו ‏שא"א להגיע לו רק ע"י הקללה. ובקללת הניסה שם הוא הברכה שאין רודף כלל.

וכשמתעורר ‏הארה זו להכיר שאין רודף כלל מתעורר ג"כ ההיפוך שהוא הניסה וע"י הניסה מכיר תיכף אמיתות ‏יחוד הש"י עד שאין רודף כלל. וכן בקללת ולא תאמין בחייך הודיעך שאפי' בקלקלה הם קרויים ‏חיים ולא כרשעים שבחייהם קרויים מתים.

אלא שהם מגודל הפחד עד שלא יאמינו גם בכך שיש ‏להם חיי עולם בהכירם מעשיהם. ובאותו פסוק נתגלה זה שכל ישראל יש להם חיים דאומות ‏העכו"ם קרויים מתים ואין להם חיים כלל להאמין בהם.

וכשמתעורר פחד זה שאינו מאמין בעצמו ‏כלל אם יש לו חלק לעוה"ב. מתעורר ג"כ ההבטחה הברורה שיש לו חלק לעוה"ב וכן בכל דבר:

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[170] Quand le Saint béni soit-Il veut faire du bien à un homme et qu'Il veut seulement que cet homme prie pour cette chose, alors Il suscite devant lui une peine ou une crainte du même ordre que cette chose, ainsi que l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Yevamot 64a) : "pour quelle raison les matriarches étaient-elles stériles", etc. Ou bien il voit un autre homme affligé de cette même chose et il implore miséricorde pour lui, afin d'être lui-même exaucé, comme il est écrit : "la crainte que je craignais m'est advenue", etc.

(Iyov 3,25). Car toute chose que ה' béni soit-Il veut faire venir dans le monde ou sur un homme se déploie en plusieurs teintes (gevanim, nuances ou aspects), et elle contient aussi son contraire, à D.ieu ne plaise, comme ils l'ont dit (Chemot Rabba ch.

30 et Zohar III, 216b) au sujet de la génération du Déluge, qui était destinée à recevoir la Torah si elle en avait eu le mérite. Et il en va de même dans chaque génération et chez chaque homme.

C'est pourquoi, lorsque cette midda (mesure, attribut) s'éveille pour le bien, son contraire s'éveille lui aussi, à D.ieu ne plaise : l'homme ressent la crainte, il prie, et le bien vient. Mais c'est toujours la chose même qu'il redoutait qui vient, sinon qu'elle vient à l'envers, c'est-à-dire sous la forme de toutes les sortes de bien contenues dans cette chose.

Et tel est le sens de ce qui est dit (Bereshit Rabba ch. 66) : "les justes, leur commencement est souffrances et leur fin quiétude".

C'est-à-dire : en toute chose, en tout bon attribut et en tout sujet bon, le commencement de l'entrée en lui se fait dans la peine, selon le principe que tous les commencements sont difficiles [à la manière de ce qui a été dit (Guitin 43a) : "un homme ne se tient sur les paroles de Torah que s'il y a d'abord trébuché", etc.]. Et comme ils l'ont dit au premier chapitre de Berakhot (5a) : "trois dons précieux [furent donnés à Israël, et tous ne furent donnés que par les souffrances]", etc., et comme dans la création du monde : "au commencement l'obscurité, et ensuite la lumière", etc.

(Chabbat 77b). Car ce monde-ci est en majeure partie mauvais, comme on le sait, et c'est pourquoi, pour toute chose qui s'éveille en lui, l'homme voit d'abord la force du mal qui s'y trouve et il en souffre ; et par cette souffrance il l'adoucit, et aussitôt sa fin est quiétude.

Et il en va comme des trois [haftarot] de châtiment et des sept de consolation que nos maîtres de mémoire bénie ont instituées, qui sont les trois premières [sefirot] et les sept inférieures : le commencement se divise en trois et la fin en sept, comme on le sait. Et le commencement de toute action provient de la contrainte de l'agent, à qui cette action fait défaut ; ainsi le commencement est du côté du manque, car il est en manque et pressé par ce manque.

Et c'est : "de l'étroitesse j'ai appelé י-ה" (Tehilim 118,5), car du sein de la peine il crie vers ה', et Il lui répond par l'espace large, ce qui s'appelle consolation, c'est-à-dire qu'il se console de la peine passée en voyant qu'il n'y a pas de peine, à la manière de "vous fuirez alors que nul ne poursuit" (Vayikra 26,17). Car Moché notre maître, que la paix soit sur lui, aimait Israël : assurément il ne les a pas maudits ; seulement, dans chaque malédiction est cachée la bénédiction qu'elle contient, bénédiction qu'il est impossible d'atteindre autrement que par la malédiction.

Et dans la malédiction de la fuite se tient la bénédiction : qu'il n'y a absolument aucun poursuivant. Et lorsque s'éveille cette illumination, celle de reconnaître qu'il n'y a absolument aucun poursuivant, s'éveille aussi son contraire, qui est la fuite ; et par la fuite même il reconnaît aussitôt la vérité de l'unité de ה' béni soit-Il, au point qu'il n'y a absolument aucun poursuivant.

Et de même dans la malédiction "et tu n'auras pas foi en ta vie" (Devarim 28,66) : Il t'a fait savoir que même dans la ruine ils sont appelés vivants, et non comme les impies qui, de leur vivant, sont appelés morts. Seulement, à cause de l'immensité de la crainte, ils n'auront pas foi même en cela, à savoir qu'ils possèdent la vie éternelle, lorsqu'ils considéreront leurs actes.

Et dans ce verset même s'est révélé ceci : que tout Israël possède la vie, car les nations idolâtres sont appelées mortes et n'ont aucune vie du tout en laquelle on puisse avoir foi. Et lorsque s'éveille cette crainte, celle de ne pas croire du tout en soi-même quant à savoir s'il a une part au monde à venir, s'éveille aussi la promesse claire qu'il a bien une part au monde à venir.

Et il en va de même en toute chose.

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