צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 169

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Lorsqu'une crainte à propos d'une chose quelconque tombe sur un homme, qu'il demande aussitôt miséricorde pour en être sauvé, car on l'a éveillé du Ciel par cette crainte. Rabbi Tsadok rapporte que l'homme fasse toujours précéder la prière à la détresse : seul le Nom l'éveille par cette crainte. Il existe un dina kachia (jugement dur) impossible à adoucir une fois sorti à l'air du monde ; il faut l'adoucir dans sa racine, tant qu'il est encore dans le ventre de sa mère. Le mazal (racine suprême de l'âme) voit ce qui est encore dans la racine et s'effraie ; par la prière, on adoucit dans la racine, si bien que la chose sort ensuite en bien.

Aussi : Roch Hachana appelé conception du monde, pensée de créer par la midat hadin (attribut de rigueur) ; Éloul par la lettre youd et Nissan par la lettre hé ; les temps, ce sont les enfants d'Israël qui les sanctifient

‏[קסט] כאשר נופל על אדם פחד מאיזה דבר אז תיכף יבקש רחמים להנצל מזה כי לכך עוררוהו מן ‏השמים בפחד זה כמשאז"ל (סנהדרין מד:) לעולם יקדים אדם תפלה לצרה ומנין יודע קודם מן ‏הצרה ר"ל רק הש"י מעורר ע"י הפחד. כי יש דינא קשיא ר"ל שא"א להמתיק אחר צאתו לאויר ‏העולם רק צריך להמתיקו בשורשו בעודו בבטן אמו.

דמזל הוא השורש כידוע וכמ"ש במק"א ומזליה ‏חזי מה שהוא בשורש עדיין ומיבעית. ובתפלה ממתיק בשורש עד שיצא אח"כ טוב [וזה ענין ימי ‏אלול שהוא ל' יום לפני ר"ה שואלין ודורשין בענינו.

דל' יום מקודם הוא זמן ההכנה. וידוע דר"ה ‏נקרא היום הרת כו' שהוא המחשבה שעלה לברוא במדה"ד דהיינו סוף מעשה שהוא עת קץ ועוה"ב ‏שאז יהי' יצחק ראש ההנהגה כנודע שיהי' כל מיני טובה בדין זה הי' במחשבה תחלה.

ולהמתיק גם ‏הדינים דמחשבה בשרשם שהוא עומק ראשית דמחשבה [שזהו הנקרא מזלא כמ"ש במק"א] ‏מקדימים באלול להתפלל. ולהמתיק שם בעומק ראשית אין שייכות אף לרושם רע כלל כידוע.

ולכן ‏אמרו בס' יצירה דחודש אלול ביו"ד כידוע דברי רז"ל במנחות (כט:) ע"פ כי בי"ה וגו' עוה"ז בה' ‏ולכך חודש ניסן שהוא כפי סוף הבריאה ומעשה עוה"ז בה' ועוה"ב בי' והי' ראוי להיות כן תשרי. ‏אבל ידוע דהזמנים ישראל הוא דמקדשי להו והם קידשו לאלול בקדושה זו כי רצו להמתיק בשרשן ‏ולכך אלול בי' והוא ע"ש המחשבה כנודע.

ול' יום קודם היינו המחשבה לחשוב זו המחשבה ‏שהמחשבה דבוקה בשרשה]. ‏

[169] Lorsqu'une crainte à propos d'une chose quelconque tombe sur un homme, qu'il demande aussitôt miséricorde pour en être sauvé, car c'est pour cela qu'on l'a éveillé du Ciel par cette crainte, selon ce qu'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Sanhédrin 44b) : que l'homme fasse toujours précéder la prière à la détresse. Et d'où saurait-il, avant la détresse ?

C'est-à-dire : seul le Nom, béni soit-Il, l'éveille par le moyen de cette crainte. Car il existe un dina kachia (jugement dur, rigueur non adoucie), c'est-à-dire qu'il est impossible de l'adoucir une fois qu'il est sorti à l'air du monde ; il faut nécessairement l'adoucir dans sa racine, tant qu'il est encore dans le ventre de sa mère.

Car le mazal (la racine suprême de l'âme, sa source d'en haut) est la racine, comme il est connu et comme je l'ai écrit ailleurs, et "son mazal voit" (Meguila 3a) ce qui se trouve encore dans la racine, et il s'effraie. Et par la prière, il adoucit dans la racine, si bien que la chose sort ensuite en bien.

[Et tel est le sens des jours d'Éloul, qui sont les trente jours précédant Roch Hachana, où l'on interroge et l'on expose le sujet de la fête, car trente jours à l'avance est le temps de la préparation. Et il est connu que Roch Hachana est appelé "ce jour est la conception (harat) du monde", etc., ce qui désigne la pensée qui s'éleva de créer par la midat hadin (l'attribut de rigueur) ; c'est-à-dire la fin de l'acte, qui est le temps de la Fin et le monde à venir, où Its'hak sera alors la tête de la conduite du monde, comme il est connu, et où toute espèce de bien viendra par le jugement : cela fut en pensée dès le commencement (sof maasse be-ma'hchava tehila : la fin de l'acte est première dans la pensée).

Et c'est pour adoucir aussi les jugements de la pensée dans leur racine, laquelle est le commencement profond de la pensée (omek rechit) [c'est ce que l'on appelle mazala, comme je l'ai écrit ailleurs], que l'on anticipe en Éloul pour prier. Et quand on adoucit là, dans le commencement profond, il n'y a plus place même pour la moindre trace mauvaise, comme il est connu.

Et c'est pourquoi ils ont dit dans le Sefer Yetsira que le mois d'Éloul est par la lettre youd (י), selon les paroles connues de nos maîtres, de mémoire bénie, dans Menahot 29b sur le verset "car par י-ה [est formé le Rocher des mondes]" (Isaie 26,4) : ce monde-ci a été créé par la lettre hé (ה) [et le monde à venir par la lettre youd (י)]. Et c'est pourquoi le mois de Nissan, qui correspond à la fin de la création et à l'acte de ce monde-ci, est par la lettre hé (ה), tandis que le monde à venir est par la lettre youd (י) - et il aurait été juste qu'il en fut ainsi de Tichri.

Mais il est connu que les temps, ce sont les enfants d'Israël qui les sanctifient, et ce sont eux qui ont sanctifié Éloul de cette sainteté-là, car ils ont voulu adoucir dans leur racine ; c'est pourquoi Éloul est par la lettre youd (י), qui se rapporte à la pensée, comme il est connu. Et les trente jours qui précèdent, c'est justement la pensée : penser cette pensée-là, à savoir que la pensée est attachée à sa racine.]

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