צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 168

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Les frayeurs de l'homme proviennent des fautes : « Les fauteurs ont été saisis de frayeur à Sion » (Yechaya 33,14). Rabbi Tsadok les tient pour les tourments mêmes de la géhenne, et pour l'adoucissement des rigueurs (hamtakat ha-dinim) : le sel adoucit la viande, les souffrances adoucissent les fautes. Fautes, rigueurs et souffrances sont une seule réalité, nommée dinim au Trône, fautes chez les anges, souffrances en bas. La techouva, dont l'essentiel est dans le cœur, adoucit les rigueurs dans leur racine. La crainte permise des paroles de Torah y retourne l'amertume en douceur, jusqu'à ce que la crainte soit joie : « Je me suis réjoui du sein de ma crainte », seulement dans la crainte de D.ieu.

Aussi : un seul ange n'accomplit pas deux missions ; les autres craintes n'amènent à la joie que par la suite.

‏[קסח] הפחדים של האדם הוא מן החטאים כמשז"ל (ברכות ס.) וכמ"ש פחדו בציון וגו' והפחדים ‏הם ממש יסורי גיהנם עי' ראב"ד על ס' יצירה בענין יסורי גיהנם. ודבר זה הוא המתקת הדינים ‏כמשז"ל (שם ה.

וזח"ג קנג סע"א) וזה מלח ממתקת הבשר אף יסורין ממתקין העונות. והחטאים ‏והדינים והיסורים הכל דבר אחד כמשז"ל (ב"ב טז.) יורד ומסית עולה ומקטרג יורד ונוטל נשמה.

‏והרי אז"ל (בר"ר פ' נ) אין מלאך א' עושה ב' שליחות היינו דהמלאך נקרא כח אותו דבר [וכמ"ש ‏במ"נ ויציבא מילתא גם מטעם חכמי האמת במ"ש במק"א] וכל כח וכח מיוחד בפ"ע. וע"כ דזה הכל ‏ענין א' ובעולם הכסא ששם מלך יושב על כסא דין נקרא דינים ובעולם המלאכים נקרא חטאים ‏כמשז"ל (מ"ר איכה א' ו) מתיש כח פמליא של מעלה.

ולמטה יסורים. והמתקת החטאים הוא ‏המתקת הדינים.

וע"י התשובה אז נעשה המתקת הדינים בשרשם. כי השורש הכל בלב ועיקר ‏תשובה בלב זה נקרא המתקה בשורש.

וזהו ג"כ הפחד בד"ת דשרי שמפחד על מה שעבר על ד"ת. ‏וכמ"ש בעזרא שהעם רעדו מאוד על העבירה ולא שמפחד מפני מילי דעלמא זהו אשרי.

כי הוא ‏המתקה בשורש דאתהפיך מרירו למתוק שהפחד עצמו שמחה כמ"ש בתדב"א רבא (ר"פ ג) אני ‏שמחתי מתוך יראתי וזה א"א רק ביראת ה' אבל בשאר יראות רק מביא לידי שמחה אח"כ: ‏

[168] Les frayeurs de l'homme proviennent des fautes, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Berakhot 60a), et comme il est écrit : "Les fauteurs ont été saisis de frayeur à Sion" (Isaie 33,14). Et ces frayeurs sont littéralement les tourments de la géhenne - voir le Raavad (Rabbi Avraham ben David) sur le Sefer Yetsira, au sujet des tourments de la géhenne.

Or cette chose est l'adoucissement des rigueurs (hamtakat ha-dinim, l'adoucissement des jugements sévères), comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (ibid. 5a, et Zohar III 153a, bas de page) : de même que le sel adoucit la viande, ainsi les souffrances adoucissent les fautes.

Et les fautes, les rigueurs (dinim) et les souffrances sont toutes une seule et même chose, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Baba Batra 16a) : il descend et incite, il monte et accuse, il descend et prend l'âme. Or nos maîtres ont dit (Bereshit Rabba, chapitre 50) qu'un seul ange n'accomplit pas deux missions ; c'est-à-dire que l'ange est le nom de la force de cette chose même [comme il est écrit dans le Moreh Nevoukhim (Guide des égarés, du Rambam), et la chose est solidement établie aussi selon le raisonnement des sages de la vérité (les kabbalistes), d'après ce que j'ai écrit ailleurs], et chaque force est distincte en elle-même.

Il faut donc dire que tout cela est une seule et même réalité : dans le monde du Trône, où "le Roi siège sur un trône de jugement", cela se nomme rigueurs (dinim) ; dans le monde des anges, cela se nomme fautes, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Midrach Rabba, Eikha 1,6) : elles affaiblissent la force de la cour céleste (pamalia chel maala) ; et en bas, cela se nomme souffrances. Et l'adoucissement des fautes est l'adoucissement des rigueurs.

Et par la techouva (le retour, le repentir), l'adoucissement des rigueurs se fait alors dans leur racine : car la racine de tout est dans le cœur, et l'essentiel de la techouva est dans le cœur - cela s'appelle un adoucissement dans la racine. Et telle est aussi la crainte relative aux paroles de Torah (divrei Torah), qui est permise : car il craint au sujet de ce qu'il a transgressé des paroles de Torah.

Et comme il est écrit dans Ezra, que le peuple tremblait fort à cause de la transgression (Ezra 10,9) ; et non pas qu'il craigne à cause des affaires de ce monde - c'est de celui-là qu'il est dit : "Heureux l'homme qui craint toujours" (Proverbes 28,14). Car c'est un adoucissement dans la racine, où l'amertume se retourne en douceur (de-it'hapekh merirou le-matok), au point que la crainte elle-même est joie, comme il est dit dans le Tana deve Eliyahou Rabba (début du chapitre 3) : "Je me suis réjoui du sein de ma crainte".

Et cela n'est possible que dans la crainte de ה' ; mais pour les autres craintes, cela ne fait qu'amener à la joie par la suite.

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