Les âmes d'Israël : chacune est un degré en soi, car Hachem yitbarakh ne fait pas deux choses exactement semblables. Selon Rabbi Tsadok, les âmes forment une stature (koma) complète, chaque âme aussi ; chacune s'élève à travers autant de degrés qu'il y a d'âmes en Israël. L'essentiel du labeur est d'atteindre son degré, depuis la fin de tout jusqu'à lui. Depuis lui et vers le haut, les âmes déjà sorties l'assistent par le ibbour (imprégnation d'une âme) : la force d'effort de ce degré est demeurée dans le monde. Dans ces générations, moins de labeur suffit après son degré ; en contrepartie, les premiers venaient d'un lieu plus élevé, et le yetser pèse autant que leur effort.
Aussi : dans les talons du Messie, l'essentiel porte sur les fautes foulées des talons, la garde de l'alliance et la sortie de l'habitude ; Ezra n'est monté qu'après avoir établi sa propre généalogie
[קסה] הנפשות מישראל כל אחד מדרגה בפני עצמו כי אין הש"י עושה ב' דברים שוים ממש דא"כ מה צורך לב' [ועוד ברוחניים במה יתחלק א' מב' אם לא בחילוק מדרגה] וכל הנפשות קומה א' שלימה וכן כל נפש פרטית קומה שלימה נמצא יש לכל נפש לעלות במדרגות כמספר הנפשות מישראל. ועיקר היגיעה להגיעה עד מדרגת עצמו דהיינו ממנו [ממקום נפשו בקומה הכללית] ולמטה מסוף הכל עד מדרגה שלו אבל ממנו ולמעלה שכבר יצאו נפשות שלימות ממדרגות ההם [כי המדרגות הולכים ממעלה למטה.
ואנו היום בעקבות משיח מן העקביים עיקר בעבירות שאדם דש בעקביו ושמירת הברית וכן המצות והשתדלות לצאת מן ההרגל] יש לו סייעתא גדולה מאותם הנפשות שכבר יצאו שכשמגיע למדרגה של כל אחד [בקומה הכללית] הוא בא ומסייעו כמ"ש במק"א בסוד העבור. כי אותו כח ההשתדלות של מדרגה זו כבר נשאר בעולם [ע"י ההבלא דגרמי כמ"ש במק"א] ואין צריך יגיעה כ"כ רק עד לו [וזה סוד מ"ש (ב"ב טו.) לא עלה עזרא מבבל עד שייחס עצמו] ולכן בדורות אלו אין צריך יגיעה כ"כ כבדורות ראשונים ונקל לבוא למדרגות מיד שהגיע למדרגת עצמו.
אבל לעומת זה הי' מעלת הראשונים שהיו ממקום יותר גבוה וכ"כ מכביד עלינו היצר אותה יגיעה מועטת בדורינו כהשתדלות המרובה שלהם:
[165] Les âmes d'Israël : chacune est un degré en soi, car Hachem yitbarakh (le Nom béni soit-Il) ne fait pas deux choses exactement semblables, car s'il en était ainsi, à quoi bon la seconde ? [Et de plus, dans les réalités spirituelles, en quoi l'une se distinguerait-elle de l'autre sinon par la différence de degré ?] Or l'ensemble des âmes forme une seule stature (koma) complète, et de même chaque âme particulière est une stature complète ; il se trouve donc que chaque âme doit s'élever à travers autant de degrés qu'il y a d'âmes en Israël.
Et l'essentiel du labeur est de parvenir jusqu'à son propre degré, c'est-à-dire depuis lui [depuis la place de son âme dans la stature générale] et vers le bas : depuis la fin de tout jusqu'à son degré à lui. Mais depuis lui et vers le haut, là où des âmes complètes sont déjà sorties de ces degrés-là [car les degrés vont du haut vers le bas ; et nous, aujourd'hui, nous sommes dans les talons du Messie (ikveta dimchiha, les temps qui précèdent la délivrance), du côté des talons : l'essentiel porte sur les fautes que l'homme foule de ses talons, sur la garde de l'alliance (chemirat habrit), ainsi que sur les mitsvot et sur l'effort de sortir de l'habitude] - il a une grande aide (siyata) de la part de ces âmes qui sont déjà sorties : car lorsqu'il parvient au degré de chacune d'elles [dans la stature générale], celle-ci vient et l'assiste, comme je l'ai écrit ailleurs au sujet du secret du ibbour (l'imprégnation d'une âme dans une autre).
Car cette force d'effort propre à ce degré est déjà demeurée dans le monde [par le moyen du havla degarmei (le souffle des ossements), comme je l'ai écrit ailleurs], et il n'est pas besoin d'un si grand labeur, mais seulement jusqu'à lui-même. [Et c'est là le secret de ce qui est dit (Baba Batra 15a) : Ezra n'est pas monté de Babylone avant d'avoir établi sa propre généalogie.] C'est pourquoi, dans ces générations-ci, il n'est pas besoin d'autant de labeur que dans les premières générations, et il est aisé de parvenir aux degrés dès l'instant où l'on a atteint son propre degré.
Mais en contrepartie, telle était la grandeur des premiers, qui provenaient d'un lieu plus élevé ; et le yetser (le penchant au mal) nous rend ce labeur réduit, dans notre génération, aussi pesant que leur effort considérable était pour eux.