Dans l'opinion des gens, le baal techouva (le repentant) n'est pas comme le tsadik gamour (le juste parfait), et les fautes déjà commises ne sont pas tenues pour des mérites, bien qu'on croie les Sages. Rabbi Tsadok appelle la techouva alma de-itkassia (le monde dissimulé) : sa préciosité n'est pas révélée aux gens. De Yaakov, racine d'Israël, il est dit : « Léa était haïe » ; selon le révélé elle revenait à Essav, et elle pleurait : c'est le secret de la techouva. Rachel a la beauté des actes dans l'alma de-itgalia (le monde révélé) ; l'essentiel des enfantements vient de Léa par la techouva : l'homme ne se tient sur la Torah qu'après avoir trébuché, et il hait pourtant cette techouva.
Aussi : la hassaga (l'atteinte) des prophètes, « paix, paix à celui qui est loin et à celui qui est proche » ; Rachel jalouse sa sœur et Léa cesse d'enfanter ; la jalousie d'Éphraïm divise la royauté de David.
[קסד] בדעת בנ"א אין הבע"ת כמו הצדיק גמור וא"צ לומר שיהיו החטאים שעשה כבר חשובים כזכיות אע"פ שמאמין בדרז"ל שזדונות נעשו כזכיות וגם אמרו (ברכות לד:) במקום שבע"ת כו' [ומאן דפליג היינו בענין השגת הנביאים דמר יליף מקרא דלרחוק ולקרוב שהוא בנביאים ולדעתו אינו כן מצד הנבואה. דצדיק גמור עין לא ראתה שזהו רק מצד הש"י.
אבל תשובה שייכות לכנס"י רק הוא כטעם לא זז מחבבה עד שקראה אמי שגדולה ממנו ועוד דברים בגו ואכ"מ] והיינו לפי שהתשובה נקרא עלמא דאתכסיא ואינו נגלה לבנ"א היקרות והיופי שבה. ויעקב אע"ה שורש כל ישראל נאמר בו כי שנואה לאה ועי' בזוהר הטעם.
והיינו כמשאז"ל (ב"ב קכג.) שהיו אומרים הגדולה לגדול כו' היינו לפי הנגלה שייכת ח"ו לחלק עשו והיתה בוכה זהו סוד התשובה. משא"כ רחל יפה תואר ויפה מראה שהכל אומרים הקטנה לקטן כי בעלמא דאתגליא יש בה יופי מעשים.
אבל מ"מ עיקר תולדות משל לאה שעיקר ההולדה התחדשות ד"ת ונפשות לרצון ה' הכל ע"י מדרגת התשובה. ובאמת היא אמו כמ"ש בתדב"א (זוטא פ"ה) דאין לך מדה טובה ודבר טוב בא לבנ"א אלא ע"י עניות פי' בד"ת כמשז"ל בגיטין (מג.) ע"פ והמכשלה וגו' שאין אדם עומד כו' וע"י העבירה והתשובה נולד החיות אח"כ.
אך סני ב"נ עריין דאימי' ומטבע האדם ששונא התשובה על הרע ואע"פ שזהו עיקר שהעמידו על מה שהוא מ"מ אין חפץ לידבק בזה. אבל באמת אין אשה אלא לבנים והתולדות רק מלאה [וגרם עד ותקנא רחל וגו' לפי שזה עיקר.
וכ"כ כח הקנאה שהועיל שאז עמדה לאה מלדת דפ' ותקנא וגו' נאמר שם ע"ש ולא ילדה עד שאמר לה רחל לכן ישכב וגו' וסילקה קנאתה. וכן דוד המע"ה שהקים עולה של תשובה נאמר וסרה קנאת אפרים וגו' זרעא דרחל והוא דרגא דצדיק כידוע והועיל לחלוק מלכות ב"ד שזה חסרון בעצם מלכות ב"ד לפי שעה ואכ"מ]:
[164] Dans l'opinion des gens, le baal techouva (le repentant) n'est pas comme le tsadik gamour (le juste parfait), et il va sans dire que les fautes qu'il a déjà commises ne sont pas tenues pour des mérites, bien qu'on croie aux paroles de nos Sages, de mémoire bénie, selon lesquelles les fautes volontaires deviennent comme des mérites, et bien qu'ils aient dit aussi (Berakhot 34b) : à la place où se tiennent les baalei techouva, etc. [Et celui qui conteste, c'est au sujet de la hassaga (l'atteinte, la perception) des prophètes : car ce maître-là l'apprend du verset paix, paix à celui qui est loin et à celui qui est proche (Isaie 57,19), qui se trouve dans les Prophètes, et selon son avis il n'en va pas ainsi du côté de la prophétie.
Car du tsadik gamour il est dit : aucun œil n'a vu (Isaie 64,3), et cela ne vient que du côté de ה' ; tandis que la techouva relève de Kenesset Israël (l'assemblée d'Israël), et elle n'est que selon le sens de : Il n'a cessé de la chérir jusqu'à ce qu'Il l'appelle ma mère, car elle est plus grande que lui ; et il y a encore d'autres choses là-dedans, et ce n'est pas ici le lieu.] Et cela, parce que la techouva est appelée alma de-itkassia (le monde dissimulé), et que la préciosité et la beauté qui sont en elle ne sont pas révélées aux gens. Et de Yaakov, notre père, que la paix soit sur lui, racine de tout Israël, il est dit : Léa était haïe (Genèse 29,31) - et vois dans le Zohar la raison.
Et c'est comme ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie (Baba Batra 123a), qu'on disait : l'aînée pour l'aîné, etc. - c'est-à-dire que, selon le révélé, elle revenait, à D.ieu ne plaise, à la part d'Essav, et elle pleurait : c'est là le secret de la techouva. Ce qui n'est pas le cas de Rachel, belle de taille et belle d'apparence (Genèse 29,17), dont tous disent : la cadette pour le cadet, car dans le alma de-itgalia (le monde révélé) il y a en elle la beauté des actes.
Mais malgré tout, l'essentiel des enfantements vient de Léa, car l'essentiel de l'enfantement - le renouvellement de paroles de Torah et des âmes selon la volonté de ה' - se fait entièrement par le degré de la techouva. Et en vérité elle est sa mère, comme il est écrit dans le Tana de-vei Eliyahou (Zouta, ch.
5) : tu n'as pas de bonne mesure ni de bonne chose qui vienne aux gens sinon par la pauvreté - c'est-à-dire dans les paroles de Torah, comme l'ont dit nos Sages en Guittin (43a) sur le verset et cette ruine est sous ta main (Isaie 3,6), que l'homme ne se tient sur des paroles de Torah que s'il y a d'abord trébuché, etc. ; et c'est par la faute et par la techouva que naît ensuite la vitalité. Mais sanei bar nash eryan de-imei (l'homme hait la nudité de sa mère), et il est dans la nature de l'homme de haïr la techouva portant sur le mal ; et bien que ce soit là l'essentiel, ce qui l'a établi dans ce qu'il est, il n'a malgré tout aucun désir de s'y attacher.
Mais en vérité la femme n'est que pour les enfants, et les enfantements ne viennent que de Léa. [Et cela a mené jusqu'à : Rachel jalousa sa sœur, etc.
(Genèse 30,1), parce que c'est là l'essentiel. Et telle fut la force de cette jalousie qu'elle produisit son effet : c'est alors que Léa cessa d'enfanter, car le passage Rachel jalousa, etc. est dit là - vois sur place - et elle n'enfanta plus jusqu'à ce que Rachel lui dise : c'est pourquoi il couchera avec toi cette nuit (Genèse 30,15), et qu'elle écarte ainsi sa jalousie.
De même David, roi d'Israël, que la paix soit sur lui, qui a relevé le joug de la techouva, il est dit : et la jalousie d'Ephraim disparaîtra, etc. (Isaie 11,13) - la semence de Rachel, et c'est là le degré du tsadik, comme on le sait ; et cette jalousie eut assez de force pour diviser la royauté de la maison de David, ce qui est un manque dans l'essence même de la royauté de la maison de David pour un temps ; et ce n'est pas ici le lieu.]