Par la mesirat nefech (le don de soi) jusqu'à la mort, dans sa pensée et en toute vérité, celui qui consent de plein gré à mourir si telle est la volonté de Hachem Yitbarakh est sauvé du décret de mort, enseigne Rabbi Tsadok. Sa pensée et l'acceptation valent comme un acte : il est ensuite comme s'il venait dans un second guilgoul (réincarnation), sachant ce qu'il a abîmé et pouvant le réparer (tikoun). Aucune faute n'est sans réparation par ce moyen, car la mort expie tout. C'est pourquoi le psaume « Vers Toi, Hachem, j'élève mon âme » (Tehilim 25,1) s'achève par נפ״א : « et Lui délivrera Israël de toutes ses fautes » (Tehilim 130,8).
Aussi : David a mérité le rachat sur la mort par l'annulation du penchant d'idolâtrie ; Yossef a tenu dans l'épreuve de la faute, le Machiah fils de Yossef meurt ; Pinhas, c'est Eliahou, a livré son âme face à Zimri.
[קנח] ע"י מס"נ למיתה במחשבתו באמת גמור שמסכים בלבו אם רצון הש"י וטוב לו יותר למות ח"ו הוא רוצה כך ברצון טוב הוא ניצול מגזירת מיתה ר"ל. כמש"ל שמחשבתו וקבלתו על עצמו כמעשה והוא אח"כ כאלו בא בגלגול שני לזה העולם והוא ידע מה שקלקל בגלגולו הראשון ויכול לתקנו בגלגול זה.
ואין לך שום עבירה שבעולם שאין לו תיקון עי"ז כי המיתה מכפרת על הכל. ולכן מזמור דאליך ה' נפשי אשא מסיים בנפ"א והוא יפדה את ישראל מכל עונותיו [ועי"ז דמס"נ למיתה היינו שהוא כלא נחשב בעיני עצמו עי"ז דבוק באותה מדרגה שנקרא הו"א כנודע].
ולכך דוד המע"ה הגבר שהקים עולה של תשובה אמר דבר זה. כי ראשי היצרים הם ב' דעבירה ודע"ז כמ"ש ביומא (סט:) ובשהש"ר ומשניהם מי שפורש מיית כמ"ש בע"ז (יז.) וזכה דוד לאליך ה' וגו' פדיון על המיתה וחיים שאל ממך נתת לו.
והיינו כי ב' היצרים הנ"ל הם ב' קצוות שהם הפכיים זה לזה כנודע ויוסף עמד בנסיון דעבירה ולא דוד. והנה המשפט מיית במשיח בן יוסף ומשיח בן דוד הוא להיפך רק דמיוסף יצא ירבעם שהוא יצרא דע"ז ודבר זה א"א לאדם לתקן רק ע"י ביטולו מן העולם לגמרי ע"י אנכה"ג בטענת לא הוא ולא אגרי'.
משא"כ יצרא דעבירה צריך בעולם כדאי' התם ולכך אין מגיע המיתה ואכ"מ. ולכך זכה דוד לדרגא דמס"נ למיתה בחיים שהוא רק ע"י בטול יצרא דע"ז אצלו לגמרי שאין שום כח זולת הש"י ומוסר עצמו כולו להש"י ואכמ"ל עוד.
[ופנחס זה אלי' מלאך הברית ובא מזרעא דיוסף שפטפט ביצרו רק שבטים ביזוהו מזרעא דיתרו שפיטם כו' יצרא דע"ז כנ"ל רק הוא מסר נפשו לנדתה בזמרי שאלמלי נהפך זמרי והרגו כו' כמשאז"ל (סנהדרין פב.) ולכן זכה לברית שלום באלי' דחי לעולם]:
[158] Par la mesirat nefech (le don de soi) jusqu'à la mort, dans sa pensée, en toute vérité, lorsqu'il consent dans son cœur que si telle est la volonté de Hachem Yitbarakh et qu'il vaut mieux pour lui mourir, à D.ieu ne plaise, il le veut ainsi de plein gré - il est sauvé du décret de mort, que le Miséricordieux nous en préserve. Comme il a été dit plus haut : sa pensée et l'acceptation qu'il prend sur lui-même valent comme un acte, et il est ensuite comme s'il venait dans un second guilgoul (réincarnation) en ce monde, sachant ce qu'il a abîmé lors de son premier guilgoul et pouvant le réparer (tikoun) dans celui-ci.
Et il n'est au monde aucune faute qui n'ait par ce moyen sa réparation, car la mort expie tout. C'est pourquoi le psaume 'Vers Toi, ה', j'élève mon âme' (Tehilim 25,1) s'achève par נפ״א : 'et Lui délivrera Israël de toutes ses fautes' (Tehilim 130,8).
[Et par cela, par la mesirat nefech jusqu'à la mort, c'est-à-dire qu'il est comme rien à ses propres yeux, il est par là attaché à ce degré appelé הו״א, comme on sait.] Et c'est pourquoi David, le roi, que la paix soit sur lui, 'l'homme qui a établi le joug de la techouva (retour)' (Moed Katan 16b), a dit cette chose. Car les têtes des penchants (yetsarim) sont deux : celui de la faute et celui de l'idolâtrie (avoda zara), comme il est dit dans Yoma (69b) et dans le Chir HaChirim Rabba ; et de l'un comme de l'autre, celui qui s'en sépare meurt, comme il est dit dans Avoda Zara (17a).
Et David a mérité 'Vers Toi, ה', j'élève mon âme' etc., rachat (pidyon) sur la mort, et 'il t'a demandé la vie, Tu la lui as donnée' (Tehilim 21,5). C'est-à-dire que les deux penchants susdits sont deux extrêmes opposés l'un à l'autre, comme on sait ; et Yossef a tenu dans l'épreuve de la faute, mais non David.
Or le jugement 'il meurt' vaut pour le Machiah fils de Yossef, tandis que pour le Machiah fils de David c'est l'inverse ; seulement, de Yossef est sorti Yerovam, qui est le penchant de l'idolâtrie, et cette chose-là, l'homme ne peut la réparer que par son annulation totale hors du monde, ce que firent les hommes de la Grande Assemblée (Anshei Knesset HaGuedola) avec l'argument 'ni lui ni son salaire' (lo hou vela agrei). Il n'en va pas de même du penchant de la faute, dont le monde à besoin, comme il est rapporté là-bas ; c'est pourquoi la mort n'y advient pas, et ce n'est pas ici le lieu [d'en traiter].
Et c'est pourquoi David a mérité le degré de la mesirat nefech jusqu'à la mort de son vivant, degré qui ne s'obtient que par l'annulation complète, chez lui, du penchant de l'idolâtrie : qu'il n'est aucune force hormis Hachem Yitbarakh, et il se livre tout entier à Hachem Yitbarakh ; et ce n'est pas ici le lieu d'en dire davantage. [Et Pinhas, c'est Eliahou, l'ange de l'alliance (Malahi 3,1) ; il vient de la semence de Yossef, qui a rabroué son penchant, sauf que les tribus le méprisaient comme venant de la semence de Yitro qui avait engraissé [des veaux] etc., soit le penchant de l'idolâtrie comme il a été dit ; seulement, lui a livré son âme face à son impureté (לנדתה) dans l'affaire de Zimri, car si Zimri s'était retourné et l'avait tué, etc., comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie (Sanhédrin 82a) ; c'est pourquoi il a mérité l'alliance de paix (Bamidbar 25,12), en Eliahou qui vit à jamais.]