L'honneur de l'homme dans ce monde-ci est à la mesure de sa pureté dans ses affaires facultatives, vêtements des affaires de mitsva. Les actes de Tora sont pour Rabbi Tsadok l'œuvre du talmid 'ha'ham ; dere'h erets s'appelle 'am ha-arets, feuilles pour les grappes. Après l'expulsion d'Adam ha-richon du Gan Éden, on lui fit des vêtements : ici le facultatif habille le corps des mitsvot ; au Gan Éden le vêtement vient des actes de Tora et de mitsvot, le corps n'étant que pensées et volontés. « Dans ma ville » sera le monde à venir, le Yovel : « vous retournerez chacun à sa propriété », le nom indiquant l'essence de la racine, nus comme avant la faute, sans place à l'effort.
Aussi : intentions du cœur, encore « hors de ma ville » ; après la mort, la nechama est le corps et le corps n'est que vêtement ; Rabbi Chimon bar Yo'haï déjà comme au Gan Éden, sans dere'h erets.
[קנה] הכבוד של האדם בעוה"ז הוא כפי טהרתו בדברי הרשות שלו שהם הלבושין בעוה"ז לדברי המצוה. וכמ"ש בזוהר (בשלח סא א) דנצח והוד לבושי מלכא והם תרין בדי ערבה כמ"ש ברע"מ ובתיקונים שעליהם אז"ל בוי"ר פ' אמור ערבה לא טעם ולא ריח כך כו' ע"ש.
וכן המשילו בחולין (צב.) ע"ה ות"ח לעליא ואתכליא ע"ש. וכן יש בפעולת כ"א בעצמו.
פעולות התורה הם מעשה ת"ח ופעולות דרך ארץ נקרא ע"ה. וכן דרשו רז"ל (סוכה כא:) על ועליהו לא יבול אפי' שיחת חולין כו' שהם עליא לאתכליא דהיינו ד"ת ואלמלא עליא כו' כמ"ש בברכות (לה:) הנהג בהן כו'.
במטותא מיניכו כו'. והרבה כו' ולא עלתה.
דאלמלא כו'. וא' בשבת (קיג.) דמאני מכבדותא (ושם קמה:) ובלא מתא תותבאי.
והיינו דאחר שנתגרש אדה"ר מג"ע שהוא מקומו עשו לו מלבושים וכפיהם הוא הכבוד. וזהו בעוה"ז שפעולות התורה ומצות הוא נקרא גוף האדם והרשות הוא מלבושיו אבל בג"ע הלבוש מפעולת התורה ומצות כמ"ש בזוהר (ויקהל רי א) והיינו דגוף האדם שם נקרא רק המחשבות ורצונות שבמוח ולב [וכמו שבעוה"ז הגוף נקרא גוף האדם והלבוש הוא המלבוש את הגוף.
ולאחר מיתה אז גוף האדם נקרא הנשמה והגוף נקרא רק לבוש. וזהו דרגא דרשב"י בברכות שם דלית לי' הנהג בהן מדת ד"א כי הוא זכה בעוה"ז ממש להיות כמו בג"ע שהגוף רק לבוש ועליא לאתכליא ולא המדת ד"א וכמ"ש בשבת (לג:) שהעניש להעוסקים בד"א ואכ"מ] ושם הכבוד כפי הפעולות שלו בתורה ומצות.
ועוד למעלה הלבוש כדאי' בזוהר (שם ב) מן הכונות שבלב ורצונות לתורה ומצות ע"ש. ושם הכבוד לכל א' כפי כונתו הטובה ועדיין נקרא בלא מתאי.
אבל במתאי זה יהי' בעוה"ב שהוא שנת היובל (כנודע בזוהר) שתשובו איש אל אחוזתו שם יהי' שמאי השם מורה על העצם ר"ל כפי עצם שורש כ"א במקור מחצב הנשמות. ואז יהיו ערומים כקודם החטא בלי לבוש שהלבוש נעשה רק ע"י ידיעה דטוב ורע וע"י הבחירה והשתדלות האדם שהוא הטורח דע"ש אבל אז יתברר שאין מקום להשתדלות כלל:
[155] L'honneur de l'homme dans ce monde-ci est à la mesure de sa pureté dans ses affaires facultatives (divrei ha-rechout : les actes permis, ni prescrits ni interdits), lesquelles sont, dans ce monde-ci, les vêtements des affaires de mitsva. Comme il est écrit dans le Zohar (Bechala'h 61a) : Netsa'h et Hod sont les vêtements du Roi, et ce sont les deux branches de saule (les deux bades de arava du loulav), comme il est dit dans le Ra'aya Mehemna (le Fidèle Berger, section du Zohar) et dans les Tikounim ; à leur sujet nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans le Vayikra Rabba, section Emor : le saule n'a ni goût ni odeur, de même etc., vois-y.
Et de même ont-ils comparé dans 'Houlin (92a) l'homme du peuple ('am ha-arets) et le sage de la Tora (talmid 'ha'ham) aux feuilles et aux grappes, vois-y. Et il en va de même à l'intérieur des actes de chacun : les actes de la Tora sont l'œuvre du talmid 'ha'ham, et les actes de la conduite du monde (dere'h erets) sont appelés 'am ha-arets.
Et ainsi nos Sages, de mémoire bénie, ont-ils expliqué (Soukka 21b) sur le verset "et son feuillage ne se flétrit pas" (Tehilim 1,3) : même la conversation profane etc. - car elles sont les feuilles pour les grappes, c'est-à-dire les paroles de Tora ; et sans les feuilles etc., comme il est dit dans Bera'hot (35b) : "conduis-les etc." (conduis les paroles de Tora avec la mesure de dere'h erets) ; "de grâce, je vous en prie etc." ; "et beaucoup etc., et cela ne leur a pas réussi" ; "car sans etc." Et il est dit dans Chabbat (113a) que les habits sont "ceux qui m'honorent" (mane me'habbedouta), et là-bas (145b) : "et hors de ma ville, mon vêtement" (be-la mata toutvai : hors de ma ville, c'est ma mise qui me recommande). Et c'est pourquoi, après qu'Adam ha-richon eut été chassé du Gan Eden, qui est son lieu, on lui fit des vêtements, et c'est selon eux qu'est l'honneur.
Et cela vaut dans ce monde-ci, où les actes de Tora et de mitsvot sont appelés le corps de l'homme, et le facultatif est ses vêtements ; mais dans le Gan Eden, le vêtement provient des actes de Tora et de mitsvot, comme il est écrit dans le Zohar (Vayakhel 210a) ; et ainsi le corps de l'homme y est appelé seulement les pensées et les volontés qui sont dans le cerveau et dans le cœur. [Et de même que dans ce monde-ci le corps est appelé le corps de l'homme et le vêtement est ce qui habille le corps, de même après la mort le corps de l'homme est appelé l'âme (nechama) et le corps n'est plus appelé que vêtement.
Et tel est le degré de Rabbi Chimon bar Yo'haï dans Bera'hot là-bas, qui n'a pas "conduis-les avec", la mesure de dere'h erets, car il a mérité dans ce monde-ci même d'être comme dans le Gan Eden, où le corps n'est que vêtement et les feuilles sont pour les grappes, et non la mesure de dere'h erets ; et comme il est écrit dans Chabbat (33b) qu'il punissait ceux qui s'occupaient de dere'h erets, et ce n'est pas ici le lieu d'en traiter.] Et là, l'honneur est à la mesure de ses actes dans la Tora et les mitsvot. Et plus haut encore, le vêtement, comme il se trouve dans le Zohar (ibid. b), est fait des intentions du cœur et des volontés pour la Tora et les mitsvot, vois-y.
Et là, l'honneur de chacun est à la mesure de sa bonne intention ; et cela s'appelle encore "hors de ma ville" (be-la matai). Mais "dans ma ville" (be-matai), cela sera dans le monde à venir, qui est l'année du Yovel (le jubilé, comme on le sait du Zohar), où "vous retournerez chacun à sa propriété" (Vayikra 25,13) ; là sera "mon nom" (chemai), le nom indiquant l'essence, c'est-à-dire selon l'essence de la racine de chacun dans la source d'où les âmes sont taillées.
Et alors ils seront nus comme avant la faute, sans vêtement, car le vêtement n'est advenu que par la connaissance du bien et du mal, et par le libre choix et l'effort de l'homme (hichtadlout), qui est le labeur de la veille de Chabbat ; mais alors il deviendra clair qu'il n'y a aucune place à l'effort du tout.