De même que l'homme doit croire en D.ieu, il doit ensuite croire en lui-même : croire que D.ieu a affaire à lui, qu'il n'est pas une œuvre vaine « qui furent en une nuit et périrent en une nuit » (Yona 4,10), ni comme les bêtes des champs perdues après leur mort. Pour Rabbi Tsadok, son âme vient de la source de la vie, et D.ieu y prend plaisir lorsqu'elle accomplit Sa volonté. « Ils crurent en Hachem et en Moché Son serviteur » (Chemot 14,31) : Moché désigne les six cent mille âmes d'Israël de cette génération, qui crurent que D.ieu les désirait, et Moché littéralement elles-mêmes, et qu'Il reçoit du contentement (nahat roua'h) du bien qui est en eux.
Aussi : moché est leur totalité et faute dans toutes les fautes d'Israël ; au veau d'or, le bris des Tables est littéralement la faute du veau ; à Kivrot HaTaava, à Meriva et aux explorateurs, sa faute est l'envoi « envoie pour toi »
[קנד] כשם שצריך אדם להאמין בהש"י כך צריך אח"כ להאמין בעצמו. ר"ל שיש להש"י עסק עמו ושאיננו פועל בטל שבין לילה כו' וכחיתו שדה שלאחר מיתתם נאבדו ואינם.
רק צריך להאמין כי נפשו ממקור החיים ית"ש והש"י מתענג ומשתעשע בה כשעושת רצונו. וזה פי' ויאמינו בה' ובמשה עבדו פי' משה ר"ל כלל ס"ר נפשות ישראל בדור ההוא האמינו שהש"י חפץ בהם [וממילא ג"כ במשה אשר הוא ממש הם וכמשאז"ל (ב"ב קכא:) שכל זמן שהיו ישראל נזופים לא נתייחד הדבור למשה.
וכמ"ש במק"א כי בכל חטאי ישראל חטא ג"כ משה שהוא כללותם כמו בעגל הי' חטא משה בשבירת הלוחות ובאמת הוא דבר תמוה וזר מאוד אפי' לקרוע ס"ת בחמתו ולהשליכה לארץ מכתב יד סופר דעלמא כ"ש הלוחות מכתב ה'. והוא ממש חטא דעגל כמ"ש במק"א וכשנא' לו יישר כחך ששברת ידע כי גם בנ"י כן כמ"ש בע"ז (ה.) בואו ונחזיק טובה לאבותינו כו' ובקברות התאוה א' הצאן ובקר ישחט וכן במי מריבה ובמרגלים הי' חטאי השליחות כמ"ש שלח לך לדעתך ואכמ"ל כולם] ורוצה ומקבל נח"ר מן חלק הטוב שבהם:
[154] De même que l'homme doit croire en ה' béni soit-Il, de même doit-il ensuite croire en lui-même. C'est-à-dire : croire que ה' béni soit-Il a affaire à lui, et qu'il n'est pas une œuvre vaine, de celles "qui furent en une nuit et périrent en une nuit" (Yona 4,10), ni comme "les bêtes des champs" qui, après leur mort, sont perdues et ne sont plus.
Il doit au contraire croire que son âme vient de la source de la vie, béni soit Son nom, et que ה' béni soit-Il y prend plaisir et s'en délecte lorsqu'elle accomplit Sa volonté. Et tel est le sens de "et ils crurent en ה' et en Moché Son serviteur" (Shemot 14,31).
Le sens de "Moché" est ici l'ensemble des six cent mille âmes d'Israël de cette génération-là : elles crurent que ה' béni soit-Il les désirait [et, par voie de conséquence, qu'Il désirait aussi Moché, lequel est littéralement elles-mêmes ; comme l'ont dit nos maîtres, de mémoire bénie (Bava Batra 121b), que tant qu'Israël était sous le blâme, la parole ne s'adressait pas en propre à Moché. Et comme je l'ai écrit ailleurs : dans toutes les fautes d'Israël, Moché aussi a fauté, car il est leur totalité.
Ainsi, lors du veau d'or, la faute de Moché fut le bris des Tables. Et c'est en vérité une chose étonnante et fort étrange : déchirer même un sefer Torah (rouleau de la Torah) dans sa colère et le jeter à terre, alors qu'il est de la main d'un scribe ordinaire, à plus forte raison les Tables, qui sont l'écriture de ה'.
Et c'est littéralement la faute du veau, comme je l'ai écrit ailleurs. Et lorsqu'il lui fut dit : "que ta force soit droite, d'avoir brisé", il sut qu'il en allait de même des enfants d'Israël, comme il est dit dans Avoda Zara (5a) : "venons et sachons gré à nos pères, etc." Et à Kivrot HaTaava, il dit : "le menu et le gros bétail seront-ils égorgés pour eux ?" (Bamidbar 11,22).
De même aux eaux de Meriva. Et de même avec les explorateurs : sa faute fut celle de l'envoi, comme il est dit "envoie pour toi", c'est-à-dire selon ton propre avis ; et ce n'est pas ici le lieu de les développer toutes] et qu'Il veut et reçoit du contentement (nahat roua'h) de la part de bien qui est en eux.