Le chagrin de l'âme (agmat nefech) pour ses fautes tient lieu de souffrances, comme l'écrit le Zohar au sujet du Machiah. Selon Rabbi Tsadok, l'âme du Machiah est l'ensemble des âmes de toutes les générations, et dans chaque âme le point de l'effort est le point du Machiah. Par ce point l'homme supporte la douleur pour les fautes, « broyé à cause de nos fautes » (Yechaya 53,5), et allège les souffrances. Elle éveille le point du Machiah et l'illumine ; le chagrin est agréé quand on parvient au délice (oneg) du Gan Eden. Ce feu provient de la crainte supérieure (yira ilaa), et « ceux qui craignent Mon Nom » méritent le « soleil de justice » (Malachie 3,20).
Aussi : l'âme du conducteur de la génération inclut les âmes de cette génération ; les Patriarches incluent les âmes en leur commencement ; le firmament au-dessus du Gan Eden est fait de paroles de Torah
[קנג] העגמת נפש שיש לאדם על עונותיו הוא תמורת יסורין וכמ"ש בזוהר (ויקהל ריב א) ממשיח ע"ש. וידוע דנפש מנהיג הדור הוא הכוללת כל נפשות הפרטיות שבדור.
ונפש משיח הוא כלל נפשות כל הדורות אחר השלימות של השתדלותם בעוה"ז [כמו שהאבות כוללים נפשות כל הדורות בהתחלתם ושורשם ומקור מוצאם] ונמצא בכל נפש פרטי נקודת השתדלותו אל התכלית האמיתי הוא נקודת משיח ובאותו נקודה הוא סובל צער על עונות שטעם מדוכא מעונותינו ומקיל בזה העונשים דיסורין. וע"ש דמקבלם בג"ע ר"ל שמתעורר ע"ז מכח ד"ת ע"ש (ר"י א') דרקיע שעל הג"ע נעשה מד"ת ע"ש והיינו שרואה חומר העונות וכיוצא.
וע"י הצער והעג"נ שיש לו בנקודת הלב מעונותיו עי"ז מתעורר תוקף נקודת משיח הגנוזה בו ומאיר לו. וע"ש (רי"א ב') דמאור של גיהנם בא לג"ע וזהו הסימן על העג"נ שנתקבל לפניו ית' כאשר בא עי"ז לעונג דהיינו ג"ע והיינו שמאיר לו מנקודת משיח דר"ל השלימות שבסוף.
וע"ש דההוא אשא נחית מלעילא רק כיון דמטי לארעא לא דקיק ר"ל שהוא מיראה עילאה וע"ד שאז"ל (חגיגה יג:) נהר דינור מזיעתן של חיות מתוקף היראה שלהם ויורד על ראש רשעים ועי"ז מתלבנים וזוכים יראי שמי דייקא לשמש צדקה יעו"ש:
[153] Le chagrin de l'âme (agmat nefech) qu'un homme éprouve pour ses fautes tient lieu de souffrances (yissourin), comme il est écrit dans le Zohar (Vayakhel 212a) au sujet du Machiah, vois-y. Et il est connu que l'âme du conducteur de la génération est celle qui inclut toutes les âmes particulières de cette génération, et que l'âme du Machiah est l'ensemble des âmes de toutes les générations, une fois achevé leur effort en ce monde-ci (olam hazeh) [de même que les Patriarches incluent les âmes de toutes les générations en leur commencement, leur racine et la source de leur provenance].
Il se trouve donc que, dans chaque âme particulière, le point de son effort vers la finalité véritable est le point du Machiah, et c'est par ce point qu'il supporte la douleur pour les fautes, ce qui est le sens de 'broyé à cause de nos fautes' (Isaie 53,5), et il allège ainsi les châtiments que sont les souffrances. Et vois là-bas qu'il les reçoit dans le Gan Eden (jardin d'Éden), c'est-à-dire qu'il s'éveille à cela par la force des paroles de Torah (divrei Torah) - vois là-bas (210a) que le firmament qui est au-dessus du Gan Eden est fait de paroles de Torah, vois-y - et cela veut dire qu'il voit la gravité des fautes et ce qui s'y rattache.
Et par la douleur et le chagrin de l'âme qu'il éprouve au point du cœur à cause de ses fautes, par cela s'éveille la puissance du point du Machiah enfoui en lui, et elle l'illumine. Et vois là-bas (211b) que la lumière du Guehinom (géhenne) vient au Gan Eden, et c'est là le signe que le chagrin de l'âme a été agréé devant Lui, béni soit-Il, lorsque l'on parvient par lui au délice (oneg), c'est-à-dire au Gan Eden, ce qui veut dire qu'il lui est fait lumière depuis le point du Machiah, à savoir la perfection de la fin.
Et vois là-bas que ce feu descend d'en haut, seulement, dès lors qu'il atteint la terre, il n'est plus subtil, c'est-à-dire qu'il provient de la crainte supérieure (yira ilaa), à la manière de ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie (Haguiga 13b), que le fleuve de feu (Nehar Dinour) vient de la sueur des Hayot (les créatures vivantes du char céleste), par la force de leur crainte, et qu'il descend sur la tête des impies, et par cela ils sont blanchis, et ce sont précisément 'ceux qui craignent Mon Nom' qui méritent le 'soleil de justice' (Malachie 3,20), vois-y.