Les temps de descente, sans désir pour la Torah ni le service divin, préparent une grande élévation, par le cri poussé devant sa bassesse. Rabbi Tsadok le lit dans « Ils partirent de Refidim et vinrent au désert du Sinaï » (Chemot 19,2) : Refidim, ils ont relâché leurs mains de la Torah, et cela prépare le don de la Torah. Les princes apportent les pierres de choham ; « nessiim », défectif, marque leur négligence, et la Guemara y voit des nuées. Par cette négligence et leur cri, les nuées apportent les pierres, plus précieuses que l'offrande. Les nuées sont ténèbres, et d'elles sort la lumière.
Aussi : « Il couvre les cieux de nuées », puis « il prépare la pluie pour la terre » (Tehilim 147,8) ; pour chaque prince, sa pierre
[קנא] עתות הירידה שיש לאדם שאין לו שום חשק לאורה ועבודה זהו הכנה לעלי' גדולה. והיינו ע"י הצעקה שצועק כשמתבונן על דרכיו ורואה שפלותו וירידתו.
וכמ"ש ויסעו מרפידים ויבואו מדבר סיני וידוע דרשת רז"ל (סנהדרין קו.) על רפידים שרפו ידיהם כו' וזה הי' הכנה למ"ת שהוא תכלית החיזוק ידים בד"ת. ונאמר והנשיאים הביאו את אבני השהם ודרז"ל (במד"ר פ' יב) נשיאים חסר לפי שנתעצלו כו' ובגמ' (יומא עה.) נשיאים ממש כו' פי' שע"י העצלות וצעקו לה' זכו לכך שהנשיאים ממש הם העננים הביאו להם אבני השוהם מסתמא לכל נשיא המציא אבנו וזה דבר יקר יותר מכל הנדבות ואלו הביאו נדבתם מקודם לא הי' להם זה עדיין.
והמשל בנשיאים שהוא חשך ע"פ העולם וממנה האורה יצא לכל באי עולם. וכן שמעתי ע"פ המכסה שמים בעבים ואח"כ עי"ז המכין לארץ מטר.
וכן עשו הם מתחלה העצלות הוא החושך.
[151] Les temps de descente que traverse l'homme, où il n'a aucun désir pour la Torah et le service divin (avodah), sont une préparation à une grande élévation. Et cela advient par le cri qu'il pousse lorsqu'il considère ses voies et voit sa bassesse et sa chute.
Comme il est écrit : "Ils partirent de Refidim et vinrent au désert du Sinaï" (Exode 19,2) ; et l'on connaît l'exposition de nos maîtres, de mémoire bénie (Sanhédrin 106a), sur Refidim (רפידים) : "ils ont relâché leurs mains" (rafou yedeihem) de la Torah, etc. Or cela même fut la préparation au don de la Torah (matan Torah), qui est le comble du raffermissement des mains dans les paroles de Torah.
Et il est dit : "Et les princes (nessiim) apportèrent les pierres de choham" (Exode 35,27), et nos maîtres, de mémoire bénie, ont exposé (Bamidbar Rabba ch. 12) que "nessiim" est écrit en graphie défective (sans le yod) parce qu'ils s'étaient montrés négligents, etc. ; et dans la Guemara (Yoma 75a) : il s'agissait de nessiim au sens propre (c'est-à-dire de nuées, le mot נשיאים signifiant à la fois princes et nuées), etc.
Explication : c'est par leur négligence même, et parce qu'ils crièrent vers ה', qu'ils méritèrent cela, que les nessiim au sens propre, c'est-à-dire les nuées, leur apportent les pierres de choham ; vraisemblablement, pour chaque prince elles procurèrent sa pierre. Et cela est chose plus précieuse que toutes les offrandes ; et s'ils avaient apporté leur offrande auparavant, ils n'auraient pas encore eu cela.
Et la parabole se trouve dans les nuées, qui sont ténèbres sur la face du monde, et c'est d'elles pourtant que sort la lumière pour tous les êtres venus au monde. Et de même j'ai entendu sur le verset "Il couvre les cieux de nuées", et ensuite, par cela même, "il prépare la pluie pour la terre" (Psaumes 147,8).
Et ainsi firent-ils : au commencement la négligence, qui est les ténèbres.