Lorsque le Saint béni soit-Il élève une chose bonne dans le monde, le même degré dans la sitra a'hra (l'autre côté) s'abaisse, et à l'inverse une chose mauvaise au comble de l'abaissement a, du côté de la sainteté, le même degré au comble de l'élévation. Rabbi Tsadok cite « car à Moi appartient tout premier-né, le jour où J'ai frappé tout premier-né au pays d'Égypte » (Bamidbar 3,13) et « les cornes du juste seront élevées » (Tehilim 75,11) : dans la chose même où l'un est retranché, l'autre est élevé. Césarée et Jérusalem sont à un seul degré, dans mal'hout. En toute chose il y a du bien, et cette force bonne est alors élevée.
Aussi : chaque nation a une force que sa disparition annule, et Jérémie se lamente sur Moav ; disparition de Sodome et naissance d'Its'hak, fort de cœur ; Égypte et Tsor, pendants de la Torah écrite et de la Torah orale
[קנ] כשהקב"ה מרומם איזה דבר טוב בעולם אז ממילא אותו דרגא בסט"א משתפל. וכן להיפך כשרואה איזה דבר רע בתכלית השפלות ידע כי אותו דבר בקדושה הוא בתכלית הרוממות.
וכמ"ש כי לי כל בכור ביום הכותי כל בכור בארץ מצרים. ונאמר וכל קרני רשעים אגדע תרוממנה קרנות צדיק באותו דבר שזה נגדע זה נתרומם ונא' אמלאה החרבה ודרז"ל (מגילה ו.) קסרי וירושלים כו' פי' ששניהם במדריגה א' במלכות.
וכל אומה יש לה כח מה כמ"ש אופי' של אומה זו כו' ולכך ירמי' קונן על אבדן אומות עכו"ם כמ"ש לבי למואב וגו' וכמ"ש בבמ"ר (ר"פ בלק) והיינו שבאבדן אותה אומה נתבטל אותו כח. (כמשנ"ת לעיל אות מ"ז עי"ש) ובכל דבר יש ג"כ טוב כידוע ואז נתרומם אותו כח הטוב.
וכמו באבדן סדום שהיו אבירי לב הרחוקים מצדקה נתבשר לידת יצחק שהי' ג"כ גבור הלב כנודע. וכן באבדן מצרים הי' הכנה למ"ת כידוע מחכמת מצרים שהיתה מופלגת ולכך יחזקאל שנבואתו חכמה כמ"ש בברכות (נז:) יצפה לחכמה אמר כמה פרשיות על חורבן מצרים שעי"ז תרוממנה קרנות חכמת האמת.
וכן א' כמה פרשיות על צור שג"כ היתה מפוארת בחכמה כנודע רק צור היתה מופלגת בחכמות שכליות מפעולות בנ"א [צור לשון צייר וצר צורה. ומלא וי"ו שהוא אות אמת כמ"ש בזוהר (ריש ויקרא) לפי שנתעסקו בבנין ביהמ"ק והי' לפעולתם אחיזה בחיי עולם.
אבל צר חסר [לשון צר וצורר] במלכות רביעית הכתוב מדבר (כמ"ש בר"ר סו"פ סא) היינו לפי שנא' בהם והידים ידי עשו שג"כ כחם בפעולת ידם ונחסרה הוי"ו ועי' בלק"ת מהאריז"ל שבכ"מ שיחסר אות מהשם יורה על הטומאה] והוא דוגמת חכמת תושבע"פ [שאז היתה התחלתה ולכך אבדן צור הי' ביותר כמ"ש ושכר לא הי' וגו' שנאבד גם כל שללה והיינו כפי תוקף הרוממות הראוי' לתושבע"פ בהתחלתה. וקיבל נבוכדנצר שכר עבודתו מצור במצרים כי משם נצמח] וחכמת מצרים הוא בכשפים שהוא למעלה מהטבע והשכל דוגמת תורה שבכתב שהיו הם דוגמתם בזה לעומת זה:
[150] Lorsque le Saint béni soit-Il élève une chose bonne dans le monde, alors du même coup ce même degré dans la sitra a'hra (l'autre côté, le domaine de l'impureté) s'abaisse. Et de même à l'inverse : lorsqu'on voit une chose mauvaise au comble de l'abaissement, que l'on sache que cette même chose, du côté de la sainteté, est au comble de l'élévation.
Comme il est écrit : "car à Moi appartient tout premier-né, le jour où J'ai frappé tout premier-né au pays d'Égypte" (Nombres 3,13). Et il est dit : "et toutes les cornes des méchants, Je les retrancherai ; les cornes du juste seront élevées" (Psaumes 75,11) : dans la chose même où l'un est retranché, l'autre est élevé.
Et il est dit : "je me remplirai, elle est en ruine" (Ezechiel 26,2), et nos maîtres, de mémoire bénie, ont exposé (Meguila 6a) : Césarée et Jérusalem, etc. Cela veut dire que toutes deux sont à un seul et même degré, dans malkhout (la sefira de la royauté).
Et chaque nation possède une force propre, comme il est dit : "le caractère (ofi) de cette nation, etc." ; et c'est pourquoi Jérémie s'est lamenté sur la disparition des nations idolâtres, comme il est écrit : "mon cœur gémit sur Moav, etc." (Jérémie 48,36), et comme il est écrit dans le Midrach Bamidbar Rabba (début de la paracha Balak) ; à savoir que par la disparition de cette nation cette force-là est annulée (comme cela a été expliqué plus haut, section 47, voir là-bas). Et en toute chose il y a aussi du bien, comme on le sait, et alors cette force bonne est élevée.
Ainsi, lors de la disparition de Sodome, dont les habitants étaient "les forts de cœur, éloignés de la justice" (Isaie 46,12), fut annoncée la naissance d'Its'hak, qui était lui aussi fort de cœur, comme on le sait. Et de même, la disparition de l'Égypte fut une préparation au don de la Torah, comme on le sait de la sagesse de l'Égypte, qui était hors du commun ; et c'est pourquoi Ezechiel, dont la prophétie est sagesse - comme il est dit dans Berakhot (57b) : qu'il escompte la sagesse - a prononcé plusieurs sections sur la ruine de l'Égypte, car par cela "les cornes" de la sagesse de vérité "seront élevées".
Et de même il a prononcé plusieurs sections sur Tsor (Tyr), qui elle aussi était illustre par la sagesse, comme on le sait ; seulement, Tsor excellait dans les sagesses intellectuelles issues des œuvres des hommes. [Tsor (צור) est de la langue de tsayar (celui qui dessine, qui forme) et de tsar tsoura (il a formé une forme) ; et il s'écrit plein, avec un vav, qui est la lettre de vérité, comme il est dit dans le Zohar (début de Vayikra), parce qu'ils se sont occupés de la construction du Temple et que leur œuvre avait une prise dans la vie éternelle.
Mais "Tsar" écrit défectif (צר, sans vav) [langue de tsar, l'adversaire, et de tsorer, l'oppresseur] : le verset parle du quatrième royaume (comme il est écrit dans Berechit Rabba, fin du chapitre 61), à savoir parce qu'il est dit d'eux "et les mains sont les mains d'Esav" (Genèse 27,22), leur force étant elle aussi dans l'œuvre de leurs mains, et le vav a été retranché ; et vois dans le Likoutei Torah de l'Ari, de mémoire bénie, que partout où une lettre manque à un nom, cela indique l'impureté.] Et cela est le pendant de la sagesse de la Torah orale (Torah che-be'al pe) [car c'est alors qu'en fut le commencement ; et c'est pourquoi la perte de Tsor fut plus grande encore, comme il est écrit : "et de salaire il n'y en eut pas, etc." (Ezechiel 29,18), car tout son butin fut perdu lui aussi, et cela selon la force de l'élévation qui convenait à la Torah orale à son commencement. Et Nabuchodonosor reçut le salaire de son travail contre Tsor en Égypte, car c'est de là qu'elle a germé].
Et la sagesse de l'Égypte est dans les sortilèges, qui sont au-dessus de la nature et de l'intellect, pendant de la Torah écrite ; car ils étaient leur pendant en cela, "l'un en face de l'autre" (Ecclésiaste 7,14).