La perfection de l'homme consiste à être réellement tel qu'il conçoit que doit être la perfection : les paroles de Torah qu'il saisit, et la conduite qu'il lui est possible de saisir. Rabbi Tsadok enseigne que saisie et sagesse sont la racine de l'âme ; chacun a son petit monde (olam katan). Saisir sans être tel qu'il saisit n'est que par la vue ; l'effort absorbe le cœur en acquisition (kinyan) : il acquiert son monde, temps du décès dans le vestibule (prozdor). Au don de la Torah, leur âme sort, D.ieu fait descendre la rosée de la résurrection (tal chel tehiya) ; au terme, il mérite la vue une seconde fois et s'en va vers le monde à venir.
[קמט] שלימות האדם הוא כשיהי' כך כמו שהוא משיג השלימות שצריך להיות. והיינו שכל הד"ת שהוא משיג וההנהגה התוריית איך שאפשר לאדם השלם להשיג.
זה הוא שלימותו מה שאפשר לו להשיג וצריך להשיגו. כי השגת האדם וחכמתו הוא עצם שורש נשמתו וחיותו וכ"א יש לו שורש בפ"ע כמשאז"ל (ברכות נח.) שאין בנ"א דומין זה לזה בפרצופיהן והפרצוף הוא מעיד על פנימיות הלב כנודע וכמ"ש בזוהר (יתרו) מחכמת הפרצוף וכמ"ש חכמת אדם תאיר פניו והיינו שפנימיות הלב וכן עומק חכמת כל אחד משתנה זה מזה ולכן אמרו (שמו"ר פ' נב) ע"פ הולד האדם לבית עולמו שכל א' יש לו עולם בפ"ע והוא הנקרא אצלם במק"א (שבת קנב.
) כ"א יש לו מדור לפי כבודו וכמ"ש בתיקונים (ריש תי' סט) דעולם בפ"ע ר"ל עולם קטן שלו. ור"ל שכל א' כולל כל כחות העולם כמ"ש בצלמנו כדמותינו וכשמגיע לשלימותו זה נקרא בל' רז"ל קונה עולמו כמ"ש בע"ז (יז.) יש קונה עולמו כו' והיינו שעולם שלו הוא אצלו בקנין.
כי יש שמשיג ואינו כך כמו שמשיג ואז השגתו רק בראי' לבד. וזהו התחלת כניסת האדם לד"ת כמ"ש ברוקח אין חוזק כחסידות בתחלתו אבל הוא רק בראי' וצריך השתדלות עד שמגיע להיות כך בקנין ונבלע בלב כל מה שמשיג ואז נקרא קונה עולמו.
ואז הוא עת הפטירה כלשון גמ' דע"ז שם והיינו שאין לו עוד מה להשתדל בעוה"ז שהוא הפרוזדור ועולם המעשה וההשתדלות. והוא לא יוכל להגיע יותר מעולמו שלו.
ולכך בעת מ"ת שאז הי' הבלעת ד"ת בקנין [אחר שקדמה הראי' בקי"ס ראתה שפחה כו'] כנודע. אז"ל (שבת פח:) שיצתה נשמתם והוריד הקב"ה טל של תחי' וכאמרם ז"ל (פרדר"א פ' לד) ע"פ לא יראני האדם וחי שבשעת מיתתו רואה.
והיינו דכשמגיע לתכלית הקנין זוכה לראי' שנית כי חוזר להתחלה ומיד מסתלק לעולם מחודש והוא עוה"ב:
[149] La perfection de l'homme consiste en ce qu'il soit réellement tel qu'il conçoit que doit être la perfection. C'est-à-dire que toutes les paroles de Torah (divré Torah) qu'il saisit, ainsi que la conduite conforme à la Torah selon ce qu'il est possible à l'homme parfait de saisir : voilà sa perfection, ce qu'il lui est possible de saisir et qu'il doit saisir.
Car la saisie de l'homme et sa sagesse sont l'essence même de la racine de son âme et de sa vitalité, et chacun possède une racine à lui seul, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Berakhot 58a) : les êtres humains ne se ressemblent pas les uns aux autres par leurs visages (partsoufim). Or le visage témoigne de l'intériorité du cœur, comme on le sait, et comme il est écrit dans le Zohar (Yitro) au sujet de la science du visage (hokhmat ha-partsouf, lecture du caractère sur les traits), et comme il est écrit : 'La sagesse de l'homme illumine son visage' (Ecclésiaste 8,1).
C'est-à-dire que l'intériorité du cœur, et de même la profondeur de la sagesse de chacun, diffèrent de l'un à l'autre. C'est pourquoi ils ont dit (Chemot Rabba ch.
52) sur le verset 'car l'homme s'en va vers sa maison d'éternité' (Ecclésiaste 12,5) que chacun a un monde à lui seul. Et c'est ce qu'ils nomment ailleurs (Chabbat 152a) : chacun a une demeure selon son honneur.
Et comme il est écrit dans les Tikounim (Tikouné Zohar, début du tikoun 69), 'un monde à lui seul' veut dire son petit monde à lui (olam katan, le microcosme). Cela signifie que chacun contient toutes les forces du monde, comme il est écrit : 'à notre image, selon notre ressemblance' (Genèse 1,26).
Et lorsqu'il parvient à sa perfection, cela s'appelle dans la langue de nos maîtres de mémoire bénie 'acquérir son monde', comme il est dit dans Avoda Zara (17a) : 'il en est qui acquiert son monde' etc., c'est-à-dire que son monde est chez lui en acquisition (kinyan, possession pleine et acquise). Car il en est qui saisit sans être lui-même tel qu'il saisit, et alors sa saisie n'est que par la vue seule.
Et c'est là l'entrée initiale de l'homme dans les paroles de Torah, comme il est écrit dans le Rokeah : il n'y a pas de force comparable à celle de la piété à son commencement ; mais cela n'est que par la vue, et il faut de l'effort jusqu'à ce qu'il parvienne à être ainsi en acquisition, et que tout ce qu'il saisit soit absorbé dans le cœur : alors il est appelé 'celui qui acquiert son monde'. Et alors c'est le temps du décès, selon l'expression de la guemara d'Avoda Zara là-bas, car il n'a plus rien pour quoi s'efforcer en ce monde-ci, qui est le vestibule (prozdor) et le monde de l'action et de l'effort ; et il ne peut atteindre plus que son propre monde.
C'est pourquoi, au moment du don de la Torah (matan Torah), où eut lieu l'absorption des paroles de Torah en acquisition [après que la vue l'eut précédé lors de l'ouverture de la mer (keriat Yam Souf) : 'une servante vit sur la mer' etc.], comme on le sait, nos maîtres de mémoire bénie ont dit (Chabbat 88b) que leur âme sortit et que le Saint béni soit-Il fit descendre la rosée de la résurrection (tal chel tehiya). Et comme ils ont dit, de mémoire bénie (Pirké deRabbi Eliezer ch.
34), sur le verset 'nul homme ne peut Me voir et vivre' (Exode 33,20) : c'est à l'heure de sa mort qu'il voit. C'est-à-dire que lorsqu'il parvient au terme de l'acquisition, il mérite la vue une seconde fois, car il revient au commencement, et aussitôt il s'en va vers un monde renouvelé, qui est le monde à venir.