צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 148

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

Il y a un talmid ''hakham (érudit) qui mérite que ses enseignements soient répandus, et un qui ne le mérite pas : cela ne prouve pas qu'il soit plus grand, car de précieuses paroles de Torah sont dans la bouche de n'importe qui. Rabbi Tsadok le voit chez Bilam, Doeg et A'her : on enseigne en leur nom sans part au monde à venir. Il faut de grandes miséricordes pour que la Torah soit absorbée dans le cœur et qu'il soit tel qu'elle. Celle de Doeg est « des lèvres vers l'extérieur » ; le Saint béni soit-Il désire le cœur : les questions sont les doutes dans le service de D.ieu, grandes dans le cœur, non seulement dans la bouche.

Aussi : toutes les paroles de Pharaon, d'Avimelekh et d'Essav mentionnées dans la Torah sont des paroles de Torah au sens propre

‏[קמח] יש ת"ח שזוכה דשמעתתי' מבדרין בעלמא ויש שאין זוכה לכך ואיו זה ראי' שזה גדול מזה ‏שלפעמים יש ד"ת יקרים בפי מי שהוא. וכמו שאנו רואים בבלעם שאמר פרשה שלימה בתושב"כ ‏‏[וליודעים חן כי גם כל הדבורים מפרעה ואבימלך ועשו שנזכר בתורה הרי הם ד"ת ממש והי' זה ‏אצלם וע"י דבורם נתגלה לנו] וכ"א בפ' חלק (קו ז) על דואג דמתחלה בקש דוד עליו שלא יבוא ‏לעלמא דאתי ואח"כ דלא לימרו שמעתתא בי מדרשא משמי' הרי דאפשר שיאמרו שמעתא משמי' ‏אע"פ דאין לו חלק לעוה"ב.

וכן באחר מתחלה בחיי ר"מ אמרו שהי' משפטו דלא ליתי לעלמא דאתי ‏ואפ"ה אמר ר"מ שמועות ממנו וכמ"ש הקדמונים דבכ"מ אחרים היינו מה שלמד מאחר. וכן אח"כ ‏עדיין הי' בגיהנם עד זמן ר' יוחנן כדאי' בחגיגה (טו:) ואפ"ה רבי שסידר המשניות קבע שמועה ‏בשמו באבות לפי ששמועותיו הם תורת אמת וד"ת ממש.

אבל צריך רחמים גדולים שיהיו ד"ת ‏נבלעים בלבו ושיהי' הוא כך כמו הד"ת שמשיג ומוצא מפיו. וכמ"ש בפ' חלק (שם) בתורתו של דואג ‏מן השפה ולחוץ פי' ואין נבלע בלב להיות כך וכדאי' התם רבותא למיבעי בעיי כו' אלא הקב"ה לבא ‏בעי.

פי' הבעיות הם ספיקות בעבדות ה' ומצותיו ואם הם כך בלב אז הוא רבותא ולא בפה: ‏

[148] Il y a un talmid 'hakham (érudit de la Torah) qui mérite que ses enseignements (chemaateta, ses traditions d'étude) soient répandus dans le monde, et il y en a un qui ne mérite pas cela ; et ce n'est pas là une preuve que celui-ci soit plus grand que celui-là, car il arrive qu'il y ait de précieuses paroles de Torah dans la bouche de n'importe qui. Comme nous le voyons chez Bilam, qui a prononcé une section entière dans la Torah écrite (tora chebikhtav).

[Et pour ceux qui connaissent le 'Hen (חן, acronyme de ''hokhma nistara, la sagesse cachée, c'est-à-dire la Kabbale) : toutes les paroles de Pharaon, d'Avimelekh et d'Essav qui sont mentionnées dans la Torah sont elles aussi des paroles de Torah au sens propre ; cela se trouvait chez eux, et c'est par leur parole que cela nous a été révélé.] Et ainsi est-il dit au chapitre 'Helek (Sanhédrin 106) au sujet de Doeg : au début David demanda à son sujet qu'il n'entre pas dans le monde à venir, et ensuite qu'on ne dise pas d'enseignement en son nom à la maison d'étude. Voici donc qu'il est possible que l'on dise un enseignement en son nom, bien qu'il n'ait pas de part au monde à venir.

De même pour A'her (Elicha ben Avouya, appelé 'l'Autre') : au début, du vivant de Rabbi Meir, ils dirent que son jugement était qu'il n'entre pas dans le monde à venir, et malgré cela Rabbi Meir rapporta des enseignements de lui, comme l'ont écrit les anciens : partout où il est question des 'a'herim' (אחרים, 'les autres'), il s'agit de ce qu'il a appris de A'her. Et de même, par la suite, il était encore dans le Guehinom jusqu'à l'époque de Rabbi Yo'hanan, comme il est rapporté dans 'Haguiga (15b), et malgré cela Rabbi, qui ordonna les Michnayot, fixa un enseignement en son nom dans les Avot (Pirke Avot 4,20), parce que ses enseignements sont une Torah de vérité et des paroles de Torah au sens propre.

Mais il faut de grandes miséricordes pour que les paroles de Torah soient absorbées dans son cœur, et pour qu'il soit lui-même tel que les paroles de Torah qu'il saisit et qui sortent de sa bouche. Et comme il est dit au chapitre 'Helek (ibid.) à propos de la Torah de Doeg : 'des lèvres vers l'extérieur', c'est-à-dire qu'elle n'est pas absorbée dans le cœur pour qu'il soit ainsi.

Et comme il est rapporté là-bas : 'Est-ce donc une grande chose de poser des questions ?' etc., mais le Saint béni soit-Il désire le cœur. C'est-à-dire : les questions sont les doutes dans le service de ה' et de Ses commandements ; et si elles sont ainsi dans le cœur, alors c'est une grande chose, et non lorsqu'elles sont seulement dans la bouche.

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