צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 147

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

« Car ainsi sera béni l'homme (guever) qui craint Hachem » (Tehilim 128,4) : par la crainte, l'homme mérite des enfants. Rabbi Tsadok enseigne que guever désigne la force (koah gavra), aussi nom de la guevoura ; lorsque, dans cette force même, il est craignant, délimité (mougdar) pour n'agir que selon la volonté de D.ieu, et que cette crainte est aussi la honte, il mérite le fruit du ventre. La vigne est la crainte et l'huile la ''hokhma. Sachant que D.ieu agit en tout et lui donne force, crainte et joie viennent ensemble : « j'ai craint du sein de ma joie et je me suis réjoui du sein de ma crainte ».

Aussi : tout Israël a part au monde à venir en joignant délivrance et prière ; Bilaam n'a pas compris le pur issu de l'impur ; la colonne vertébrale devient serpent après sept ans.

‏[קמז] ע"י היראה אדם זוכה לבנים כמ"ש כי כן יבורך גבר ירא ה' וגבר נקרא האיש מצד כחו כח ‏גברא [ולכן נקרא כן התרנגול כד"ש (ברכות כב.) שלא יהיו כו' כתרנגולים] וגם שם הגבורה כמ"ש ‏איזהו גבור כו' וכשהוא באותו כח ירא פי' מוגדר שלא יעשה רק לרצון הש"י [וגם יראה זו בושה ‏כמ"ש בנדרים (כ.) שמתבייש בחדרי חדרים מפני הש"י] אז זוכה לשכר פרי הבטן. שהגפן פורי' ‏עושה פירות זיתים.

כי שמן הוא חכמה וגפן יראה כנודע וראשית חכמה יראת ה' ואי יראת ה' אוצרו ‏אין כו'. ויין ישמח לב כמ"ש בתדב"א (סא"ר רפ"ג) יראתי מתוך שמחתי ושמחתי מתוך יראתי כי ‏כשיודע שהש"י פועל הכל והוא הנותן לו כח וגבורה מזה נמשך יראה וגם שמחה.

וידוע שזהו כונת ‏רז"ל (ברכות ד:) על איזהו בן העוה"ב זה הסומך גאולה לתפלה ואז"ל כל ישראל יש להם חלק ‏לעוה"ב. כי באמת כל ישראל הם במדרגה זו וכמ"ש מספר רובע ישראל שהקב"ה מכניס עצמו בזה ‏ממילא אין לחוש.

וכמ"ש ע"ז (נדה ט.) מי יתן טהור מטמא לא אחד יחידו של עולם דלולא היחוד ‏הגמור א"א להבין זה כי בתאוה זו הוא מקור החסרונות שמן הנחש כמשאז"ל (מ"ר ר"פ תזריע) ‏בעוון מלא כו' והוא ישי שמת בעטיו של נחש וכמ"ש (בר"ר סו"פ יח) הנחש השיאני ראה אותן ‏עסוקים כו' ואח"כ נולד להם הבושה בזו וידעו כי ערומים דלמצוה אין בושה כמ"ש ביעקב [דלא מת ‏שהוא תיקן זה] ולכך שדרו של אדם לאחר ז' שנים נעשה נחש כו' (ב"ק טז.) [דשדרה הוא מהלך ‏הזרע מן המוח כנודע וז' שנה הוא סדר שלם ולכן אמרו זמן זה לעבורו של נחש בבכורות (ח.) ‏ואכמ"ל. ולא כרע במודים היינו שאין לו שום יראה כי הכריעה הוא מפני היראה ובושה.

וזה א"א ‏בישראל כמ"ש (יבמות עט.) ג' סימנים כו' וכמ"ש בנדרים (כ.) בידוע שלא כו'] ולכך בלעם שהי' ‏משורש רע לא האמין בזה וא' מי שהוא טהור וקדוש כו' (נדה לא.) כי לא ידע כלל שאפשר להיות ‏בזה ג"כ קדושה וטהור מטמא. ומי שעיקרו חסר היינו שהעיקר טמא באמת שמזה הוא שורש האדם ‏כמ"ש בעוון חוללתי וגו'.

רק שבאמת יש בזה ג"כ קדושה וטהרה. אבל בלעם עקרו חסר שלא הי' ‏בעקרו שום טוב וטהרה לכך לא ידע להבין זה רק בני ישראל שדביקים ביחידו של עולם כמ"ש שמע ‏ישרא"ל וגו':

‏

[147] Par la crainte, l'homme mérite des enfants, comme il est écrit : "car ainsi sera béni l'homme (guever) qui craint ה'" (Tehilim 128,4). Et l'homme est appelé guever du côté de sa force, koah gavra (la force virile) [et c'est pourquoi le coq lui aussi porte ce nom, comme ils l'ont dit (Berakhot 22a) : qu'ils ne soient pas etc. comme des coqs].

Et c'est aussi le nom de la guevoura (la puissance, la rigueur), comme il est dit : "qui est fort (guibor) ?" etc. (Avot 4,1).

Et lorsque, dans cette force même, il est craignant - c'est-à-dire délimité (mougdar), de sorte qu'il n'agisse que pour la volonté de ה' [et cette crainte est aussi la honte, comme il est dit dans Nedarim (20a) : qu'il a honte devant ה' jusque dans le plus secret des recoins] - alors il mérite la récompense du fruit du ventre. Car la vigne fructueuse produit des fruits d'oliviers (Tehilim 128,3 : "ton épouse est comme une vigne fructueuse, tes fils comme des plants d'oliviers").

Car l'huile est la 'hokhma (la sagesse) et la vigne est la crainte, comme on le sait, et "le commencement de la sagesse est la crainte de ה'" (Tehilim 111,10), et : s'il y a crainte de ה' - c'est là son trésor ; sinon - non, etc. (Yeshaya 33,6).

Et "le vin réjouit le cœur" (Tehilim 104,15), comme il est dit dans le Tana devei Eliyahou (Seder Eliyahou Rabba, début du chapitre 3) : "j'ai craint du sein de ma joie et je me suis réjoui du sein de ma crainte" ; car lorsqu'il sait que ה' agit en tout et que c'est Lui qui lui donne force et puissance, de là découlent la crainte et aussi la joie. Et il est connu que telle est l'intention de nos Sages de mémoire bénie (Berakhot 4b) au sujet de : "qui est fils du monde à venir ? celui qui joint la [bénédiction de la] délivrance à la prière", et nos Sages ont dit : "tout Israël a une part au monde à venir".

Car en vérité tout Israël se tient à ce degré, et comme il est écrit : "le nombre du quart (rova) d'Israël" (Bamidbar 23,10) - car le Saint béni soit-Il S'introduit Lui-même en cela ; dès lors il n'y a rien à craindre. Et comme ils ont dit à ce sujet (Nidda 9a) : "qui fera sortir le pur de l'impur ? n'est-ce pas l'Un (lo ehad)" - l'Unique du monde (Iyov 14,4) ; car sans l'unité parfaite (yihoud), il serait impossible de comprendre cela, car dans ce désir se trouve la source des manques qui viennent du serpent, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie (Midrach Rabba, début de la paracha Tazria) : "dans la faute..." etc.

Et c'est Yichai, qui mourut par la seule instigation du serpent (be-etyo chel nahach : sans faute personnelle), et comme il est dit (Berechit Rabba, fin du chapitre 18) : "le serpent m'a séduite" - il les vit occupés [à leur union] etc. Et ensuite naquit en eux la honte en cette matière, et ils surent qu'ils étaient nus ; car pour une mitsva il n'y a pas de honte, comme il est dit à propos de Yaakov [qui ne mourut pas, car c'est lui qui a réparé cela].

Et c'est pourquoi la colonne vertébrale de l'homme, après sept ans, devient un serpent, etc. (Baba Kama 16a).

[Car la colonne vertébrale est le trajet de la semence depuis le cerveau, comme on le sait, et sept années forment un ordre complet ; c'est pourquoi ils ont fixé cette même durée pour la gestation du serpent, dans Bekhorot (8a), et ce n'est pas ici le lieu de développer. Et "celui qui ne s'est pas incliné à Modim" : cela signifie qu'il n'a aucune crainte, car l'inclinaison procède de la crainte et de la honte.

Et cela est impossible chez Israël, comme il est dit (Yevamot 79a) : "trois signes [caractérisent cette nation]" etc., et comme il est dit dans Nedarim (20a) : il est certain que [ses ancêtres] ne se sont pas [tenus au mont Sinaï] etc.] Et c'est pourquoi Bilaam, qui provenait d'une racine mauvaise, n'a pas cru en cela, et il a dit : "celui qui est pur et saint" etc. (Nidda 31a), car il ne savait aucunement qu'il puisse y avoir en cela aussi de la sainteté, et du pur à partir de l'impur.

Et "celui dont la racine (ikar) est déficiente" : cela signifie que la racine est véritablement impure, car c'est de là qu'est la racine de l'homme, comme il est écrit : "dans la faute j'ai été enfanté" (Tehilim 51,7) etc. Seulement qu'en vérité il y a en cela aussi sainteté et pureté.

Mais Bilaam, sa racine était déficiente, car il n'y avait dans sa racine aucun bien ni aucune pureté ; c'est pourquoi il n'a pas su comprendre cela. Seuls les enfants d'Israël, qui sont attachés à l'Unique du monde, comme il est écrit : "Écoute Israël..." etc.

💬
✉ Signaler une erreur de traduction