Là où se trouve la pensée de l'homme, là se trouve l'homme tout entier : pour Rabbi Tsadok, l'âme (nefech) est la force qui pense, médite et veut, et le lieu auquel elle s'attache est toute sa forme. La goutte de semence est la quintessence de ses forces ; au lieu où il pense, cette chose devient la forme de l'homme tout entier. Celui qui pense à l'unité du Nom, béni soit-Il, à toute heure, devient tel, et la Che'hina parle du fond de sa gorge. Celui qui pense continuellement à la Torah a tous ses membres ainsi, et le feu du Guehinom n'a pas de prise sur les talmide hakhamim, car tout leur corps est feu.
Aussi : à l'union conjugale, la pensée agit sur l'enfant, comme les brebis de Yaakov ; Avraham, Its'hak et Yaakov ont acquis pour leurs enfants un corps différent des nations ; l'am haarets qui pense au talmid ''hakham devient comme lui.
[קמד] במקום שהוא המחשבה של אדם שם הוא כל האדם כי עיקר האדם אינו הגוף רק הנפש והנפש אינה דבר רק כח המחשב ומהרהר והרוצה שבאדם. ומקום שמחשבתו אדוקה כך הוא כל צורת האדם באותו עת.
תדע שכח המחשבה שבאדם בעת הזיווג פועל בולד שיהי' כן וכמו שהי' בכבשים דיעקב וכאז"ל (מד"ת נשא ז) מלידת בן לבן לכושיים [וז"ש (נדה לא.) תלה הכתוב הזכרים כו' כי הכל לפי המחשבה (כמשנ"ת לעיל אות ס"ג) ] וידוע דטיפת הזרע הוא תמצית כח האדם שהרי עי"ז נולד ג"כ דמות אדם ע"כ היא תמצית מכל כחותיו וחיבריו והרי שכל כחותיו ואיבריו מלובשים כך כי במקום שמחשב נעשה אותו דבר צורת כל האדם באותה דבר. ולכך המחשב באחדות הש"י בכל שעה נעשה כן ועז"א (שהש"ר ה' ב) תמתי תאומתי כו' וא' (שם סו"פ ג) לא זז מחבבה כו' וא' שכינה מדברת מתוך גרונו.
וכן הדבק בתורה שמחשב בה תמיד כל איבריו כן כמשז"ל (סוף חגיגה) ת"ח אין אור של גיהנם שולטת בהן שכל גופן אש שנא' הלא כה דברי כאש. וכן בכל מדה ומדה ולכך אברהם יצחק ויעקב אבות העולם זכו לבניהם אחריהם שכל בניהם גופן משונה משאר אומות עכו"ם וכן להיפך ח"ו.
וע"ז א' (ברכות יח:) רשעים בחייהם קרויים מתים לפי שדבוקה מחשבתם במקום הנקרא מיתה ר"ל שאין קיים לעד. וגם באותו שעה אין לו שום חיות אלוה שזה נקרא חיים.
ולכן אז"ל בשילהי כתובות (קיא.) ע"ה כו' מצאתי להם תקנה כו' שמצד המחשבה בת"ח נעשה כמו ת"ח.
[144] Là où se trouve la pensée de l'homme, là se trouve l'homme tout entier, car l'essentiel de l'homme n'est pas le corps mais l'âme (nefech), et l'âme n'est rien d'autre que la force qui pense, qui médite et qui veut dans l'homme. Et le lieu auquel sa pensée est attachée, telle est toute la forme de l'homme à ce moment-là.
Sache que la force de pensée qui est dans l'homme agit, au moment de l'union conjugale, sur l'enfant, pour qu'il soit ainsi ; comme il en fut pour les brebis de Yaakov, et comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Midrach Tan'houma, Nasso 7) au sujet de la naissance d'un fils blanc à des Kouchites (Éthiopiens). [Et c'est ce que dit le Talmud (Nidda 31a) : l'Écriture fait dépendre les mâles des femmes, etc., car tout va selon la pensée (comme cela a été expliqué plus haut, chapitre 63).] Et il est connu que la goutte de semence est la quintessence de la force de l'homme, puisque c'est par elle que naît également une forme d'homme ; elle est donc la quintessence de toutes ses forces et de tous ses membres.
Il apparaît ainsi que toutes ses forces et tous ses membres sont revêtus de cette manière, car au lieu où il pense, cette chose-là devient la forme de l'homme tout entier dans cette chose. C'est pourquoi celui qui pense à l'unité du Nom, béni soit-Il, à toute heure, devient tel ; et c'est de cela qu'il est dit (Chir haChirim Rabba 5,2) : ma parfaite (tamati) - ma jumelle (teomati), etc. ; et il est dit (ibid., fin du chapitre 3) : Il n'a cessé de la chérir, etc. ; et il est dit : la Chekhina (la Présence divine) parle du fond de sa gorge.
De même, celui qui est attaché à la Torah et qui y pense continuellement, tous ses membres sont ainsi, comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (fin de Haguiga) : les talmide hakhamim (les sages de la Torah), le feu du Guehinom n'a pas de prise sur eux, car tout leur corps est feu, ainsi qu'il est dit : Ma parole n'est-elle pas comme un feu (Yirmiyahou 23,29). Et il en va de même pour chaque midda (attribut, qualité morale).
C'est pourquoi Avraham, Yitshak et Yaakov, les pères du monde, ont acquis ce mérite pour leurs enfants après eux, de sorte que le corps de tous leurs enfants est différent de celui des autres nations idolâtres ; et de même en sens inverse, à D.ieu ne plaise. Et c'est à ce propos qu'il est dit (Berakhot 18b) : les impies, de leur vivant, sont appelés morts, parce que leur pensée est attachée à un lieu qui est appelé mort, c'est-à-dire qui ne subsiste pas à jamais.
Et de plus, à cette heure-là, il n'a aucune vitalité divine, car c'est cela qui s'appelle la vie. C'est pourquoi nos maîtres de mémoire bénie ont dit à la fin de Ketoubot (111a) : les âme haarets (les ignorants de la Torah), etc., j'ai trouvé pour eux un remède (takana), etc. - car du fait de la pensée tournée vers le talmid 'hakham, il devient comme un talmid 'hakham.