Tant que l'homme n'est pas dans la perfection (chelemout), tout ce qui lui apparaît est l'inverse, comme « ceux qui appellent le mal bien » (Yechaya 5,20). Selon Rabbi Tsadok, seul celui à qui D.ieu a illuminé les yeux par les paroles de Torah, au sujet desquelles il est écrit « vérité », parvient à la vérité. Sans cela, la pensée a le pouvoir d'annuler, et la fin sera l'inverse de ce qu'il avait pensé. Toute action de ce monde-ci est appelée rêve ; par les paroles de Torah, les rêves suivent la bouche et les actions se clarifient pour le bien, car celui qui est attaché à la Torah est attaché à la vie éternelle véritable.
Aussi : le rêve, un soixantième de la prophétie, le Chabbat, un soixantième du monde à venir ; un bon rêve, sa joie lui suffit, un mauvais, sa tristesse lui suffit ; les actions, de faibles empreintes de la vérité du point caché
[קמ] כל זמן שאין האדם בשלימות כל מה שמדמה לו ידע שהוא ממש להיפך כענין האומרים לרע טוב וגו' וכמ"ש (פסחים נ.) עולם הפוך ראיתי ששם במקום האמת הוא ממש להיפך מבעוה"ז ומה שנדמה לו לטוב יוכל להיות שאין בו ממש וכן להיפך. רק מי שהאיר הש"י עיניו בד"ת דכתיב בה אמת כמשז"ל (ע"ז ד:) על ידה יכול לבוא על האמת כמ"ש (פסחים שם) ואנן פי' ת"ח היכי התם כי היכי דאיתו אנן הכא כו' שהתורה מאירה בזה לאדם לעמוד על האמת.
וע"ז א' בסנהדרין (כו:) עצה שיש בה דבר ה' היא תקום. אבל בלא"ה מחשבה מועלת לבטל פי' שיהי' הסוף ממש להיפך ממה שחשב.
והסוף הוא גלוי האמת שיש באותו דבר כי בהוה הכל א' רק בסוף ניכר כמ"ש שפת אמת תכון וגו' וא' בזוהר (ח"ב קפח ב) כוננת לא כתיב אלא תכון. וע"ז א' (ברכות נה.) חלמא טבא חדוותי' מסתיי' בישא עציבותא מסתיי' פי' כל מעשה עוה"ז נקרא חלמא כמ"ש בשוב וגו' ומ"מ אז"ל (שם נז:) חלום א' מס' בנבואה וכן שבת א' מס' בעוה"ב שקצת טעם נרגש ג"כ בעוה"ז כענין א' מס' שהוא התחלת הרגשת הטעם היותר מועט כי א' מס"א אין טעם והתחלתו א' מס'.
כי המעשים הם רושמים מועטים לאמיתות הנקודה שבלב הנעלם. וע"ז אז"ל (שם נה:) החלומות הולכים אחר הפה היינו בד"ת שע"י ד"ת יכול לברר כל מעשים שעשה יהי' לטוב ואע"פ שהיו איך שהיו ע"י הפה הוא נעשה טוב שהש"י מאיר עיניו בזה ואז נקבע החלום לאמת כנ"ל דתורה היא אמת ומי שדבוק בתורה הרי דבוק בחיי עולם האמיתים ממילא כל המעשים שלו ע"כ כן כי במקום שהוא האדם שם הוא כולו:
[140] Tant que l'homme n'est pas dans la perfection (chelemout), tout ce qui lui apparaît, qu'il sache que c'est exactement l'inverse, à la manière de "ceux qui appellent le mal bien, etc." (Isaie 5,20), et comme il est dit (Pessahim 50a) : "J'ai vu un monde renversé" - car là-bas, au lieu de la vérité, c'est exactement l'inverse de ce monde-ci ; et ce qui lui semble bon, il se peut qu'il n'y ait en cela aucune substance, et de même à l'inverse. Seul celui à qui ה' a illuminé les yeux par les paroles de Torah (divrei Torah), au sujet desquelles il est écrit "vérité", comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Avoda Zara 4b), peut par elles parvenir à la vérité, comme il est dit (Pessahim, même endroit) : "Et nous - c'est-à-dire les talmidei hakhamim (les érudits de la Torah) - comment sommes-nous là-bas ?
Tels que nous sommes ici, etc." - car la Torah illumine l'homme en cela, pour qu'il se tienne sur la vérité. Et c'est sur cela qu'il est dit dans Sanhédrin (26b) : "un conseil qui contient la parole de ה', celui-là tiendra" (cf.
Proverbes 19,21). Mais sans cela, la pensée a le pouvoir d'annuler, c'est-à-dire que la fin sera exactement l'inverse de ce qu'il avait pensé.
Et la fin est la révélation de la vérité qui se trouve dans cette chose, car dans le présent tout est un, ce n'est qu'à la fin que cela se reconnaît, comme il est écrit : "la lèvre de vérité s'établira (תכון) à jamais, etc." (Proverbes 12,19), et il est dit dans le Zohar (tome II, 188b) : il n'est pas écrit "tu as établi" (כוננת) mais "elle s'établira" (תכון). Et c'est sur cela qu'il est dit (Berakhot 55a) : "un bon rêve, sa joie lui suffit ; un mauvais, sa tristesse lui suffit".
Explication : toute action de ce monde-ci est appelée rêve, comme il est écrit : "quand ה' ramena les captifs de Sion, nous étions comme des rêveurs" (Psaumes 126,1). Et malgré tout nos maîtres de mémoire bénie ont dit (ibid.
57b) : le rêve est un soixantième de la prophétie, et de même le Chabbat est un soixantième du monde à venir - car un peu de goût se fait sentir lui aussi en ce monde-ci, à la manière du "un soixantième", qui est le commencement de la perception du goût, la plus minime qui soit, car dans un soixante et unième il n'y a plus de goût, et son commencement est un soixantième. Car les actions ne sont que de faibles empreintes de la vérité du point caché qui est dans le cœur.
Et c'est sur cela que nos maîtres de mémoire bénie ont dit (ibid. 55b) : "les rêves suivent la bouche" - c'est-à-dire par les paroles de Torah : car par les paroles de Torah il peut clarifier toutes les actions qu'il a faites, pour qu'elles soient pour le bien ; et bien qu'elles aient été ce qu'elles ont été, par la bouche cela devient bon, car ה' illumine ses yeux en cela, et alors le rêve se fixe dans la vérité, comme ci-dessus, car la Torah est vérité ; et celui qui est attaché à la Torah est bien attaché à la vie éternelle véritable, et dès lors toutes ses actions sont nécessairement ainsi, car au lieu où se trouve l'homme, là il est tout entier.