Lorsque l'homme réussit et que l'heure lui sourit, on le tient pour un tsadik dans tous les mondes. Rabbi Tsadok rapporte qu'il l'emporte au jugement en haut par les mitsvot et les maassim tovim (les bonnes actions), et que Hachem lui met en main quelque mitsva. Hachem cache Sa lumière en haut : il paraît que celui-ci est un tsadik parfait ; à l'heure de Sanhériv, Achour dans le monde de vérité est innocent, et Israël de cette génération-là sont des rechaïm (impies). « Ne jalouse pas ceux qui commettent l'iniquité » : qu'il ne pense pas qu'en vérité il en est réellement ainsi, comme Doëg ; discerner le passager, qui se révélera rétroactivement n'avoir nullement été ainsi.
[קלו] כאשר האדם מצליח והשעה משחקת לו הוא מפני שבאותה שעה מחזיקין אותו לצדיק בכל העולמות שהרי אמרו (ברכות ז:) ולא עוד אלא שזוכה בדין והיינו שלמעלה כמ"ש מרום משפטיך ושם א"א לזכות אלא ע"י מצות ומעש"ט כמ"ש בשבת (לב.) וע"כ שזוכה שיש לו מצות ומעש"ט והש"י מזמין לידו איזה מצוה שעבורה מגיע לו זה. וכאשר הש"י מסתיר אורו למעלה כרגע נדמה בכל העולמות שזה צדיק גמור.
ולכן א' בתדב"א (סא"ר סו"פ כ) שכרו של אשור שיצא ממנו סנחרב והרי כבר הי' אשור אז בעולם האמת ומה שכר הוא לו טובת עוה"ז שהיה לסנחרב שידע שם שזה הבל ושיקרא. רק כי באמת כאשר הצליח סנחרב היה אז כך בכל העולמות ועד מקום מדרגת אשור במקום שהוא למעלה כי הוא זכאי וישראל שבאותו דור רשעים.
והם בכבשי דרחמנא איך מדת משפטיו אבל עכ"פ הי' כך כי לולי כן א"א שהי' נעשה בעולם כן. ונתעלה אשור לפי אותה שעה גם בעולם האמת שהוא בו.
וע"ז אמרו (ברכות שם) אל תקנא בעושי עולה להיות כמוהם ומאין יבוא זה. אבל היינו שיחשוב שבאמת הוא כן ולא דבר בעכו"ם שכבר ידוע לכל בנ"י כי הוא רק לפי שעה רק שבישראל עצמם יש כן כמו דואג בעת הצלחתו הי' מוחזק בבנ"י לצדיק גמור וגם בעניני עבדות ה' הי' מצליח בידו כדי שיהי' המשפט להטיב לו.
וצריך לזה מבינות גדולה איזה דבר הוא רק לפי שעה ואח"כ יתגלה למפרע שלא הי' כן כלל [ואדרבא כל המצות הם היפך ע"ד בע"ת מהפכים כו' וכן רשעים מהפכים מדה"ר כו' וכמ"ש וחסד לאומים חטאת עי' בפ"ק דב"ב דלפי שעה חטאת לישראל אבל באמת להם] ואע"פ שמצליח גם בתורה ומצות לפי מראה עיני האדם:
[136] Lorsque l'homme réussit et que l'heure lui sourit, c'est parce qu'à cette heure-là on le tient pour un tsadik dans tous les mondes. Car ils ont dit (Berakhot 7b) : 'et non seulement cela, mais il l'emporte au jugement' - c'est-à-dire en haut, comme il est écrit : 'Tes jugements sont dans les hauteurs' (Psaumes 10,5) ; et là-haut il est impossible de l'emporter sinon par les mitsvot et les maassim tovim (les bonnes actions), comme il est dit dans Chabbat (32a).
Force est donc de dire que, s'il l'emporte, c'est qu'il possède des mitsvot et de bonnes actions, et que Hachem lui met en main quelque mitsva pour laquelle cela lui revient. Et lorsque Hachem cache Sa lumière en haut, il paraît à l'instant, dans tous les mondes, que celui-ci est un tsadik parfait.
C'est pourquoi il est dit dans le Tana deBei Eliahou (Seder Eliahou Rabba, fin du chapitre 20) que la récompense d'Achour fut que Sanhériv sortit de lui. Or Achour se trouvait déjà alors dans le monde de vérité : quelle récompense est-ce pour lui que le bien de ce monde-ci dont a joui Sanhériv, alors que là-bas il sait que cela est vanité et mensonge ?
Seulement, en vérité, lorsque Sanhériv a réussi, il en était alors ainsi dans tous les mondes, jusqu'au lieu du degré d'Achour, au lieu où il se tient en haut : lui est innocent, et Israël de cette génération-là sont des rechaïm (des impies). Et cela relève des kivchei deRahmana (les choses cachées du Miséricordieux), la manière dont opère la mesure de Ses jugements ; mais en tout cas il en était ainsi, car sans cela il eût été impossible qu'il en advînt ainsi dans le monde.
Et Achour fut élevé, selon cette heure-là, également dans le monde de vérité où il se trouve. Et c'est à ce propos qu'ils ont dit (Berakhot, ibid.) : 'ne jalouse pas ceux qui commettent l'iniquité' (Psaumes 37,1) - pour être comme eux.
Et d'où cela viendrait-il ? Mais il s'agit de ceci : qu'il pense qu'en vérité il en est réellement ainsi.
Et il n'a pas parlé des idolâtres, car il est déjà connu de tout Israël que cela n'est que passager ; c'est parmi Israël eux-mêmes qu'il en est ainsi, comme Doëg qui, au temps de sa réussite, était tenu parmi Israël pour un tsadik parfait, et qui réussissait aussi dans les affaires du service de ה', afin que le jugement soit de lui faire du bien. Et il faut pour cela un grand discernement : quelle chose n'est que passagère, et se révélera ensuite rétroactivement n'avoir nullement été ainsi.
[Et bien au contraire, toutes les mitsvot sont l'inverse, à la manière de 'les baalei techouva (les repentants) transforment [les fautes en mérites]' etc., et de même 'les rechaïm transforment la mesure de miséricorde [en mesure de rigueur]' etc., et comme il est écrit : 'la bienfaisance des nations est péché' (Proverbes 14,34) - voir au premier chapitre de Bava Batra (10b) que, sur le moment, c'est un péché pour Israël, mais en vérité c'est à eux.] Et cela bien qu'il réussisse aussi dans la Torah et les mitsvot, selon ce que voient les yeux de l'homme.