Il semble parfois à l'homme qu'il a déjà fait techouva et que ses fautes ont été pardonnées, puis il s'éveille de nouveau à l'amertume sur ses fautes : les deux pensées sont vraies. Rabbi Tsadok rappelle Yoma 86b : on confesse au Yom Kippour suivant les mêmes transgressions, même celles déjà pardonnées selon la halakha. Il n'y a pas de mesure aux élévations de l'homme, ni aux degrés de la techouva : selon l'élévation et la hassaga (saisie spirituelle), telle est sa techouva. À un degré plus grand, il n'a pas encore commencé à revenir, « ma faute est constamment devant moi » (Tehilim 51,5) ; au degré inférieur, elle est déjà réparée sans trace, puis revient dans toute sa force.
Aussi : jamais de repos dans ce monde-ci ; racine bonne et talmidé hakhamim (disciples des sages) s'élèvent en vieillissant, les ignorants à l'inverse ; A'her voit se révéler la souillure (tina) de son cœur, plus on est grand plus le yetser est grand
[קלד] פעמים נדמה לאדם שכבר שב ונמחלו חטאיו ואחר זמן חוזר ומתעורר להתמרמר על חטאיו ומרגיש ששני המחשבות אינם דמיון. ובאמת שניהם אמת דקיי"ל (יומא פו:
) עבירות שהתודה יוה"כ זה חוזר ומתודה ביוה"כ הבא ואפי' בעבירות שההלכה דלא זז משם עד שמוחלין לו והרי גם זה אמת. רק כמו שאין שיעור לכל מעלות האדם במדריגתו כך אין שיעור למדרגות התשובה.
וכפי מעלת האדם והשגתו כך הוא תשובתו. כי כל עניני האדם על יחס א' והאדם אינו עומד במקום א' כי ע"ז נתאונן משרע"ה קודם פטירתו לא אוכל וגו' וכמ"ש במתים חפשי ונקרא נח נפשי' אבל בעוה"ז אין נח לעולם אע"פ שאין הוא מרגיש.
וכל מי ששורשו טוב דגמירי דלא הוה בישא הוא הולך ממעלה למעלה בטובה וכן להיפך וכמ"ש זקני ת"ח כ"ז כו' זקני כו' ולכך כשמגיע אל מעלה ומדריגה יותר גדולה אז כפי מדרגה זו לא התחיל לשוב עדיין וחטאתו נגדו תמיד מדרגא לדרגא [וכשהוא במדריגה התחתונה כבר תיקן כפי מדרגתו החטא וכן בכל דרגין ועולמות ואין עוד רושם. ומ"מ כשמתעלה חוזר החטא בכל תוקפו ודבר זה עמוק בחכמה.
ולכך כשעלה אחר למדריגות אז נתגלה הטינא שהיתה בלבו בילדות ובודאי מי שעלה לפרדס והי' במעלה גדולה כ"כ מסתמא שב על טינא שבלבו וחטאי נערותו. וע"ז נא' (סוכה נב.) כל הגדול מחבירו יצרו גדול כי החטא הוא החסרון שבאדם וכן היצר]:
[134] Il arrive parfois qu'il semble à l'homme qu'il a déjà fait techouva et que ses fautes ont été pardonnées, puis, quelque temps après, il revient et s'éveille de nouveau à l'amertume sur ses fautes, et il sent que ces deux pensées ne sont pas une illusion. Et en vérité toutes deux sont vraies, car nous tenons pour établi (Yoma 86b) que les transgressions qu'un homme a confessées en ce Yom Kippour, il les confesse de nouveau au Yom Kippour suivant, et cela même pour des transgressions dont la halakha dit qu'il ne bouge pas de là avant qu'on ne lui pardonne - et voici que cela aussi est vrai.
Seulement, de même qu'il n'y a pas de mesure à toutes les élévations de l'homme dans son degré, ainsi il n'y a pas de mesure aux degrés de la techouva. Et selon l'élévation de l'homme et sa hassaga (saisie, compréhension spirituelle), telle est sa techouva.
Car toutes les affaires de l'homme se tiennent dans un seul et même rapport, et l'homme ne demeure pas en un seul lieu ; car c'est de cela que s'est plaint Moché notre maître, que la paix soit sur lui, avant sa disparition : 'je ne peux plus sortir et venir' (Devarim 31,2) ; et comme il est écrit 'parmi les morts, libre' (Tehilim 88,6), et l'on dit du mort que 'son âme a reposé' (nah nafshei) - mais dans ce monde-ci il n'y a jamais de repos, même si l'homme ne le sent pas. Et quiconque a une racine bonne, dont on tient par tradition qu'il n'a pas été mauvais, va d'élévation en élévation dans le bien, et de même à l'inverse ; et comme ils ont dit : les anciens parmi les talmidé hakhamim (les disciples des sages), plus ils vieillissent, plus la sagesse s'ajoute en eux ; les anciens parmi les ignorants, plus ils vieillissent, etc.
(Chabbat 152a). C'est pourquoi, lorsqu'il parvient à une élévation et à un degré plus grands, alors, selon ce degré-là, il n'a pas encore commencé à revenir, et 'ma faute est constamment devant moi' (Tehilim 51,5), de degré en degré.
[Et lorsqu'il est au degré inférieur, il a déjà réparé la faute selon son degré, et de même dans tous les degrés (darguin) et tous les mondes, et il n'en reste plus aucune trace. Et malgré tout, lorsqu'il s'élève, la faute revient dans toute sa force, et cette chose est profonde en sagesse.
C'est pourquoi, lorsque A'her (Elisha ben Abouya) s'éleva aux degrés, alors se révéla la souillure (tina) qui était dans son cœur depuis son enfance ; et assurément, celui qui est monté au Pardès et se tenait à une élévation si grande avait selon toute vraisemblance déjà fait techouva sur la souillure de son cœur et sur les fautes de sa jeunesse. Et c'est à ce sujet qu'il est dit (Souka 52a) : quiconque est plus grand que son compagnon, son penchant (yetser) est plus grand - car la faute est le manque qui est dans l'homme, et de même le penchant.]