Dès qu'un homme veut revenir, il vient se purifier, et on l'assiste. Rabbi Tsadok enseigne qu'un esprit de pureté s'ajoute, il se purifie encore, l'assistance revient plus forte, et ainsi sans fin, de la pointe d'une aiguille au portique. Parfois cela ne s'achève pas : au vouloir de revenir survient l'accusation du yetser, et Roch Hachana en est le temps. Il faut demander la miséricorde du Ciel en venant se purifier. Le remède est la joie et la confiance que le Nom, béni soit-Il, le recevra, joie tapissée de l'amertume de la faute, à l'image du tachrat, où le Satan est brouillé.
Aussi : tekiot de joie et chevarim-teroua de gémissements ; fin des psaumes en délivrance ; « Avant qu'ils appellent, Moi Je répondrai » (Yechaya 65,24)
[קכט] מיד שאדם רוצה לשוב הרי הוא בא לטהר והמשפט לסייע אותו כמ"ש ביומא (לח:) וכשמסייעין אז ממילא ניתוסף בו רוח טהרה והוא מוסיף לבוא לטהר ואז חוזר הסיוע מלמעלה ביתר שאת וממילא מוסיף למטה לבוא לטהר וכך חוזר חלילה עד שמפתח כחודו של מחט נעשה כפתחו של אולם כמשאז"ל (שהש"ר ה ב). ומאין בא שפעמים אדם רוצה לשוב ואין נגמר וכד"ש פושעי ישראל מליאין חרטות ר"ל היינו כמ"ש במדה"נ בזוה"ח סו"פ בראשית כי בשעה שאדם רוצה לשוב אז הוא הקטרוג הגדול מיצר ולכך זמן הקטרוג בר"ה [שנקרא בהמצאו ועת רצון] ע"ש ור"ל בקיטרוג היינו אם מגיעו ע"פ משפט לסייעו.
בטענות שונות שיש לו. ולכך צריך לבקש רחמי שמים בעת שבא ליטהר על הסיוע.
והעצה נגדו הוא השמחה והבטיחות בלב שבודאי הש"י ברוב רחמיו וחסדיו יקבלו בתשובה שלימה לפניו. ותוכו רצוף המרירות הגדול על חטאו שזה ממש דוגמת תשר"ת שעושין בר"ה כידוע דהתקיעות הם לשמחה ושברים תרועה היינו גנוחי גנח וילולי ייליל כמשאז"ל ועי"ז מתערבב השטן.
ולכך נא' מזמור לדוד בבוא אליו נתן וגו' שהוא הפשוטה שלפניה בשמחה וזמרה בטוח שהש"י יעננו [ובכל מזמור של בקשה שבתהלים סופו לעולם בישועה ונחמה כענין פשוטה לאחריה. וגם כי באמת בתשובה שלימה אז משיג תיכף בשעתא חדא ברגעא חדא האור והגילוי וזהו השמחה שלאחרי' וכד"ש בדמעתי ערשי וגו' ותיכף אח"כ כי שמע ה' קול בכיי וגו' וכן בכ"מ.
ושלפני' הוא כענין טרם יקראו ואני אענה ובודאי כשהקב"ה עונה הוא בכל העולמות ומרגיש תיכף לב האדם גם קודם הקריאה קצת שמחה ובטיחות. וכשהאדם מתאמץ לבבו להיות כן אף שאינו כן מעצמו ע"י העניי' דהש"י מ"מ ע"י פעולות לבו עושה רושם למעלה שיהי' כן כענין ה' צלך כנודע.
[129] Dès l'instant où un homme veut revenir (faire techouva), le voici qui vient se purifier, et la règle du jugement est qu'on l'assiste, comme il est dit dans Yoma (38b) ["celui qui vient se purifier, on l'assiste"]. Et quand on l'assiste, alors s'ajoute en lui de soi-même un esprit de pureté, et il vient se purifier davantage ; alors l'assistance revient d'en haut avec plus de force encore, et de soi-même il ajoute encore, en bas, à venir se purifier ; et ainsi cela tourne sans fin, jusqu'à ce que d'une ouverture comme la pointe d'une aiguille il se fasse une ouverture comme celle du portique, selon la parole de nos maîtres (Chir haChirim Rabba 5,2).
Et d'où vient qu'il arrive parfois qu'un homme veuille revenir et que cela ne s'achève pas, et comme il est dit : les fauteurs d'Israël sont pleins de regrets, que le Miséricordieux nous en préserve (ר"ל) ? C'est-à-dire, comme il est écrit dans le Midrach haNé'elam du Zohar 'Hadach, à la fin de la parachat Berechit, qu'à l'heure où un homme veut revenir, alors survient la grande accusation venue du yetser (le penchant au mal) ; et c'est pourquoi le temps de l'accusation est à Roch Hachana [qui est appelé "lorsqu'Il se laisse trouver" et "temps de faveur"] ; vois là.
Et le sens de cette accusation est celui-ci : lui revient-il, selon le jugement, d'être assisté - avec les différents arguments que [l'accusateur] a contre lui. C'est pourquoi il faut demander la miséricorde du Ciel, au moment même où l'on vient se purifier, pour obtenir cette assistance.
Et le remède contre cela, c'est la joie et la confiance dans le cœur que certainement ה' yitbarakh (le Nom, béni soit-Il), dans l'abondance de Ses miséricordes et de Ses bontés, le recevra devant Lui dans une techouva complète ; et l'intérieur de cette joie est tout tapissé de l'amertume profonde à cause de sa faute. Car cela est exactement à l'image du tachrat (tekia-chevarim-teroua-tekia) que l'on fait à Roch Hachana, comme on le sait : les tekiot sont pour la joie, et le chevarim-teroua, ce sont les gémissements et les sanglots, selon la parole de nos maîtres, et par là le Satan est brouillé.
Et c'est pourquoi il est dit : "Psaume de David, lorsque Natan vint à lui" etc. (Psaumes 51,1-2) - c'est là pechouta d'avant (le son simple qui précède), dans la joie et le chant, sur que ה' yitbarakh l'exaucera.
[Et dans tout psaume de supplication des Psaumes, la fin est toujours délivrance et consolation, à la manière de la pechouta d'après. Et aussi parce qu'en vérité, dans une techouva complète, il atteint aussitôt, "en une seule heure, en un seul instant", la lumière et le dévoilement, et telle est la joie d'après ; et comme il est dit : "Par mes larmes j'inonde ma couche" etc.
(Psaumes 6,7), et aussitôt après : "car ה' a entendu la voix de mes pleurs" etc. (Psaumes 6,9), et de même en bien des endroits.
Et celle d'avant est de l'ordre de : "Avant qu'ils appellent, Moi Je répondrai" (Isaie 65,24) ; et certainement, lorsque le Saint béni soit-Il répond, c'est dans tous les mondes, et le cœur de l'homme ressent aussitôt, même avant l'appel, un peu de joie et de confiance. Et lorsque l'homme force son cœur à être ainsi, même s'il ne l'est pas de lui-même par la réponse de ה' yitbarakh, néanmoins, par les actes de son cœur, il produit une impression en haut pour qu'il en soit ainsi, à la manière de "ה' est ton ombre" (Psaumes 121,5), comme on le sait.]