« Il est un temps d'agir pour Hachem, ils ont annulé Ta Torah » (Tehilim 119,126) et « dans toutes tes voies connais-Le » (Michlé 3,6) : une transgression commise dans cet esprit requiert malgré tout une expiation (kapara). Rabbi Tsadok le montre par le jeûne des talmidé hakhamim le Chabbat, par Moché au brisement des Tables, avéra lichma (transgression pour le Ciel) dont il a subi les conséquences, et par Esther, à qui le roua'h hakodech (l'esprit de sainteté) fut retiré à la maison des idoles. Le baal techouva a besoin de mortifications et de jeûnes : ses fautes devenues mérites ne valent pas mieux qu'une avéra lichma, et l'amertume du repentir est les châtiments du Guehinom.
Aussi : quiconque dit que le Saint béni soit-Il passe l'éponge ; souffrances au moment où elles sont un bien, et échanges entre choses semblables jusqu'à la mesure minimale ; paiement à son su et à son insu
[קכח] כשאדם עושה עבירה כענין עת לעשות וגו' ובכל דרכיך וגו' מ"מ צריך כפרה על העבירה שעשה וכאותה שאמרו (ברכות לא:) דמתענין ת"ח בשבת וצריך למיתב תעניתא לתעניתי' וכן בסנהדרין (כו:) סברי מצוה קעבדי ומ"מ צריכה כפרה וכן משרע"ה בשבירת הלוחות וגרם עי"ז שכחת התורה כמשאז"ל (עירובין נד.) אלמלא כו' אע"פ שהסכים הקב"ה על ידו מ"מ מקרי עבירה לשמה ולכך סבל גם הוא כמשאז"ל (מד"ת סו"פ ואתחנן) שניטלו ממנו מסורת החכמה והי' יהושע יושב ודורש כו'. וכן אסתר דניטלה ממנו רוה"ק כשהגיע לבית הצלמים (מגילה טו:) הוא לעונש אעבירה אע"ג דמצוה רבה קעבדא [וז"ס שאמרה שמא בשביל שקראתיו כלב ואכ"מ].
ולכך בע"ת אף דזדונות נעשו זכיות מ"מ צריך סיגופים ותעניות לכפרה משום דעכ"פ לא עדיפי מעבירה לשמה. וע"ז א' בב"ק (נ.) כל האומר הקב"ה וותרן כו' דעל כל דבר שעשה מימיו נפרעים בעונש הקצוב וראוי לכך אלא שיש לזה עצות רבות ברחמי שמים ע"ד שאז"ל (ר"ה יז:) בגז"ד דר"ה בירידת גשמים הרי שהיו כו'.
וכן כאן לפעמים נותן לו היסורין באותו עת שהוא טובה לו וגם יש חליפין בדברים הדומים זה לזה ועד שמגיע לתכלית יסורין שאז"ל בערכין (טז:). וגם פעמים הוא שלא מדעתו כמ"ש באבות דנפרעין שלא מדעתו [וכל שלא בהרגשתו משום עונש מקרי שלא מדעתו שפעמים אדם שמח בחלקו ומדמה שטוב לו מאד ואחרים מבינים שאין טוב].
וגם ע"י המרירות בתשובתו זה ממש עונשי גיהנם כמ"ש במק"א:
[128] Lorsqu'un homme commet une transgression dans l'esprit de "il est un temps d'agir pour ה', ils ont annulé Ta Torah" (Tehilim 119,126) et de "dans toutes tes voies connais-Le" (Michlé 3,6), il lui faut malgré tout une expiation (kapara) pour la transgression qu'il a commise. Il en va comme de ce qu'ils ont dit (Berakhot 31b) : les talmidé hakhamim (disciples des Sages) jeûnent le Chabbat, et il faut ensuite jeûner pour ce jeûne-là.
De même dans Sanhédrin (26b) : "ils pensaient accomplir une mitsva" - et pourtant cela requiert une expiation. De même Moche notre maître, que la paix soit sur lui, lors du brisement des Tables : il a cause par là l'oubli de la Torah, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie (Erouvin 54a) "si seulement..." ; bien que le Saint béni soit-Il ait donné Son accord à son geste, cela s'appelle malgré tout une transgression accomplie pour le Ciel (avéra lichma), et c'est pourquoi lui aussi en a subi les conséquences, comme l'ont dit nos Sages (Midrach Tan'houma, fin de la paracha Vaet'hanan) : la transmission de la sagesse lui fut retirée, et Yehochoua siégeait et enseignait, etc.
De même Esther, à qui le roua'h hakodech (l'esprit de sainteté, l'inspiration divine) fut retiré lorsqu'elle parvint à la maison des idoles (Meguila 15b) : c'était là une punition pour la transgression, bien qu'elle accomplissait une grande mitsva. [Et c'est là le secret de ce qu'elle a dit : "peut-être est-ce parce que je l'ai appelé chien" - et ce n'est pas ici le lieu de développer.] C'est pourquoi le baal techouva (le pénitent), même si ses fautes volontaires deviennent des mérites, a néanmoins besoin de mortifications (sigoufim) et de jeûnes pour l'expiation, car en tout état de cause elles ne valent pas mieux qu'une transgression accomplie pour le Ciel.
Et c'est à ce sujet qu'il est dit dans Baba Kama (50a) : "quiconque dit que le Saint béni soit-Il passe l'éponge...", car pour toute chose qu'il a faite durant sa vie on exige de lui le paiement, par la punition fixée et qui lui convient ; sauf qu'il existe à cela de nombreux moyens dans les miséricordes du Ciel, à la manière de ce qu'ont dit nos Sages (Roch Hachana 17b) au sujet du décret de Roch Hachana sur la chute des pluies : "voici que s'ils étaient..." etc. Ainsi ici : parfois Il lui donne les souffrances au moment même où elles sont un bien pour lui ; et il y a aussi des échanges entre des choses qui se ressemblent l'une l'autre, jusqu'à arriver à la mesure minimale des souffrances dont ont parlé nos Sages dans Arakhin (16b).
Et parfois aussi cela se fait à son insu, comme il est écrit dans les Pirké Avot : on exige de l'homme le paiement à son su et à son insu [et tout ce qu'il ne ressent pas comme une punition est appelé "à son insu", car il arrive qu'un homme se réjouisse de son lot et s'imagine que son sort est excellent, alors que les autres comprennent qu'il n'y a là rien de bon]. Et de même, par l'amertume de son repentir - cela est littéralement les châtiments du Guehinom, comme je l'ai écrit ailleurs.