צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 125

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

La tsedaka donnée aux pauvres répare la faute de hôtsaat zera lévatala (émission de semence en vain) et, pour tout ce dont nos Sages ont dit qu’on en est passible de mort, elle sauve de la mort. Rabbi Tsadok : pour cette faute, par elle on fait vivre des âmes ; un monde entier comprend les âmes spoliées (nées de la semence perdue), auxquelles on donne vie réellement, à condition que ce soit un pauvre digne, sinon cela ne sert de rien. Nul ne sait lequel se révélera digne ; seul celui qui se repent comme il convient et implore que sa faute soit réparée entièrement, à celui-là le Nom béni prépare ce qui convient.

Aussi : la malédiction de Jérémie contre Anatot, trébuchement par des indignes, mesure pour mesure ; Ben Sira, âme précieuse sortie vers les kelipot, composé de bien et de mal

‏[קכה] צדקה לעניים ג"כ מועיל לתקן עון הוז"ל ובכלל לכל מה שאז"ל חייב מיתה מועיל צדקה כמ"ש ‏דתציל ממות וכמשאז"ל פ"ק דב"ב (יא.) ולעון זה ביחוד דע"י שמחי' נפשות ואז"ל שם כל המקיים ‏נפש א' מישראל כאלו קיים עולם מלא ובכלל העולם ג"כ אותם נפשות עשוקות. מחיים ממש.

ובלבד ‏שיהי' לעני הגון דבלא"ה אין מועיל דהוא קצת מעין דוגמא דחטאו שמשפיע חיים למי שאין ראוי ‏וכמ"ש בירמי' שקילל לאנשי ענתות ויהיו מוכשלים לפניך בעת אפך עשה בהם הכשילם בבנ"א ‏שאינם מהוגנים כדאי' ספ"ק דב"ק. והיינו כי הם החטיאו לירמי' בהוז"ל כנודע כמ"ש (באהע"ז סי' א' ‏בח"מ סק"ו) [ואולי זה ג"כ בכלל כי כרו שוחה וגו' ע"ש בב"ק.

אלא שהש"י חשב מחשבות לבלתי יהי' ‏לבטלה ונולד מזה בן סירא כדאי' שם ולכך בן סירא הי' כלול טוב ורע כדאי' פ' חלק (סנהדרין ק:) דהוא מס' ‏חיצונים ומילתא מעליותא דאית בי' דרשינן ע"ש וכן בב"ק (צב:) קראוהו כתובים כי באמת היתה ‏נפש יקרה רק דיצאה לחיצונים ומשם נלקחה ואכ"מ] וקיללה שיכשלו במדה כנגד מדה דלא רצה ‏לקללם שיכשלו בחטאו דזה גורם רעה לכל כנודע בזוהר משא"כ בזה. והנה דבר זה אין ביד האדם ‏לידע כלל עי' בכתובות (סח.) וכ"א בסוכה (מט:) שמא תאמר כל הבא לקפוץ קופץ ת"ל מה יקר ‏חסדך.

ובבר"ר (פ' סא) דרשו פסוק ולערב אל תנח ידך כי אינך יודע וגו' על נתינת צדקה שאין יודע ‏איזה יכשר רק מי ששב כראוי ומבקש רחמי שמים שיתוקן חטאו מכל וכל אז הש"י מזמין לו כראוי: ‏

[125] La tsédaka donnée aux pauvres est elle aussi efficace pour réparer la faute de hôtsaat zera lévatala (הוצאת זרע לבטלה, l'émission de semence en vain) ; et de manière générale, pour tout ce dont nos Sages, de mémoire bénie, ont dit qu'on en est passible de mort, la tsédaka est efficace, comme il est écrit qu'elle sauve de la mort (Proverbes 10,2), et comme l'ont dit nos Sages au premier chapitre de Baba Batra (11a). Et pour cette faute-ci en particulier, parce que par elle il fait vivre des âmes ; et nos Sages ont dit là-bas : quiconque maintient en vie une seule âme d'Israël, c'est comme s'il avait maintenu en vie un monde entier - et dans ce monde sont comprises elles aussi ces âmes spoliées (נפשות עשוקות, les âmes issues de la semence perdue) : il leur donne vie réellement.

À condition seulement que ce soit pour un pauvre digne, car autrement cela ne sert de rien, puisqu'il y a là un peu comme un échantillon de sa faute elle-même, du fait qu'il répand la vie sur celui qui n'en est pas digne. Ainsi qu'il est écrit chez Jérémie, qui maudit les gens d'Anatot : qu'ils soient faits trébucher devant Toi, au temps de Ta colère agis contre eux (Jérémie 18,23) - fais-les trébucher par des hommes qui ne sont pas dignes, comme il est rapporté à la fin du premier chapitre de Baba Kama (16b).

Et cela parce qu'eux avaient fait fauter Jérémie par hôtsaat zera lévatala, comme on le sait, ainsi qu'il est écrit (dans Even HaEzer, siman 1, dans le Helkat Mehokek, seif katan 6). [Et peut-être cela est-il aussi compris dans le verset : car ils ont creusé une fosse, etc.

(Jérémie 18,22) - voir là-bas dans Baba Kama. Sauf que le Nom béni conçut des pensées afin que cela ne soit pas en vain, et de là naquit Ben Sira, comme il est rapporté là-bas ; et c'est pourquoi Ben Sira était un composé de bien et de mal, comme il est rapporté au chapitre Helek (Sanhédrin 100b), à savoir qu'il fait partie des livres extérieurs (sefarim hitsonim) et que la chose excellente qui s'y trouve, nous l'exposons - voir là-bas ; et de même dans Baba Kama (92b) ils l'ont rangé parmi les Écrits (Ketouvim).

Car en vérité c'était une âme précieuse, seulement qu'elle était sortie vers les forces extérieures (hitsonim, kelipot) et que c'est de là qu'elle fut prise ; et ce n'est pas ici le lieu d'en parler.] Et sa malédiction fut qu'ils trébuchent mesure pour mesure, car il ne voulut pas les maudire de trébucher dans sa propre faute à lui, puisque cela cause du mal à tous, comme on le sait dans le Zohar, ce qui n'est pas le cas de cette malédiction-ci. Or cette chose-là, il n'est nullement au pouvoir de l'homme de la connaître : voir Ketoubot (68a) ; et de même il est dit dans Souka (49b) : si tu venais à dire que quiconque vient sauter peut sauter, l'enseignement dit : que Ta bonté est précieuse (Psaumes 36,8).

Et dans Bereshit Rabba (chapitre 61) ils ont exposé le verset : et le soir ne laisse pas reposer ta main, car tu ne sais pas, etc. (Ecclésiaste 11,6) au sujet du don de la tsédaka, car nul ne sait lequel se révélera digne.

Seul celui qui se repent comme il convient et implore la miséricorde du Ciel pour que sa faute soit réparée entièrement, à celui-là le Nom béni prépare ce qui convient.

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