Celui qui rend méritants les coupables (mezake le-'hayavaya), il est impossible que rien ne s'attache à lui, comme le cureur d'égouts. Pour Rabbi Tsadok, Chelomo n'a pas voulu réprimander afin que rien ne s'attache à lui ; qui peut protester et ne proteste pas, tout s'attache à lui. Par cela on en vient à l'émission séminale (reiyat keri) : ce 'hassid racheta une jeune fille, la fit immerger et rendait méritants les coupables. Elicha repoussait des deux mains et ne vit jamais d'émission séminale ; il ne faut pas être comme lui, le rapprochement plus fort que le rejet. Pour le yetser, la gauche repousse et la droite rapproche ; selon l'homme, les uns soumettent (le-itkafya), d'autres transforment (le-ithapkha).
[קכ] מי שמזכה לחייביא א"א שלא ידבק בו מאומה. וכידוע המשל ע"ז ממי שגורף ביבין [ובזה יובן צחות לשון רז"ל (מ"ר ר"פ וארא) נוח הי' לשלמה להיות גורף ביבין כו' ע"ש במדרש [אבל בגמ' דשבת נ"ו ב' אי' שמש לד"א והכל א' ואכ"מ] ר"ל שהוא לא רצה להוכיחן ולהיות גורף ביבין שלא ידבק בו מאומה ובאמת כל מי שיש בידו למחות כו' ונדבק בו הכל] ועי"ז בא לראיית קרי כמ"ש בשבת (קכז:) באותו חסיד מפני טורח הדרך לפדות אותה ריבה דאי' באדר"נ (פ"ח) שהטביל לריבה מפני שאכלה איסורים והי' מזכה לחייביא משא"כ אלישע שא' עליו סנהדרין (קז:) שהי' מדחה בב' ידים נא' עליו בברכות (י:) שלא ראה קרי מימיו.
וא' שם בסנהדרין דאין להיות כאלישע רק הקירוב יותר בחוזק מן הדחוי. שהוא בימין.
וא' תיכף אח"כ שם דגם היצר כן יהי' שמאל דוחה וימין מקרבת משא"כ באלישע הי' גם ימין דוחה ואף שא' בב"ר (פר' ט) טוב מאוד זה יצה"ר ידוע דהכל לפי מה שהוא אדם ויש מדתו לאכפייא ולהיות דוחה לגמרי ויש מדתו לאהפכא:
[120] Celui qui rend méritants les coupables (mezake le-'hayavaya, expression araméenne : rendre méritant celui qui est coupable), il est impossible que rien ne s'attache à lui. Et l'on connaît la parabole à ce sujet, celle de celui qui cure les égouts (goref bivin, litt. celui qui ratisse les canalisations d'eaux usées).
[Et par là se comprend la finesse du langage de nos Maîtres, de mémoire bénie (Midrach Rabba, début de la paracha Vaera) : il eût été plus doux pour Chelomo (Salomon) d'être un cureur d'égouts, etc., voir là-bas dans le Midrach [mais dans la guemara de Chabbat 56b il est dit qu'il servit 'autre chose' (davar a'her, euphémisme pour l'idolâtrie), et tout cela est une seule et même chose, et ce n'est pas ici le lieu d'en traiter]. C'est-à-dire qu'il ne voulut pas les réprimander ni être un cureur d'égouts, afin que rien ne s'attache à lui ; et en vérité, quiconque a le pouvoir de protester [et ne proteste pas est saisi pour cette faute], etc., et tout s'attache à lui.] Et par cela on en vient à l'émission séminale (reiyat keri), comme il est écrit dans Chabbat 127b au sujet de ce 'hassid (homme pieux), 'à cause de la peine du chemin' pour racheter cette jeune fille ; car il est dit dans Avot de-Rabbi Nathan (chapitre 8) qu'il fit immerger cette jeune fille parce qu'elle avait mangé des aliments interdits, et il rendait ainsi méritants les coupables.
Il n'en va pas de même d'Elicha (Élisée), dont il est dit dans Sanhédrin 107b qu'il repoussait des deux mains, et dont il est dit dans Berakhot 10b qu'il ne vit jamais d'émission séminale de sa vie. Et il est dit là-bas dans Sanhédrin qu'il ne faut pas être comme Elicha, mais que le rapprochement soit plus fort que le rejet, car il est de la droite.
Et il est dit immédiatement après, là-bas, qu'il en va de même pour le yetser (le penchant) : la gauche repousse et la droite rapproche ; il n'en va pas de même d'Elicha, chez qui la droite aussi repoussait. Et bien qu'il soit dit dans Berechit Rabba (chapitre 9) que 'très bon' désigne le yetser hara (le mauvais penchant), il est connu que tout est selon ce qu'est l'homme : il en est dont la mesure est de soumettre (le-itkafya, briser le penchant) et de repousser entièrement, et il en est dont la mesure est de transformer (le-ithapkha, retourner le mal en bien).