Quiconque est net des fautes du désir (taava) a besoin d'une garde supplémentaire dans les affaires de colère et de meurtre : « tu ne tueras point » et « tu ne commettras point d'adultère » sont deux contraires, droite et gauche du côté du mal. Pour Rabbi Tsadok, toute la descendance de Yossef, gardiens de l'alliance, a le meurtre fréquent. Chez Rabbi Yo'hanan cette colère des sages domine : il appelle Rech Lakich « brigand » et ne veut pas pardonner. Bien que cette colère soit bonne de tous les côtés, elle ne réussit pas. Il est interdit de rappeler à un baal techouva (pénitent) ses actes d'autrefois : la même affaire le repousse, et Rabbi Elazar ben Pedat règne à sa place.
Aussi : yarovam ben Nevat, « Efrati » sans pollution, dont le yessod (fondement) était la colère ; la beauté des traits se rapporte à la garde de l'alliance ; il sent sa fin et, comme Rabbi Hanina, tient que sa vie passe en premier
[קיז] כל מי שנקי מחטאי התאוה צריך שמירה יתירה בעניני כעס ורציחה שהוא עלול להם וכידוע דלא תרצח ולא תנאף הם ב' הפכים והם ימין ושמאל ברע. [וכמו ששמעתי על ירבעם בן נבט שנקרא אפרתי דר"ל שלא ראה קרי מימיו ושם אמו צרועה היסוד שלו כעס].
וכל זרעא דיוסף הם שומרי הברית כנודע ורציחה שכיחה שם כמ"ש במכות (י.) בגלעד שכיחי רוצחים. בשכם שכיחא רוצחים.
ובב"מ (פד.) שספרו משופרי' דר"י וידוע שופרי' ויופי התואר בכל מקום הוא על שמירת הברית וכמש"ל אות צ"ו ואח"כ נאמר עליו דאתי מזרעא דיוסף ואח"כ הענין שאירע לו מריש לקיש [כמנהג רז"ל בגמ' בכ"מ מתוך שבחו ובמקום גדולתו שם אתה מוצא ג"כ מה שנראה קצת היפך כי תורה היא וללמוד צריך וכמו כן גם בתנ"ך] שהוא מצד הרתחא דרבנן שהיתה גוברת בו שלא רצה למחול. וגם גוף ההענשה שהי' רגיל בה ר' יוחנן כמ"ש בב"ק (קיז.) עם ר"כ דבר זה הוא ג"כ למי שהוא בטבע כן כמ"ש בשלהי שבת (קנו.) מר נמי עניש וקטיל.
ואע"ג דרתחא דרבנן הוא טב בכל סטרין כמ"ש בזוהר (ח"ב קפב ב) וכ"א בתענית (ד.) דאורייתא מרתחא לי' מ"מ כפי הנראה דשם לא הצליח רתחי' ומאי סליק בי'. ולפי שקרא לר"ל ליסטאה דהיינו רוצח ולפי שאסור להזכיר לבע"ת מעשיו הראשונים לכך הוא ג"כ נזדמן לו ענין כזה עצמו ע"י מה שחבירו נענש על ידו ועי"ז בא מזה הגרם נדחה לעצמו כמו שגרם לר"ל.
[ונראה מה שלא רצה למחול כי הרגיש שקרב קיצו וחשב דנדחה מפני גברא ובוודאי ר"ל ימלוך תחתיו וסבר חייו קודמין ובזה א"צ למחול כדאשכחן בר"ח ביומא (פז:) והוא חישב זה להצלת חייו אבל נורא עלילה על בנ"א חשב לו זה לקצת חטא ואדרבא זה גרם לו ההיפוך ור"א בן פדת מלך תחתיו]:
[117] Quiconque est net des fautes du désir (taava) a besoin d'une garde supplémentaire dans les affaires de colère et de meurtre, car il y est exposé ; et l'on sait que "tu ne tueras point" et "tu ne commettras point d'adultère" sont deux contraires, et qu'ils sont la droite et la gauche du côté du mal. [Ainsi que je l'ai entendu au sujet de Yarovam ben Nevat, qui est appelé "Efrati", ce qui veut dire qu'il n'eut jamais de pollution de sa vie, et le nom de sa mère était Tseroua : son yessod (le fondement, la sefira de la garde de l'alliance) était la colère.] Et toute la descendance de Yossef, ce sont des gardiens de l'alliance (chomrei ha-berit), comme on le sait, et le meurtre y est fréquent, comme il est dit dans Makot (10a) : "à Guilad les meurtriers sont fréquents ; à Chekhem les meurtriers sont fréquents".
Et dans Baba Metsia (84a), où l'on rapporta la beauté de Rabbi Yo'hanan ; or il est connu que la beauté et la beauté des traits, partout, se rapportent à la garde de l'alliance, comme ci-dessus, section 96 ; et ensuite il est dit de lui qu'il venait de la descendance de Yossef ; et ensuite vient l'affaire qui lui advint avec Rech Lakich [selon l'usage de nos maîtres, de mémoire bénie, dans la Guemara en tout lieu : au sein même de sa louange et au lieu de sa grandeur, là tu trouves aussi ce qui paraît quelque peu le contraire, car c'est de la Torah et il faut l'étudier ; et de même aussi dans le Tanakh], laquelle provient du côté de la colère des sages (ritha de-rabbanan) qui était dominante en lui, puisqu'il ne voulut pas pardonner. Et de même le fait même de punir, auquel Rabbi Yo'hanan était accoutumé, comme il est dit dans Baba Kama (117a) avec Rav Kahana : cette chose aussi appartient à celui dont la nature est telle, comme il est dit à la fin de Chabbat (156a) : "le maître aussi punit et tue".
Et bien que la colère des sages soit bonne de tous les côtés, comme il est dit dans le Zohar (II, 182b), et comme il est dit dans Taanit (4a) : "c'est la Torah qui l'échauffe", néanmoins, à ce qu'il paraît, là sa colère ne réussit pas, et vois ce qu'il en advint pour lui. Et parce qu'il avait appelé Rech Lakich "brigand" (listaa), c'est-à-dire meurtrier, et parce qu'il est interdit de rappeler à un baal techouva (celui qui est revenu, le pénitent) ses actes d'autrefois, pour cela il lui échut à lui aussi une affaire du même genre : son compagnon fut puni par lui, et par là il advint, de cette causation, qu'il fut lui-même repoussé, comme il l'avait causé à Rech Lakich.
[Et il semble que s'il ne voulut pas pardonner, c'est parce qu'il sentait que sa fin approchait, et qu'il pensait être repoussé devant cet homme, et que certainement Rech Lakich régnerait à sa place ; et il estimait que sa propre vie passe en premier, et en pareil cas il n'est pas tenu de pardonner, comme nous le trouvons chez Rabbi Hanina dans Yoma (87b) ; lui calculait cela pour le salut de sa vie, mais Celui qui est "redoutable en Ses actes envers les fils de l'homme" (Tehilim 66,5) le lui compta pour un peu de faute, et au contraire cela lui causa l'inverse : et Rabbi Elazar ben Pedat régna à sa place.]