« Le fruit du juste est un arbre de vie » (Proverbes 11,30), et comme il est dit dans Bava Metsia au sujet du fils de Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, bien qu'il ait paru qu'il n'en soit pas ainsi. Selon Rabbi Tsadok, le tsadik engendre des âmes précieuses ; « arbre de vie » désigne la Torah, une avec les âmes. Il faut « celui qui prend les âmes, le sage », car par la ''hokhma elles sont triées et prises d'entre le mal, parfois par un talmid ''hakham. Parfois le Saint béni soit-Il, « Celui qui prend les âmes avec justice » dans le Birkat HaMazon de l'endeuillé, en fait un arbre de vie.
Aussi : les esprits, chedim et lilin d'Adam HaRichon, génération de l'asservissement d'Égypte ; les dix gouttes de Yossef, les dix martyrs du royaume ; par la mort du père, Il prend l'âme du fils et en fait un arbre de vie
[קיג] פרי צדיק הוא עץ חיים וכמ"ש בב"מ (פה.) גבי ברי' דר"א בר"ש אף שהי' נראה לא כן. דבוודאי הצדיק מוליד נפשות יקרות [וע"ח היינו תורה שהוא א' עם הנפשות] ועד"ז ג"כ מ"ש האריז"ל ברוחין ושו"ל שהוליד אדה"ר היו דור שעבוד מצרים.
וכן י' טפין שיצאו מיוסף הם י' הרוגי מלוכה. רק שצריך לזה לוקח נפשות חכם דבחכמה אתברירו ולוקחם מן הרע.
ולפעמים הוא ע"י איזה ת"ח בדור כנ"ל מפ' הפועלים בבנו של ר"א בר"ש. ולפעמים הוא ע"י הקב"ה בעצמו שנקרא ג"כ לוקח נפשות במשפט בברכת המזון לאבל.
וע"י מיתת האב שנקרא הש"י לוקח נפשות הוא ג"כ לוק"נ נפש בנו [וכן נפשות העשוקות ר"ל] ועושה ממנה עץ חיים [ולפעמים הוא על אותו דרך דבגמ' שם דקרי לי' רבי ונותן בלב בנ"א להסמיכו ברבי ולהגדילו ועי"ז מתגדל אח"כ באמת. ואז גם רבי שקרו לו אז ודאי לא לשוא הי' כי כשנתגלה האמת אז נראה כי גם תחלה הי' כן רק שהיה בהעלם כי מאריה בישא גיריא טבא לא נפיק.
ותדע דא' שם לא שזה גדול מזה כו' ואע"פ שהי' רועה זונות תחלה מ"מ לא תזכרנה ראשונות רק הי' גם בתחלתו טוב וגדול כמו בסוף וע"כ נז' זה בגמ':
[113] "Le fruit du juste est un arbre de vie" (Proverbes 11,30), et comme il est dit dans Bava Metsia (85a) au sujet du fils de Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon, bien qu'il ait paru qu'il n'en soit pas ainsi. Car assurément le tsadik engendre des âmes précieuses [et "arbre de vie" désigne la Torah, qui est une avec les âmes].
Et de cette même manière aussi, ce qu'a écrit l'Arizal (Rabbi Its'hak Louria) au sujet des esprits, des chedim et des lilin (רוחין ושידין ולילין : esprits et démons mâles et femelles) qu'engendra Adam HaRichon (le premier homme) : ils furent la génération de l'asservissement d'Égypte. Et de même, les dix gouttes qui sortirent de Yossef sont les dix martyrs du royaume (assara harouguei malkhout).
Seulement, il faut pour cela "celui qui prend les âmes, le sage" (לוקח נפשות חכם, Proverbes 11,30), car c'est par la ''hokhma (sagesse) qu'elles sont triées (בחכמה אתברירו), et il les prend d'entre le mal. Et parfois cela se fait par l'intermédiaire de quelque talmid ''hakham (érudit en Torah) de la génération, comme il a été dit plus haut du chapitre HaPoalim, à propos du fils de Rabbi Elazar fils de Rabbi Chimon.
Et parfois cela se fait par le Saint béni soit-Il Lui-même, qui est appelé Lui aussi "Celui qui prend les âmes avec justice" (לוקח נפשות במשפט), dans le Birkat HaMazon (actions de grâces après le repas) récité pour l'endeuillé. Et par la mort du père, où le Nom est appelé "Celui qui prend les âmes", Il est aussi celui qui prend l'âme de son fils [et de même les âmes opprimées, que le Miséricordieux nous en préserve], et Il en fait un arbre de vie.
[Et parfois cela se fait de la manière rapportée dans la Guemara là-bas, où on l'appelait "Rabbi" : Il met dans le cœur des gens de lui conférer l'ordination du titre de Rabbi et de le grandir, et par cela il devient ensuite grand en vérité. Et alors, le titre de "Rabbi" qu'on lui donnait déjà à ce moment-là n'était certainement pas vain, car lorsque la vérité se révéla, on vit qu'au commencement aussi il en était ainsi, seulement que c'était caché, car d'un mauvais carquois il ne sort pas de bonne flèche (מאריה בישא גיריא טבא לא נפיק).
Et sache qu'il est dit là-bas : "non que celui-ci soit plus grand que celui-là, etc." ; et bien qu'il ait été au début un homme qui fréquentait les prostituées, malgré tout "on ne se souviendra pas des choses premières" (Isaie 65,17) : il était déjà bon et grand à son commencement comme il le fut à la fin, et c'est pourquoi cela est mentionné dans la Guemara :