Le tikoun (réparation) du mikre (accident) est la tévila : le zera levatala (semence en vain) encourt le Déluge ; on en prend l'image un instant et l'on en ressort. Hachem a dit : « Je ne continuerai plus », car le penchant depuis sa jeunesse : le yetser hara prend le dessus sans connaissance, chez le jeune garçon et pendant le sommeil. Rabbi Tsadok : le el ahèr (dieu étranger) stérile n'a pas de daat (connaissance), dit l'Ari Z"L ; Moché, secret du daat, en est le tikoun, et « car des eaux je l'ai tiré » relève du secret du mikvé. Les paroles de Torah, eaux du daat, servent de même dans la crainte ; Ezra institua la tévila du baal keri pour l'effroi.
Aussi : en Babylonie on annula la tévila, « meule à son cou » et annulation de l'étude ; Babel a causé cela pour l'illumination de la Che'hina ; Bavel est belula (mélangée), par ce moyen abondance de Torah, tout pour le bien
[קז] תיקון למקרה הוא הטבילה כי ע"י ז"ל מגיע עונש המבול כמ"ש בנדה (יג:) ומקבל ע"ע ג"כ דוגמת מבול כרגע ותיכף יוצא כי הש"י א' לא אוסיף וגו' כי יצר וגו' מנעוריו ר"ל עוד טרם ידע הנער כו' ובלא דעתו היצ"ר מתגבר וכן בשינתו [זה נקרא בלא דעתו וכמ"ש גם בלא דעת נפש לא טוב ומצינו בשבת (קמט:) אין לא טוב אלא רע וזה נקרא רע. וא' בסוטה (ג.) אין אדם עובר עבירה אא"כ נכנס בו רוח שטות והיינו אל אחר שא' בזוהר (ח"ב קג א) אסתרס ולא עביד פירין ופי' האריז"ל שאין לו דעת כנודע.
ולכך משרע"ה שהוא סוד הדעת תיקונו. ורצה לתקן זה כמש"ל אות צ"ו ומן המים משיתיהו הוא בסוד המקוה].
והנה הוקשו אוהלים לנחלים בברכות (טז.) לכך גם ד"ת שהוא מי הדעת מועיל כמו כן. וצריך לזה ד"ת בדחילו.
שזה הוא היפך דאימה ויראה כמ"ש בברכות (כב א) והוא דוגמת שא' בפ' חלק (סנהדרין קח:) בדור המבול ברותחין קלקלו ברותחין נידונו. ולכך עזרא תיקן טב לה לב"ק כדי לעסוק בתורה באימה כדאי' שם והיינו שיתקן עצמו קודם והוא עד"ש ביומא (עב:) תורה בטהרה ואמרי' עלה בקידושין (כט:) הא לן והא להו.
וכשהתחילה תורה בבבל בטלוהו לטבילותא דזה מקרי ריחים בצוארו שם בקידושין ובטול תורה שם בברכות והכל א' שזה ענין תלמוד בבלי אע"פ שנקרא במחשכים בסנהדרין (כד.) והיינו כמ"ש במ"ק (כה.) שבבל גרמה לו לענין הארת גלוי שכינה מ"מ א' שם בסנהדרין (שם) מאי בבל בלולה כו' כי עי"ז הוא רבוי תורה והכל לטוב ואכ"מ להאריך עוד:
[107] Le tikoun (réparation) du mikre (accident nocturne) est la tévila (immersion au mikvé), car par le zera levatala (émission de semence en vain) on encourt le châtiment du Déluge, comme il est écrit dans Nidda (13b) ; et il prend donc également sur lui-même quelque chose à l'image du Déluge, le temps d'un instant, et il en ressort aussitôt. Car ה' béni soit-Il a dit : Je ne continuerai plus etc., car le penchant etc. depuis sa jeunesse (Genèse 8,21) - c'est-à-dire alors même que le jeune garçon ne sait pas encore etc., et sans qu'il en ait connaissance le yetser hara (mauvais penchant) prend le dessus ; et de même pendant son sommeil.
[Cela s'appelle sans qu'il en ait connaissance, et comme il est écrit : de même, sans daat (connaissance) l'âme n'est pas bonne (Proverbes 19,2) ; et nous trouvons dans Chabbat (149b) : "pas bon" ne désigne rien d'autre que le mal, et cela s'appelle donc le mal. Et il est dit dans Sota (3a) : nul ne commet une transgression à moins qu'un esprit de folie n'entre en lui ; et c'est là le el ahèr (dieu étranger, la force du mal) dont il est dit dans le Zohar (t.
II, 103a) qu'il a été rendu stérile et ne produit pas de fruits, ce que le Arizal (Rabbi Its'hak Louria Zal) a expliqué en ce sens qu'il n'a pas de daat, comme cela est connu. C'est pourquoi Moche notre maître, la paix sur lui, qui est le secret du daat, en est le tikoun.
Et il voulut réparer cela, comme il a été dit plus haut, article 96 ; et "car des eaux je l'ai tiré" (Exode 2,10) relève du secret du mikvé.] Or les tentes ont été rapprochées des torrents dans Berakhot (16a) ; c'est pourquoi les divrei Torah (paroles de Torah), qui sont les eaux du daat, sont utiles de la même manière. Et il faut pour cela des paroles de Torah be-de'hilou (dans la crainte), car cette faute est l'opposé de l'effroi et de la crainte, comme il est écrit dans Berakhot (22a).
Et c'est à l'image de ce qui est dit au chapitre 'Helek (Sanhédrin 108b) au sujet de la génération du Déluge : c'est par l'eau bouillante qu'ils se sont corrompus, c'est par l'eau bouillante qu'ils ont été jugés. C'est pourquoi Ezra institua la tévila pour le baal keri (celui qui a eu une émission), afin que l'on s'occupe de la Torah avec effroi, comme il est rapporté là-bas - c'est-à-dire qu'il se répare lui-même au préalable.
Et cela va dans le sens de ce qui est dit dans Yoma (72b) : la Torah dans la pureté ; et l'on dit à ce sujet dans Kidouchin (29b) : ceci vaut pour nous et cela vaut pour eux. Et lorsque la Torah commença en Babylonie, ils annulèrent la tévila, car celle-ci est appelée "une meule à son cou" - là-bas dans Kidouchin - et annulation de l'étude de la Torah - là-bas dans Berakhot ; et tout cela revient au même, car telle est la nature du Talmud de Babylone, bien qu'il soit appelé "dans les ténèbres" (Lamentations 3,6) dans Sanhédrin (24a).
Et cela rejoint ce qui est écrit dans Moed Katan (25a), que Babel lui a cause cela quant à l'illumination de la révélation de la Chekhina. Néanmoins il est dit là-bas dans Sanhédrin (ibid.) : qu'est-ce que Bavel (בבל) ?
Belula (בלולה, mélangée) etc., car par ce moyen il y a abondance de Torah, et tout est pour le bien ; et ce n'est pas ici le lieu de développer davantage.