« Nul ne se tient fermement sur des paroles de Torah s'il n'a d'abord trébuché en elles » (Guitin 43a). Rabbi Tsadok enseigne que ce trébuchement conduit au keri (émission séminale involontaire) ; par ce moyen même, « le désir de Hachem prospérera par sa main », et l'on se tient sur des paroles de Torah. Les fautes deviennent des mérites : l'âme spoliée entre dans la sainteté, car les âmes d'Israël sont paroles de Torah et leur renouvellement est l'enfantement d'âmes saintes. Le Saint béni soit-Il ménage ce trébuchement afin qu'on se tienne, à partir de lui, sur juger du côté du mérite, car en tout mal aussi est enfoui du bien.
Aussi : après l'immersion, techouva et tikoun, on enseigne ce qui vient d'être renouvelé ; le keri survient pour n'avoir pas jugé du mérite un disciple intègre, sur un chemin de rachat des captifs ; toute chose jugée d'après sa fin est « très bonne ».
[קו] אין אדם עומד על ד"ת אא"כ נכשל (גיטין מג.) והמכשלה דד"ת מביאה לידי קרי ר"ל כמ"ש במק"א ע"פ כי מן המים משיתהו כמש"ל אות ע"ו מענין דור המבול וכמ"ש (ברכות יד.) ושבע ילין בל יפקד רע המשביע עצמו מד"ת כו' ומינה להיפך. ואח"כ עי"ז חפץ ה' בידו יצלח כמש"ל ועומד על ד"ת כמ"ש במק"א מענין יוסף שידא וכמ"ש דעונות נעשו זכיות וממים הזדונים נהפך למי הדעת והנפש העשוקה נכנסה לקדושה ונעשה ממנו ד"ת כידוע שנפשות מישראל הם עצמן ד"ת והתחדשות ד"ת הוא הולדת נפשות קדושות וע"כ א' בשבת (קכז:) שנה לתלמידיו הוא מה שנתחדש לו דייקא אחר שטבל מקודם שהוא התשובה והתיקון ונראה שזה עצמו הי' מ"ש אח"כ מענין לדון לכף זכות אפי' באופן זה שהמעשה לכאורה מורה בבירור לחוב ולא ידע זה מקודם כמש"ש בתלמיד שאינו בדוק ודברה תורה לשון נקיה היינו שהי' חשוד אצלו על זנות ומדאמר שאינו בדוק משמע דבאמת כשר הי' רק שהוא לא דנו לכף זכות והי' המשפט עבור זה ראיית הקרי ומ"מ אירעו מפני טורח הדרך שהי' דבר מצוה והרי שומר מצוה לא ידע דבר רע וזה נקרא רע כידוע.
רק שכל דבר נידון ע"ש סופו ואז נקרא טוב מאד ומאחר שהי' כדי שיעמוד עי"ז על ד"ת זכה לזה רק ע"י טורח אותו דרך לפדיון שבויים דאותה ריבה התנהגה בדרכי גוים כמ"ש באדר"נ ספ"ח והוא מדת חסידות לבקש זכות גם לרשעים כמ"ש בפ' חלק (סנהדרין קי.) שבקי' רע"ק לחסידותי' מאי חסידותי' כו' ע"ש ולכך נקרא באותו מעשה חסיד א' [ויעמש"ל אות ק"ב] שזה לפנים משוה"ד ואין רואה לעינים כי גם בכל רע גנוז טוב. ולכך זכה אז לעמוד על דבר זה של תורה לדון לכף זכות שהוא ג"כ גניזת הטוב במעשה הרע לעין והזמין לו הש"י אותו מכשול [שהוא לידת נפש בלא רצונו ודעתו וכן עומד על ד"ת ר"ל כמי שעומד מזומן על אותו דבר בלי דעתו והשתדלותו.
וע"י שחידש אח"כ הד"ת הוציא הנפש כמש"ל] לעמוד מתוכו על דברי תורה:
[106] Nul ne se tient fermement sur des paroles de Torah s'il n'a d'abord trébuché en elles (Guitin 43a), et le trébuchement dans les paroles de Torah conduit au keri (émission séminale involontaire), que le Miséricordieux nous en préserve, comme je l'ai écrit ailleurs sur le verset 'car je l'ai tiré des eaux' (Chemot 2,10), et comme il est écrit plus haut à la section 76 au sujet de la génération du déluge, et comme il est enseigné (Berakhot 14a) : 'rassasié, il passe la nuit sans être visité par le mal' (Michlé 19,23) - celui qui se rassasie de paroles de Torah etc.; et de là on tire l'inverse. Puis, par ce moyen même, 'le désir de ה' prospérera par sa main' (Yechayahou 53,10), comme il est écrit plus haut, et il se tient sur des paroles de Torah, comme je l'ai écrit ailleurs au sujet de Yossef le chède (Yossef le démon, dont parle le Talmud), et comme il est dit que les fautes deviennent des mérites, que des eaux impétueuses (mayim hazédonim, les eaux de l'insolence) cela se retourne en eaux de la connaissance (daat), que l'âme spoliée entre dans la sainteté et qu'il en devient des paroles de Torah - car il est connu que les âmes d'Israël sont elles-mêmes des paroles de Torah, et que le renouvellement de paroles de Torah est l'enfantement d'âmes saintes.
C'est pourquoi il est dit dans Chabbat (127b) 'il enseigna à ses disciples' : c'est précisément ce qui venait de lui être renouvelé, après qu'il se fut immergé d'abord, ce qui est le retour (techouva) et la réparation (tikoun). Et il semble que cela même fut ce qu'il dit ensuite au sujet de juger du côté du mérite (dan lekhaf zekhout, juger favorablement), même dans un cas de ce genre où l'acte semble à première vue indiquer clairement la culpabilité; et il ne savait pas cela auparavant, comme il est dit là-bas à propos du 'disciple non vérifié' - et la Torah s'exprime en langage pur -, c'est-à-dire qu'il était à ses yeux soupçonné de débauche.
Et du fait qu'il est dit 'non vérifié', il ressort qu'en vérité il était intègre, et que c'est lui seulement qui ne l'avait pas jugé du côté du mérite; et le jugement porte contre lui pour cela fut la survenue du keri. Néanmoins cela lui arriva à cause de la fatigue du chemin, lequel était une affaire de mitsva - or 'celui qui garde le commandement ne connaîtra rien de mal' (Kohelet 8,5), et cela est appelé 'mal', comme il est connu.
Seulement que toute chose est jugée d'après sa fin, et alors cela est appelé 'très bon'; et puisque c'était afin qu'il se tienne par là sur des paroles de Torah, il ne mérita cela que par la fatigue de ce chemin-là, entrepris pour le rachat des captifs (pidyon chevouyim), car cette jeune fille s'était conduite selon les usages des nations, comme il est écrit dans Avot deRabbi Nathan, fin du chapitre 8. Et c'est la mesure de piété (midat hassidout) que de chercher un mérite même pour les méchants, comme il est dit au chapitre Helek (Sanhédrin 110a) : 'Rabbi Akiva a délaissé sa piété' - quelle est sa piété? etc., voir là-bas.
C'est pourquoi il est appelé dans ce récit 'un certain hassid' [et voir ce qui est écrit plus haut, section 102], car cela est au-delà de la stricte ligne du droit (lifnim michourat hadin) et l'on ne juge pas d'après ce que voient les yeux, car en tout mal aussi est enfoui du bien. Et c'est pourquoi il mérita alors de se tenir sur cette parole de Torah, celle de juger du côté du mérite, qui est elle aussi l'enfouissement du bien à l'intérieur de l'acte mauvais aux yeux.
Et le Saint béni soit-Il lui ménagea ce trébuchement [qui est l'enfantement d'une âme sans sa volonté ni sa connaissance; et de même 'se tenir sur des paroles de Torah' veut dire comme celui qui se tient tout prêt devant cette chose sans son savoir ni son effort. Et par le fait qu'il renouvela ensuite cette parole de Torah, il fit sortir cette âme, comme il est écrit plus haut] afin qu'il se tienne, à partir de lui, sur des paroles de Torah.