Au commencement, D.ieu illumine l'homme ; il n'y est pas accoutumé : il lui est difficile de la recevoir comme un piquet planté en un lieu sûr, et il la perd. Il se languit après elle, et D.ieu ne revient pas la lui ouvrir sinon à grand-peine, malgré « Fais-nous revenir », à la manière de « Quand Je voulais, tu ne voulais pas ». Rabbi Tsadok y voit le don de la Torah : contrainte de la montagne comme une cuve, puis acceptation volontaire aux jours d'Assuérus. Aucun miracle aux jours d'Ezra comme à Yehochoua, à cause de la faute antérieure ; la Che'hina n'a pas résidé dans le Second Temple ; toutes les qualités de la Torah n'existèrent qu'à partir de lui.
Aussi : ils contraignirent le Saint avant de poser pierre sur pierre ; l'annulation du yetser ha-ra (le penchant au mal) ; le remède de l'occultation, les paroles de Torah, un sage préférable à un prophète
[צג] תחלה הש"י מאיר לאדם והאדם אין רגיל בזה עדיין וקשה עליו לקבלו כיתד קבוע במקום נאמן שלא ימוט ומאבדו ואח"כ האדם נוהה אחריו ומבקשו והש"י אינו חוזר ופותח לו כטענת השיבנו כו' אם לא בקושי גדול כענין כשרציתי לא רצית עכשיו כו' (ברכות ז.) וזה ענין מ"ת הי' בכפיית הר כגיגית ואח"כ הדר קבלוה בימי אחשורוש ברצון אבל לא נעשה להם נס בימי עזרא כבימי יהושע בן נון שגרם החטא כדאי' בפ"ק דברכות (ד.) ר"ל חטא הקודם. ולא שרתה שכינה בבית שני.
ומ"מ אי' בסוף ס' היכלות שאע"פ שניתנה תורה מ"מ כל מעלותיה ע"ש י"ז מעלות דחשיב לא היו עד הבית שני ואע"פ שלא שרתה בו שכינה. וע' עוד שם אח"כ שלא הניחו אבן על אבן בבית ב' עד שכפו להקב"ה וגילה להם רזי כל דבר ע"ש וכפו הוא נגד כפיית הר כגיגית דמ"ת [וי"ל דכפי' זו הוא בטול היצה"ר שא' ביומא (סט:) שהוא נגד רצון הש"י כמ"ש ואשר הרעותי וכמ"ש בפ' א"ע ובהחליל] והעצה בהעלם הוא ד"ת וכד"ש (מ"ר ריש איכה) הלואי אותי עזבו ותורתי שמרו וכן בבית שני החלו חכמי המשנה ועז"א שכל מעלות התורה הי' שם יותר וזה באמת גדול יותר כמ"ש בב"ב (יב.) חכם עדיף מנביא:
[93] Au commencement, ha-Shem yitbarakh (ה', béni soit-Il) illumine l'homme, et l'homme n'y est pas encore accoutumé : il lui est difficile de la recevoir comme un piquet planté en un lieu sur, qui ne vacillera pas, et il la perd. Ensuite l'homme se languit après elle et la recherche, et ha-Shem yitbarakh ne revient pas la lui ouvrir - malgré l'argument de "Fais-nous revenir" (Eikha 5,21 : "Fais-nous revenir à Toi, ה', et nous reviendrons") - sinon à grand-peine, à la manière de "Quand Je voulais, tu ne voulais pas ; maintenant [que tu veux, Je ne veux pas]" (Berakhot 7a).
Et telle est la chose du don de la Torah (matan Torah) : il eut lieu par la contrainte de la montagne [tenue au-dessus d'eux] comme une cuve, et ensuite "ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'Assuérus", volontairement. Mais il ne leur fut pas fait de miracle aux jours d'Ezra comme aux jours de Yehochoua fils de Noun, car la faute en fut la cause, comme il est dit au premier chapitre de Berakhot (4a) - c'est-à-dire la faute antérieure.
Et la Chekhina n'a pas résidé dans le Second Temple. Néanmoins il est écrit à la fin du Sefer Heikhalot (le Livre des Palais célestes) que, bien que la Torah ait été donnée, toutes ses qualités - vois là-bas les dix-sept qualités qu'il énumère - n'existèrent qu'à partir du Second Temple, et cela bien que la Chekhina n'y ait pas résidé.
Et vois encore là-bas, plus loin, qu'ils ne posèrent pas pierre sur pierre dans le Second Temple avant d'avoir contraint le Saint béni soit-Il, et Il leur dévoila les secrets de toute chose - vois là-bas ; et ce "ils contraignirent" correspond à la contrainte de la montagne comme une cuve lors du don de la Torah. [Et l'on peut dire que cette contrainte est l'annulation du yetser ha-ra (le penchant au mal) dont il est question dans Yoma (69b), laquelle va contre la volonté de ha-Shem yitbarakh, ainsi qu'il est écrit "et celle à qui J'ai fait du mal" (Mikha 4,6), et comme je l'ai écrit au chapitre "Ein Omdin" et dans "Hé-Halil".] Et le remède, dans le temps de l'occultation, ce sont les paroles de Torah, ainsi qu'ils l'ont exposé (Midrach Rabba, début de Eikha) : "Puissent-ils M'avoir abandonné, pourvu qu'ils aient garde Ma Torah".
Et de même, sous le Second Temple, commencèrent les sages de la Michna ; et c'est à ce propos qu'il est dit que toutes les qualités de la Torah s'y trouvaient davantage. Et cela est en vérité plus grand, ainsi qu'il est dit dans Bava Batra (12a) : "un sage est préférable à un prophète".