צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 89

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

« Est-ce vraiment en silence (ha-oumnám élem) que vous parlez justice » (Tehilim 58,2). Rabbi Tsadok rapporte de Houlin que le métier de l'homme en ce monde-ci est de se rendre comme muet : un oumanout (métier), chose grande que tout un chacun n'est pas capable d'accomplir. Cela n'est un métier que lorsque « vous parlez justice » : l'on parle et l'on s'interrompt au milieu, sachant que jusqu'ici la parole est juste, ce qui n'est pas le cas lorsque l'on ne parle pas du tout. Autre explication : c'est un conseil pour parvenir à ce métier, car les paroles de Torah sont « la guérison de la langue » et la délient, jusqu'aux conversations profanes, toute la conversation étant Torah.

Aussi : le grec proche des voies de la foi mérite la langue, sa sagesse interdite d'étude ; le monde s'obscurcit le jour de la Torah mise en grec, avec treize changements ; « l'un en face de l'autre » à l'opposite de la Torah orale

‏[פט] דרשו רז"ל בחולין (פט.) ע"פ האומנם אלם וגו' אומנתו של אדם בעוה"ז ישום עצמו כאלם ופי' ‏לשון אומנות דבר גדול שאין כל א' יכול לעשותה וכד"ש בירוש' שילהי סוכה באמונתם באומנתם ‏אומנות גדולה כו' ואימת הוא אומנות רק כשצדק תדברון שלזה צריך אומנות גדול כאשר מדבר ‏ומפסיק באמצע שעד פה הוא הדבור צדק משא"כ שלא לדבר כלל. א"נ עצה הוא איך יוכל לאומנות ‏זו כשצדק תדברון כמ"ש בערכין (טו:) ובדב"ר רפ"א שד"ת מרפא הלשון.

ושם בדב"ר שמתיר הלשון ‏ר"ל שהוא מתירו לדבר הכל כמ"ש בסוכה (כא:) עליהו אפי' שיחת חולין כו' שכל שיחתן תורה וזהו ‏דמייתי שם ספרים נכתבים בכל לשון ר"ל אפי' שיחת חולין כאשר הוא תורה והיינו כמ"ש בירוש' ‏דברכות (ס"פ ט) פטטיא דאורייתא טבין. [ומ"ד אלא יונית כמ"ש בזוה"ח (יתרו) דאינון קריבין ‏לאורחי מהימנותא ע"ש מזה זכו ללשון ובב"ק (פג.) מחלקים בין לשון לחכמה ע"ש ומ"מ א' (במגלת ‏תענית) דנחשך העולם ביום שנעתק התורה ליונית ושינו י"ג דברים ובמק"א ביארנום ושם ביארנו כי ‏הם זלעו"ז נגד תושבע"פ לכך היו פום ממלל רברבין ולכך ספרים נכתבים בלשונם אבל חכמתן ‏שלהן בעצמן אסור ללמוד ואכמ"ל]:

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[89] Nos maîtres, de mémoire bénie (raza"l), ont exposé dans Houlin (89a) au sujet du verset "Est-ce vraiment en silence (ha-oumnám élem) que vous parlez justice" (Psaumes 58,2) : le métier (oumanouto) de l'homme en ce monde-ci est de se rendre comme muet. Et le sens du terme oumanout (métier, art) est celui d'une chose grande, que tout un chacun n'est pas capable d'accomplir ; et c'est comme ils l'ont dit dans le Yeroushalmi, à la fin de Souka : "be-émounatam" - "be-oumanoutam" (par leur métier), un grand métier, etc.

Et quand cela est-il un métier ? Seulement lorsque "vous parlez justice" (tsédek tedabéroun), car cela réclame un grand métier : lorsque l'on parle et que l'on s'interrompt au milieu, [sachant] que jusqu'ici la parole est juste ; ce qui n'est pas le cas lorsque l'on ne parle pas du tout.

Autre explication (i nami, "ou encore") : c'est un conseil, comment l'on peut parvenir à ce métier - "lorsque vous parlez justice", comme il est dit dans Arakhin (15b) et dans Devarim Rabba, au début du chapitre 1, que les paroles de Tora (divrei Tora) sont "la guérison de la langue" (marpé lashon, Proverbes 15,4). Et là, dans Devarim Rabba, [il est dit] qu'elles délient la langue (matir ha-lashon) - c'est-à-dire qu'elles lui permettent de tout dire, comme il est dit dans Souka (21b) : "son feuillage" (aléhou) - même les conversations profanes (si'hat 'houlin), etc., car toute leur conversation est Tora.

Et c'est pourquoi l'on cite là que les livres peuvent être écrits en toute langue - c'est-à-dire même les conversations profanes, dès lors qu'elles sont Tora. Et cela revient à ce qui est dit dans le Yeroushalmi de Berakhot (fin du chapitre 9) : "les bavardages de Tora sont bons" (petatya de-oraita tavin).

[Et quant à celui qui dit "sinon en grec" (man de-amar ela Yevanit) : c'est comme il est dit dans le Zohar ''Hadach (Yitro), qu'ils sont proches des voies de la foi (or'hei mehemnouta), vois-y ; c'est de là qu'ils ont mérité la langue. Et dans Baba Kama (83a) l'on distingue entre la langue et la sagesse, vois-y.

Et malgré tout il est dit (dans Meguilat Taanit) que le monde s'obscurcit le jour où la Tora fut transposée en grec, et qu'ils changèrent treize choses ; et nous les avons expliquées ailleurs (be-makom a'her). Et là nous avons expliqué qu'ils sont "l'un en face de l'autre" (ze le'oumat ze) à l'opposite de la Tora orale (Tora she-be'al pe) ; c'est pourquoi ils avaient "une bouche proférant de grandes choses" (poum memalel ravrevan, Daniel 7,8), et c'est pourquoi les livres peuvent être écrits dans leur langue ; mais leur sagesse à eux-mêmes, il est interdit de l'étudier.

Et ce n'est pas ici le lieu de m'étendre davantage (ve-ein kan mekomo leha'arikh).]

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