Rabbi Tsadok enseigne que tout ce qui relève des acquisitions de l'homme procède de la racine de son âme. L'inerte, le végétal et l'animal (dometz, tsome'ah, haï) sont enracinés dans l'âme de l'homme, et ce qui lui est acquis est précisément ce dont la racine de la vitalité vient de lui. Les biens sans maître (hefker) et « toutes les bêtes de la forêt » (Tehilim 104,20) tiennent à ce qu'il n'a pas encore réparé (tikoun) toute la racine de sa vitalité, car cela aussi appartient à l'homme. Tel qu'est l'homme, tels sont ses biens ; ainsi l'homme peut se scruter lui-même à partir de tous ses biens.
Aussi : le loup séjournera avec l'agneau et le serpent servait l'homme avant la faute ; chez Noé, les espèces de l'arche venaient de sa racine ; si le fils est un racha, une scorie (pessolet) cachée dans le père
[פו] כל מה שהוא מקנין האדם אשתו ובניו עבדו ואמתו שורו וחמורו אהלו וכספו וזהבו וכל אשר לו הכל הוא משורש נפשו כי גם כל הדצ"ח משורשים בנפש האדם ושורש חיותם ממנו כנודע. ומה שקנוי לו הוא ששורש חיותם ממנו וקנינים שהם הפקר וכל חיתו יער הוא מפני שעדיין לא תיקן כל שורש חיותו כי ודאי ג"כ שייך לאדם ולעתיד נאמר וגר זאב עם כבש וכן הנחש הי' קודם החטא שמש לאדם (כמ"ש סנהדרין נט:).
וכמו שהוא האדם כך קניניו וכמ"ש (חולין ז.) בהמתן של צדיקים אין הקב"ה מביא תקלה על ידם מחמורו דרפב"י וכן בנח כל המינים שהיו בתיבה שהוא זנם מסתמא היו משורשו כנ"ל לכך אז"ל שלא קלקלו דרכם. ואצ"ל אשת חבר כחבר וכן להיפך נשאת לע"ה והיתה כו' (בכורות ל סע"ב) ואצ"ל הבנים וכמ"ש הרמב"ן ע"פ שורש פורה.
וכמשז"ל (סו"פ ב' דעדיות) האב זוכה לבן. ואם הבן רשע ע"כ הי' איזה פסולת בהאב [וזהו פוקד עון אבות וגו' ואז"ל (סנהדרין כז:) בשאוחזין מעשה כו' והוא עון אבות ממש ואינו חוץ משורת הדין] הנעלם וכן יוכל להתבונן האדם מכל קניניו:
[86] Tout ce qui relève des acquisitions de l'homme - sa femme et ses enfants, son serviteur et sa servante, son bœuf et son âne, sa tente, son argent et son or, et tout ce qui est à lui - tout cela procède de la racine de son âme. Car toutes les catégories du דצ"ח (dometz, tsome'ah, haï : l'inerte, le végétal, l'animal) sont elles aussi enracinées dans l'âme de l'homme, et la racine de leur vitalité vient de lui, comme cela est connu.
Et ce qui lui est acquis, c'est précisément ce dont la racine de la vitalité vient de lui ; tandis que les biens qui sont sans maître (hefker) et 'toutes les bêtes de la forêt' (Psaumes 104,20), cela tient à ce qu'il n'a pas encore réparé (tikoun) toute la racine de sa vitalité, car assurément cela aussi appartient à l'homme. Et pour les temps à venir il est dit : 'Le loup séjournera avec l'agneau' (Isaie 11,6) ; de même le serpent, avant la faute, servait l'homme (comme il est dit dans Sanhédrin 59b).
Et tel qu'est l'homme, tels sont ses biens, comme il est dit (Houlin 7a) : les bêtes des justes, le Saint béni soit-Il ne fait pas advenir de faute par leur intermédiaire - ce qui est déduit de l'âne de רפב"י (Rabbi Pin'has ben Yair). De même chez Noé, toutes les espèces qui se trouvaient dans l'arche, qu'il nourrissait, provenaient vraisemblablement de sa racine, comme ci-dessus ; c'est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit qu'elles n'ont pas corrompu leur voie.
Et il va sans dire que 'la femme d'un haver est comme un haver' (haver : celui qui observe scrupuleusement les lois de pureté et des prélèvements), et de même à l'inverse : si elle s'est mariée à un am ha-arets (un homme ignorant), elle est devenue etc. (Bekhorot 30, fin du second côté).
Et il va sans dire pour les fils, comme l'a écrit le Ramban (Rabbi Moche ben Nahman) sur le verset 'une racine produisant du poison et de l'absinthe' (Deutéronome 29,17). Et comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie (fin du chapitre 2 de Édouyot) : le père acquiert un mérite pour le fils (האב זוכה לבן).
Et si le fils est un racha (impie), c'est nécessairement qu'il y avait quelque scorie (pessolet) dans le père [et tel est le sens de 'Il visite la faute des pères etc.' (Exode 20,5) ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Sanhédrin 27b) : lorsqu'ils tiennent en main l'œuvre de leurs pères etc. ; et il s'agit bien de la faute des pères elle-même, et cela n'est pas en dehors de la stricte mesure du jugement] - une scorie demeurée cachée. Et ainsi l'homme peut se scruter lui-même à partir de tous ses biens.