צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 65

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

L'homme doit livrer son âme à Hachem Yitbarakh : s'il n'est pas conforme à Sa volonté, il consent à quitter ce monde, comme il est dit « conduis-moi sur la voie d'éternité » (Tehilim 139,24) et comme Yona : « Ma mort vaut mieux que ma vie ». Rabbi Tsadok y rattache la nefilat apayim (chute sur la face) : le Zohar y voit se livrer à la mort. Les deux cent cinquante de Korah ont péché contre leurs âmes en croyant déjà au degré où « toute la communauté, tous sont saints » et, par excès d'aspiration, en acceptant de mourir s'ils n'y étaient pas. C'est pourtant un grand niveau : leurs encensoirs sont devenus un revêtement pour l'autel.

Aussi : Moché et Aharon durent se séparer, grands dans le don de soi (mesirat nefech), puis tombèrent sur leur face pour se livrer à la mort comme eux ; Korah, piké'ah, a goûté de l'Arbre de la connaissance.

‏[סה] האדם צריך למסור נפשו להשי"ת שאם אינו כרצון השי"ת אז מוסכם לילך מן העולם כדש"נ ‏וראה אם דרך עוצב בי ונחני בדרך עולם וכענין זה אמר יונה טוב מותי מחיי. וזה ענין נפילת אפים ‏אחר כל תפלה וא' בזוהר ריש קרח כי נפילת אפים הוא מסירה עצמו למיתה וגם בפשוט ירמוז לזה.

‏ומשה ואהרן נפלו על פניהם ב' פעמים שם בפ' קרח. כי ר"נ איש חטאו בנפשותם ורז"ל א' קרח ‏שפקח הי' כו' והנה גם הר"נ איש לא שוטים הי' כמשז"ל שהיו ראשי סנהדראות ואז"ל (במ"ר) שהיו ‏בכללם הי"ב נשיאים וכן מורה לשון הכתוב אתם המיתם את עם ה' והם רק יחידים וקראום עם ה' ‏לפי ששקולים כנגד כל העם והאמינו למשרע"ה שיכול להענישם אבל הם חטאו בנפשותם כענין שא' ‏בנזיר חטא על הנפש פי' מתחייב בנפשו.

והיינו שידעו כי לעתיד לא ילמדו איש את רעהו ויהי' ‏מדרגה זו שכל העדה כולם קדושים וחשבו שכבר הגיעו לכך [כי באמת לולי שגרם החטא היו על ‏מדרגת לעתיד כמשאז"ל] ומרוב השתוקקותם לזה עד שנתרצו באמת שאם באמת אינם במדרגה זו ‏אז טוב מותם מחיים ומוסכמים למות באמת [וזהו קרח שפקח הי' פי' פקח בכל מקום בדרז"ל ערום ‏כמו אי פקח הוא כו' (כתובות פח.) שטעם מעץ הדעת טו"ר ואכמ"ל עוד] ולכך אע"פ שנקראו ‏חוטאים בשביל זה בנפשותם מ"מ מעלה גדולה הוא ולכך זכו שהמחבות שלהם נעשו צפוי למזבח. ‏ולכן נאמר למשה ואהרן הבדלו וגו' וכן אח"כ הרומו וגו' והקש' הרמב"ן וכי אין ביד ה' להצילם והם ‏תוך העדה.

אבל לפי שהם היו בדבר זה גדולים בענין המסירת נפש לכך הוצרכו להבדל לבל ילקו ‏עמהם. ולכך תיכף למאמר הבדלו והרמו הרגישו בזה ויפלו על פניהם ואמרו בזוהר דמסרו גרמייהו ‏למיתה.

רצו לעשות בזה כמעשיהם: ‏

[65] L'homme doit livrer son âme à Hachem Yitbarakh (ה' yitbarakh, 'le Nom, qu'Il soit béni'), car s'il n'est pas conforme à la volonté de Hachem Yitbarakh, alors il consent à quitter ce monde, comme il est dit : 'Et vois s'il est en moi une voie de douleur, et conduis-moi sur la voie d'éternité' (Tehilim 139,24). Et c'est dans ce sens que Yona a dit : 'Ma mort vaut mieux que ma vie' (Yona 4,8).

Et tel est le sens de la nefilat apayim (la chute sur la face, prosternation après la Amida) après chaque prière ; et il est dit dans le Zohar au début de Korah que la nefilat apayim consiste à se livrer soi-même à la mort, et même au sens simple cela y fait allusion. Or Moché et Aharon sont tombés sur leur face deux fois, là, dans la paracha de Korah.

Car les 250 hommes (ר"נ, 250) ont péché contre leurs âmes ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : 'Korah, qui était piké'ah (avisé)...' etc. Et voici que les 250 hommes non plus n'étaient pas des insensés, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie, qu'ils étaient des chefs de sanhédrins, et nos Sages de mémoire bénie ont dit (Bamidbar Rabba) qu'il y avait parmi eux les douze nessiim (les princes des tribus) ; et de même l'indique le langage du verset : 'Vous avez fait mourir le peuple de ה'' (Bamidbar 17,6), alors qu'ils n'étaient que des individus, et l'Écriture les a appelés 'le peuple de ה'' parce qu'ils pesaient autant que tout le peuple.

Et ils croyaient en Moché notre maître, la paix soit sur lui, qu'il avait le pouvoir de les châtier ; mais eux ont péché contre leurs âmes, dans le sens de ce qui est dit au sujet du nazir : 'de ce qu'il a péché à l'égard de l'âme' (Bamidbar 6,11), c'est-à-dire qu'il se rend passible en son âme. Et cela signifie qu'ils savaient que dans l'avenir 'nul n'enseignera plus à son prochain' (Yirmiya 31,33), et qu'existera ce degré où 'toute la communauté, tous sont saints' (Bamidbar 16,3), et ils pensaient y être déjà parvenus [car en vérité, n'eût été la faute qui l'a cause, ils auraient été au degré de l'avenir, comme l'ont dit nos Sages de mémoire bénie].

Et par l'excès de leur aspiration à cela, ils en vinrent à consentir véritablement que, s'ils n'étaient pas véritablement à ce degré, alors leur mort valait mieux que leur vie, et ils acceptaient de mourir pour de vrai [et tel est le sens de 'Korah était piké'ah' : le terme piké'ah, partout dans les paroles de nos Sages de mémoire bénie, signifie 'aroum (rusé, avisé), comme dans 'S'il est piké'ah...' etc. (Ketoubot 88a) ; ce qui veut dire qu'il a goûté de l'Arbre de la connaissance du bien et du mal, et ce n'est pas ici le lieu de développer davantage].

Et c'est pourquoi, bien qu'ils aient été appelés à cause de cela des pécheurs contre leurs âmes, il s'agit malgré tout d'un grand niveau, et c'est pourquoi ils ont mérité que leurs encensoirs deviennent un revêtement pour l'autel. Et c'est pourquoi il fut dit à Moché et à Aharon : 'Séparez-vous...' (Bamidbar 16,21), et de même ensuite 'Écartez-vous...' (Bamidbar 17,10).

Et le Ramban (Rabbi Moché ben Nahman, Nahmanide) a soulevé la difficulté : n'est-il pas au pouvoir de ה' de les sauver alors même qu'ils se trouvent au milieu de la communauté ? Mais parce que, en cette matière, ils étaient grands quant au don de soi (mesirat nefech), c'est pourquoi ils devaient être séparés afin de ne pas être frappés avec eux.

Et c'est pourquoi, aussitôt après la parole 'Séparez-vous' et 'Écartez-vous', ils le ressentirent, 'et ils tombèrent sur leur face', et il est dit dans le Zohar qu'ils livrèrent leur propre personne à la mort : ils voulurent faire en cela comme eux avaient fait.

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