Une parole profane coutumière en bouche (margla be-foumeih) est littéralement parole de Torah, même chez un homme du commun d'Israël. Rabbi Tsadok le voit dans le Talmud : « ce que disent les gens » (de-amri inche) est parole de Torah, et Chemouel dit à Sanhédrin : c'est un verset écrit. Toute âme d'Israël a une prise particulière dans la Torah ; dans la parole coutumière est la racine de son âme, car la parole fonde l'âme. Le Targoum traduit « âme vivante » par « esprit parlant » (roua'h memalela) et la Pessikta n'y met que la parole entre les justes vivants et les justes morts. Par là l'homme parvient à la racine de son âme, pour savoir son rôle en ce monde.
Aussi : au début de Pessa'him, d'un tel qui disait on déduit qu'il descend de Dan
[נג] דבור של חול המורגל בפי האדם ומרגלא בפומי' הוא דברי תורה ממש אפי' אצל איש ההמוני מישראל וכמו שנראה הרבה בתלמוד מביא דאמרי אינשי והוא ד"ת ובפ"ק דסנהדרין (ז.) הרבה ההוא דהוה קאמר ואזיל כו' וא' שמואל קרא כתיב. כי כל נפש מישראל יש לו אחיזה בד"ת מיוחדת כנודע ובדבור שמרגלא בפומי' זהו שורש נפשו [כי הדבור הוא יסוד הנפש תרגום נפש חי' רוח ממללא וכמ"ש בפסיקתא אין בין צדיקים החיים למתים אלא הדבור זהו יסוד החיות].
ומזה יוכל האדם לעמוד על שורש נפשו לדעת מה ענינו בזה העולם. וכה"ג בריש פסחים ההוא דהוה אמר כו' ש"מ מדן קאתי ע"ש:
[53] Une parole profane, celle dont l'homme a l'habitude et qui lui est coutumière en sa bouche (margla be-foumeih), est littéralement parole de Torah, même chez un homme du commun d'Israël. Ainsi qu'on le voit maintes fois dans le Talmud, qui rapporte "ce que disent les gens" (de-amri inche), et il se trouve que c'est parole de Torah.
Et au premier chapitre de Sanhédrin (7a) il y en a beaucoup: "un tel allait disant, etc.", et Chemouel dit: c'est un verset écrit. Car toute âme d'Israël possède une prise particulière dans la Torah, comme on le sait, et dans la parole qui lui est coutumière en sa bouche se trouve la racine de son âme [car la parole est le fondement de l'âme: le Targoum traduit "âme vivante" (nefech haya, Genèse 2,7) par "esprit parlant" (roua'h memalela), et comme il est écrit dans la Pessikta: il n'y a entre les justes vivants et les justes morts que la parole - c'est là le fondement de la vitalité].
Et par là l'homme peut parvenir à la racine de son âme, pour savoir quel est son rôle en ce monde. Et de même au début de Pessahim: "un tel disait, etc.", on en déduit qu'il descend de Dan, voir là-bas.