Toute force de l'âme a un bon côté, et toute qualité peut devenir mauvaise : seul compte son usage selon la volonté de D.ieu. Rabbi Tsadok en montre les deux faces. Chaoul fut puni pour sa compassion, et l'humilité de Rabbi Ze'haria ben Avkoulas a détruit le Temple ; à l'inverse, la Guemara loue le talmid 'ha'ham qui garde rancune « comme un serpent ». Chaque nation correspond à une force de l'âme, ce qui explique que les prophètes se lamentent sur la perte de Moav. L'effronterie de Bilam, pendant de Moché chez les nations, sera elle aussi réparée en Israël à la fin des temps.
[מז] כל הכחות הנטועות בכל נפש מישראל אין לחשוב שהוא רע גמור ושצריך להיות הפכו כי אין לך שום מדה וכח שאין בה צד טוב ג"כ רק צריך שישתמש בה כפי רצון הש"י ואם אינו כפי רצון הש"י גם המדות טובות רעות כמו שאול שנענש בעבור הרחמנות ובגיטין (ט.) ענותנותו של ר' זכרי' ב"א החריבה כו' ולהיפך אז"ל (שבת סג.) אם ראית ת"ח נוקם ונוטר כנחש חגרהו כו' ונחש הוא שורש הרע בכעס. ובת"ח ר"ל אשר כל מגמותיו רצון הש"י אדרבא הוא טוב מאוד ע"ד שאז"ל (ב"ר פ' ט) טוב מאוד זה יצה"ר.
וכן בגאוה (בפ"ק דסוטה ה.) בשמתא מאן דלית בי'. ולכן הנביאים היו מייללים על אבדן האומות לבי למואב וגו' וכיוצא ורז"ל שבחום ע"ז במ"ר (ר"פ בלק) ובוודאי לא חשו על אבוד גופם כי באבוד רשעים רנה [ואולי יהי' לבי ע"ד שאז"ל (שהש"ר פ' ה' ב) הקב"ה לבן של ישראל שנא' צור לבבי.
ואז"ל (מגילה י':) הוא אינו שש] רק ידוע כל אומה הוא כח מיוחד ע' אומות וע' כחות בנפש וביום ההוא יגדל המספד באבדן היצה"ר ג"כ כמ"ש (סוכה נב.) כי יפה שעה א' בתשובה ומע"ט בעוה"ז מכל כו' ואז יהי' בכלל. ואבדן אומה פרטית הוא אבוד ממשלת אותו כח פרטי.
[וע"ד שנתאונן קהלת וכן רז"ל שילהי שבת על הילדות ואע"פ ששנינו זקני ת"ח כו' דעתן מתיישבת כו' ובשמו"ר (ס"פ ה) מחשיבות הזקנים וכן בכ"מ. אלא שפסק החמדה והיצה"ר].
וכח בלעם בחציפות שלמדו ממנו רז"ל (סנהדרין קה.) והוא הי' ראשית גוים דוגמת משרע"ה בישראל כמשאז"ל (זח"ג קצג ב) לכך הכח שהשיג יתוקן בישראל באחרית הימים ובעקבי משיח אז חוצפא יסגא יתגדל ויהי' במעלה:
[47] Toutes les forces implantées dans chaque âme d'Israël : il ne faut pas penser qu'une telle force soit entièrement mauvaise et qu'il faille son contraire, car il n'est aucune qualité (mida) ni aucune force qui n'ait aussi un côté bon ; il faut seulement en user selon la volonté du Nom béni soit-Il. Et si ce n'est pas selon la volonté du Nom béni soit-Il, même les bonnes qualités sont mauvaises, comme Chaoul qui fut puni à cause de sa compassion ; et dans Guittin (9a) : l'humilité de Rabbi Zekharia ben Avkoulas a détruit [notre Maison], etc.
À l'inverse, nos Maîtres de mémoire bénie ont dit (Chabbat 63a) : si tu as vu un talmid 'hakham (érudit en Torah, disciple des sages) qui se venge et garde rancune comme un serpent, ceins-le [à tes reins], etc. Or le serpent est la racine du mal dans la colère.
Mais chez un talmid 'hakham, c'est-à-dire celui dont toutes les visées sont la volonté du Nom béni soit-Il, au contraire cela est très bon, à la manière de ce qu'ont dit nos Maîtres (Berechit Rabba ch. 9) : très bon, c'est le yetser hara (le penchant au mal).
De même pour l'orgueil (au premier chapitre de Sota 5a) : qu'il soit sous ban, celui qui n'en a rien du tout. C'est pourquoi les prophètes se lamentaient sur la perte des nations : mon cœur crie pour Moav, etc.
(Isaie 15,5), et autres semblables ; et nos Maîtres de mémoire bénie les en ont loués dans le Midrach Rabba (début de la paracha Balak). Assurément ils ne se souciaient pas de la perte de leur corps, car à la perte des méchants il y a chant de joie (Proverbes 11,10).
[Et peut-être mon cœur est-il à entendre à la manière de ce qu'ont dit nos Maîtres (Chir haChirim Rabba ch. 5,2) : le Saint béni soit-Il est le cœur d'Israël, ainsi qu'il est dit : le Rocher de mon cœur (Psaumes 73,26).
Et nos Maîtres ont dit (Meguila 10b) : Lui-même ne se réjouit pas.] Seulement, il est connu que chaque nation est une force particulière : soixante-dix nations et soixante-dix forces dans l'âme. Et en ce jour-là grande sera la lamentation (Zekharia 12,11) lors de la perte du yetser hara aussi, selon ce qui est dit (Souka 52a) : car meilleure est une seule heure de techouva (retour, repentir) et de bonnes actions en ce monde-ci que toute, etc. ; et alors cela sera compris dans cette catégorie.
Et la perte d'une nation particulière est la perte de la domination de cette force particulière. [Et c'est à la manière dont Kohelet s'est plaint, et de même nos Maîtres à la fin du traité Chabbat, au sujet de la jeunesse ; et bien que nous ayons appris : les anciens parmi les talmide hakhamim, etc., leur esprit se pose, etc., et dans Chemot Rabba (fin du ch.
5) sur l'importance des anciens, et de même en maints endroits. Mais c'est que le désir et le yetser hara ont cessé.] Et la force de Bilam était dans l'effronterie, que nos Maîtres de mémoire bénie ont apprise de lui (Sanhédrin 105a) ; et il était le premier des nations (Nombres 24,20), le pendant de Moche notre maître, que la paix soit sur lui, en Israël, comme l'ont dit nos Maîtres (Zohar III, 193b).
C'est pourquoi la force qu'il a atteinte sera réparée (tikoun) en Israël à la fin des jours ; et dans les talons du Machiah, alors l'effronterie grandira (Sota 49b) : elle deviendra grande et sera une élévation.