« Il crée l'expression des lèvres : paix, paix » (Yechaya 57,19) : lorsqu'on a beaucoup péché, au point que la techouva s'est fermée, les portes du cœur étant verrouillées, le Saint béni soit-Il crée ex nihilo (yech me-ayin) cette parole, qui est l'acceptation de la techouva. Rabbi Tsadok dit qu'il existe un lieu appelé Ayin (le Néant) : en y saisissant une lumière cachée, on saisit une création nouvelle. Le Baal Chem Tov, sur « Hachem est ton ombre » (Tehilim 121,5), enseigne qu'on y parvient en étant humble d'esprit jusqu'à être véritablement néant. Le Nom, dans l'abondance de Sa miséricorde, a dit « et Je le guérirai » : il est déjà guéri.
Aussi : le début d'Yechaya 57 sur le mazal (émission de semence en vain), dont le Zohar dit que la techouva n'y est d'aucun secours ; le tsadik est celui qui garde l'alliance ; les consolations sont les âmes nues (nafchin artilain)
[מה] כשחטא הרבה עד שנסתם התשובה כי כבר סוגרו דלתי לבו ע"ז א' בורא ניב שפתים שלום שלום שהקב"ה בורא יש מאין הדבור של שלום שלום שהוא קבלת התשובה היפך הנאמר לרשעים אין שלום. ותחלת אותה פרשה (ישעי' נז) בפסוק הנחמים באלים וגו' שדרשוהו (נדה יג.) על המז"ל שע"ז אמר בזוהר (ח"א ריט ב) דאין מועיל תשובה.
ותחלת אותה פרשה הצדיק אבד וגו' דידוע בזוהר דשומר הברית נקרא צדיק וע"ש כל הפרשה. ושם קרא ישעי' ליצה"ר מכשול כמשז"ל (סוכה נב.
). שהוא מן הצד הזה שהוא מכשיל לפני עור בדבר ג"כ.
ואמר סולו וגו' [אבני קודש המשתפכות בראש חוצות] והעצה כי כה וגו' [קדוש הוא במקום גדר ערוה כמשז"ל] ואת דכא וגו' כי יש מאין ידוע ליודעים שיש מקום שנקרא אי"ן וכשמשיג אור נעלם כזה משם משיג בריאה חדשה יש מאין ואיך משיג זה ידוע מאמר הבעש"ט ע"פ ה' צלך וכאשר הוא שפל רוח עד שהוא לאין ממש אז זוכה לכך למרום [המרומם מכל שהוא עלת הכל ושורש כל הנאצלים שהם כולם יש מאין כנודע] וקדוש. וזהו כי לא לעולם ח"ו כו' רק כי רוח וגו' ודרז"ל (יבמות סב.) שיכלו הנשמות ורומז אז יתוקן זה וזהו נחומים לו ולאבליו הם אינון נפשין ערטילאין והש"י בורא וגו' יש מאין אמר ה' ורפאתיו שאין בזה שום עצה רק שהש"י ברוב רחמיו וחסדיו אמר ורפאתיו שכבר נרפא:
[45] Lorsqu'on a beaucoup péché, au point que la techouva (le retour, le repentir) s'est fermée, car les portes de son cœur sont déjà verrouillées, c'est à ce sujet qu'il est dit : "Il crée l'expression des lèvres : paix, paix" (Isaie 57,19), car le Saint béni soit-Il crée ex nihilo (yech me-ayin, du quelque chose à partir du néant) la parole de "paix, paix", qui est l'acceptation de la techouva, à l'inverse de ce qui est dit des impies : "Il n'y a pas de paix" (Isaie 57,21). Et le début de ce même passage (Isaie 57) est dans le verset "vous qui vous échauffez parmi les térébinthes" etc.
(Isaie 57,5), que l'on a exposé (Nidda 13a) au sujet du mazal (המז"ל, abréviation de motsi zera levatala, celui qui émet sa semence en vain), dont le Zohar (I, 219b) dit que la techouva n'y est d'aucun secours. Et le début de ce même passage est "Le juste périt" etc.
(Isaie 57,1), car il est connu dans le Zohar que celui qui garde l'alliance (chomer haberit) est appelé tsadik (juste) ; vois là-bas tout le passage. Et là, Isaie appelle le yetser hara (le mauvais penchant) "obstacle" (Isaie 57,14), comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie (Souca 52a) : car il est de ce côté-là, lui qui fait aussi trébucher "devant l'aveugle" (Lévitique 19,14) en cette matière.
Et il a dit "Frayez, frayez [la route]" etc. (Isaie 57,14) [les pierres saintes répandues à tous les coins de rue (Lamentations 4,1)].
Et le conseil est : "Car ainsi [a parlé le Très-Haut et l'Élevé]" etc. (Isaie 57,15) ["et saint est Son nom" : c'est à l'endroit de la barrière des arayot (unions interdites), comme l'ont dit nos maîtres de mémoire bénie].
"Et avec le contrit" etc. (Isaie 57,15) : car "quelque chose à partir du néant" - il est connu de ceux qui savent qu'il existe un lieu appelé Ayin (אי"ן, le Néant), et lorsqu'on saisit de là-bas une lumière cachée de cette sorte, on saisit une création nouvelle, du quelque chose à partir du néant.
Et comment y parvient-on ? Cela est connu par la parole du Baal Chem Tov sur le verset "ה' est ton ombre" (Psaumes 121,5) : lorsqu'il est humble d'esprit au point d'être véritablement néant (ayin), alors il mérite cela, "dans les hauteurs" [Celui qui est élevé au-dessus de tout, qui est la cause de tout et la racine de tous les êtres émanes, lesquels sont tous "quelque chose à partir du néant", comme on le sait] "et saint".
Et c'est le sens de "Car ce n'est pas pour toujours [que Je querellerai]" - à D.ieu ne plaise - etc., mais seulement "car l'esprit [devant Moi] défaillirait, et les âmes que J'ai faites" (Isaie 57,16), ce que nos maîtres de mémoire bénie ont exposé (Yebamot 62a) comme signifiant que les âmes s'épuiseraient ; et cela fait allusion au fait qu'alors cela sera réparé (tikoun). Et c'est le sens de "des consolations, à lui et à ceux qui le pleurent" (Isaie 57,18) : ce sont ces âmes nues (nafchin artilain).
Et le Nom, béni soit-Il, "crée" etc. - du quelque chose à partir du néant - "a dit ה' : et Je le guérirai" (Isaie 57,19), car il n'y a en cela aucun conseil ni remède, seulement que le Nom, béni soit-Il, dans l'abondance de Sa miséricorde et de Ses bontés, a dit "et Je le guérirai", c'est-à-dire qu'il est déjà guéri.