Parfois un homme se tient dans une épreuve si grande qu'il lui est impossible de ne pas fauter (Berakhot 32a : « que peut faire le fils, etc. »). Rabbi Tsadok le tient pour une contrainte totale (ones gamour) : le Miséricordieux exempte le contraint. De même, si le yetser (le penchant au mal) est trop fort pour être vaincu, la contrainte s'applique ; si le Saint béni soit-Il a détourné son cœur, cette faute n'est nullement une faute, c'était la volonté de D.ieu. Ketoubot (51a) : le yetser a revêtu celle dont le début fut sous contrainte, contrainte complète sans punition. L'homme ne peut témoigner sur lui-même, car peut-être avait-il encore la force de maîtriser le yetser ; Zimri s'est trompé.
[מג] פעמים יש אדם עומד בניסיון גדול כ"כ עד שא"א לו שלא יחטא כד"ש (ברכות לב.) מה יעשה הבן כו' ובזה הוא נחשב אונס גמור דרחמנא פטרי'. וגם בהסתת היצר בתוקף עצום שא"א לנצחו שייך אונס [ואם הש"י הסיב את לבו הרי אין חטא זה חטא כלל רק שרצון הש"י הי' כך] ועמ"ש בכתובות (נא.) גבי תחלתו באונס אפי' צוחת לבסוף שאלמלא מניחה היא שוכרתו מותרת לבעלה מ"ט יצר אלבשה הרי דזה מחשב אונס גמור אעפ"י שהוא מרצונה מ"מ יצר גדול כזה א"א באדם לכופו והוא אונס גמור ואין בזה עונש אף דעשה איסור כיון דהי' אנוס.
אבל האדם עצמו א"י להעיד ע"ע בזה כי אולי עדיין היה לו כח לכוף היצר [וכמו ששמעתי בזה מענין זמרי שטעה בזה]:
[43] Il arrive parfois qu'un homme se tienne dans une épreuve si grande qu'il lui est impossible de ne pas fauter, comme ils l'ont dit (Berakhot 32a) : 'que peut faire le fils, etc.' [pour ne pas fauter] ; en cela il est tenu pour entièrement contraint (ones gamour, contrainte totale), et le Miséricordieux exempte le contraint. Et de même, lorsque l'incitation du yetser (le penchant au mal) s'exerce avec une force si immense qu'il est impossible de le vaincre, la contrainte s'applique [et si le Saint béni soit-Il a détourné son cœur, alors cette faute n'est nullement une faute : c'est seulement que telle était la volonté de ה'].
Et vois ce qui est dit dans Ketoubot (51a) au sujet de celle dont le début fut sous contrainte : même si elle a crié à la fin, dès lors que, s'il l'avait laissée, elle l'aurait loué, elle demeure permise à son mari. Quelle en est la raison ?
Le yetser l'a revêtue. Voilà donc que cela est compté comme une contrainte complète, bien que ce fut de son plein gré : malgré tout, un penchant aussi grand, il est impossible à l'homme de le maîtriser, et c'est une contrainte complète ; il n'y a là aucune punition, même s'il a commis un interdit, puisqu'il était contraint.
Mais l'homme lui-même ne peut pas témoigner sur lui-même en cela, car peut-être avait-il encore la force de maîtriser le yetser [et comme je l'ai entendu à ce propos au sujet de Zimri, qui s'est trompé en cela]: