Parfois il semble à l'homme qu'il bénéficie d'une aide du Ciel (siata dichmaya) pour ce qu'il accomplit ; Rabbi Tsadok enseigne de ne pas s'appuyer là-dessus pour dire que la chose est bonne, car sans cela le Saint béni soit-Il ne l'aiderait pas. On n'aide que celui qui vient se purifier ; de celui qui vient se rendre impur, on a dit uniquement qu'on lui ouvre. Parfois on l'a aidé en vue d'une épreuve (nissayon) ou pour des raisons semblables. Mikha dit : « Maintenant je sais que Hachem me fera du bien, puisque j'ai le Levi pour prêtre » (Juges 17,13), pensant à une aide du Ciel, et ce Nom est le Tétragramme (Havaya), nom saint rapporté dans Chevouot.
Aussi : il rapporte du Tana deve Eliyahou que mikha reniait le Anokhi, soit la racine israélite ; prière et supplications changent même la racine, beria étant un yech meayin sur « crée en moi un cœur pur » ; savons-nous d'où nous venons
[לט] פעמים נדמה לאדם שיש לו סיעתא דשמיא לדבר שהוא עושה אל יסמוך ע"ז לאמר שדבר טוב הוא דלולי כן לא היה הקב"ה עוזרו שרק לבא לטהר מסייעין אותו אבל בבא לטמא א' רק פותחין לו ולא מסייעין. דמ"מ פעמים יש דלניסיון סייעוהו וכיוצא וכמ"ש במיכה שא' עתה ידעתי כי ייטיב ה' [ושם זה בהוי"ה שהוא קודש כדאי' בשבועות (לה ב) ] לי כי הי' לי הלוי לכהן הרי חשב שהי' לו סייעתא דשמיא ועזר אלהיי להזמין לו הלוי לכהן ולהטיב לו.
[אמנם רז"ל א' בתדב"א (סא"ר פ' כו) כי מיכה כפר באנכי ובמק"א ביארתי שהוא כפירה בשורש הישראלי ועש"ב. ורק בכאלה נמצא זה מי שהוא ח"ו שורש פורה כו'.
אבל אטו אנן מי ידעינן מהיכי קאתינן כו' (כמ"ש קידושין עא:) והעצה לזה תפלה ותחנונים לרחמי שמים המועילים להפך גם השורש כמ"ש במק"א ע"פ לב טהור ברא לי וגו' דבריאה בכל מקום היינו יש מאין כנודע] וע"ל אות ס"ד:
[39] Parfois il semble à l'homme qu'il bénéficie d'une aide du Ciel (siata dichmaya) pour la chose qu'il accomplit ; qu'il ne s'appuie pas là-dessus pour dire que cette chose est bonne, car sans cela le Saint béni soit-Il ne l'aiderait pas. En effet, c'est seulement celui qui vient se purifier que l'on aide, tandis que de celui qui vient se rendre impur ils ont dit uniquement : on lui ouvre, et non pas : on l'aide.
Car malgré tout, il arrive parfois qu'on l'ait aidé en vue d'une épreuve (nissayon), ou pour des raisons semblables ; ainsi qu'il est écrit au sujet de Mikha, qui a dit : Maintenant je sais que ה' me fera du bien, puisque j'ai le Levi pour prêtre (Juges 17,13) [et ce Nom, dans ce verset, est le Tétragramme (Havaya), qui est un nom saint, comme il est rapporté dans Chevouot (35b)] ; voilà donc qu'il pensait bénéficier d'une aide du Ciel et d'un secours divin, qui lui avait procuré le Levi comme prêtre et qui lui faisait du bien. [Il est vrai que nos maîtres de mémoire bénie ont dit dans le Tana deve Eliyahou (Seder Eliyahou Rabba, chap.
26) que Mikha reniait le Anokhi (le Je suis ה' ton D.ieu, première des Dix Paroles), et ailleurs j'ai expliqué qu'il s'agit là d'un reniement de la racine israélite elle-même, et vois bien cela là-bas. Et ce n'est que chez de tels hommes que cela se rencontre, celui qui est, à D.ieu ne plaise, une racine produisant poison et absinthe (Devarim 29,17).
Mais nous, savons-nous seulement d'où nous venons ? etc. (comme il est dit dans Kidouchin 71b).
Et le conseil pour cela, c'est la prière et les supplications adressées à la miséricorde du Ciel, lesquelles ont le pouvoir de changer même la racine, comme je l'ai écrit ailleurs sur le verset Crée en moi un cœur pur, etc. (Tehilim 51,12), car le terme création (beria) désigne partout, comme on le sait, quelque chose à partir de rien (yech meayin).] Et vois plus loin, section 64.