צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 36

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

« Qu'on n'entre pas seul dans une synagogue » : Tossefot visent leurs synagogues en plein champ, exposées aux mazikin (esprits malfaisants) ; à deux, il n'y a pas de mazik. Rabbi Tsadok examine si nos synagogues en ville suscitent cette crainte : « Yir'ou eineinou » n'a été institué que pour la nuit, et le Rif ne craint, même de leur temps, que la nuit. Dans nos synagogues, la nuit, la crainte des mazikin dépend d'une controverse ; dans les leurs, même de jour, ce qui demande examen. On n'interdit pas d'entrer seul de jour en plein champ ni de nuit en ville, une synagogue n'étant pas une ruine ; les mazikin y sont fréquents, l'ange de la mort y déposant ses instruments.

[לו] לא יכנוס בבהכנ"ס יחידי בבהכ"נ שלהם שהיו עומדים בשדה ומסוכנים ממזיקים ולפיכך צריכים להמתין א' על חבירו [תו' שם ב' א' ד"ה מברך. ובהמתנה סגי כמש"ש מ"ג ב' דלב' אין מזיק וכ"א שם ג' ב' דבתרי ליכא ולכך כשישאר א' די כמש"ש ה' סע"ב ב' שנכנסו כו' וע"ש ו' א' תוס' ד"ה המתפלל ויעו"ש שסיימו ולכך בלילה כו' משמע דבלילה גם בבהכנ"ס דילן שבעיר יש לחוש וכ"מ ממ"ש בד"ה מברך הנ"ל אבל כו' אלא בלילה.

אבל צ"ע דהא יראו עינינו נתקן רק בלילה ומלשון ודוקא כו' משמע דבבהכ"נ דילן א"צ לומר יראו עינינו וצ"ע. וברי"ף אהא דב' שנכנסו כו' משמע גם בזמנם דוקא בלילה ויל"פ ד' התוס' ד"ה המתפלל הנ"ל קאי בזמנם.

ולפ"ז יש להגיה בתוס' ד"ה מברך הנ"ל דצ"ל אחר תי' המזיקים "בלילה" ותיבת אלא בלילה ט"ס ודחוק. ועבא"ח סי' צ' סט"ו יל"ע ונראה דס"ל דיתבלבל שייך גם בעיר כמ"ש בחר"י וגם זה דוקא בלילה אך על הי"א שברמ"א נרשם תר"י מבואר דלתר"י ה"ה ביום וכ"כ בב"י להתר"י אך ל"י מנ"ל.

וי"ל תר"י קאי ע"ד הרי"ף דמיירי בלילה. וע' בטור מ"ש וי"א דאף בשלנו כו' לכאורה הך י"א ד' תר"י וכמ"ש.

אך ממ"ש בדיעה ראשונה בשדות אף ביום נראה דזהו דעת תר"י והי"א הוא ד' הרי"ף וס"ל דקאי אשלנו וכ"מ בב"י ע"ש. אבל צ"ע דהא הרי"ף אין מחלק וגם בשדה דוקא בלילה.

ולכן נראה טפי דהי"א דעת תוס' כנראה מדבריהם שלפנינו. ולפ"ז בבהכ"נ שלנו בלילה אם יש חשש מזיקין תליא בפלוגתא.

ובשלהם משמע אף ביום יש חשש וצ"ע דהא יראו עינינו תקנו רק בלילה. ועבטוש"ע סי' רל"ו טעם אחר דהוא במקום תפלת ערבית דגם כשכולם ביחד יראים [או דמקומן שאני כמש"ל ג' ב'.

או משום חיות ולסטים עי' בירוש' ריש פרקין וע' פסחים ב' א' ובתוס' ויומא כ"א א'] אך ד' תוס' שכ' טעם להמתין צ"ע גם בש"ע סי' צ' שכ' משום בלבול ולא זכר מזיקין צ"ע קצת. אמנם באמת לא מצינו איסור לכנס יחידי בבית שבשדה ביום או שבעיר בלילה [רק לישן יחידי] וכן ממ"ש ג' ב' בחורבא בדברא משמע דוקא חורבא ובהכ"נ אינו חורבה כמש"ל דגם בי תבנא וציבי סגי [רק בשדה בלילה י"ל חשש כמ"ש פסחים ב' א' ע"ש בתוס'] ועי' א"ח סי' ג' סי"א בהג"ה גם לענין בהכ"ס חלוק בין בשדה לבעיר.

וי"ל גם בהכ"ס לא מקרי חורבא דהוא לתשמיש אדם וי"ל שאני בהכ"ס דשכיחי מזיקין כמ"ש שילהי ברכות. אך י"ל גם בהכ"נ כמ"ש ב"ק ס' ב' דמה"מ מפקיד כליו:

[36] Qu'on n'entre pas seul dans une synagogue : dans leurs synagogues à eux, qui se tenaient en plein champ et étaient exposées au danger des mazikin (esprits malfaisants) ; c'est pourquoi ils doivent s'attendre l'un l'autre. [Tossefot là-bas 2a, s.v. 'mevarekh'.

Et le fait d'attendre suffit, comme il est dit là-bas 43b : pour deux, il n'y a pas de mazik ; et de même est-il enseigné là-bas 3b : à deux, il n'y en a pas. C'est pourquoi, dès lors qu'il reste encore un autre, cela suffit, comme il est dit là-bas 5, fin du second côté : 'deux qui sont entrés [pour prier]' etc. ; et vois là-bas 6a, Tossefot s.v. 'ha-mitpallel', et vois qu'ils concluent : 'et c'est pourquoi, la nuit, etc.' - ce qui implique que, la nuit, même dans nos synagogues à nous, qui sont en ville, il y a lieu de craindre.

Et de même ressort-il de ce qui est écrit dans le s.v. 'mevarekh' cité plus haut : 'mais etc.', 'sinon la nuit'. Mais cela demande examen (tsarikh iyoun), car 'Yir'ou eineinou' ('que nos yeux voient', passage ajouté à l'office du soir) n'a été institué que pour la nuit ; et de la formule 'et précisément etc.' il ressort que, dans nos synagogues, il n'y a pas lieu de dire 'Yir'ou eineinou' - et cela demande examen.

Et dans le Rif, sur le passage 'deux qui sont entrés etc.', il ressort que, même de leur temps, [la crainte ne valait] que la nuit ; et l'on peut expliquer que les paroles de Tossefot s.v. 'ha-mitpallel' citées plus haut visent leur temps à eux. Selon cela, il faudrait corriger dans Tossefot s.v. 'mevarekh' cité plus haut : après les mots 'les mazikin' il faudrait lire 'la nuit', et les mots 'sinon la nuit' seraient une erreur de copiste (ta'out sofer) - mais c'est forcé.

Et vois Orah Haim siman 90, se'if 15 : il y a lieu d'examiner. Il semble qu'il tienne que [le motif] 'il sera troublé' vaut aussi en ville, comme l'écrit le HR''Y (Hidouchei Rabbenou Yona), et cela aussi seulement la nuit.

Mais sur le 'yech omrim' ('il y a qui disent') rapporté dans le Rama il est indiqué TR''Y (Talmidei Rabbenou Yona, les disciples de Rabbenou Yona), d'où il ressort que, selon les TR''Y, il en va de même de jour ; et ainsi a écrit le Beit Yossef au nom des TR''Y, mais je ne sais d'où il le tient. Et l'on peut dire que les TR''Y se rapportent aux paroles du Rif, qui traitent de la nuit.

Et vois dans le Tour ce qu'il écrit : 'et il y a qui disent que même dans les nôtres etc.' - à première vue, ce 'yech omrim' est l'avis des TR''Y, comme il a été dit. Mais de ce qu'il écrit dans le premier avis, 'dans les champs, même de jour', il semble que c'est là l'avis des TR''Y, et que le 'yech omrim' est l'avis du Rif, qui tient que cela vise aussi les nôtres ; et ainsi ressort-il du Beit Yossef, vois-y.

Mais cela demande examen, car le Rif ne fait pas de distinction, et même en plein champ [il ne craint] que la nuit. C'est pourquoi il semble plutôt que le 'yech omrim' est l'avis de Tossefot, ainsi qu'il ressort de leurs paroles telles que nous les avons.

Selon cela, dans nos synagogues, la nuit, la question de savoir s'il y a à craindre les mazikin dépend de cette controverse ; et dans les leurs, il ressort que même de jour il y a lieu de craindre - et cela demande examen, car 'Yir'ou eineinou' n'a été institué que pour la nuit. Et vois le Tour et le Choulhan Aroukh siman 236, [qui donnent] une autre raison : c'est que cela tient lieu de la prière du soir - car même lorsqu'ils sont tous ensemble ils ont peur [ou bien : leur lieu à eux est différent, comme il a été dit plus haut 3b ; ou bien à cause des bêtes sauvages et des brigands, vois le Yerouchalmi au début de notre chapitre, et vois Pessahim 2a et Tossefot là-bas, et Yoma 21a].

Mais les paroles de Tossefot, qui ont donné une raison d'attendre, demandent examen ; de même, dans le Choulhan Aroukh siman 90, qui écrit [que la raison est] le trouble [de la concentration] et ne mentionne pas les mazikin, cela demande un peu d'examen. En vérité, pourtant, nous ne trouvons pas d'interdit d'entrer seul dans une maison qui est en plein champ de jour, ou dans une maison qui est en ville de nuit [seulement d'y dormir seul].

Et de même, de ce qui est dit 3b, 'dans une ruine, en pleine campagne', il ressort que [la crainte porte] précisément sur une ruine ; or une synagogue n'est pas une ruine, comme il a été dit plus haut, puisque même une remise à paille (bei tivna) et un bûcher (bei tsivei) suffisent [seulement en plein champ, la nuit, on peut dire qu'il y a lieu de craindre, comme il est dit Pessahim 2a, vois-y dans Tossefot]. Et vois Orah Haim siman 3, se'if 11, dans la glose [du Rama] : là aussi, s'agissant des latrines (beit ha-kisse), on distingue entre celles qui sont en plein champ et celles qui sont en ville.

Et l'on peut dire que les latrines non plus ne sont pas appelées 'ruine', puisqu'elles servent à l'usage de l'homme ; et l'on peut dire que les latrines sont différentes, car les mazikin y sont fréquents, comme il est dit à la fin du traité Berakhot. Mais on peut dire qu'il en va de même de la synagogue, comme il est dit Baba Kama 60b : l'ange de la mort (malakh ha-mavet) y dépose ses instruments.]

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