« Deuxième veille : les chiens crient. » Tous dorment, car à la première veille des gens éveillés ne le laissent pas tranquille. Rabbi Tsadok enseigne que la prière est bonne là où il n'y a personne : les gens troublent par des arrière-pensées (peniyot) et la pensée du dehors, et les pensées étrangères viennent par leur intermédiaire, comme le Deguel Ma'hane Ephraim sur « et aucun homme ne sera » (Vayikra 16,17). Selon « milieu de celle du milieu » (Bera'hot 3a), le sommeil est à son comble. Le cœur dort à ce monde, même au cri de « Bénis pour nous » (Bare'h Aleinou), et tout va au besoin d'En-Haut (tsorekh gavoha) ; elles lui sont nulles, comme un homme endormi.
Aussi : la prière en public, sans attention mutuelle ; se représenter comme s'il n'y avait aucun homme au monde ; n'étudier pas au point haut de la ville, et prendre garde à la 'havoura quand on étudie avec eux
[כה] משמור ב' כלבים צועקים. כשהכל ישינים דבמשמור א' יש בנ"א ניעורים ואין מניחים אותו.
וכן תפילה טוב במקום שאין בנ"א כי הם מבלבלים אותו בפניות ומחשבת חוץ ושאר מחשבות זרות בא ע"י וכמ"ש בדגמ"א כ"פ ע"פ וכל אדם לא יהי' וגו' בבואו לכפר בקודש. ותפלה בצבור כשגם הצבור מתפללין אין דעתן עליו וכן הוא עליהם.
[וגם בתורה א' (פסחים קיב.) לא תשנה בגבהה של עיר אע"פ שאמרו (נדרים פא.) הזהרו בתבורה וכן בכ"מ. היינו כשלומד עמהם אבל לא במקום בנ"א שאין לומדין עמו].
ואפי' שיש בנ"א צריך לצייר במחשבתו כאלו אין איש בעולם וכמ"ש בדגמ"א שם. וללישנא דאמצעית דאמצעיתא לפי שאז תוקף השינה כי בסוף א' מתחילין ובתחלת ג' ניעורין.
ואפי' יצעקו לא ינערו. וכך צריך להיות השינה בלבו מכל עניני עוה"ז שאפי' ע"י הצעקה בתפלה ברך עלינו השנה וכיוצא לא ינערו רק יכוין הכל צורך גבוה כידוע.
וכל עניני עוה"ז יהיו בטילים אצלו דכישן דמי:
[25] Deuxième veille : les chiens crient. C'est le moment où tous dorment, car durant la première veille il y a des gens éveillés et ils ne le laissent pas [tranquille].
De même, la prière est bonne dans un endroit où il n'y a personne, car les gens le troublent par des arrière-pensées (peniyot, intentions intéressées) et par la pensée du dehors, et les autres pensées étrangères viennent par leur intermédiaire ; ainsi qu'il est écrit dans le Deguel Ma'hane Ephraim (commentaire hassidique de Rabbi Moche 'Haim Ephraim de Sudylkow) en plusieurs endroits, sur le verset "et aucun homme ne sera [dans la tente d'assignation] lorsqu'il viendra expier dans le sanctuaire" (Vayikra 16,17). Et la prière en public : lorsque le public prie lui aussi, leur attention n'est pas sur lui, et de même la sienne n'est pas sur eux.
[Et pour la Torah aussi il est dit (Pessa'him 112a) : "n'étudie pas dans le point haut de la ville", bien qu'ils aient dit (Nedarim 81a) : "prenez garde à la 'havoura (l'étude en groupe)", et de même en de nombreux endroits ; cela vaut lorsqu'il étudie avec eux, mais non dans un lieu de gens qui n'étudient pas avec lui.] Et même s'il y a des gens, il doit se représenter en pensée comme s'il n'y avait aucun homme au monde, ainsi qu'il est écrit dans le Deguel Ma'hane Ephraim au même endroit. Et selon la version [de la guemara Bera'hot 3a qui place ce signe au] "milieu de celle du milieu" (אמצעיתא דאמצעיתא), c'est parce qu'alors la force du sommeil est à son comble, car à la fin de la première [veille] ils commencent [à dormir] et au début de la troisième ils se réveillent ; et même si [les chiens] crient, ils ne se réveillent pas.
Ainsi doit être le sommeil dans son cœur à l'égard de toutes les affaires de ce monde : que même par le cri de la prière "Bénis pour nous [cette année]" (Bare'h Aleinou, la bénédiction de la subsistance matérielle dans la Amida) et autres semblables, elles ne se réveillent pas, mais qu'il dirige tout vers le besoin d'En-Haut (tsorekh gavoha), comme on le sait. Et toutes les affaires de ce monde seront nulles pour lui, car il est comme un homme endormi.