« À la première veille de la nuit, l'âne braie » (Berakhot 3a) : il est encore éveillé, parce que c'est le moment où la plupart des gens vont se coucher. Rabbi Tsadok précise qu'il ne suffit pas que quelques-uns se couchent, sinon cela vaudrait toute la nuit. D'après les Talmidei Rabbenou Yona, selon Rabbi Eliezer et pour nous, l'âne reste avec son maître jusqu'à la fin de la première veille, puis est attaché à sa mangeoire. Selon la première version, le réveil est au début de la troisième veille et le sommeil n'est que de quatre heures ; selon la seconde, à la fin de la troisième, huit heures. Le Rambam tranche comme la dernière version.
Aussi : le chien que son maître n'attache pas à une mangeoire et « je dors, mais mon cœur veille » ; les nuits de Tamouz de huit heures en Erets Israël, depuis le 15 Av ; les soixante respirations du Ari Z"L, six heures
[כד] משמור א' בלילה חמור נוער. שניעור עדיין לפי שהוא זמן שהולכין לשכב רוב בנ"א [דל"ל דמה דאיכא דהולכים לשכב יועיל כדלדידן איכא דגנו דא"כ כל הלילה נמי עי' ברש"י ותוס' ט' א' ד"ה ובלבד דיש שהולכים אז תחילת שכיבה] עי' בתר"י במשנה דריש ברכות [אליבא דר"א וה"ה לדידן ולכך ניעור עם בעליו עדיין בסוף משמר א' אבל להלאה קשור על אבוסו.
משא"כ כלב אין בעליו קושרו באבוס [רמז אני ישנה ולבי ער צעקה בתפלה עבודה שבלב] ובתחילת (לל"ק) משמר ג' שוב נעורים א"כ אין זמן שינה רק משמר אחד היינו ד' שעות וללישנא ב' דבסוף משמר ג' נעורים זמן שינה ח' שעות וזהו כד' רמב"מ בה' דיעות דפסק כלישנא בתרא כדרכו. וע' בתוס' עירובין ס"ה א' ד"ה אלא.
י"ל לילי תקופת תמוז הם ח' שעות בא"י. ועי' שילהי תענית ל"א א' דמט"ו באב צריך להוסיף והיינו מחצי תקופת תמוז דמחצי ולמעלה מתחיל להתגדל הלילה.
וגם לפי שהחצי לעולם כסיום ועד החצי כהתחלה לפי שרובו ככולו בכ"מ וכמ"ש במק"א טעם תפלת השחר עד חצות משום דמשמורא ופלגא כו'. וע' סוכה כ"ו ב'.
והאר"י ז"ל כ' דשיתין נשמי ו' שעות ע' במקדש מלך ויגש ר"ז א' ויעמ"ש בחי':
[24] "À la première veille de la nuit, l'âne braie" (Berakhot 3a). C'est qu'il est encore éveillé, parce que c'est le moment où la plupart des gens (רוב בני אדם) vont se coucher.
[Car on ne peut pas dire qu'il suffise qu'il y ait des gens qui aillent se coucher - comme chez nous, où il y en a qui dorment déjà - puisque, s'il en était ainsi, cela vaudrait aussi pour toute la nuit ; voir Rachi et les Tossefot (Berakhot) 9a s.v. ובלבד, d'où il ressort qu'il y en a qui ne commencent qu'alors leur premier coucher.] Voir les Talmidei Rabbenou Yona (תר"י, les disciples de Rabbenou Yona) sur la Michna du début de Berakhot [selon l'avis de Rabbi Eliezer, et il en va de même pour nous ; et c'est pourquoi l'âne est encore éveillé avec son maître à la fin de la première veille, mais au-delà il est attaché à sa mangeoire. Il n'en va pas de même du chien, que son maître n'attache pas à une mangeoire [allusion : "je dors, mais mon cœur veille" (Cantique des cantiques 5,2) - le cri dans la prière, le service du cœur].
Et au début (selon la première version, ללישנא קמא) de la troisième veille ils sont de nouveau éveillés ; s'il en est ainsi, le temps du sommeil n'est que d'une seule veille, c'est-à-dire quatre heures. Et selon la seconde version, d'après laquelle c'est à la fin de la troisième veille qu'ils s'éveillent, le temps du sommeil est de huit heures.
Et cela correspond aux paroles du Rambam (Maimonide) dans les Hilkhot Deot (Lois des dispositions morales), qui tranche comme la dernière version, selon son habitude. Et voir les Tossefot Erouvin 65a s.v. אלא.
On peut dire que les nuits de la période (tekoufa) de Tamouz sont de huit heures en Erets Israël. Et voir la fin de Taanit 31a, que depuis le 15 Av il faut ajouter, c'est-à-dire depuis la moitié de la tekoufa de Tamouz, car à partir de la moitié et au-delà la nuit commence à s'allonger.
Et aussi parce que la moitié est toujours comme l'achèvement, et que jusqu'à la moitié c'est comme le commencement, puisque "la plus grande partie vaut le tout" en tout lieu ; et comme je l'ai écrit ailleurs quant à la raison pour laquelle la prière du matin va jusqu'à hatsot (le milieu du jour), à savoir parce que "une veille et demie" etc. Et voir Souka 26b.
Et le Ari (Rabbi Its'hak Louria) de mémoire bénie a écrit que les "soixante respirations" (שיתין נשמי) sont six heures ; voir le Mikdach Melekh sur Vayigach, page 207a, et voir ce que j'ai écrit dans mes hidouchim (novelles) :]