« La royauté d'en haut est comme la royauté d'ici-bas » (Berakhot 58a) : dans toutes les affaires et dans la division des temps, il en va de même auprès du Nom, béni soit-Il. Rabbi Tsadok enseigne qu'il y a des veilles (michmarot) dans le firmament comme sur la terre, telles les veilles de la prêtrise et des rois, perceptibles à l'égard du Nom comme à tout homme ici-bas. Il convient de s'attacher à Lui et de contempler l'œuvre du Nom afin d'agir de même, selon le caractère du temps. Durant la nuit, allusion au temps de l'exil, « Gardien, où en est la nuit ? » (Yechaya 21,11), le Saint béni soit-Il siège et rugit.
[יט] בכל הענינים ומעשה חלוקת הזמנים שמוטבעים בעולם והנהגתו הם ג"כ כן אצל השי"ת כמ"ש בפ' הרואה (ברכות נח.) מלכותא דרקיע כמלכותא דארעא וכ"א בברכות ג' א' איכא משמורות ברקיע כי היכא דאיכא (כ"ה גי' הרא"ש) בארעא והוא לגבי הש"י כדמסיים ועל כל משמר כו' [ורש"י שפי' אמלאכים. ל"י למ"ל.
אבל קושטא כן דלשון משמורות כמו משמורות כהונה שומרי בהמ"ק וכן למלכים שומרים בלילות ומתחלפים בכל משמר וזהו ג' משמורות וכן במלכותא דרקיע. וכמו שיש בארעא ניכר חלוקת הזמן לכל אדם כדמסיים חמור כו' כן ברקיע ניכר גם לגבי הש"י נגד למטה].
וראוי לדבקה בו ולהתבונן במעשה הש"י לעשות ג"כ כן וכמ"ש הרא"ש שם אהך דועל כל משמר לכן ראוי לכל יר"ש כו'. וההתבוננות הוא כפי ענין הזמן ובלילה שהוא רומז זמן הגלות כמ"ש שומר מה מליל הקב"ה יושב ושואג כו':
[19] Dans toutes les affaires et dans l'agencement de la division des temps qui sont imprimés dans le monde et dans sa conduite, il en va également de même auprès du Nom, béni soit-Il, comme il est écrit au chapitre Ha-roe (Berakhot 58a) : la royauté d'en haut est comme la royauté d'ici-bas (malkhouta di-rekia ke-malkhouta de-ar'a). Et de même il est enseigné dans Berakhot 3a : il y a des veilles (michmarot) dans le firmament comme il y en a sur la terre (telle est la version du Roch, Rabbenou Acher), et cela vaut à l'égard du Nom, béni soit-Il, comme le conclut la guemara : et à chaque veille, etc.
[Quant à Rachi, qui a expliqué cela des anges, je ne sais pas pourquoi il en a eu besoin ; mais la vérité est bien ainsi, car le terme michmarot (veilles) est comme les michmarot de la prêtrise, les gardiens du Temple (beit ha-mikdach), et de même chez les rois il y a des gardiens durant les nuits, qui se relaient à chaque veille, et ce sont là les trois veilles ; il en va de même dans la royauté d'en haut. Et de même que sur la terre la division du temps est perceptible à tout homme, comme le conclut la guemara : un âne [brait], etc., ainsi dans le firmament elle est perceptible aussi à l'égard du Nom, béni soit-Il, en correspondance avec ce qui est en bas.] Et il convient de s'attacher à Lui et de contempler l'œuvre du Nom, béni soit-Il, afin d'agir soi-même de même, comme l'a écrit le Roch là-bas sur ce passage de et à chaque veille : c'est pourquoi il convient à tout homme craignant le Ciel (yere chamayim), etc.
Et cette contemplation se fait selon le caractère du temps : et durant la nuit, qui fait allusion au temps de l'exil, comme il est dit : Gardien, où en est la nuit ? (Isaie 21,11), le Saint béni soit-Il siège et rugit, etc.