צדקת הצדיק

Tzidkat HaTzadik — Section 18

Rabbi Tzadok HaCohen de Lublin
En bref

L'acceptation du joug de la royauté des Cieux (ol malkhout chamayim), la récitation du Chema du soir, dépend de la nuit : « et quand tu te coucheras » (Devarim 6,7) s'exprime ainsi seulement parce que l'usage est de se coucher la nuit. Rabbi Tsadok enseigne que le coucher est propre à la nuit, temps sans activité ; dormir le jour ne s'appelle pas « se coucher », le jour étant propre au lever et au travail. La Guemara (Berakhot 2b) dit « depuis l'heure où le jour est sanctifié », car pour le Chabbat cela s'appelle nuit, et l'essentiel du Chema est alors, puisqu'il y a des gens qui dorment. Au temps de la lumière on ne reste pas oisif.

[יח] קבלת עומ"ש דערבית אעפ"י שהתורה תלאתו בשכיבה מ"מ עיקרו תלוי בלילה ג"כ רק שדרך שכיבה בלילה נקט כן קרא. כי השכיבה מיוחדת ללילה שאינו זמן פעולה אפי' אי איכא אינשי [דבזה סגי ע' ט' רע"א] דגנו ביום אינו קרוי שכיבה לפי שהיום מיוחד לקימה דהיינו עבודה.

כ"מ דהעיקר בלילה מלשון משעה שקידש כו' ברכות ב' ב' דקשה ע"ז קו' הגמ' שם מכדי כו' לימא משעת בה"ש לפי פירש"י שם [ולולי פירש"י אפ"ל דמשעה שקידש היינו תוס' שבת וא"כ לק"מ די"ל דנ"מ. אבה"ש דר"י ע"ש בגמ'.

ולפירש"י צריך לדחוק דתוס' שבת דרבנן והכא דאו' קאמר וצ"ע] דע"ז לא שייך דקמ"ל דקדושת היום מבה"ש דזה עדיין לא נשמע מדבריו אם הי' מקום להסתפק בזה אלא וודאי דעיקר ק"ש בלילה ולכך מציין משעה שקידש היום דלענין שבת קרוי לילה וכיון שכבר מצאנו פעם א' דנקרא לילה שפיר י"ל גם זמן ק"ש אז כיון דאיכא דגנו. כי עיקר השכיבה מיוחד לעת החושך והעדר האור והבהירות אז הוא עת שכיבה מעבודה [ורק למשמר ממזיקין שלא לעבור עכ"פ עבירות או מצות קבועות ע"ל אות ט'].

וכ"מ עוד שם בגמ' והלא כהנים מבעו"י הם טובלים משמע דאין סברא דיהי' זמן ק"ש דשכיבה אז [מיהו זה י"ל פשוט דס"ל הא ודאי אין דרך בנ"א שוכבים כ"כ מבעו"י] מבעו"י כי היום למלאכה בעת האור לא ישב בטל כישן:

[18] L'acceptation du joug de la royauté des Cieux (ol malkhout chamayim, c'est-à-dire la récitation du Chema) du soir : bien que la Torah l'ait rattachée au fait de se coucher ("et quand tu te coucheras", Devarim 6,7), son essentiel dépend malgré tout de la nuit lui aussi ; c'est seulement parce que l'usage est de se coucher la nuit que le verset s'est exprimé ainsi. Car le coucher est propre à la nuit, qui n'est pas un temps d'activité : même s'il se trouve des gens [et cela suffit, voir Berakhot 9a, début de la colonne] qui dorment le jour, cela ne s'appelle pas "se coucher", parce que le jour est propre au lever, c'est-à-dire au travail.

Ainsi ressort-il que l'essentiel est la nuit, du libellé "depuis l'heure où le jour est sanctifié, etc." (Berakhot 2b) : car sur ce point la question de la Guemara là-bas, "or donc (mikdi), etc.", fait difficulté - qu'elle dise donc "depuis le moment du crépuscule (bein hachemachot)" - selon l'explication de Rachi sur place. [Et n'était Rachi, on pourrait dire que "depuis l'heure où le jour est sanctifié" désigne le rajout du Chabbat (tosefet Chabbat), et alors il n'y a aucune difficulté, car on peut dire que la différence pratique porte sur le crépuscule selon Rabbi Yehouda, vois cela dans la Guemara.

Et selon Rachi il faut forcer le sens et dire que le rajout du Chabbat est d'ordre rabbinique, tandis qu'ici il parle d'une obligation de la Torah - et cela demande examen (tsarikh iyoun).] Car sur ce point il n'y a pas lieu de dire qu'il vient nous apprendre que la sainteté du jour commence dès le crépuscule, puisque cela ne s'entendrait pas encore de ses paroles s'il y avait matière à en douter. Mais il est certain, plutôt, que l'essentiel de la récitation du Chema est la nuit, et c'est pourquoi il indique "depuis l'heure où le jour est sanctifié", car pour ce qui touche au Chabbat cela s'appelle nuit ; et puisque nous avons déjà trouvé une fois que cela s'appelle nuit, il est bien permis de dire que le temps de la récitation du Chema est alors lui aussi, puisqu'il y a des gens qui dorment.

Car l'essentiel du coucher est propre au temps de l'obscurité et de l'absence de lumière et de clarté : c'est alors le temps de se coucher, loin du travail [et l'on ne veille que pour se garder des démons (mazikin), pour ne pas commettre à tout le moins des fautes, ou pour des mitsvot fixes - voir plus haut, section 9]. Et ainsi ressort-il encore de la Guemara là-bas : "mais les cohanim ne s'immergent-ils pas alors qu'il fait encore jour ?" - ce qui implique qu'il n'est pas logique que le temps de la récitation du Chema du coucher soit alors, alors qu'il fait encore jour [toutefois on peut dire simplement qu'il tient ceci : il est certain que ce n'est pas la manière des gens de se coucher si tôt, alors qu'il fait encore jour] ; car le jour est fait pour le travail : au temps de la lumière on ne reste pas assis oisif comme celui qui dort.

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