Un acte de mitsva accompli par doute porte certainement la sainteté du Nom, puisqu'il faut l'accomplir à cause du doute, comme le second jour de Yom Tov. Rabbi Tsadok rapporte que l'on récite « qui nous a sanctifiés par Ses commandements » sur un doute, hormis le demai. Une responsa du Ran, rapportée par le Beit Yossef, tient que, puisque du fait du doute on y est tenu, cela est considéré comme certain. Berakhot 2b l'implique aussi : pour Rachi, au bein hachemachot (crépuscule douteux), « le jour s'est sanctifié » de la sainteté de Chabbat. Chaque fois qu'Israël s'impose une rigueur pour en faire une mitsva, cela devient une mitsva et il y a en cela de la sainteté.
Aussi : même si Chabbat est fixé et établi d'avance et ne dépend pas d'Israël, la rigueur du doute vient d'Israël
[טז] דבר מצוה שעושהו מפני הספק חל עליו קדושת הש"י בוודאי כיון שצריך לעשותו מפני הספק דוגמת יו"ט שני. וע' שבת כ"ג א' דמברכין אשר קדשנו במצותיו אספק חוץ מדמאי דרוב ע"ה כו' [יעמ"ש בזה להלכה בחי'].
דוגמת מ"ש בתשו' הר"ן הובא ב"י יו"ד סי' רכ"ח דכיון שמספק צריך חשוב כוודאי [יעמ"ש בזה בחי']. וכ"מ לשון הגמ' ברכות ב' ב' משעה שקידש היום בע"ש ע"ש ברש"י דהיינו בה"ש וקרוי קדש היום בקדושת שבת.
[ועל שעת בה"ש י"ל גם אשבת ישראל דקדשינהו לשבת אף דקביעא וקיימא חומרא דספק הוא מישראל] דכל שבנ"י מחמירים ע"ע לעשותו מצוה נעשה מצוה ויש בו קדושה:
[16] Un acte de mitsva que l'on accomplit en raison d'un doute, la sainteté du Nom, béni soit-Il, repose sur lui de façon certaine, puisqu'il faut l'accomplir à cause du doute, à l'exemple du second jour de Yom Tov (jour de fête redoublé en diaspora par doute sur le calendrier). Et voir Chabbat 23a, où l'on récite la bénédiction "qui nous a sanctifiés par Ses commandements" sur un doute, hormis le cas du demai (produit dont on ignore si la dîme en a été prélevée), car la majorité des ammei haarets (gens du peuple peu instruits) [prélèvent tout de même la dîme] etc.
[voir ce que j'ai écrit à ce sujet, quant à la halakha, dans mes 'hidouchim (notes d'étude)]. À l'exemple de ce qui est dit dans une responsa du Ran (Rabbenou Nissim de Gérone), rapportée par le Beit Yossef, Yore Dea chapitre 228 : puisque, du fait du doute, on y est tenu, cela est considéré comme certain [voir ce que j'ai écrit à ce sujet dans mes 'hidouchim].
Et c'est aussi ce qu'implique le langage de la Guemara, Berakhot 2b : "dès l'heure où le jour s'est sanctifié, la veille de Chabbat" - voir là le commentaire de Rachi, a savoir qu'il s'agit du bein hachemachot (le crépuscule, temps douteux entre le jour et la nuit), et que cette heure est dite "le jour s'est sanctifié" de la sainteté de Chabbat. [Et au sujet de l'heure du bein hachemachot, on peut dire cela aussi à propos de Chabbat, qu'Israël le sanctifie : même si Chabbat est fixé et établi d'avance et ne dépend pas d'Israël, la rigueur du doute, elle, vient d'Israël.] Car chaque fois que les enfants d'Israël s'imposent une rigueur à eux-mêmes pour en faire une mitsva, cela devient une mitsva et il y a en cela de la sainteté.