La mitsva est un mérite pour l'homme du fait même qu'elle se présente à sa main, comme il est dit : « la récompense d'une mitsva est une mitsva » (Avot 4,2). Rabbi Tsadok rapporte celui à qui s'est présentée la chikh'ha (gerbe oubliée) et qui apporta une ola. Les kohanim diligents entrent dès le premier instant de leur purification : dès qu'arrive le temps de la mitsva commencent l'entrée et la préparation, et l'on ne mange pas immédiatement. Notre tanna, dont l'avis fait loi, tient que l'acceptation du joug du royaume des cieux et la prière sont cette préparation : le Chema à la forme cachée (nistar), puis la prière à la forme adressée en face (nokhah).
Aussi : il rapporte d'Hovot HaLevavot que D.ieu suscite un pauvre comme présent à celui qu'Il aime ; chehe'heyanou sur les mitsvot à temps fixé ; la bénédiction avant de manger requiert une préparation.
[טו] מצוה הוא זכות לאדם שתזדמן לידו כמ"ש שכר מצוה מצוה וכמ"ש בתוספ' (פאה פ"ג) באותו שנזדמנה לידו מצות שכחה הביא עולה ובסוכה (כח:) דגשמים בחג סימן רע משל כו' ובחוה"ל כאשר הש"י רוצה לשלוח דורן לאוהבו מזמין לו עני. ולכן מברכים שהחיינו על מצות שקבוע זמן.
וזהו הלשון זכאים לאכול בתרומה ברכות ב' ב' דאכילת תרומה מצוה כדאי' פסחים (ע"ג רע"א). ותנא דידן נכנסין לאוריי דכהנים זריזים וזריזים מקדימין ותיכף ברגע ראשונה שמטוהרים הם נכנסים שמיד בהגיע זמן המצוה יתחיל הכניסה וההכנה למצוה.
ואגב אורחא קמ"ל דצריך כניסה והכנה למצוה ולא אוכלין מיד. ומ"ד מטוהרין י"ל דתוס' ד"ה משעה הק' ע"ש וי"ל נכנס היינו הכנה כנ"ל ובשעת כניסה יקרא והאי מ"ד סובר דאין פנאי בשעת כניסה לקבלת עומ"ש ותפלה דדי בהכנה מועטת.
א"נ סובר דקבלת עומ"ש אינו ראוי בשעת כניסה דאינו מענין ההכנה רק מצוה באפי נפשה לכ"א מטוהרים. ותנא דידן דקיי"ל כותי' סבר דקבלת עול מ"ש ותפלה הוא עצמו ההכנה ומענינה והכנה כזו צריך לפני המצות שיקבל עליו קודם עומ"ש בנסתר דהיינו ק"ש ובנוכח שהוא תפלה.
וזהו הברכה שלפני אכילה שהוא נוכח ונסתר. ומתחלת בנוכח שגם לברכה צריך הכנה שגם הוא נעשה מצוה דרבנן כיון שיוצא לפועל בדבור.
וע"ע מ"ש בזה בקו' עת האוכל:
[15] La mitsva est un mérite pour l'homme, du fait même qu'elle se présente à sa main, comme il est dit : "la récompense d'une mitsva est une mitsva" (Avot 4,2), et comme il est rapporté dans la Tossefta (Pea ch. 3) au sujet de celui à qui s'est présentée la mitsva de chikh'ha (la gerbe oubliée dans le champ et laissée au pauvre) : il apporta une ola (holocauste).
Et dans Souka (28b), que la pluie pendant la fête [de Souccot] est un mauvais signe, une parabole etc. Et dans Hovot HaLevavot : lorsque le Nom, béni soit-Il, veut envoyer un présent (doron) à celui qu'Il aime, Il lui suscite un pauvre.
C'est pourquoi l'on récite la bénédiction chehe'heyanou sur les mitsvot dont le temps est fixé. Et tel est le sens de l'expression "dignes (zakaim) de manger de la terouma" (Berakhot 2b), car manger de la terouma est une mitsva, comme il est dit dans Pessahim (73a, début de la colonne a).
Et notre tanna [enseigne] "ils entrent" dès la tombée de la nuit (נכנסין לאורי'), parce que les kohanim sont diligents et que les diligents devancent [le moment] : dès le premier instant où ils sont purifiés, ils entrent, car aussitôt qu'arrive le temps de la mitsva doit commencer l'entrée et la préparation à la mitsva. Et chemin faisant (agav or'ha) cela nous enseigne qu'il faut une entrée et une préparation à la mitsva, et que l'on ne mange pas immédiatement.
Quant à l'opinion qui lit "metoharin" (purifiés), on peut dire [qu'elle répond à] ce que les Tossafot, au commentaire commençant par "miche'a" (à partir du moment), ont demandé, vois-y. Et l'on peut dire qu'"entrer" désigne la préparation, comme ci-dessus, et qu'au moment de l'entrée il récite [le Chema] ; et cette opinion-là tient qu'il n'y a pas de loisir, au moment de l'entrée, pour l'acceptation du joug du royaume des cieux (ol malkhout chamayim) et pour la prière, car une préparation réduite suffit.
Ou bien (i nami) elle tient que l'acceptation du joug du royaume des cieux ne convient pas au moment de l'entrée, car elle ne relève pas de la préparation mais est une mitsva en elle-même (be-appei nafcheh) ; c'est pourquoi il a dit "purifiés". Et notre tanna, dont l'avis fait loi, tient que l'acceptation du joug du royaume des cieux et la prière sont elles-mêmes la préparation et relèvent de sa nature ; et une préparation de cette sorte est requise avant les mitsvot : qu'il accepte d'abord sur lui le joug du royaume des cieux à la forme cachée (nistar, la troisième personne), c'est-à-dire le Chema, et à la forme adressée en face (nokhah, la deuxième personne), qui est la prière.
Et telle est la bénédiction qui précède le fait de manger, laquelle est à la fois à la deuxième et à la troisième personne. Et elle commence à la deuxième personne, car la bénédiction elle aussi requiert une préparation, puisqu'elle devient elle aussi une mitsva rabbinique dès lors qu'elle passe à l'acte par la parole.
Et vois encore ce que j'ai écrit là-dessus dans le kountras (opuscule) "Et haOkhel" (le temps du repas).