Dans la techouva il y a deux aspects : l'avenir et la réparation du passé. Rabbi Tsadok requiert la pureté pour l'avenir et l'expiation (kapara), par le sacrifice et à son image par la prière, le jeûne et la tsedaka. Même pensée dans le cœur, elle fait un tsadik accompli, mais seulement pour la terouma (prélèvement) ; les kodachim (offrandes) exigent aussi de guérir le passé. De la terouma dépend l'acceptation du joug de la royauté des cieux, dès qu'il s'est purifié pour l'avenir. Il lui faut le coucher du soleil, à la manière du changement de nom chez le Rambam : chaque jour l'homme se tient ailleurs, et le soleil se couche par le Saint béni soit-Il.
[יב] בתשובה יש ב' ענינים להבא ותיקון העבר וזהו טעמא שצריך ב' דברים טהרה על להבא [במי הדעת הוא תורה תבלין ומצלי מעבירות להבא שהמאור מחזיר למוטב כמ"ש במד' ריש איכה. וכמ"ש בתדב"א ובמד' (ויק"ר פ' כה) שהתשובה למד דף א' ילמוד ב' דפים] וכפרה הוא לתקן העבר ולכפר החטא והוא ע"י קרבן ודוגמתו תפלה או תענית וצדקה.
וקיי"ל כפרה לא מעכבת דתשובה אפי' הרהר בלבו הר"ז צדיק גמור וזהו רק לתרומה המורם מן החול הגמור להיות עכ"פ בגדר צדיק. אבל לקדשים הרוצה להתקדש ולהיות קדוש צריך ג"כ לרפא את הקודם.
ותלי זמן קבלת עומ"ש בתרומה דכפרה לא מעכב לקבלת עומ"ש וק"ש דהיינו תורה כך פירש"י שם ריש ברכות בשם הירוש' ובמנחות צ"ט ב' ע"ש ולרשע אמר א-להים מה לך לספר חוקי אבל מיד שנטהר על להבא הרי זה צדיק גמור ויכול לקבל עומ"ש. רק הערב שמש צריך דהיינו שעבר יומו שהי' טמא והעריב עליו השמש בטהרה וזהו שינוי זמן עד"ש הרמב"מ (פ"ב מה' תשובה) בשינוי השם.
כלו' איני עומד עכשיו באותו זמן וגבול כעת שנטמאתי כי ההוא יומא דקא גרים שבכל יום האדם עומד בענין אחר. ושמשא ממילא ערבא ע"י הקב"ה כי אלמלא הקב"ה עוזרו כו':
[12] Dans la techouva (le retour vers D.ieu) il y a deux aspects : ce qui concerne l'avenir, et la réparation du passé. Telle est la raison pour laquelle deux choses sont requises.
La pureté pour l'avenir [par les eaux de la connaissance (mei hadaat), c'est-à-dire la Torah, qui est un remède (tavlin) et qui préserve des transgressions à venir, car la lumière qui est en elle le ramène au bien, comme il est dit dans le Midrach au début de Eikha ; et comme il est écrit dans le Tana devei Eliahou (recueil midrachique) et dans le Midrach (Vayikra Rabba, ch. 25) : celui qui fait techouva, s'il apprenait une page, qu'il en apprenne désormais deux].
Et l'expiation (kapara), qui est là pour réparer le passé et expier la faute, et cela par le sacrifice, et à son image par la prière, ou par le jeûne et la tsedaka (charité). Or nous tenons pour établi que l'absence d'expiation n'est pas un empêchement, car pour la techouva, même s'il ne l'a que pensée dans son cœur, le voilà juste accompli (tsadik gamour).
Mais cela ne vaut que pour la terouma (le prélèvement remis au cohen), ce qui est prélevé du profane complet, pour être à tout le moins dans la catégorie du juste. En revanche, pour les kodachim (les offrandes consacrées), celui qui veut se sanctifier et devenir saint doit aussi guérir ce qui a précédé.
Et c'est de la terouma que l'on a fait dépendre l'heure de l'acceptation du joug de la royauté des cieux (ol malkhout chamayim), car l'absence d'expiation n'empêche pas l'acceptation du joug de la royauté des cieux ni le Chema, c'est-à-dire la Torah ; ainsi l'a expliqué Rachi là-bas, au début de Berakhot, au nom du Talmud de Jérusalem (Yerouchalmi), et dans Menahot 99b, vois-y. Et il est dit : "et au méchant, D.ieu a dit : qu'as-tu à réciter Mes lois ?" (Psaumes 50,16).
Mais dès l'instant où il s'est purifié pour l'avenir, le voilà juste accompli et il peut accepter le joug de la royauté des cieux. Il lui faut seulement le coucher du soleil (haarev chemech, l'attente du soir imposée à celui qui s'est immergé dans la journée), c'est-à-dire que soit passé son jour, celui où il était impur, et que le soleil se soit couché sur lui alors qu'il est pur.
Et cela est un changement de temps, à la manière de ce qu'a écrit le Rambam (Maïmonide, Lois de la techouva, ch. 2) au sujet du changement de nom.
C'est-à-dire : je ne me tiens plus maintenant dans ce même temps ni dans cette même limite qu'à l'heure où je me suis rendu impur, car c'est ce jour-là qui l'a cause (hahou yoma dekagarim), puisque chaque jour l'homme se tient dans une situation autre. Et le soleil, lui, se couche de lui-même, par le Saint béni soit-Il, car si le Saint béni soit-Il ne l'aidait pas, il n'en viendrait pas à bout (Kidouchin 30b).