De la création du monde, on apprend qu'en toute chose la nuit précède le jour, comme au début du traité Berakhot. Rabbi Tsadok enseigne qu'en toute chose l'absence précède l'existence, et « quand je suis assis dans les ténèbres », « Hachem sera ma lumière » (Michée 7,8). Toute la vie de l'homme est ainsi composée, obscurité et lumière, jour et nuit, en cercle, l'obscurité d'abord, car la kelipa (l'écorce) précède le fruit. Pour les kodachim (les offrandes du Temple), la nuit suit le jour : celui qui est déjà parvenu au saint a le jour en premier, comme celui qui se tient à l'intérieur du fruit, pour qui le fruit précède l'écorce.
Aussi : on aurait pu penser qu'il en va de même pour la lecture du Chema ; selon les Talmidei Rabbenou Yona, il en est de même aussi pour la Torah.
[יא] ילפינן מברייתו של עולם דבכל דבר הלילה קודם ליום כדאי' ריש ברכות. כי בכל דבר ההעדר קודם להויה וכי אשב בחושך אדע כי אח"כ ה' אור לי.
כי כל חיי האדם כך מורכבים מהזמן חושך ואור יום ולילה כך חוזר חלילה רק שהחושך קודם דקליפה קודמת לפרי. חוץ בקדשים קיי"ל הלילה אחר היום כי מי שכבר בא אל הקודש היום קודם כמו מי שעומד תוך הפרי אצלו הפרי קודם לקליפה [ולכך ס"ד גם לק"ש וכמ"ש במק"א].
ועי' בתר"י ברכות ח' א' ד"ה ואומר דגם בתורה כן:
[11] Nous apprenons de la création du monde qu'en toute chose la nuit précède le jour, comme il est énoncé au début du traité Berakhot (Berakhot 2a). Car en toute chose l'absence précède l'existence, et "quand je suis assis dans les ténèbres", je sais qu'ensuite "ה' sera ma lumière" (Michée 7,8).
Car toute la vie de l'homme est ainsi composée du temps: obscurité et lumière, jour et nuit, et ainsi cela revient sans cesse en cercle, sauf que l'obscurité vient en premier, car la kelipa (l'écorce, l'enveloppe extérieure) précède le fruit. Sauf pour les kodachim (les choses saintes, les offrandes du Temple), où nous tenons pour établi (קיי"ל, abréviation de kayma lan) que la nuit suit le jour: car pour celui qui est déjà parvenu au saint, le jour vient en premier, comme celui qui se tient à l'intérieur du fruit, pour qui le fruit précède l'écorce.
[Et c'est pourquoi on aurait pu penser (ס"ד, abréviation de salka daatakh, la pensée initiale de la Guemara) qu'il en va de même pour la lecture du Chema, comme je l'ai écrit en un autre endroit.] Et vois dans les Talmidei Rabbenou Yona (תר"י, les disciples de Rabbenou Yona), Berakhot 8a, s.v. (ד"ה, dibour hamathil, les mots d'ouverture du commentaire) "ve-omer", qu'il en est de même aussi pour la Torah.