Ce passage poursuit : cette préparation dépend de l'homme ; les hassidim ne s'attardaient qu'une heure. Rabbi Tsadok élargit arvit jusqu'à l'aube : la nuit, la clarté de la royauté des cieux est difficile à trouver. Le matin on proclame « au matin Ta bonté » depuis une lumière perceptible ; la nuit, seule la foi attend que « le matin vient ». La prière reconnaît le Présent plus que le Chema : on ne l'impose pas la nuit, car « ceci est Mon nom pour toujours » s'écrit « à dissimuler », ce monde-ci ressemblant à la nuit. Elle n'est facultative que si D.ieu lui fait la grâce que « la nuit brille pour lui comme le jour » ; aux talons du Messie, on l'a acceptée comme obligation.
Aussi : chaharit jusqu'à la mi-journée, plus long que le Chema, car recevoir le Présent demande davantage de préparation ; un rattrapage auprès de la prière adjacente, sauf à la troisième, deux manques établissant qu'on n'est pas capable d'y diriger son intention
[ח] וזמן ההכנה הזו הכל לפי מה שהוא אדם וחסידים היו שוהים רק שעה א' לתפלה כדאי' (ברכות ל:) וזה טעם ג"כ שהרחיבו בזמן של ערבית עד עמוד השחר כי בחשכת ליל קשה למצוא בהירות מלכות שמים פעמים עד עה"ש כולי האי ואולי. משא"כ ביום כמ"ש להגיד בבוקר חסדך אז אפשר להגיד מיד בבוקר מתוך אור הניכר.
משא"כ בלילות רק האמונה בלב ולא ההגדה שהוא ההוצאה מכח אל הפועל על העבר אלא הקיווי על העתיד כאשר אתא בוקר גם בכל הלילה כולה. ולכך תפלת ערבית רשות כי תפלה הוא הכרת הנוכח יותר מק"ש כמ"ש לעיל אות ו' וא"א לחייב בלילה ד"זה שמי לעלם" כתיב בעוה"ז שדומה ללילה.
רק רשות למי שחננו ה' להיות לילה כיום יאיר לו. רק האידנא בעקבות דמשיחא קרוב לאור היום קבלינהו לחובה.
ותפלת השחר ג"כ זמנה עד חצות יותר מזמן ק"ש כי לקבלת הנוכח ממלכות שמים צריך הכנה יותר. ולכך יש תשלומין לתפלה אצל תפלה הסמוכה אע"פ שעבר הזמן משא"כ בתפלה השלישית הוי מעוות כו' דבתרי זימני הוי חזקה לגבי אותה דלא מצי מכוין לה:
[8] Et le temps de cette préparation dépend entièrement de ce qu'est l'homme : les hassidim ne s'attardaient qu'une heure pour la prière, comme il est rapporté (Berakhot 30b). Et telle est aussi la raison pour laquelle on a élargi le temps de la prière du soir (arvit) jusqu'au lever de l'aube (amoud hachahar) : car dans l'obscurité de la nuit il est difficile de trouver la clarté de la royauté des cieux (malkhout chamayim), parfois jusqu'à l'aube, tant d'efforts et peut-être encore sans y parvenir (kouley hai veoulai).
Ce qui n'est pas le cas le jour, comme il est écrit : "proclamer au matin Ta bonté" (Tehilim 92,3) - alors il est possible de proclamer aussitôt, au matin, depuis une lumière perceptible. Ce qui n'est pas le cas dans les nuits, où il n'y a que la foi (émouna) dans le cœur et non la proclamation (hagada), laquelle est le passage de la puissance à l'acte au sujet du passé, mais seulement l'attente tournée vers l'avenir, [à savoir] que "le matin vient" (Yechaya 21,12), et cela tout au long de la nuit entière.
C'est pourquoi la prière du soir est facultative (rechout), car la prière est la reconnaissance du Présent, de Celui qui est en face, plus que la lecture du Chema (keriat chema), comme je l'ai écrit plus haut, article 6 ; et il est impossible de l'imposer comme obligation la nuit, car il est écrit "ceci est Mon nom pour toujours" (Chemot 3,15) - le mot étant écrit לעלם, sans waw, que l'on peut lire "à dissimuler" - ce qui vise ce monde-ci, lequel ressemble à la nuit. Elle n'est facultative que pour celui à qui ה' a fait la grâce que "la nuit brille pour lui comme le jour" (Tehilim 139,12).
Seulement, de nos jours (haidna), dans les talons du Messie (ikveta dimechiha), proche de la lumière du jour, ils l'ont acceptée comme une obligation. Et la prière de l'aube (chaharit), elle aussi, son temps s'étend jusqu'à la mi-journée (hatsot), plus longtemps que le temps de la lecture du Chema, car pour recevoir le Présent depuis la royauté des cieux il faut davantage de préparation.
C'est pourquoi il y a un rattrapage (tachloumin) pour une prière auprès de la prière qui lui est adjacente, bien que son temps soit passé ; ce qui n'est pas le cas à la troisième prière, où c'est "une chose tordue [qui ne peut être redressée]" (Kohelet 1,15), etc., car en deux fois cela constitue une présomption établie (hazaka) à son sujet : qu'il n'est pas capable d'y diriger son intention.