Berakhot 15a : « il se retire », c'est-à-dire qu'il s'écarte des idoles (guiloulim) des désirs de ce monde-ci, choses permises qui ne sont pas faites pour le Ciel. Rabbi Tsadok entend le lavage des mains comme écartement des intérêts personnels (neguiot) et lavage, dans les eaux de la connaissance (daat), des instruments déjà souillés. Les tefilin, selon le Yaarot Devach, sont le sceau du Nom du Ciel, comme l'insigne (hanichka) du maître, pour lui-même et pour tous les peuples. Le Chema accepte le joug de la royauté des cieux, de la Torah et des commandements. La prière s'adresse directement à D.ieu, comme l'explique Rachi : c'est la perfection de cette royauté ; après ces préparations, alors il prie.
[ו] קבלת עול מ"ש שלימה אמרו (ברכות טו.) נפנה פי' מכל גילולי תאות עוה"ז המותרות אשר לא לש"ש. ונוטל ידיו שמעתי שזה רמיזת רחיצת ידים על סילוק נגיעות.
וי"ל עוד רומז על הרחיצה ממה שכבר נתלכלכו כלי המעשה מאותם הטינופות ירחצם במי הדעת וטהר. ומניח תפילין כמ"ש ביע"ד שהוא חותם ש"ש שנושא עליו כמו עבד שנושא הנשקא מאדונו לאות שהוא אדונו.
ועל ידו לאות לעצמו ועל הראש לאות לכל עמי הארץ כי שמא דמרא עלי'. וקורא ק"ש קבלת עול מ"ש ועול תורה ומצות ומתפלל [גם זה מכלל מלכות שמים כמ"ש תוס' יד ב'] כי ק"ש אינו לנוכח הש"י משא"כ תפלה כדפירש"י (ברכות כה רע"א) ושלימות המלכות שמים שיהי' לנוכח הש"י.
ואחר כל ההכנות אלו אז מתפלל:
[6] L'acceptation complète du joug de la royauté des cieux (ol malkhout chamayim). Ils ont dit (Berakhot 15a) : 'il se retire' -- c'est-à-dire qu'il s'écarte de toutes les idoles (guiloulim) des désirs de ce monde-ci, ces choses permises qui ne sont pas faites pour le Ciel (le-chem chamayim). 'Et il se lave les mains' : j'ai entendu que ceci est une allusion au lavage des mains quant à l'écartement des intérêts personnels (neguiot : les attaches intéressées qui faussent le jugement).
Et l'on peut dire encore que cela fait allusion au fait de laver ce dont les instruments de l'action (kelei ha-maasse) se sont déjà souillés par ces salissures : qu'il les lave dans les eaux de la connaissance (daat), et il sera pur. 'Et il met les tefilin' : comme il est écrit dans le Yaarot Devach, qu'ils sont le sceau du Nom du Ciel qu'il porte sur lui, comme un serviteur qui porte l'insigne (hanichka) de son maître en signe que celui-ci est bien son maître. Sur sa main, c'est un signe pour lui-même, et sur la tête, c'est un signe pour tous les peuples de la terre (cf.
Devarim 28,10), car le Nom de son Maître est sur lui (chema demara aleih). 'Et il lit le Chema' : acceptation du joug de la royauté des cieux, et du joug de la Torah et des commandements. 'Et il prie' [cela aussi fait partie de la royauté des cieux, comme l'écrivent les Tossefot 14b], car la lecture du Chema (keriat Chema) ne s'adresse pas directement (lenokhah) à ה' béni soit-Il, contrairement à la prière, ainsi que l'explique Rachi (Berakhot 25a, début de la page) ; or la perfection de la royauté des cieux, c'est qu'elle s'adresse directement à ה' béni soit-Il. Et après toutes ces préparations, alors il prie.