Pourquoi appelle-t-on ces jours Pourim, du sort (pour) de Haman, alors que ce n'était pas l'essentiel du miracle ? L'Admour Hazaken explique que le sort suspend le choix à la volonté qui est au-dessus du daat (la connaissance). Haman, de la racine d'Amalek, voulait par là attirer cette volonté suprême vers le mal, car devant l'essence de l'Ein Sof les ténèbres sont comme la lumière. Par leur don de soi (messirout nefech), les Juifs annulèrent ce sort : la volonté se révéla pour Israël seulement. Là est l'essentiel du miracle, et la raison d'une joie plus forte qu'aux autres fêtes.
Aussi : la Torah est la face et la prière l'arrière, les dix-huit bénédictions répondant aux dix-huit vertèbres ; la nuque raide d'Israël et le pardon ; la Meguila appelée iguéret (lettre) et non sefer (livre).
ע"כ קראו לימים האלה פורים ע"ש הפור הוא הגורל כו'. הנה יש להבין לכאורה למה קראו ימים האלה דוקא ע"ש הגורל שעשה המן והלא לא הי' זה עיקר הנס וגם מהו ענין הגורל שעשה המן כו'.
אך הנה כתיב ראשית גוים עמלק ואחריתו כו'. כי הנה את זה לעו"ז עשה האלקים ונמשך שרש לז' אומות עובדי כוכבים שהם בחי' ז' הפרות רעות שנק' ז' מדות רעות הכנעני החתי כו' אך קליפת עמלק נק' ראשית גוים להיות שרשו למעלה מן המדות וכמשי"ת.
אך הנה צריך להקדים תחלה מ"ש בזכריה סי' ה' ואומר אני רואה מגלה עפה ארכה עשרים באמה כו' וארז"ל פ"ב דעירובין שהיא כתובה פנים ואחור כמ"ש ביחזקאל סי' ב' מגלת ספר כו' והיא כתובה פנים ואחור והיינו שזה נאמר על התורה שנק' ג"כ מגלה והיא כתובה פנים ואחור בבחי' פנימית ואחוריים. ולהבין כי הנה כתיב חכמת אדם תאיר פניו בקהלת (סי' ב') וארז"ל במד"ר שם דפי' אדם היינו מ"ש ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם עליו מלמעלה כו'.
ויש להבין זה הלא אין לו גוף ואין לו דמות הגוף כו' וגם הרי כתיב כי לא אדם הוא להנחם כו' אך הענין הוא כמו שארז"ל במדרש ר"פ בראשית שבעה דברים קדמו לעולם תורה ותשובה ובנין בהמ"ק כו' ומחשבתן של ישראל קדמה לכל דכתיב בראשית ברא כו' בשביל ישראל שנק' ראשית כו', והיינו ג"כ מארז"ל ישראל עלה במחשבה פי' עלה שקדמו ועלו בתחלת המחשבה וכמו שאמר במדרש דמחשבתן של ישראל קדמה לכל כו'.
C'est pourquoi l'on a appelé ces jours Pourim, du nom du pour, qui est le sort, etc. Or il y a lieu de comprendre, à première vue, pourquoi l'on a appelé ces jours précisément du nom du sort qu'a fait Haman, alors que ce n'était pas là l'essentiel du miracle ; et aussi, quel est le sujet du sort qu'a fait Haman, etc.
Mais voici qu'il est écrit : "La première des nations est Amalek, et sa fin, etc." (Nombres 24, 20). Car voici : "Ceci en face de cela, Elokim l'a fait" (Ecclésiaste 7, 14), et une racine a été attirée pour les sept nations qui servent les étoiles, qui sont l'aspect des sept vaches mauvaises, appelées les sept middot mauvaises : le Cananéen, le Hittite, etc.
Mais la kelipa d'Amalek est appelée "la première des nations", parce que sa racine est au-dessus des middot, comme on l'expliquera. Mais voici qu'il faut d'abord introduire ce qui est écrit en Zacharie, chapitre 5 : "Et je dis : je vois un rouleau qui vole, sa longueur est de vingt coudées, etc." (Zacharie 5, 2), et nos Sages ont dit, au chapitre 2 d'Erouvin, qu'elle est écrite face et arrière, comme il est écrit en Ézéchiel, chapitre 2 : "un rouleau de livre, etc., et elle est écrite face et arrière" (Ézéchiel 2, 9-10).
C'est-à-dire que ceci est dit de la Torah, qui est appelée elle aussi rouleau (meguila), et elle est écrite face et arrière, dans l'aspect de l'intérieur et des a'horayim (l'arrière). Et pour comprendre : voici qu'il est écrit : "La sagesse de l'homme éclaire son visage", dans l'Ecclésiaste (chapitre 2), et nos Sages ont dit dans le Midrach, là, que l'explication de "adam" est ce qui est écrit : "et au-dessus de la ressemblance du trône, une ressemblance comme l'aspect d'un homme, sur lui, d'en haut, etc." (Ézéchiel 1, 26).
Et il y a lieu de comprendre ceci : n'est-il pas vrai qu'Il n'a pas de corps et qu'Il n'a pas de forme du corps, etc., et aussi il est écrit : "car Il n'est pas un homme pour Se repentir, etc." (I Samuel 15, 29). Mais le sujet est comme nos Sages ont dit dans le Midrach, au début de la section Beréchit : "Sept choses ont précédé le monde : la Torah, la techouva, et la construction du Beit Hamikdach, etc." (Beréchit Rabba 1), et la pensée d'Israël a précédé toute chose, car il est écrit : "Au commencement Il créa, etc.", en vue d'Israël, qui est appelé commencement, etc.
Et c'est aussi ce que nos Sages ont dit : "Israël est monté dans la pensée" ; l'explication de "est monté" est qu'ils ont précédé et sont montés au commencement de la pensée, et comme il est dit dans le Midrach que la pensée d'Israël a précédé toute chose, etc.
וביאור הענין הנה באמת להיות כי א"ס ב"ה רם ונשגב בערך מכל ההשתלשלו' דאבי"ע כידוע דאין ערוך כלל וכלל לו וכולא קמיה כלא ממש חשיבי כו' א"כ לא היה אור ושפע נשפע ונגלה מא"ס למטה כלל רק ע"י שישראל עלו במחשבה תחלה לכל כנ"ל ירד ונתלבש להיות בבחי' אדם והיינו בהתלבשותו בשורש נש"י למעלה כמ"ש במ"א ע"פ ותחת רגליו כמעשה לבנת הספיר ועיין בפרדס ערך ישראל, ועל בחי' אדם זה אמר חכמת אדם תאיר פניו כו' פי' חכמת אדם היינו בחי' חכמת התורה שקדמה ג"כ לעולם ונקראת בחי' שעשועים כמ"ש ואהיה אצלו אמון שעשועי' כו' וכתיב משחקת לפניו בכל עת כו' כי הנה עד"מ אדם התחתון למטה כשממציא ומחדש בשכלו איזה סברא ושכל חדש צהבו פניו ויאירו בהארת פנים כי מתענג הרבה מזה השכל שהמציא ויאירו פניו מחמת העונג וכמו שאמרו בר' אבוה שצהבו פניו מפני שמצא תוספתא חדתא כו'.
Et l'explication du sujet : voici, en vérité, du fait que l'Ein Sof, béni soit-Il, est élevé et sublime par rapport à tout l'enchaînement (hichtalchelout) d'Atsilout, Beria, Yetsira et Assiya, comme on le sait, qu'il n'y a absolument aucune comparaison avec Lui, et que "tout devant Lui est considéré comme réellement rien", etc., il s'ensuit qu'aucune lumière ni aucun influx n'aurait été répandu et révélé depuis l'Ein Sof vers le bas, absolument, si ce n'est par le fait qu'Israël est monté dans la pensée avant toute chose, comme ci-dessus : Il est descendu et s'est revêtu pour être dans l'aspect d'adam. C'est-à-dire dans Son revêtement (hitlabchout) dans la racine des âmes d'Israël en haut, comme il est écrit ailleurs sur le verset : "et sous Ses pieds, comme un ouvrage de brique de saphir" (Exode 24, 10), et voir dans le Pardès, entrée Israël.
Et c'est de cet aspect d'adam qu'il est dit : "La sagesse de l'homme éclaire son visage, etc.". L'explication : "la sagesse de l'homme", c'est l'aspect de la sagesse de la Torah, qui a précédé elle aussi le monde, et elle est appelée l'aspect des délices, comme il est écrit : "et j'étais auprès de Lui un nourrisson, Ses délices, etc." (Proverbes 8, 30), et il est écrit : "se jouant devant Lui en tout temps, etc." (Proverbes 8, 30).
Car voici, à titre d'exemple : l'homme d'en bas, lorsqu'il invente et innove dans son intellect quelque raisonnement et un intellect nouveau, son visage s'éclaire et ils brillent de l'illumination du visage, parce qu'il se délecte beaucoup de cet intellect qu'il a inventé, et son visage s'illumine à cause du délice. Et comme ils ont dit de Rabbi Abbahou, que son visage s'est éclairé parce qu'il avait trouvé une tossefta nouvelle, etc.
וכיוצא בזה ויובן למשכיל למעלה בבחי' ח"ע דאור א"ס חכים ולא בחכמ' ידיעא כו' שבחכמת התורה שחידש אותה מתענג בה כבי' ומשתעשע בה הרבה מאד עד שיש בחי' הארת פנים העליונים למעלה עי"ז וזהו חכמת אדם העליון בזה שנאמר על הכסא דמות כמראה אדם וכו' תאיר פניו מרוב עונג ושעשועים שמשתעשע בחכמות שבתור' שהרי בכל פ' ופרשה שבתור' ידוע שיש בה אור חכמה עליונה ונפלאה רק שנתלבש הדבר למטה בענין גשמי וכמו פ' חושן ואפוד העשוי מאבנים ידועים אודם פטדה כו' וכיוצא שבודאי יש בזה למעלה חכמה נפלאה שהוא ית' משתעשע בה מאד וכבר קדמו לעולם הנאצל והנברא כו' וכדכתיב ואהי' אצלו אמון שעשועים כו' בבחי' תענוג נפלא וכמ"ש משחקת לפניו בכל עת פי' שעושה בחי' חכמה זו לפניו שחוק ותענוג גדול וכענין צחוק עשה לי אלקי' כל השומע יצחק וכו' וד"ל. אך הנה בחי' הארת פנים הללו העליונים הוא שנמשך מלמעלה למטה ג"כ וכמ"ש יאר ה' פניו אליך פי' בחי' הארת פנים העליונים שנאמר על זה חכמת אדם תאיר פניו כנ"ל יאר אותו האור גם אליך דוקא ולא לעובדי גילולים וכמו שאמר משה ונפלינו אני ועמך כו' וזהו פי' מ"ש משחקת בתבל ארצו כי בתחלה משחקת רק לפניו כמ"ש תאיר פניו כו' ואח"כ ירד העונג גם למטה ומשחקת גם בתבל ארצו להיות נמשך בחי' העונג העליון מחכמת התורה גם לבני האדם למטה וכמ"ש ושעשועי את בני אדם כו', וכמו ענין משלי שלמה כמ"ש וידבר שלשת אלפים משל פי' כדי שיומשך אור העליון שבחכמת התורה מלמעלה למטה הוצרך להמשיך בג' אלפים משל דוקא כי בחי' חכמה שבעולם העליון כשצריכה לבוא למטה הימנו א"א בלתי הלבשה במשל וכאשר יבא אור השפע לתחתון הימנו צריך משל למשל הראשון ועד"ז יורד והולך האור ממשל למשל עד ג' אלפים משל כו' וכ"ז לעוצם רוממת מעלת שורש חכמת התורה למעלה בבחי' חכמת אדם הנ"ל עד שצריך לבא למטה לידי גילוי ע"י ג' אלפים משל כו' וד"ל.
וזהו ג"כ פי' הליכות עולם לו וארז"ל (סוף נדה) אל תקרי הליכות אלא הלכות פי' הליכות בחי' המשכה והולכה מבחי' חכמת התורה של מעלה לבא לידי גילוי למטה בענינים גשמיים וכנ"ל בענין שלשת אלפים משל ולכך נק' בשם הלכה וכמ"ש הליכות אלי כו' וד"ל.
Et de même, l'on comprendra, pour celui qui a l'intelligence, en haut, dans l'aspect de la 'hokhma supérieure de l'Or Ein Sof (lumière infinie), "C'est Toi qui es sage, mais non d'une sagesse connue" (Pata'h Eliyahou), etc. : dans la sagesse de la Torah qu'Il a innovée, Il s'en délecte pour ainsi dire et s'y réjouit beaucoup, au point qu'il y a un aspect d'illumination du visage supérieur en haut par cela. Et c'est : "la sagesse de l'homme" supérieur, celui dont il est dit : "sur le trône, une ressemblance comme l'aspect d'un homme" (Ézéchiel 1, 26), etc., "éclaire son visage" à cause de l'abondance de délice et de délices dont Il se réjouit dans les sagesses qui sont dans la Torah.
Car dans chaque section et paracha de la Torah, il est connu qu'il y a en elle une lumière de sagesse supérieure et merveilleuse, seulement la chose s'est revêtue en bas dans un sujet matériel, comme la paracha du 'hochen et de l'éphod faits de pierres connues, odem, pitda, etc., et de même, car assurément il y a en cela, en haut, une sagesse merveilleuse dont Lui, béni soit-Il, se réjouit beaucoup, et elles ont déjà précédé le monde émané et le monde créé, etc., ainsi qu'il est écrit : "et j'étais auprès de Lui un nourrisson, Ses délices, etc." (Proverbes 8, 30), dans un aspect de délice merveilleux, et comme il est écrit : "se jouant devant Lui en tout temps" (Proverbes 8, 30), ce qui veut dire qu'Il fait de cet aspect de sagesse, devant Lui, un jeu et un grand délice, à la manière de : "Un rire, Elokim m'a fait ; quiconque entend rira", etc. (Genèse 21, 6), et cela suffit à qui comprend.
Mais voici, cet aspect d'illumination du visage supérieur est ce qui est attiré d'en haut vers en bas également, ainsi qu'il est écrit : "que ה' fasse luire Sa face vers toi" (Nombres 6, 25), ce qui veut dire : l'aspect de l'illumination du visage supérieur dont il est dit à ce sujet : "la sagesse de l'homme éclaire son visage", comme ci-dessus, qu'Il fasse luire cette lumière aussi vers toi précisément, et non vers les serviteurs des idoles, ainsi que Moché a dit : "nous serons distingués, moi et Ton peuple", etc. (Exode 33, 16).
Et c'est le sens de ce qui est écrit : "se jouant sur le globe de Sa terre" (Proverbes 8, 31), car d'abord elle se joue seulement devant Lui, ainsi qu'il est écrit : "éclaire son visage", etc., et ensuite le délice est descendu aussi en bas, et elle se joue aussi sur le globe de Sa terre, afin que soit attiré l'aspect du délice supérieur issu de la sagesse de la Torah aussi vers les fils de l'homme en bas, ainsi qu'il est écrit : "et Mes délices avec les fils de l'homme" (Proverbes 8, 31), etc. Et comme le sujet des proverbes de Chelomo, ainsi qu'il est écrit : "il prononça trois mille proverbes" (I Rois 5, 12), ce qui veut dire : afin que soit attirée la lumière supérieure qui est dans la sagesse de la Torah, d'en haut vers en bas, il a fallu l'attirer par trois mille proverbes précisément.
Car l'aspect de sagesse qui est dans le monde supérieur, lorsqu'elle doit venir en bas de lui, il est impossible sans un revêtement dans un proverbe ; et lorsque vient la lumière de l'influx vers celui qui est en dessous de lui, il faut un proverbe pour le premier proverbe, et ainsi la lumière descend et va de proverbe en proverbe jusqu'à trois mille proverbes, etc. Et tout cela à cause de l'extrême élévation de la hauteur de la racine de la sagesse de la Torah en haut, dans l'aspect de la sagesse de l'homme mentionnée ci-dessus, au point qu'elle doit venir en bas jusqu'à la révélation par le moyen de trois mille proverbes, etc., et cela suffit à qui comprend.
Et c'est aussi le sens de : "les voies du monde sont à Lui" (Habacuc 3, 6), et nos Sages ont dit (fin de Nidda) : "ne lis pas halikhot mais halakhot". Le sens de halikhot est l'aspect de l'attraction et de la conduite depuis l'aspect de la sagesse de la Torah d'en haut pour venir à la révélation en bas dans des sujets matériels, comme ci-dessus dans le sujet des trois mille proverbes, et c'est pourquoi elle est appelée du nom de halakha, ainsi qu'il est écrit : "les voies vers Moi" (Psaumes 68, 25), etc., et cela suffit à qui comprend.
וזהו ג"כ פי' אשר קדשנו במצותיו פי' אשר לשון עונג כמו באשרי כו' והוא בחי' תענוג העליון שקדשנו בבחי' רצון ותענוג העליון המלובש במצותיו והיינו ענין שמחה של מצוה כדכתיב תחת אשר לא עבדת בשמחה ובטוב לבב מרוב כל פי' רוב כל היינו חיי העוה"ב שנק' רוב כל ששם הנשמות נהנין מזיו השכינה והנה כתיב ונהר יוצא מעדן להשקות את הגן הרי הגן למטה מן העדן כי בעדן כתי' עין לא ראתה כו' כי בחי' עונג העליון המלובש בחכמה עילאה נק' עדן והוא בחי' שעשועי' הנ"ל שהוא מקור התענוגים שמתענגים הנשמות ובחי' ההמשכה מעדן זה נק' נהר וז"ש ונהר יוצא מעדן להשקות את הגן ג"ן סדרים דאורייתא כו' והיינו מה שהנשמות נהנין מזיו ואור הזה בג"ע לכאו"א לפום שיעורא דילי' אחר המירוק ויסורים בגיהנם כידוע וא"כ מה שהאדם עוסק בתורה ובמצות בעוה"ז ששרשם בבחי' עדן עצמו גבוה הרבה מכל חיי עוה"ב שאינו אלא בחי' זיו והארה בעלמא מגן שבעדן כנ"ל וזהו תחת אשר לא עבדת את ה' בשמחה של מצוה בעוה"ז יותר מרוב כל שהוא חיי עוה"ב ולכן אמרו רז"ל דיפה שעה א' בתשובה ומע"ט בעוה"ז מכל חיי עוה"ב וד"ל. והנה אף מי שאינו צדיק יוכל להתענג בעדן המלובש בחכמה שבתורה הנ"ל כמ"ש היום וארז"ל היום לעשותם כו' ובבחי' המעשה יוכל כל אדם:
Et c'est aussi le sens de "qui nous a sanctifiés par Ses commandements" : "acher" a le sens de délice, comme dans "acherei", etc. C'est l'aspect du délice supérieur par lequel Il nous a sanctifiés, dans l'aspect de la volonté et du délice supérieur revêtu dans Ses commandements.
C'est le sujet de la joie de la mitsva, comme il est écrit : "parce que tu n'as pas servi dans la joie et avec un cœur bon, à cause de l'abondance de tout" (Deutéronome 28, 47). Le sens de "rov kol" est la vie du monde à venir, appelée "rov kol", car c'est là que les âmes jouissent du rayonnement de la Chekhina.
Or il est écrit : "Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin" (Genèse 2, 10) : le jardin est donc en dessous d'Éden, car au sujet d'Éden il est écrit : "l'œil n'a pas vu", etc. (Isaïe 64, 3).
Car l'aspect du délice supérieur revêtu dans la 'hokhma supérieure est appelé Éden, et c'est l'aspect des délices mentionnés plus haut, qui est la source des délices dont jouissent les âmes. L'aspect de l'attraction depuis cet Éden est appelé fleuve.
C'est le sens de : "Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin", les cinquante-trois sections de la Torah, etc. C'est-à-dire ce dont les âmes jouissent, de ce rayonnement et de cette lumière, dans le Gan Eden, chacune selon sa mesure, après le raffinage et les souffrances dans le Guéhinom, comme on le sait.
Ainsi, ce en quoi l'homme s'occupe, Torah et mitsvot, en ce monde, dont la racine est dans l'aspect d'Éden lui-même, est bien plus élevé que toute la vie du monde à venir, qui n'est qu'un aspect de rayonnement et d'illumination seulement, provenant du jardin qui est dans Éden, comme ci-dessus. C'est le sens de : "parce que tu n'as pas servi ה' dans la joie de la mitsva en ce monde, davantage que rov kol", qui est la vie du monde à venir.
C'est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : "Mieux vaut une heure de techouva et de bonnes actions en ce monde que toute la vie du monde à venir" (Avot 4, 17), et cela suffit à qui comprend. Or même celui qui n'est pas un tsadik peut jouir de l'Éden revêtu dans la 'hokhma de la Torah mentionnée plus haut, comme il est écrit "aujourd'hui" (Deutéronome 7, 11), et nos Sages ont dit : "aujourd'hui pour les accomplir" (Erouvin 22a), etc., et dans l'aspect de l'acte, tout homme le peut.
ותוכן הדבר שכדי להבין ענין פורים ע"ש הפור יש להקדים ענין ראשית גוים עמלק ענין כתובה פנים ואחור פנים ע"ד חכמת אדם תאיר פניו. איך שייך כמרא' אדם ע"ד נעשה אדם בצלמנו דהיינו בחי' ישראל עלו במחשבה וכן התורה נק' אדם כי המצות רמ"ח מ"ע נקראו רמ"ח איברים ושס"ה ל"ת שס"ה גידים וחכמת אדם שהיא התורה תאיר פניו מחמת כי בהחכמה מאיר עונג העליון וזהו ענין והחכמה תחי' בעליה כמ"ש במ"א ובחי' הארת פנים הללו נמשך בבחי' יאר ה' פניו אליך.
באור פניך נתת לנו ה' אלקינו תורת חיים.
Et le fond de la chose est que, pour comprendre le sujet de Pourim d'après le pour, il faut d'abord introduire le sujet de "la première des nations est Amalek" (Nombres 24, 20), le sujet de ce qui est écrit face et arrière : la face, à la manière de "la sagesse de l'homme éclaire son visage" (Ecclésiaste 8, 1). Comment se rapporte "comme l'aspect d'un homme" (Ézéchiel 1, 26), à la manière de "Faisons l'homme à Notre image" (Genèse 1, 26), c'est-à-dire l'aspect de "Israël est monté dans la pensée" ; et de même la Torah est appelée homme, car les mitsvot, les 248 commandements positifs, sont appelées 248 membres, et les 365 commandements négatifs, 365 nerfs ; et la sagesse de l'homme, qui est la Torah, éclaire son visage, du fait que dans la sagesse brille le délice supérieur.
Et c'est le sujet de "et la sagesse fait vivre celui qui la possède" (Ecclésiaste 7, 12), comme il est écrit ailleurs. Et cet aspect d'illumination du visage est attiré dans l'aspect de "que ה' fasse luire Sa face vers toi" (Nombres 6, 25).
"Dans la lumière de Ton visage Tu nous as donné, ה' notre Elokim, une Torah de vie".
וזהו ושעשועי עם בני אדם והמשכה זו מבחי' אור פניך להיות נמשך בתורה שלפנינו יובן זה ע"ד וידבר שלשת אלפים משל. וזהו ענין הליכות עולם לו.
וזהו פי' אשר קדשנו במצותיו לכן צ"ל בשמחה ובטוב לבב מרוב כל והוא עדן שנאמר בו עין לא ראתה יפה שעה א' כו':(ב. אך הנה בבחי' הארת פנים שבחכמת התורה שנמשך מלמעלה כנ"ל בפי' חכמת אדם תאיר פניו וכמ"ש יאר ה' פניו אליך כו' זהו א"א שיוכלו הכל לקבל כ"א מי שיגע נפשו בעבודה שבלב זו תפלה בתחלה שנק' בחי' אחור לבחי' הארת הפנים הזה וכמ"ש כתובה פנים ואחור כו' כי הרי אם לא יתעורר לבבו לא יחפוץ להתענג על ה' ולהתדבק בו בעבודה שבלב בה' אחד ובחכמתו ורצונו כו' ע"י התפלה איך יוכל לקבל בחי' הארת הפנים משעשועים העליונים ולהתענג בעונג העליון בחי' הארת פנים כנ"ל כמו עד"מ מי שאינו חפץ להתענג בדבר מה לא יקבל תענוג מאותו דבר כלל כו' וד"ל.
ומה שהתפלה נק' בחי' אחור היינו להיות כי עיקר התפלה הוא בחי' הביטול במציאות מחמת גדולת ה' שמתבונן בו כו' עד שאינו מרגיש עצמותו בבחי' יש ודבר כלל כי אם מרגיש התפעלות שלו בבחי' לגרמיה שהוא העובד וכמו שנאמר למען שמי יכבד ה' וכיוצא זהו בחי' ערב רב וכו' וכמ"ש במ"א, אלא עיקר התפלה הוא בהיפך שיבא לבחי' ביטול עצמותו מכל וכל בלא בחי' לגרמיה כלל וכדוגמא זו היה בכל ישראל בזמן אחשורוש שהיו כולם בבחי' ביטול עצמותם מכל וכל אחר שהיו נידונים להרוג וכו'. והי' בהם בחי' מס"נ באמת לאמיתו וזהו שנאמר קימו וקבל חסר וא"ו לשון יחיד כמו ויחן ישראל לשון יחיד להיות שנתכללו כולם כאחד במס"נ וביטול בתכלית להתכלל באחד לכן קיימו למטה מה שקיבלו כבר בזמן מ"ת כמשי"ת וזהו פי' אשר קדשנו במצותיו פי' כדי שיבא לקבלת הרצון ועונג העליון המלובש במצותיו צ"ל תחלה בבחי' קדש העליון שהוא לשון מובדל שהוא בחי' הביטול הנ"ל שנעשה בתפלה דוקא ולזה הטעם נק' התפלה בחי' אחור כמ"ש לכתך אחרי דהיינו בבחי' הביטול להיות טפל לגבי העיקר כו'.
וגם כי התפלה עיקר ענינה התעוררות הרצון אליו ית' וזהו ענין ואהבת לשון אבה שהוא בחי' רצון והרצון הוא בחי' אחור לגבי השעשועים והתענוג שהוא בחי' חכמת אדם תאיר פניו. ועיקר ענין אמיתית הטעם לזה שנק' התפלה בחי' אחור.
הענין יובן בהקדים שורש ענין ח"י ברכאן דצלותא. דהנה מבואר בזהר ומרומז גם בדברי רז"ל דח"י ברכאן ש"ע הם לנגד ח"י חוליות שבשדרה וח"י חוליות שבשדרה ידוע שאחוזים ומקושרים כולם בחוט השדרה המחברם והחוט הזה נמשך התחלתו משני פולין שבראש ממול אחורי העורף כמ"ש רז"ל במס' חולין והחוט הזה הנמשך מב' פולין הללו הוא כח המחבר לח"י החוליות עם המוחין שבראש להיותו ממשיך מוחין וחיות מן הראש אליהם ומחברם כולם כא' אל הראש וכמ"ש בספרי הרפואה.
והנה ידוע שיש ג' חללי' בראש והן ג' מוחין מוח חכמה מוח בינה מוח הדעת ונקראו תלת חללי גלגלתא באד"ר ומוח הדעת עומד למול העורף לנגד מוח חו"ב כמו סגול והב' הפולין הנ"ל נמשכין ממוח הדעת שעומד סמוך לעורף ומהם נמשך חוט השדרה כנ"ל ונמצא שע"י מוח הדעת נמשך כח התחברות הנ"ל של ח"י חוליות כו' וזהו שאמר בזהר ובפרדס שער ל"א דבחי' הדעת נמשך לבחי' ת"ת שהוא נק' גופא תרין דרועין חסד דרועא ימינא וגבורה כו' וכללותם הן ח"י חוליות אלא שמתחלק בבחי' קווין חסד דרועא ימינא כו' והענין בעבודת ה' היינו בחי' המשכת גילוי אלקות מצד הדעת שהוא ההתבוננות בגדולת ה' להתפעל מזה באהוי"ר שנק' תרין דרועין כו' עי"ז מעורר מלמעלה אתעדל"ע ג"כ להמשיך גילוי אור א"ס באצי' בחו"ג וח"י חוליות ממוחין שבראש כו' ע"י בחי' דעת העליון והוא שורש ענין התפלה באומרו בא"י כו' בכל ח"י ברכות ש"ע שהן בחי' ח"י המשכות מלמעלה למטה בח"י חוליות כו'. וזהו הטעם שנק' התפלה בחי' אחור כי הרי בחי' המשכה הזאת בח"י חוליות מאור א"ס השורה במוח הדעת הנה הוא רק בחי' אחוריים לגבי בחי' ב' המוחין דחו"ב שעומדים למול הפנים כי מוח הדעת הוא מוח הג' שעומד למול העורף כנ"ל, ועל ב' מוחין דחו"ב אמרו דאור א"ס נק' חכיםולא בחכמה ידיעא כלל ומבין ולא בבינה ידיעא כו' אבל ממוח הג' הוא מוח הדעת משם נמשך גילוי הארה והמשכה לח"י חוליות ע"י בחי' החוט המחברם כנ"ל משא"כ בחי' חכמה שבתורה נק' בחי' פנים העליונים למעלה וכמ"ש למעלה פי' חכמת אדם תאיר פניו כו' להיות שורשה בבחי' ב' מוחין חכים ולא בחכמה ידיעא.
ואמנם א"א לבא לקבל בחי' הארת פנים שבתורה בלתי שיוקדם תחלה בחי' התפלה להמשיך מבחי' מוח הדעת בח"י חוליות כו' שנק' בחי' אחור וכמ"ש אחרי ה' תלכו לכתך אחרי כו'. כענין זה השער לה'.
והאומר אין לי אלא תורה אפי' תורה אין לו וכענין מארז"ל כל אדם שיש בו תורה ואין בו יראת שמים דומה לגזבר שמסרו לו מפתחות הפנימיות ומפתחות החיצוניות לא מסרו לו בהי עייל והענין הוא כי הנה עיקר ההתבוננות בתפלה היינו ממה שאומרים שתים לפניה כמו ביוצר שאומרים יוצר משרתים ואשר משרתיו כו' שיש ריבוי ורבבות עולמות ומלאכים לאין שיעור והיינו מפני בחי' ריבוי הצמצומים הנק' גבורות עליונים לכך מתהווה ריבוי נבראים וכמו שאנו אומרים אתה גבור לעולם אדני פי' שם אדני היינו מה שהוא ית' נק' אדון על כולא להחיות הנבראים מאין ליש בריבוי גדול והנה כדי שיהי' נקרא בחי' אדון שהוא שם אד' היינו ע"י שהוא בחי' גבור בתחלה דהיינו ע"י בחי' הגבורות והצמצומים לחלק האור והשפע לחלקים רבים מאוד וכמ"ש אתה פוררת בעזך כו' וזהו פי' אתה גבור לעולם אד' ואזי מכל כל חיים כלי בתוך כלי. והנה ע"י התבוננות זאת יבוא ויגיע לבחי' התפעלות באהבה בק"ש באמרו ואהבת בכל לבבך כו' שהוא לשון רצון ותשוקה דהיינו תשוקת הלב בבחי' רצוא ליכלל באחדות ה' כו'.
אך הנה איתא בס"י אם רץ לבך שוב לאחד פי' אחד בחי' רצון הנ"ל בתשוקה שבלב למעלה צ"ל בחי' שוב דהיינו בחי' יראה ופחד גדול שהוא בחי' הביטול במציאות ממש כי האהבה הוא עדיין בחי' יש ודבר מה כי יש מי שאוהב עכ"פ אבל בחי' יראה ופחד אינו במהותו כלל כי נתבטל ממציאותו כו' ומבחי' שוב זה ביראה יחזור לבוא לבחי' רצוא באהבה כמ"ש והחיות רצוא ושוב דמשמע שתמיד חוזר חלילה אחרי הרצוא שוב ואחרי השוב רצוא כו' והיינו בחי' אהוי"ר של המלאכים וחיות הקודש שנאמר ובשתים יעופף פי' יעופף עד"מ הצפור שיעוף למעלה שא"א לה לעופף כ"א שתגביה כנפיה כלפי מעלה ומיד תחזור ותורידם למטה ובאמצעות העלייה והירידה זאת תמיד בשעת פריחתה היא מעופפת במהירות גדולה וכמו השט במים שצריך להעלות ולהוריד תמיד בידו וברגלו כו' ואם היו העלאת הכנפיים בלתי ירידה כלל לא הי' ביכולת העוף לעוף אלא באמצעות חיבור שניהם זה אחר זה בלי איחור וכן חוזר חלילה מזה בא סיבת הפריחה. וכך יובן ממש ובשתים יעופף שנאמר במלאכים שהוא בחי' אוי"ר בחי' רצוא ושוב שנק' גדפין כידוע שצ"ל רצוא ושוב דוקא יחד זה אחר זה כנ"ל ובזה דוקא יעופפו המלאכים בדביקות ועילוי אחר עילוי כו' ומלמעלה למטה הוא הנק' בחי' מטי ולא מטי שהוא היפך סדור רצוא ושוב שמלמטה למעלה כי רצוא ושוב רצוא תחלה ואחר כך שוב והיינו בחי' הסתלקות שקודם לבחי' התפשטות והמשכה דבחי' שוב ואמנם מלמעלה למטה נהפך הוא שבחי' מטי ההתפשטו' קודם לבוא לבחי' לא מטי בבחי' הסתלקות והטעם מבואר במקום אחר וד"ל.
ואחר בחי' רצוא ושוב שנקרא גדפין כנ"ל יוכל אדם להמשיך בתפילה לאור א"ס ב"ה שיאיר בשמונה עשר ברכאן דצלותא באומרו ברוך אתה ה' כנ"ל וכמו שמבואר במשל הנ"ל שבלתי עלייה וירידה לא יוכל לעוף כך במלאכים כתיב ובשתים יעופף ואזי יאמרו קדוש הוי' צבאות שיומשך בצבאות שכללותם בחי' ח"י חוליות שנק' ח"י כלים לגילוי אין סוף ב"ה כמו רופא חולי ישראל נמשך האור ברפואה ובאתה חונן לאדם נמשך האור בדעת דהיינו להמשיך לאדם דעת באלקות גם למי שאין דעתו חזק בהתבוננות ימשיך ויחונן לו דעת להשיג מגדולתו יתברך ולפי שאין הברכה שורה באתר ריקנא כמו שכתוב בזוהר ולכך תיקנו ח"י ברכות הללו להיותם בחינת כלים לקבל בחינת גילוי האור כו' וכמו שכתוב במקום אחר על פ' לא הביט און ביעקב כו' וזהו מה שכתוב לעיל שהמגלה כתובה פנים ואחור פי' בחינת פנים היינו בחינת חכמה שבתורה שמלובש בה בחי' הארת פנים העליונים ומשם נמשך בחי' הארת פנים גם לישראל כמו שכתוב יאר ה' פניו אליך וכנ"ל ואחור היינו בחינת התפלה להמשיך גילוי אור אין סוף בבחינת אחוריים בח"י חוליות שנמשך ממוח הדעת כנ"ל על ידי החוט המחברם כו' ואמנם א"א לבא לבחי' הארת פנים דתורה כי אם שיוקדם תחלה בחי' אחור שהוא בחינת התפלה דהיינו בחינת גילוי ההמשכה על ידי בחי' רצוא ושוב דוקא כנ"ל וד"ל. ותוכן הדברים הוא שגם על ידי המעשה יוכל להגיע לבחינת יאר ה' פניו אליך אך אי אפשר לבא לבחי' פנים אלא ע"י שייגע נפשו בתפלה תחילה שנק' אחור ע"ד אחרי ה' אלקיכם תלכו וע"ד לכתך אחרי.
ועוד כי ח"י ברכאן דצלותא הם כנגד ח"י חוליות שבשדרה שהם באחור ונמשכים ממוח הדעת שהוא אחור למוחין חכמה ובינה והח"י חוליות וחוה"ש נמשכין ממנו בגוף בין כתפין היינו שמהדעת נמשך חסד וגבורה משא"כ התורה דמחו"ב נפקתנקראת פנים וכמו שאי אפשר ליכנס במפתחות הפנימיות אלא על ידי מפתחות החיצוניות בתחלה והוא ענין התפלה ההתבוננות מבחי' יהללו את שם כו' אתה גבור לעולם אד' כו' ועל ידי זה יבא לאהוי"ר וכמו במלאכים ובשתים יעופף. ועל ידי זה וקרא זה אל זה ואמר קדוש כו' כן עי"ז הרצוא והשוב ימשיך האור בח"י ברכאן דצלותא וזה"ע כתובה פנים ואחור שאי אפשר להמשיך בחינת הארת פנים אלא ע"י הרצוא ושוב בתפלה הנמשך מהדעת שבבחי' אחור שמתחלק לחו"ג שהן אהוי"ר וזהו יאר ה' פניו אתנו היינו שהמשכת הארת פנים נמשך ע"י אתעדל"ת.
שישתוקק לזה בתפלה. וזהו אתנו וכמו שכתוב במקום אחר:)(ג.
והנה כתיב כי עם קשה עורף הוא וסלחת כו' ויש להבין לכאורה מה שייכות לבחי' קשה עורף ענין הסליחה שתלה זה בזה דמשום דקשה עורף ע"כ וסלחת כו'. אך הענין יובן בהקדים תחלה ענין קשה עורף מהו.
דהנה העורף הוא עומד לנגד המצח ששם הארת הרצון כידוע והנה בעורף הוא הכח של הרצון בבחי' המנגדו דהיינו שלא יסבול דבר המנגד לרצונו והוא בחי' העקשות שלא יוכלו להטותו מרצון לרצון מנגד בשום אופן וזהו הנק' קשה עורף שהוא ג"כ בבחי' הרצון שלמעלה מן הדעת ובעבודת ה' היינו בחי' הרצון שלא למרוד בו ית' למעלה מן הדעת וכמו שכתוב במדרש פרשה כי תשא בענין כי עם קשה עורף הוא אתה סבור שהוא לגנאי ואינו אלא לשבח דהיינו אף מי שאין דעתו חזק להתבונן בגדולת ה' ולהתפעל מחמת ההתבוננות הנה מכל מקום מצד הרצון שלמעלה מן הדעת יוכל כל איש מישראל להיות צעק לבו להוי' על אשר רואה את עצמו בבחי' הסתר פנים מאלקים חיים ואינו רוצה להיות נפרד מאחדותו שהוא בחי' מנגד לאלקי' וכל מי שיודע בעצמו יותר חסרונו ופגמו שפגם ברצון ה' יצעק לבו יותר להוי' בצר לו מזה שיהי' מנגד לה' כו' וכמו שכתוב ויצעקו אל ה' בצר להם וכן צעק לבם כו' שענין צעקה זאת היינו מצד ההסתרה והריחוק כי אין אדם עובר עבירה אלא אם כן נסתר ממנו אור האלקי בבחי' צמצום והסתר פנים משום שסובר שרחוק ה' ממנו ואינו רואה מעשיו וכמאמר רז"ל יהי רצון שתהא מורא שמים עליכם כמורא בשר ודם תדעו כשאדם עובר עבירה אומר שלא יראני אדם ואינו מתבייש מה' כי בשעה ההיא הארת אלקים עליו בהסתר פנים כו' מה שאין כן לעתיד שעין בעין יראו כו' ובאו במערות צורים מפני פחד ה' וכו' ואז יתבייש אדם מלחטוא לה' מפני פחדו יותר מפחד אדם עכשיו כו' ונמצא מובן על כל פנים שהצעקה גם שלא להיות למנגד להרצון העליון הוא ענין הרצון שלמעלה מן הדעת כו' וזהו שאמר כי עם קשה עורף הוא שלא להיות מנגד לרצון העליון כנ"ל על כן וסלחת כי ענין הסליחה הוא החזרת הרצון גם למי שהרגיזו ורצונו כבר סילק ממנו ימחול ויסלח לו ויגלה רצונו בו שאף על פי כן ירצה בו כמקדם ואם כן הסליחה אינו אלא התגברות הרצון מלמעלה גם למי שפגם ועבר על רצון העליון וזה בא מצד אתעדל"ת בבחי' קשה עורף להתגבר להיות בחי' התקשרות הרצון לה' לנגד כל מונע זר ממנו גילוי אלקות כנ"ל. וכמ"כ יהי' אתעדל"ע כו' וד"ל.
והנה בחי' קליפת עמלק הוא בחי' המנגד להתגברות הרצון לה' לעמוד נגד כל מונע כנ"ל אלא אדרבה הוא בחי' התגברות הרצון לנגד רצון העליון לעשות היפוכו כמו בחי' תוקף התקשרות הרצון בעניני עולם הזה. המסתירים אור אלקי וגם שיתעורר לבו לפעמים בתשובה יתגבר מצד בחי' הקשיות עורף לעמוד לנגד התעוררות זו ולבטל אותה כו' וזהו בחי' עמלק וכמו שכתוב את זה לעומת זה עשה אלקים כו' ולשון עמלק כמו ומלק את ראשו ממול ערפו כו' שהוא בחי' קשיות עורף דקליפה כו' העומדת ממול עורף בבחי' אחוריים דקדושה.
ועד"ז וגיד ברזל ערפך וזהו ענין ערפה וזהו שורש המן האגגי משרש קליפת עמלק שעומד ממול עורף כו' ולכך הפיל המן הגורל כי הנה ענין בחי' גורל הוא בחי' שלמעלה מן הדעת כי על ידי הדעת בוחר על פי טעם ושכל ויש בחירה לברור כו' מה שאין כן כשיפול גורל כו' היינו שמבטל הבחירה שעל פי הדעת אלא יתלה הדבר רק כמו שהוא יפיל הגורל גם שיהי' לנגד הדעת והבחירה כו' ואם כן בהכרח לומר שתולה הדבר בבחי' שלמעלה מן הדעת והוא בחי' הרצון שלמעלה מן הדעת וכמו בקדושה ונתן אהרן על שני השעירים גורלות גורל א' לה' וגורל א' כו' וכאשר יפול הגורל כן יהי' שהוא גם כן ענין ובחי' הרצון שלמעלה מן הדעת והיינו והעמיד את שני השעירים לפני ה' לפני ה' דייקא ששם אין עוונות מבדילים וזדונות נעשו כזכיות וכך רצה המן בגסות הרוח ובעורףהקשה להגביה את עצמו כנשר והפיל פור הוא הגורל היינו כמו שהוא בשורשו למעלה במול עורף ששרשו מבחי' רצון שלמעלה מן הדעת כו' ומשם רצה להמשיך רצון עליון להיות שורה גם בהיפך המנגד לקדושה האלקי' והענין הוא כי הנה באמת בחי' עצמיו' האור אין סוף נבדל בערך מכל בחי' ההשתלשלו' סובב וממלא כו' וכולא קמיה כלא כחשיכה כאורה כו' וגם חשך לא יחשיך כו' מפני העדר תפיסת מקום לגבי בחי' עצמות אור אין סוף שוה ומשוה אור וחושך כו' וכענין שממית בידים תתפש כו' ועל כן נאמר ורבו פשעיך מה תעשה לו אם צדקת מה תתן לו כי אין כל העולמות תופסים מקום כלל כו'. ואם כן לפי זה הי' אור אין סוף מאיר לכל בהשוואה א' כחשיכה כאורה כו' והיה אור האלקי נמשך גם לסט"א המנגד כמו לסט' דקדושה אחר שגם חושך לא יחשיך וכחשיכה כאורה ממש כו' ומה שנעשה אתכפייא ואתהפכא חשוכא לנהורא על ידי ישראל כו' לא היה תופס מקום כלל כמו שכתוב אם צדקת מה תתן לו כו' אך הנה לזה צריך שימשיכו לאור אין סוף שישרה בסט' דקדושה דוקא וכמאמר רז"ל שביקש משה שלא תשרה שכינה בעו"ג וכמו שכתוב ונפלינו אני ועמך כו' מפני שמצד רוממות עצמותו כחשיכה כאור' וכמאמר רז"ל ע"פ ארך אפים ארך אף מבעי ליה אלא ארך אפים לצדיקים ארך אפים לרשעים.
וכמ"ש מזה בסידור ע"פ והגדת לבנך כו' בעבור זה כו' בענין בקשת משה ונפלינו אני ועמך וענין בחי' המשכה זאת מהאור א"ס שישכון דוקא בישראל היינו מארז"ל נתאוה הקב"ה שיהי' לו דירה בתחתונים וע"כ ישראל עלו במחשבה תחלה וכמאמר במדרש שבעה דברים קדמו לעולם ומחשבתן של ישראל קדמה לכל דבר כו' וגם שאף מה שישראל יעשה לו דירה ע"י סור מרע וע"ט אין זה תופס מקום כלל משום דקמיה כחשיכה כאורה ומה שמהפכים חשוכא לנהורא אין זה תופס מקום כלל כי אם הי' רצון המאציל להפוך חושך הקליפות לאור הרי הי' ממשיך בחושך מעט אור וכמו נר א' שדוחה הרבה חושך כו' אך כך עלה ברצונו שישראל יהפכו חושך לאור ומזה יקבל עונג והוא ענין דירתו בתחתונים כידוע ומזה יובן הטעם איך שרצה המן להמשיך גם לסט"א מבחי' רצה"ע מאחר דקמיה כחשיכה כאורה כו' היינו דוקא ע"י בחי' הגורל להיות תולה בבחי' רצון שלמעלה מן הדעת כנ"ל. וזהו ע"כ קראו לימים האלה פורים ע"ש הפור הוא הגורל כו' כי הנה זהו עיקר הנס שנתבטל בחי' הגורל שהפיל המן ולא נמשך מבחי' רצה"ע שלמעלה מן הדעת לקליפת עמלק אלא אדרבה נמשך לישראל דוקא ע"י המס"נ שהי' להם בבחי' ביטול שמס"נ באחד וזהו עיקר ענין שמחת הימיםהאלה מה שנתבטל הפור של המן ונשאר גילוי רצה"ע לצדיקים בלבד ולכך נקראו הימים האלה פורים ע"ש הגורל הוא הפור שעשה המן ולא שם אחר ולכן השמחה הוא ביתר שאת מבכל היו"ט כמאמר לבסומי בפוריא עד דלא ידעי בין כו' כי על כל היו"ט כתיב רננו צדיקים בהוי' כו'.
משא"כ בפורים שנמשך מלמעלה משם הוי' דהיינו מבחי' עצמותו ית' שאע"פ ששם כחשיכה כאורה מ"מ משם נמשך להיות ארור המן וברוך מרדכי כו'. ופי' לבסומי היינו ביינה של תורה כו' ומה שאמר ע"כ קראו כי הנה בסמוך אמר על כל דברי האגרת הזאת כו' ובוודאי יש הפרש בין על כן ובין על כל כו' דכ"ן מספרו ע' כדפרש"י )(בתילים סי' צ"א יב) ע"פ למנות ימינו כן הודע.
וכ"ל מספרו חמשים והיינו כידוע דלפעמים הז' מדות כלולים מיו"ד ולפעמים הם כלולים מז' וענין ימי שנותינו בהם שבעים שנה זהו נגד ז' מדות שהם כלולים מיו"ד כמ"ש בזח"א פרשה ויחי דרי"ז ע"ב ואפ"ל כי זה שיהיו כלולים מיו"ד נמשך מצד המשכות אור החכמה בהם שהחכמה הוא בחי' יו"ד כו'.
Et c'est là "et Mes délices avec les fils de l'homme" (Proverbes 8, 31). Et cette attraction, depuis l'aspect de "la lumière de Ta face", pour être attirée dans la Torah qui est devant nous, se comprendra à la manière de "et il proféra trois mille paraboles" (I Rois 5, 12).
Et c'est le sujet de "les voies du monde sont à Lui" (Habacuc 3, 6). Et c'est l'explication de "qui nous a sanctifiés par Ses commandements" : c'est pourquoi il faut le dire dans la joie et dans la bonté du cœur, "de l'abondance de tout" (Deutéronome 28, 47) ; et c'est l'Éden dont il est dit "l'œil n'a pas vu" (Isaïe 64, 3), "Mieux vaut une heure de techouva et de bonnes actions en ce monde que toute la vie du monde à venir" (Avot 4, 17), etc.
2. Mais voici : dans l'aspect de l'illumination du visage qui est dans la sagesse de la Torah, attirée d'en haut, comme expliqué plus haut dans l'explication de "la sagesse de l'homme éclaire son visage" (Ecclésiaste 8, 1), et comme il est écrit "que ה' fasse luire Sa face vers toi" (Nombres 6, 25), etc., il est impossible que tous puissent recevoir cela, sinon celui qui a d'abord peiné de son âme dans le service du cœur, qui est la prière, laquelle est appelée aspect d'arrière par rapport à cet aspect de l'illumination du visage, et comme il est écrit "écrite face et arrière" (Ézéchiel 2, 10), etc.
Car en effet, si son cœur ne s'éveille pas, il ne désirera pas se délecter en ה' et s'attacher à Lui dans le service du cœur, par "ה' est Un" (Deutéronome 6, 4), et dans Sa sagesse et Sa volonté, etc., par le moyen de la prière : comment pourra-t-il recevoir l'aspect de l'illumination du visage provenant des délices supérieurs, et se délecter dans la délectation supérieure, aspect de l'illumination du visage, comme expliqué plus haut ? À la manière de l'exemple de celui qui ne désire pas se délecter d'une chose quelconque : il ne recevra aucune délectation de cette chose, etc., et cela suffit à qui comprend.
Et ce que la prière est appelée aspect d'arrière, c'est parce que l'essentiel de la prière est l'aspect du bitoul (effacement de soi) dans l'existence, à cause de la grandeur de ה' sur laquelle il médite, etc., jusqu'à ce qu'il ne ressente plus son essence dans l'aspect de yech (l'être, le moi) et de chose du tout, mais qu'il ne ressente que son émotion dans l'aspect de "pour lui-même", à savoir celui qui sert ; et comme il est dit "afin que Mon Nom soit honoré, ה'" (Isaïe 66, 5), et similaire : c'est l'aspect de l'erev rav (le ramassis), etc., et comme expliqué ailleurs. Mais l'essentiel de la prière est l'inverse : qu'il en vienne à l'aspect de l'effacement de son essence entièrement, sans aucun aspect de "pour lui-même".
Et de cet exemple furent tout Israël au temps d'A'hachvéroch : ils étaient tous dans l'aspect de l'effacement de leur essence entièrement, après qu'ils eurent été condamnés à être tués, etc. Et il y avait en eux l'aspect du messirout nefech (don de soi) en vérité véritable.
Et c'est ce qui est dit "ils confirmèrent et acceptèrent" (Esther 9, 27), dépourvu du vav, au singulier, comme "et Israël campa" (Exode 19, 2), au singulier, parce qu'ils furent tous inclus comme un seul dans le messirout nefech et le bitoul ultime, pour s'inclure dans l'Un. C'est pourquoi ils confirmèrent en bas ce qu'ils avaient déjà reçu au temps du don de la Torah, comme on l'expliquera.
Et c'est l'explication de "qui nous a sanctifiés par Ses commandements" : l'explication est qu'afin d'en venir à la réception de la volonté et de la délectation supérieure revêtue dans Ses commandements, il faut d'abord être dans l'aspect du saint supérieur, qui a le sens de séparé, lequel est l'aspect du bitoul susdit, qui se fait dans la prière précisément. Et pour cette raison la prière est appelée aspect d'arrière, comme il est écrit "à ta marche derrière Moi" (Jérémie 2, 2), c'est-à-dire dans l'aspect du bitoul, pour être secondaire par rapport à l'essentiel, etc.
Et aussi parce que l'essentiel du sujet de la prière est l'éveil de la volonté vers Lui, béni soit-Il ; et c'est le sujet de "et tu aimeras" (Deutéronome 6, 5), qui a le sens de avah, lequel est l'aspect de volonté ; et la volonté est l'aspect d'arrière par rapport aux délices et à la délectation, qui est l'aspect de "la sagesse de l'homme éclaire son visage". Et l'essentiel du sujet, la raison véritable pour laquelle la prière est appelée aspect d'arrière : le sujet se comprendra en préfaçant la racine du sujet des dix-huit bénédictions de la prière.
Or voici, il est expliqué dans le Zohar, et c'est aussi indiqué dans les paroles de nos Sages, que les dix-huit bénédictions de la Chemoné Esré sont en regard des dix-huit vertèbres de l'épine dorsale. Et les dix-huit vertèbres de l'épine dorsale, on le sait, sont toutes saisies et liées dans le fil de l'épine dorsale qui les unit.
Et ce fil, son commencement est attiré des deux fèves qui sont dans la tête, en face de l'arrière de la nuque, comme l'ont écrit nos Sages dans le traité 'Houlin. Et ce fil qui est attiré de ces deux fèves est la force qui unit les dix-huit vertèbres aux mohin qui sont dans la tête, du fait qu'il attire mohin et vitalité de la tête vers elles, et les unit toutes ensemble à la tête, et comme il est écrit dans les livres de médecine.
Or l'on sait qu'il y a trois cavités dans la tête, et ce sont les trois mohin : le moa'h de la 'hokhma, le moa'h de la bina, le moa'h du daat ; et ils sont appelés les trois cavités du crâne dans l'Idra Rabba. Et le moa'h du daat se tient en face de la nuque, en regard du moa'h de 'hokhma et de bina, comme un ségol.
Et les deux fèves susdites sont attirées du moa'h du daat qui se tient proche de la nuque, et d'elles est attiré le fil de l'épine dorsale, comme ci-dessus. Il se trouve que par le moa'h du daat est attirée la force d'union susdite des dix-huit vertèbres, etc.
Et c'est ce qui est dit dans le Zohar et dans le Pardès, chaar 31, que l'aspect du daat est attiré vers l'aspect de tiféret, qui est appelé le corps : les deux bras, 'hessed le bras droit, et guevoura, etc. Et leur ensemble, ce sont les dix-huit vertèbres, si ce n'est qu'elles se divisent en aspect de lignes : 'hessed le bras droit, etc.
Et le sujet, dans le service de ה', c'est l'aspect de l'attraction de la révélation de la divinité du côté du daat, qui est la méditation sur la grandeur de ה', pour s'émouvoir de cela en amour et crainte, qui sont appelés les deux bras, etc. Par cela on éveille d'en haut une itarouta dile'ela (éveil d'en haut) également, pour attirer la révélation de l'Or Ein Sof dans Atsilout, dans 'hessed et guevoura et les dix-huit vertèbres, depuis les mohin qui sont dans la tête, etc., par l'intermédiaire de l'aspect du daat supérieur.
Et c'est la racine du sujet de la prière, lorsqu'on dit "Béni sois-Tu, ה'", etc., dans toutes les dix-huit bénédictions de la Chemoné Esré, qui sont l'aspect de dix-huit attractions d'en haut vers en bas dans les dix-huit vertèbres, etc. Et c'est la raison pour laquelle la prière est appelée aspect d'arrière : car voici, l'aspect de cette attraction dans les dix-huit vertèbres, depuis l'Or Ein Sof qui repose dans le moa'h du daat, n'est qu'un aspect d'a'horayim (l'arrière) par rapport à l'aspect des deux mohin de 'hokhma et de bina, qui se tiennent face au visage, car le moa'h du daat est le troisième moa'h, qui se tient face à la nuque, comme ci-dessus.
Et sur les deux mohin de 'hokhma et de bina ils ont dit que l'Or Ein Sof est appelé "C'est Toi qui es sage, mais non d'une sagesse connue ; c'est Toi qui comprends, mais non d'une intelligence connue" (Pata'h Eliyahou), etc. Mais du troisième moa'h, qui est le moa'h du daat, de là est attirée une révélation d'illumination et une attraction vers les dix-huit vertèbres, par l'aspect du fil qui les unit, comme ci-dessus.
Ce qui n'est pas le cas de l'aspect de la 'hokhma qui est dans la Torah : elle est appelée aspect des visages supérieurs, en haut, et comme il est écrit plus haut l'explication de "la sagesse de l'homme éclaire son visage", etc., parce que sa racine est dans l'aspect des deux mohin, "C'est Toi qui es sage, mais non d'une sagesse connue" (Pata'h Eliyahou). Cependant il est impossible d'en venir à recevoir l'aspect de l'illumination du visage qui est dans la Torah sans que précède d'abord l'aspect de la prière, pour attirer de l'aspect du moa'h du daat dans les dix-huit vertèbres, etc., qui est appelé aspect d'arrière, et comme il est écrit "après ה' vous marcherez" (Deutéronome 13, 5), "à ta marche derrière Moi" (Jérémie 2, 2), etc.
À la manière de "ceci est la porte vers ה'" (Psaumes 118, 20). Et celui qui dit : je n'ai que la Torah, même la Torah il ne l'a pas (Yevamot 109b).
Et à la manière de l'enseignement de nos Sages : "tout homme qui a en lui de la Torah et n'a pas en lui la crainte du Ciel ressemble à un trésorier à qui l'on a remis les clefs intérieures et à qui l'on n'a pas remis les clefs extérieures : par où entrera-t-il ?" (Chabbat 31b). Et le sujet est que voici, l'essentiel de la méditation dans la prière, c'est ce que l'on dit dans les deux bénédictions qui la précèdent, comme dans le Yotser, où l'on dit "qui forme les serviteurs" et "et que Ses serviteurs", etc. : qu'il y a une multitude et des myriades de mondes et d'anges sans mesure.
Et c'est à cause de l'aspect de la multitude des tsimtsoumim (retraits), appelés guevurot supérieures ; c'est pourquoi vient à l'être une multitude de créatures. Et comme nous disons "Tu es puissant à jamais, Adonaï" : l'explication du nom Adonaï, c'est qu'Il, béni soit-Il, est appelé maître sur tout, pour vivifier les créatures de l'ayin (le néant) au yech, en une grande multitude.
Or, pour qu'Il soit appelé aspect de maître, qui est le nom Adonaï, c'est par le fait qu'Il est d'abord aspect de puissant, c'est-à-dire par l'aspect des guevurot et des tsimtsoumim, pour diviser la lumière et l'influx en de très nombreuses parties, et comme il est écrit "Toi, Tu as brisé par Ta force" (Psaumes 74, 13), etc. Et c'est l'explication de "Tu es puissant à jamais, Adonaï", et alors "qui sustente les vivants", un keli dans un keli.
Or, par cette méditation, on en viendra et on parviendra à l'aspect de l'émotion en amour dans le Chema, lorsqu'on dit "et tu aimeras de tout ton cœur" (Deutéronome 6, 5), etc., qui a le sens de volonté et d'aspiration, c'est-à-dire l'aspiration du cœur en aspect de ratso, pour être inclus dans l'unité de ה', etc. Cependant, voici, il est dit dans le Sefer Yetsira : "si ton cœur court, reviens vers l'Un" (Sefer Yetsira 1, 8).
L'explication : l'aspect de volonté susdit, dans l'aspiration du cœur vers le haut, il faut l'aspect de chov, c'est-à-dire l'aspect de crainte et de grande peur, qui est l'aspect du bitoul dans l'existence même. Car l'amour est encore un aspect de yech et de quelque chose, car il y a quelqu'un qui aime, en tout cas ; mais l'aspect de crainte et de peur n'est pas dans son essence du tout, car il s'est effacé de son existence, etc.
Et de cet aspect de chov, dans la crainte, il reviendra pour en venir à l'aspect de ratso dans l'amour, comme il est écrit "et les 'hayot couraient et revenaient" (Ézéchiel 1, 14), ce qui implique que toujours cela revient en cycle : après le ratso, le chov, et après le chov, le ratso, etc. Et c'est l'aspect de l'amour et de la crainte des anges et des 'hayot hakodech, dont il est dit "et avec deux il volait" (Isaïe 6, 2).
L'explication de "il volait" : à la manière de l'exemple de l'oiseau qui vole vers le haut, auquel il est impossible de voler si ce n'est en élevant ses ailes vers le haut, et aussitôt il revient et les abaisse vers le bas ; et au moyen de cette montée et de cette descente, toujours, au moment de son essor, il vole à une grande vitesse. Et comme celui qui nage dans l'eau, qui doit toujours élever et abaisser sa main et son pied, etc.
Et si l'élévation des ailes était sans aucune descente, l'oiseau n'aurait pas la capacité de voler ; ce n'est qu'au moyen de la jonction des deux, l'un après l'autre, sans retard, et ainsi de retour en cycle, que vient de cela la cause de l'essor. Et ainsi on comprendra véritablement "et avec deux il volait", qui est dit des anges : c'est l'aspect de l'amour et de la crainte, l'aspect de ratso vachov, qui sont appelés ailes, comme on le sait, qu'il faut ratso vachov précisément ensemble, l'un après l'autre, comme ci-dessus.
Et par cela précisément les anges volent, dans l'attachement, et une élévation après une élévation, etc. Et d'en haut vers en bas, c'est ce qui est appelé l'aspect de mati velo mati, qui est l'inverse de l'ordre de ratso vachov qui va d'en bas vers en haut : car ratso vachov, c'est ratso d'abord et ensuite chov, et c'est l'aspect de l'histalkout (retrait) qui précède l'aspect de l'expansion et de l'attraction de l'aspect de chov.
Cependant, d'en haut vers en bas, c'est l'inverse : l'aspect de mati, l'expansion, précède le fait d'en venir à l'aspect de lo mati, en aspect d'histalkout. Et la raison est expliquée ailleurs, et cela suffit à qui comprend.
Et après l'aspect de ratso vachov, appelé ailes comme ci-dessus, l'homme pourra attirer dans la prière l'Or Ein Sof, béni soit-Il, pour qu'il illumine dans les dix-huit bénédictions de la prière, lorsqu'on dit "Béni sois-Tu, ה'", comme ci-dessus. Et comme il est expliqué dans l'exemple ci-dessus, que sans montée et descente il ne peut voler, ainsi chez les anges il est écrit "et avec deux il volait", et alors ils diront "Saint, ה' Tsevaot" (Isaïe 6, 3), pour que cela soit attiré dans les Tsevaot, dont l'ensemble est l'aspect des dix-huit vertèbres, appelées dix-huit kelim pour la révélation de l'Ein Sof, béni soit-Il.
Comme "qui guérit les malades d'Israël", la lumière est attirée dans la guérison ; et dans "Tu fais grâce à l'homme de la connaissance", la lumière est attirée dans le daat, c'est-à-dire pour attirer à l'homme une connaissance en divinité : même à celui dont la connaissance n'est pas forte dans la méditation, Il attirera et lui fera grâce d'une connaissance pour saisir de Sa grandeur, béni soit-Il. Et parce que la bénédiction ne repose pas dans un lieu vide, comme il est écrit dans le Zohar, c'est pourquoi ils ont fixé ces dix-huit bénédictions, pour qu'elles soient un aspect de kelim afin de recevoir l'aspect de la révélation de la lumière, etc.
Et comme il est écrit ailleurs sur le verset "Il n'a pas aperçu d'iniquité en Yaakov" (Nombres 23, 21), etc. Et c'est ce qui est écrit plus haut, que le rouleau est "écrit face et arrière" (Ézéchiel 2, 10).
L'explication : l'aspect de face, c'est l'aspect de la 'hokhma qui est dans la Torah, dans laquelle est revêtu l'aspect de l'illumination des visages supérieurs, et de là est attiré l'aspect de l'illumination du visage aussi vers Israël, comme il est écrit "que ה' fasse luire Sa face vers toi", et comme ci-dessus. Et l'arrière, c'est l'aspect de la prière, pour attirer la révélation de la lumière de l'Ein Sof en aspect d'a'horayim, dans les dix-huit vertèbres qui sont attirées du moa'h du daat, comme ci-dessus, par l'intermédiaire du fil qui les unit, etc.
Cependant il est impossible d'en venir à l'aspect de l'illumination du visage de la Torah si ce n'est que précède d'abord l'aspect d'arrière, qui est l'aspect de la prière, c'est-à-dire l'aspect de la révélation de l'attraction par l'aspect de ratso vachov précisément, comme ci-dessus, et cela suffit à qui comprend. Et le contenu des paroles est que même par l'action on peut parvenir à l'aspect de "que ה' fasse luire Sa face vers toi" ; mais il est impossible d'en venir à l'aspect de face si ce n'est en donnant de la peine à son âme dans la prière d'abord, qui est appelée arrière, à la manière de "après ה' votre D.ieu vous marcherez" (Deutéronome 13, 5), et à la manière de "à ta marche derrière Moi".
Et encore, car les dix-huit bénédictions de la prière sont en regard des dix-huit vertèbres de l'épine dorsale, qui sont à l'arrière, et elles sont attirées du moa'h du daat, qui est l'arrière par rapport aux mohin de 'hokhma et de bina ; et les dix-huit vertèbres et le fil de l'épine dorsale sont attirés de lui dans le corps, entre les épaules, c'est-à-dire que du daat sont attirés 'hessed et guevoura. Ce qui n'est pas le cas de la Torah, qui sort de 'hokhma et de bina : elle est appelée face.
Et de même qu'il est impossible d'entrer par les clefs intérieures si ce n'est au moyen des clefs extérieures d'abord : et c'est le sujet de la prière, la méditation depuis l'aspect de "ils loueront le nom" (Psaumes 148, 13), etc., "Tu es puissant à jamais, Adonaï", etc. ; et par cela on en viendra à l'amour et à la crainte, et comme chez les anges "et avec deux il volait". Et par cela "et l'un criait à l'autre et disait : Saint" (Isaïe 6, 3), etc.
Ainsi, par ce ratso et ce chov, on attirera la lumière dans les dix-huit bénédictions de la prière. Et c'est le sujet de "écrite face et arrière" : qu'il est impossible d'attirer l'aspect de l'illumination du visage si ce n'est par le ratso vachov dans la prière, attiré du daat qui est en aspect d'arrière, qui se divise en 'hessed et guevoura, lesquels sont l'amour et la crainte.
Et c'est "que ה' fasse luire Sa face vers nous" (Psaumes 67, 2), c'est-à-dire que l'attraction de l'illumination du visage est attirée par l'itarouta diletata (éveil d'en bas), du fait que l'on aspire à cela dans la prière. Et c'est "vers nous".
Et comme il est écrit ailleurs. 3.
Or, il est écrit : "car c'est un peuple à la nuque raide, et Tu pardonneras" (Exode 34, 9), etc. Il y a lieu de comprendre, à première vue, quel rapport il y a entre l'aspect de la nuque raide et le sujet du pardon, pour qu'Il ait suspendu l'un à l'autre : parce qu'il est à la nuque raide, c'est pourquoi "et Tu pardonneras", etc.
Mais le sujet se comprendra en faisant précéder d'abord ce qu'est la nuque raide. En effet, la nuque se tient en face du front, là où se trouve l'illumination de la volonté, comme on le sait.
Or, dans la nuque se trouve la force de la volonté sous l'aspect de ce qui lui fait face, c'est-à-dire qu'elle ne souffre pas une chose opposée à sa volonté ; et c'est l'aspect de l'obstination, en sorte qu'on ne puisse la faire dévier d'une volonté vers une volonté opposée d'aucune manière. Et c'est ce qu'on appelle nuque raide, qui est également dans l'aspect de la volonté qui est au-dessus du daat.
Et dans le service de ה', c'est l'aspect de la volonté de ne pas se rebeller contre Lui, béni soit-Il, au-dessus du daat. Et comme il est écrit dans le Midrach, paracha Ki Tissa, au sujet de "car c'est un peuple à la nuque raide" : "tu penses que c'est pour le blâme, et ce n'est que pour l'éloge".
C'est-à-dire que même celui dont le daat n'est pas fort pour méditer sur la grandeur de ה' et pour s'émouvoir du fait de la méditation, néanmoins, du côté de la volonté qui est au-dessus du daat, tout homme d'Israël peut en venir à ce que son cœur crie vers ה', parce qu'il se voit dans l'aspect d'une dissimulation du visage de la part du D.ieu vivant, et qu'il ne veut pas être séparé de Son unité, ce qui est l'aspect opposé à Elokim. Et quiconque connaît en lui-même davantage son manque et son défaut, par lequel il a porté atteinte à la volonté de ה', son cœur criera davantage vers ה' dans la détresse que cela lui cause, d'être opposé à ה', etc.
Et comme il est écrit : "ils crièrent vers ה' dans leur détresse" (Psaumes 107, 6), et de même "leur cœur cria", etc. Car le sujet de ce cri vient du côté de la dissimulation et de l'éloignement, puisque l'homme ne commet une faute que si la lumière divine s'est dissimulée à lui, dans l'aspect du tsimtsoum et de la dissimulation du visage, parce qu'il estime que ה' est loin de lui et ne voit pas ses actes.
Et selon la parole de nos Sages, de mémoire bénie : "que ce soit Ta volonté que la crainte du Ciel soit sur vous comme la crainte de la chair et du sang. Sachez que lorsqu'un homme commet une faute, il dit : pourvu qu'aucun homme ne me voie, et il n'a pas honte devant ה'" (Berakhot 28b), car à cette heure l'illumination d'Elokim est sur lui dans la dissimulation du visage, etc.
Ce qui n'est pas le cas pour l'avenir, où "œil contre œil ils verront" (Isaïe 52, 8), etc., "et ils entreront dans les cavernes des rochers devant la crainte de ה'" (Isaïe 2, 19), etc. Alors l'homme aura honte de fauter envers ה' à cause de Sa crainte, plus que de la crainte d'un homme maintenant, etc.
Il s'ensuit qu'on comprend du moins que le cri, même pour ne pas être opposé à la volonté suprême, est le sujet de la volonté qui est au-dessus du daat, etc. Et c'est ce qu'Il a dit : "car c'est un peuple à la nuque raide", pour ne pas être opposé à la volonté suprême, comme ci-dessus ; c'est pourquoi "et Tu pardonneras".
Car le sujet du pardon est le retour de la volonté, même envers celui qui L'a irrité et dont Il avait déjà retiré Sa volonté : Il lui accordera la rémission et le pardon, et Il révélera Sa volonté en lui, de sorte que, malgré tout, Il le veuille comme auparavant. Si donc le pardon n'est rien d'autre que le renforcement de la volonté d'en haut, même envers celui qui a porté atteinte et transgressé la volonté suprême, cela vient du côté de l'itarouta diletata, dans l'aspect de la nuque raide, pour se renforcer et être dans l'aspect de l'attachement de la volonté à ה', face à tout empêchement étranger qui le prive du dévoilement de la divinité, comme ci-dessus.
Et de même il y aura une itarouta dile'ela, etc., et cela suffit à qui comprend. Or, l'aspect de la kelipa d'Amalek est l'aspect opposé au renforcement de la volonté envers ה', pour tenir tête à tout empêchement, comme ci-dessus ; au contraire, c'est l'aspect du renforcement de la volonté contre la volonté suprême, pour faire son inverse, comme l'aspect de la force de l'attachement de la volonté aux sujets de ce monde, qui dissimulent la lumière divine.
Et même si son cœur s'éveille parfois à la techouva, il se renforcera, du côté de l'aspect de la raideur de la nuque, pour se tenir contre cet éveil et l'annuler, etc. Et c'est l'aspect d'Amalek.
Et comme il est écrit : "Ceci en face de cela, Elokim l'a fait" (Ecclésiaste 7, 14), etc. Et l'expression Amalek est comme "et il détachera sa tête en face de sa nuque" (Lévitique 5, 8), etc., qui est l'aspect de la raideur de la nuque de la kelipa, etc., laquelle se tient en face de la nuque, dans l'aspect des a'horayim de la sainteté.
Et de la même manière : "et ta nuque est un nerf de fer" (Isaïe 48, 4). Et c'est le sujet d'Orpa.
Et c'est la racine de Haman l'Agaguite, issue de la racine de la kelipa d'Amalek, qui se tient en face de la nuque, etc. C'est pourquoi Haman jeta le sort.
Car voici : le sujet de l'aspect du sort est un aspect qui est au-dessus du daat, puisque par le daat on choisit selon une raison et une intelligence, et il y a un choix pour trier, etc. Ce qui n'est pas le cas lorsque tombe un sort, etc. : c'est qu'on annule le choix qui est selon le daat, et l'on ne suspend la chose qu'à la manière dont tombera le sort, même si c'est à l'encontre du daat et du choix, etc.
Il faut donc nécessairement dire qu'on suspend la chose à un aspect qui est au-dessus du daat, et c'est l'aspect de la volonté qui est au-dessus du daat. Et comme dans la sainteté : "et Aharon donna sur les deux boucs des sorts, un sort pour ה' et un sort" (Lévitique 16, 8), etc., "et selon que tombera le sort, ainsi il sera", ce qui est également le sujet et l'aspect de la volonté qui est au-dessus du daat.
C'est-à-dire : "et il placera les deux boucs devant ה'" (Lévitique 16, 7), "devant ה'" précisément, car là les fautes ne font pas séparation, et les fautes délibérées deviennent comme des mérites. Et ainsi Haman voulut, dans la grossièreté de l'esprit et dans la nuque raide, s'élever lui-même comme l'aigle, et il jeta le pour, c'est-à-dire le sort : c'est-à-dire tel qu'il est dans sa racine en haut, en face de la nuque, dont la racine est dans l'aspect de la volonté qui est au-dessus du daat, etc.
Et de là il voulut attirer la volonté suprême pour qu'elle réside aussi dans l'inverse, opposé à la sainteté divine. Et le sujet est que, en vérité, l'aspect de l'essence de l'Or Ein Sof est séparé en valeur de tout aspect de l'enchaînement, sovev kol almin (qui entoure tous les mondes) et memalé kol almin (qui remplit tous les mondes), etc., "et tout est devant Lui comme rien", "les ténèbres comme la lumière" (Psaumes 139, 12), etc., "et même les ténèbres ne T'obscurcissent pas" (Psaumes 139, 12), etc., à cause de l'absence de prise de place vis-à-vis de l'aspect de l'essence de l'Or Ein Sof, qui égale et assimile lumière et ténèbres, etc.
Et à la manière de "le lézard saisit avec les mains" (Proverbes 30, 28), etc. C'est pourquoi il est dit : "et tes fautes sont nombreuses, que Lui feras-tu ?
Si tu es juste, que Lui donneras-tu ?" (Job 35, 6-7), car tous les mondes ne prennent aucune place, etc. Si donc, selon cela, l'Or Ein Sof éclairerait tout dans une égalité unique, les ténèbres comme la lumière, etc., et la lumière divine serait attirée aussi vers le sitra a'hra (l'autre côté) opposé, comme vers le côté de la sainteté, puisque même les ténèbres ne L'obscurcissent pas, et les ténèbres sont comme la lumière véritablement, etc.
Et ce qui s'accomplit comme itkafia et ithapkha (le sitra a'hra soumis et transformé), les ténèbres en lumière, par Israël, etc., ne prendrait aucune place, comme il est écrit : "si tu es juste, que Lui donneras-tu ?", etc. Mais voici : pour cela, il faut qu'ils attirent l'Or Ein Sof pour qu'il réside dans le côté de la sainteté précisément.
Et selon la parole de nos Sages, de mémoire bénie, Moché demanda que la Chekhina ne réside pas chez les idolâtres, et comme il est écrit : "et nous serons distingués, moi et Ton peuple" (Exode 33, 16), etc., parce que, du côté de l'élévation de Son essence, les ténèbres sont comme la lumière. Et selon la parole de nos Sages, de mémoire bénie, sur le verset "longanime" (Exode 34, 6) : "long de colère" aurait dû être dit ; mais "longanime envers les justes, longanime envers les méchants".
Et comme il est écrit de cela dans le Siddour, sur le verset "et tu raconteras à ton fils" (Exode 13, 8), etc., "à cause de ceci", etc., au sujet de la demande de Moché : "et nous serons distingués, moi et Ton peuple". Et le sujet de cet aspect d'attraction depuis l'Or Ein Sof, pour qu'il réside précisément en Israël, c'est la parole de nos Sages, de mémoire bénie : "le Saint, béni soit-Il, a désiré avoir une dira bata'htonim (une demeure ici-bas)" ; c'est pourquoi "Israël est monté dans la pensée en premier".
Et selon la parole du Midrach : "sept choses ont précédé le monde, et la pensée d'Israël a précédé toute chose" (Beréchit Rabba 1), etc. Et même ce qu'Israël Lui fera comme demeure par "éloigne-toi du mal" et "fais le bien" (Psaumes 34, 15), cela ne prend aucune place, parce que devant Lui les ténèbres sont comme la lumière ; et ce qu'ils transforment les ténèbres en lumière ne prend aucune place.
Car si la volonté de l'Émanateur avait été de transformer les ténèbres des kelipot en lumière, Il aurait attiré dans les ténèbres un peu de lumière, comme une seule lampe qui repousse beaucoup de ténèbres, etc. Mais ainsi il est monté dans Sa volonté qu'Israël transforme les ténèbres en lumière, et de cela Il recevra une délectation ; et c'est le sujet de Sa demeure ici-bas, comme on le sait.
Et de là on comprendra la raison pour laquelle Haman voulut attirer aussi vers le sitra a'hra depuis l'aspect de la volonté suprême, puisque devant Lui les ténèbres sont comme la lumière, etc. : c'est précisément par l'aspect du sort, pour suspendre à l'aspect de la volonté qui est au-dessus du daat, comme ci-dessus. Et c'est : "c'est pourquoi on a appelé ces jours Pourim, du nom du pour, c'est-à-dire le sort" (Esther 9, 26), etc.
Car voici : c'est là l'essentiel du miracle, que fut annulé l'aspect du sort que jeta Haman, et qu'il ne fut pas attiré, depuis l'aspect de la volonté suprême qui est au-dessus du daat, vers la kelipa d'Amalek ; au contraire, il fut attiré vers Israël précisément, par le messirout nefech qu'ils avaient, dans l'aspect du bitoul, car le messirout nefech est dans l'Un. Et c'est là l'essentiel du sujet de la joie de ces jours : que fut annulé le pour de Haman, et que demeura le dévoilement de la volonté suprême pour les justes seulement.
C'est pourquoi ces jours furent appelés Pourim, du nom du sort, c'est-à-dire le pour que fit Haman, et non d'un autre nom. Et c'est pourquoi la joie y est d'une force accrue, plus que dans tout jour de fête, selon la parole : "on doit s'enivrer à Pourim jusqu'à ne plus savoir distinguer entre" (Meguila 7b), etc.
Car sur tout jour de fête il est écrit : "Réjouissez-vous, justes, en ה'" (Psaumes 33, 1), etc. Ce qui n'est pas le cas à Pourim, où c'est attiré d'en haut depuis le nom Havaya, c'est-à-dire depuis l'aspect de Son essence, béni soit-Il : bien que là les ténèbres soient comme la lumière, néanmoins de là est attiré qu'il en soit "maudit soit Haman et béni soit Mordekhaï", etc.
Et l'explication de "s'enivrer", c'est dans le vin de la Torah, etc. Et ce qu'il dit "c'est pourquoi on a appelé" : car voici, tout près il a dit "sur toutes les paroles de cette lettre" (Esther 9, 26), etc., et assurément il y a une différence entre "c'est pourquoi" et "sur toutes", etc.
Car ken a pour nombre 70, comme l'explique Rachi (Psaumes 90, 12) sur le verset "pour compter nos jours, fais-nous connaître". Et kol a pour nombre cinquante.
C'est-à-dire, comme on le sait, que parfois les sept middot sont incluses de dix, et parfois elles sont incluses de sept. Et le sujet de "les jours de nos années sont en eux soixante-dix ans" (Psaumes 90, 10), c'est en regard des sept middot qui sont incluses de dix, comme il est écrit dans le Zohar I, paracha Vaye'hi, folio 217b.
Et l'on peut dire que ceci, qu'elles soient incluses de dix, est attiré du côté des attractions de la lumière de la 'hokhma en elles, car la 'hokhma est l'aspect du youd, etc.
וזהו שאמר ראב"ע הריני כבן שבעים שנה כו'. דהנה המגלה נקראת אגרת ולא נקראת ספר רק לפעמים אמר נכתב בספר והענין הוא כי הנה ארז"ל קיימו וקבלו קיימו מה שכבר קיבלו במ"ת וקבל היהודים את אשר החלו לעשות במ"ת דהנה במ"ת אמרו נעשה ונשמע ג"כ בבחי' הרצון שלמעלה מן הבחירה שע"פ הטעם ודעת שהרי עדיין לא שמעו ואמרו נעשה ואח"כ נשמע כידוע בביאור המאמר מי גילה רז זה לבני אך זה לא היה אצלם מצד מס"נ אלא מצד שורש נשמתם כי חלק הוי' עמו ואמנם בזמן אחשורוש קבלו זה במס"נ ולכך קיימו אז מה שקיבלו כבר במ"ת אבל מ"מ יש הפרש שבזמן מ"ת מפני שהי' גילוי אלקות ג"כ מבחי' רצון עצמי של המאציל כו' ע"כ זכו לקבל התורה להיות לקביעות לעולם והיינו שהתורה נקרא ספר עד"מ הספר שכותבין להתקיים בנצחה בלתי ביטול אפי' אות א' וכמ"ש בספר יצירה וברא את עולמו בשלשה ספרים בספר וסופר וסיפור אך המגילה לא נקראת ספר לקיום נצחי אלא נקראת אגרת ועד"מ האגרת שאינה אלא לפי שעה לקרותו בלבד ואחר הקריאה קורעו או משליכו ואין צריך לו כו' כך מגלת אסתר הגם שקיימו בה כמו שהחלו לעשות במ"ת אבל לא היה בחי' קיום זה רק לפי שעה והיינו מפני שלא היה בהם בחי' גילוי אלקות מלמעלה מבחי' רצה"ע רק מצד מס"נ וכשעבר הזמן של מס"נ נסתלק ההארה כו' ולכך נקרא אגרת ולא נקרא ספר כמו ס"ת ובכהאריז"ל אגרת נקרא המל' כו' והוא כאגרת נשלחת מעולם לעולם לעשות רצון המאציל בסוד לכי ומעטי את עצמך עכ"ל.
(וע' בפע"ח שער הפורים פ"ה) וזהו פי' על כל דברי האגרת הזאת. ולפעמים נקראת ספר מפני שיש בה בהעלם כל אותו בחי' גילוי אלקות שהיה בזמן מ"ת מטעם הנ"ל וזהו רמז שקיימו מה שכבר קיבלו כו' ומה שאמר כאן דברי רז"ל שלחה אסתר לחכמים כתבוני לדורות כו' וזהו ג"כ ע"כ קראו לימים האלה פורים על כן על כל דברי האגרת כו'.
על כן קאי בזמן מ"ת שהחלו לעשות ועל כל קאי עכשיו כשקיימו מה שכבר קיבלו כו' ומה שאמר כאן כן וכאן כל מובן לי"ח וכמש"ל דענין כן היינו כאשר השבעה מדות כלולים מיו"ד הם שבעים גימט' כן וזהו ענין מתן תורה דאורייתא מחכמה נפקת וכתיב בה חכמות בנתה ביתה חצבה עמודיה שבעה כמ"ש במד"ר ר"פ שמיני א"כ אז השבעה כלולים מיו"ד שהוא החכמה כו' ועל כל קאי עכשיו דהיינו על כל דברי האגרת הזאת וכמ"ש במ"א ע"פ לסוסתי ברכבי בפי' כי כל בשמים ובארץ. וע"פ עיני כל אליך ישברו וא"כ על כן על כל היינו כשהשבע מדות מאיר בהם חכמה ובינה.
גם אפ"ל להפך דבחי' על כל זהו במ"ת כי במ"ת נאמר כל. היינו כל אשר דבר ה' נעשה.
ובימי הפורים שאז דייקא קיימו את אשר החלו לעשות זהו כן אשר כן הוא ענין קבלת דברים שקיימו מה שכבר אמרו כל אשר דבר ה' נעשה:
Et c'est ce que dit Rabbi Elazar ben Azarya : "Me voici comme un fils de soixante-dix ans" (Berakhot 12b), etc. Car voici, la Meguila est appelée iguéret et n'est pas appelée sefer, seulement parfois il est dit qu'elle est écrite dans le sefer.
Et le sujet est que voici, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : "ils confirmèrent et acceptèrent" (Esther 9, 27) - ils confirmèrent ce qu'ils avaient déjà accepté au don de la Torah - et "les Juifs acceptèrent ce qu'ils avaient commencé à faire" (Esther 9, 23) au don de la Torah. Car voici, au don de la Torah ils dirent "nous ferons et nous entendrons" (Exode 24, 7), également dans l'aspect de la volonté qui est au-dessus du choix selon la raison et la connaissance, puisqu'ils n'avaient pas encore entendu et ils dirent "nous ferons" et ensuite "nous entendrons", comme on le sait dans l'explication du propos "qui a révélé ce secret à mes enfants" (Chabbat 88a).
Mais cela ne fut pas chez eux du fait de la messirout nefech, mais du fait de la racine de leur âme, car "la part de ה' est Son peuple" (Deutéronome 32, 9). Cependant, au temps d'A'hachvéroch ils acceptèrent cela par messirout nefech, et c'est pourquoi ils confirmèrent alors ce qu'ils avaient déjà accepté au don de la Torah.
Mais néanmoins il y a une différence : au temps du don de la Torah, parce qu'il y eut aussi un dévoilement de la divinité depuis l'aspect de la volonté essentielle de l'Émanateur etc., c'est pourquoi ils méritèrent de recevoir la Torah pour qu'elle soit une fixité pour toujours. C'est-à-dire que la Torah est appelée sefer, à l'image du sefer que l'on écrit pour qu'il subsiste éternellement, sans annulation même d'une seule lettre, et comme il est écrit dans le Sefer Yetsira : "et Il créa Son monde par trois sefarim : par le sefer, le sofer et le sipour" (Sefer Yetsira 1, 1).
Mais la Meguila n'est pas appelée sefer pour une subsistance éternelle, mais elle est appelée iguéret, à l'image de l'iguéret qui n'est que pour l'heure, pour la lire seulement, et après la lecture on la déchire ou on la jette et l'on n'en a plus besoin etc. Ainsi la Meguilat Esther, bien qu'ils y aient confirmé comme ils avaient commencé à faire au don de la Torah, cet aspect de subsistance ne fut que pour l'heure.
C'est-à-dire parce qu'il n'y eut pas en eux l'aspect d'un dévoilement de la divinité d'en haut, depuis l'aspect de la volonté essentielle, mais seulement du fait de la messirout nefech ; et lorsque passa le temps de la messirout nefech, l'illumination se retira etc. Et c'est pourquoi elle est appelée iguéret et n'est pas appelée sefer comme le sefer Torah.
Et dans les écrits de l'Ari z"l, iguéret est appelée la malkhout etc., et elle est comme une iguéret envoyée de monde en monde pour accomplir la volonté de l'Émanateur, dans le secret de "va et diminue-toi" ('Houlin 60b), fin de citation. (Et voir dans le Pri Ets 'Haïm, Chaar haPourim, chapitre 5.) Et c'est l'explication de "sur toutes les paroles de cette iguéret" (Esther 9, 26).
Et parfois elle est appelée sefer, parce qu'il y a en elle, en occultation, tout cet aspect de dévoilement de la divinité qui fut au temps du don de la Torah, pour la raison susdite, et c'est l'allusion qu'ils confirmèrent ce qu'ils avaient déjà accepté etc. Et ce qui est dit ici, les paroles de nos Sages, de mémoire bénie : "Esther envoya aux sages : écrivez-moi pour les générations" (Meguila 7a) etc.
Et c'est aussi "c'est pourquoi ils appelèrent ces jours Pourim", "c'est pourquoi, sur toutes les paroles de l'iguéret" etc. "C'est pourquoi" se rapporte au temps du don de la Torah, où ils commencèrent à faire, et "sur toutes" se rapporte à maintenant, lorsqu'ils confirmèrent ce qu'ils avaient déjà accepté etc.
Et ce qu'il dit ici "ken" et ici "kol" se comprend concernant les dix-huit (לי"ח), et comme expliqué plus haut : le sujet de "ken", c'est lorsque les sept middot sont incluses à partir du youd, elles sont soixante-dix, guématria de "ken". Et c'est le sujet du don de la Torah, car "la Torah sort de la 'hokhma" (Zohar), et il est écrit en elle : "La sagesse a bâti sa maison, elle a taillé ses sept colonnes" (Proverbes 9, 1), comme il est écrit dans le Midrach Rabba, au début de la paracha Chemini.
Donc alors les sept sont incluses à partir du youd, qui est la 'hokhma etc. Et "sur toutes" se rapporte à maintenant, c'est-à-dire "sur toutes les paroles de cette iguéret", et comme il est écrit ailleurs sur le verset "À ma jument parmi les chars de Pharaon" (Cantique des Cantiques 1, 9), dans l'explication de "car tout, dans les cieux et sur la terre" (I Chroniques 29, 11).
Et sur le verset "Les yeux de tous espèrent en Toi" (Psaumes 145, 15). Donc "c'est pourquoi, sur toutes", c'est lorsque la 'hokhma et la bina éclairent dans les sept middot.
On peut aussi dire l'inverse : l'aspect de "sur toutes", c'est au don de la Torah, car au don de la Torah il est dit "tout", c'est-à-dire "tout ce que ה' a dit, nous le ferons" (Exode 19, 8). Et aux jours de Pourim, où précisément ils confirmèrent ce qu'ils avaient commencé à faire, c'est "ken" ; car "ken" est le sujet de l'acceptation des paroles, par laquelle ils confirmèrent ce qu'ils avaient déjà dit : "tout ce que ה' a dit, nous le ferons".