« S'il met vers Lui son cœur, Il rassemblera vers lui son esprit et son âme » (Job 34,14). L'Admour Hazaken explique que « mettre » est une action corporelle : même le cœur qui s'attache à D.ieu est corporel face à l'Ein Sof. Le verset pose une condition : l'éveil d'en bas attire l'éveil d'en haut, c'est-à-dire le roua'h (esprit) et la nechama (âme) d'Atsilout. Le service commence par une grossièreté qui refuse de se séparer, et elle éveille en haut une élévation au-dessus des nations. Les Yehoudim de Pourim, dont le nom exprime l'effacement de soi, sont dans la hodaa (reconnaissance), au-dessus de la bénédiction.
Aussi : cent bénédictions chaque jour attirent du caché vers le révélé ; la lecture « vekibbelou » est au pluriel et l'écriture « vekibel » au singulier, car dans le caché ils ne sont qu'un seul homme.
אם ישים אליו לבו רוחו ונשמתו אליו יאסוף הנה פי' ישים לשון שימה הוא ענין עשייה גשמיות ואע"פ שישים אליו לבו דהיינו אליו ולא למדותיו כידוע מ"מ בחי' רעותא דלבא זה שהוא מבחי' ההגשמה שבאדם נק' עשייה גשמיות לגבי אא"ס ב"ה וזהו אם ישים אליו לבו בבחי' שימה גשמיות בלבד ואף בצדיקים גמורים ומכ"ש בבינונים שהולכים כל היום בשרירות לבם בענינים גשמיים אף דהיתר ובעת התפלה אע"פ שיתעורר לבבו בתכלית נקודת הלב אין זה נחשב רק עשייה גשמיית מפני שנתגשם הלב מאד עד שגם בשומו אל לבו לדבקה בו ית' גם היא גשם יחשב כו' ומ"מ ישים אליו לבו משום דלגבי א"ס רוחניות וגשמיות שוין כו' כי כשמו כן הוא א"ס כו'.
"S'il met vers Lui son cœur, Il rassemblera vers lui son esprit et son âme" (Job 34, 14). Voici l'explication : "yassim" a le sens de "sima", c'est le sujet d'une action corporelle.
Et bien que "s'il met son cœur vers Lui", c'est-à-dire vers Lui et non vers Ses middot, comme on le sait, néanmoins cet aspect de reouta deliba (volonté du cœur), qui est de l'aspect de la corporéité qui est dans l'homme, est appelé action corporelle par rapport à l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il. Et c'est : "s'il met son cœur vers Lui" dans l'aspect d'une sima corporelle seulement.
Et même chez les tsadikim accomplis, et à plus forte raison chez les beinonim qui vont tout le jour selon l'obstination de leur cœur dans des sujets corporels, même permis, et au moment de la prière, bien que son cœur s'éveille jusqu'au terme ultime du point du cœur, cela n'est considéré que comme une action corporelle, parce que le cœur s'est beaucoup corporéisé, au point que même lorsqu'il met à son cœur de s'attacher à Lui, béni soit-Il, cela aussi est considéré comme corporel, etc. Et néanmoins "il met son cœur vers Lui", parce que par rapport à l'Ein Sof le spirituel et le corporel sont égaux, etc., car tel est Son nom, ainsi est-Il : Ein Sof, etc.
ומה שאמר אם ישים לשון ספק הענין הוא ע"ד הפשוט משום דמסיים סוף הפסוק רוחו ונשמתו אליו יאסוף שזה תלוי בתנאי דאם ישים אליו לבו לכך אמר אם ישים לשון ספק דאם לא ישים לא יאסוף רוחו אליו כו'.
Et ce qu'il a dit "im yassim", qui a le sens du doute : le sujet est selon le sens simple, parce qu'il conclut la fin du verset "son esprit et son âme, Il les rassemblera vers lui", que cela dépend de la condition "s'il met son cœur vers Lui". C'est pourquoi il a dit "im yassim", qui a le sens du doute, car s'il ne met pas, Il ne rassemblera pas son esprit vers lui, etc.
וביאור הדברים הנה ידוע דע"י אתעדל"ת נעשה אתעדל"ע דוקא ובתחלה היה חפץ חסד ואח"כ תלוי בבחי' העלאת מ"ן ולכך אם ישים אליו כו' אז יומשך בחי' מ"ד והוא ענין רוחו ונשמתו כו' וד"ל.
Et l'explication des choses : voici, on sait que c'est par l'itarouta diletata (éveil d'en bas) que se fait précisément l'itarouta dile'ela (éveil d'en haut). Et au commencement il y avait "Il prend plaisir à la bonté" (Mikha 7, 18), et ensuite cela dépend de l'aspect de l'élévation des mayin noukvin (eaux féminines).
C'est pourquoi "s'il met vers Lui", etc., alors sera attiré l'aspect des mayin doukhrin (eaux masculines), et c'est le sujet de "son esprit et son âme", etc. Et cela suffit pour qui comprend.
ומה שאמר רוחו ונשמתו דקאי על עצמות אא"ס דוקא דרוחו של עצמותו ונשמתו הוא נמשך כו' הענין הוא דהיינו בחי' רוח ונשמה דאצי' שמאירים בעולמות הנפרדים והם ב' מדרגות הידועים בחי' ממכ"ע ובחי' סוכ"ע דהנה בחי' ממכ"ע נק' רוח וכמ"ש בדבר ה' שמים נעשו וברו"פ כל צבאם כו' ובחי' סוכ"ע נק' נשמה כדמיון חלק הנשמה שאינה מלובשת בגוף שנקרא נשמה כו' ולמעלה יותר היינו מבחי' רוחו ונשמתו של עצמות המאציל הוא שמאיר בעולם דאצי' וזהו רוחו ונשמתו אליו יאסוף להיות בחי' התלבשות אורות בכלים כו' וד"ל.
Et ce qu'il a dit "son esprit et son âme", qui vise l'essence de l'Or Ein Sof précisément, car son esprit, celui de Son essence, et son âme, est attiré, etc. Le sujet est : c'est-à-dire l'aspect de roua'h et de nechama d'Atsilout qui éclairent dans les mondes séparés, et ce sont les deux degrés connus : l'aspect de memalé kol almin (qui remplit tous les mondes) et l'aspect de sovev kol almin (qui entoure tous les mondes).
Car voici, l'aspect de memalé kol almin est appelé roua'h, comme il est écrit : "Par la parole de ה' les cieux ont été faits, et par le souffle de Sa bouche toute leur armée" (Psaumes 33, 6), etc. Et l'aspect de sovev kol almin est appelé nechama, à la ressemblance de la partie de la nechama qui n'est pas revêtue dans le corps, qui est appelée nechama, etc.
Et plus haut, c'est-à-dire depuis l'aspect de son esprit et de son âme, ceux de l'essence de l'Émanateur, c'est ce qui éclaire dans le monde d'Atsilout. Et c'est là : "son esprit et son âme, Il les rassemblera vers lui", pour qu'il y ait l'aspect du revêtement des lumières dans les kelim, etc.
Et cela suffit pour qui comprend.
ובזה יובן פי' ענין ב' סוסים הנ"ל כמ"ש כי תרכב על סוסיך כו' א' מלמטה למעלה והוא בבחי' גס וס"ג והיינו מה שישים אליו לבו בעשי' גשמיי' שיש בזה בחי' התנשאות וגסות הלא דבר הוא וגם כי חפץ בקרבת אלקים חפץ זה מצד הגסות באה מפני שהוא נחשב בעצמו מאד חפץ להיות מקורב בדביקות לה' מפני שיש מי שרוצה וחפץ וכענין למען שמי יכבד ה' כו' שיש בחי' אני והוא רוצה כו' וכאשר אינו מתפעל באוי"ר יצר לו מצד שבלא אוי"ר אינו כלום ולא מצד כבוד אלקים כו' כידוע.
Et par là on comprendra l'explication du sujet des deux chevaux mentionnés plus haut, comme il est écrit : "car Tu chevaucheras sur Tes chevaux" (Habacuc 3, 8), etc. L'un est de bas en haut, et il est dans l'aspect de gas (grossièreté) et de Sag (63), c'est-à-dire ce qu'il met son cœur vers Lui dans une action corporelle, en quoi il y a un aspect d'élévation et de grossièreté, n'est-ce pas une chose, et aussi parce qu'il désire la proximité d'Elokim : ce désir vient du côté de la grossièreté, parce qu'il se considère lui-même beaucoup, il désire être rapproché dans l'attachement à ה', parce qu'il y a quelqu'un qui veut et désire, et comme le sujet de "afin que Mon Nom, ה' soit honoré" (Isaïe 66, 5), etc., où il y a un aspect de "moi", et il veut, etc.
Et lorsqu'il n'est pas affecté par l'amour et la crainte, cela lui est pénible, du côté que sans amour et crainte il n'est rien, et non du côté de l'honneur d'Elokim, etc., comme on le sait.
ואמנם התחלת העבודה צ"ל דוקא עד"ז דהיינו בבחי' הגסות דאל"כ לא יתחיל לעולם ועוד שבזה ישבור וינצח כל מנגד דהיינו מדות הרעות התאוה וכיוצא שהוא רק מפני שאינו רוצה ליפרד הוא דוקא אינו רוצה ואם הי' בחי' ביטול עצמותו לא היה יכול לעמוד לכל מנגד כו' והנה אתעדל"ת הזאת גורמת אתעדל"ע למעלה ג"כ בבחי' גסות דקדושה האלקי' שיהי' רם ומתנשא על כל גוים ולא יחפוץ בהם וכמ"ש ואת עשו שנאתי כו' והוא מ"ש נטית ימינך תבלעמו ארץ פי' נטית ימינך ארימת ידך כו' אזי תבלעמו ארץ בבחי' ביטול כו' והיינו לבלע קליפות וסט"א וממילא נהפך הדבר שיהי' אור ההשפעה מלמעלה רק לישראל בלבד וזהו רוחו ונשמתו אליו יאסוף דוקא אליו ולא לזולתו והוא מפני שישים אליו לבו בתחלה וזהו ב"פ ס"ג דסוס א' מלמטלמ"ע והב' מלמעלמ"ט כנ"ל וד"ל.
Cependant le commencement du service doit être précisément de cette manière, c'est-à-dire dans l'aspect de la grossièreté, car sinon il ne commencera jamais. Et de plus, par cela il brisera et vaincra tout opposant, c'est-à-dire les mauvaises middot, le désir et ce qui est semblable, qui n'est que parce qu'il ne veut pas se séparer : c'est précisément qu'il ne veut pas.
Et s'il y avait un aspect de bitoul (effacement de soi) de son essence, il ne pourrait pas se tenir face à tout opposant, etc. Or cet itarouta diletata provoque un itarouta dile'ela en haut également, dans l'aspect de grossièreté de la sainteté divine, pour qu'Il soit élevé et exalté au-dessus de toutes les nations et qu'Il ne les désire pas, et comme il est écrit : "et Essav, Je l'ai haï" (Malachie 1, 3), etc.
Et c'est ce qui est écrit : "Tu as étendu Ta droite, la terre les a engloutis" (Exode 15, 12). L'explication de "Tu as étendu Ta droite" est "Tu as élevé Ta main", etc.
Alors "la terre les a engloutis" dans l'aspect de bitoul, etc. C'est-à-dire pour engloutir les kelipot et la sitra a'hra (l'autre côté), et de soi-même la chose se renverse, pour que la lumière de l'effluence d'en haut soit seulement pour Israël uniquement.
Et c'est "son esprit et son âme, Il les rassemblera vers lui", précisément vers lui et non vers un autre, et c'est parce qu'il met son cœur vers Lui d'abord. Et c'est les deux fois Sag (63) du cheval : l'un de bas en haut, et le second de haut en bas, comme ci-dessus.
Et cela suffit pour qui comprend.
והנה וקבל היהודים את אשר החלו כו' הענין הוא דאז דוקא נק' יהודים כי יהודה הוא בחי' ביטול הנ"ל והוא למעלה הרבה מבחי' ברכה דהנה ארז"ל חייב אדם לברך מאה ברכות בכל יום פי' מאה פעמים ממש נעשה בחי' ברכה והמשכה מן ההעלם דבחי' סוכ"ע לבחי' ממכ"ע דהיינו מעלמא דאתכסייא לעלמא דאתגליא כמ"ש ברוך ה' מן העולם ועד העולם וידוע שהוא ענין המשכה מן ההעל' לגילוי כו' והיינו ע"י הברכות שאומר ברוך אתה ה' כו' להיות מלך על העולם בבחי' גילוי אור והטעם למאה פעמים דוקא הענין הוא לפי שי"ס כ"א כלולה מי"ס והרי מאה וצריך להמשיך בפרט בכל ספי' כו' מעלמא דאתכסייא לעלמא דאתגליא לכך צריך מאהברכות בכל יום מאחר שבכל יום מחדש מע"ב וד"ל.
Et voici : "et les Yehoudim reçurent ce qu'ils avaient commencé" (Esther 9, 23), etc. Le sujet est qu'alors précisément ils sont appelés Yehoudim, car Yehouda est l'aspect de bitoul mentionné plus haut, et il est beaucoup au-dessus de l'aspect de bénédiction.
Car voici, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : "L'homme est tenu de bénir cent bénédictions chaque jour" (Mena'hot 43b). L'explication : cent fois réellement se fait un aspect de bénédiction et d'attraction depuis le caché de l'aspect de sovev kol almin vers l'aspect de memalé kol almin, c'est-à-dire de l'alma deitkasia (monde du caché) vers l'alma deitgalia (monde du révélé), comme il est écrit : "Béni soit ה', depuis le monde et jusqu'au monde" (Psaumes 106, 48), et l'on sait que c'est le sujet de l'attraction depuis le caché vers le révélé, etc.
Et c'est par les bénédictions où l'on dit "Béni sois-Tu, ה'", etc., pour être Roi sur le monde dans l'aspect de révélation de lumière. Et la raison des cent fois précisément, le sujet est que les dix sefirot, chacune est incluse de dix sefirot, et voici cent, et il faut attirer en particulier dans chaque sefira, etc., de l'alma deitkasia vers l'alma deitgalia.
C'est pourquoi il faut cent bénédictions chaque jour, puisque chaque jour est renouvelée l'œuvre de la création. Et cela suffit pour qui comprend.
ואמנם זהו בבחי' ברכה אבל בבחי' הודיה הוא למעלה מבחי' המשכה זו שמן ההעלם לגילוי אלא ההודאה הוא בבחי' עצמות אא"ס ממש כנ"ל והוא לפי שעצמות אא"ס למעלה הוא מבחי' העלם וגילוי כי לית מח' תב"כ אפי' ההעלם כגילוי נחשב וכמאמר לפניך נגלו כל תעלומות כו' ע"כ לא שייך שם בחי' הברכה אלא רק בחי' הודאה וזהו בחי' יהודי' שהם רק בחי' הודאה שהוא רק בבחי' עצמות אא"ס ממש וכ"ז בא להם מפני בחי' מס"נ שהי' בהם כנ"ל ואזי ע"י שישים אליו לבו הרי רוחו ונשמתו אליו יאסוף כנ"ל לכך נקרא אז דוקא יהודים וד"ל:
Cependant cela est dans l'aspect de bénédiction. Mais dans l'aspect de hodaa (reconnaissance), c'est au-dessus de cet aspect d'attraction qui va du caché au révélé ; la hodaa est plutôt dans l'aspect de l'essence de l'Or Ein Sof véritablement, comme ci-dessus.
Et c'est parce que l'essence de l'Or Ein Sof en haut est au-dessus de l'aspect du caché et du révélé, car "aucune pensée ne Le saisit absolument" (Tikouné Zohar, Pata'h Eliyahou), même le caché est considéré comme un révélé, et comme la parole : "devant Toi sont révélés tous les mystères", etc. C'est pourquoi l'aspect de bénédiction n'a pas lieu là, mais seulement l'aspect de hodaa.
Et c'est l'aspect des Yehoudim, qui ne sont que l'aspect de hodaa, qui n'est que dans l'aspect de l'essence de l'Or Ein Sof véritablement. Et tout cela leur est venu à cause de l'aspect de messirout nefech (don de soi) qui était en eux, comme ci-dessus.
Et alors, par le fait qu'il met son cœur vers Lui, voici que "son esprit et son âme, Il les rassemblera vers lui", comme ci-dessus. C'est pourquoi ils sont appelés alors précisément Yehoudim.
Et cela suffit pour qui comprend.
וזהו וקבל היהודים כו' אך מה שאמר כאן וקבל ל' יחיד ואח"כ כתיב קימו וקבלו היהודים ל' רבים כו' ושם יש ג"כ קרי וכתיב הקרי וקבלו אבל הכתיב ג"כ וקבל כו' הענין הוא להיות כי מבואר למעלה דע"י מס"נ שהי' בהם נתאחדו כולם כאיש א' וכענין שהי' במ"ת דכתיב ויחן ישראל כו' אך בשעת מ"ת להיות שעדיין לא הי' שם רק בחי' ההתחלה ולא הגמר כמ"ש למעלה ע"כ הקרי והכתיב שוין וקבל לשון יחיד לפי שלא הי' עדיין בחי' התגלות האורות בריבוי הכלים מכלים שונים כו' וזהו וקבל היהודים את אשר החלו לעשות בשעת מ"ת הכל לשון יחיד כו'. אבל אח"כ קימו וקבלו היהודים עליהם כו' דהיינו בזמן מרדכי ואסתר הקרי והכתיב אינם שוים הקרי וקבלו לשון רבים.
Et c'est "et les Yehoudim reçurent" (Esther 9, 23), etc. Mais ce qu'il a dit ici "vekibel", qui a le sens du singulier, et ensuite il est écrit "kiyemou vekibbelou hayehoudim" (Esther 9, 27), qui a le sens du pluriel, etc.
Et là aussi il y a un kri et un ketiv : le kri est "vekibbelou", mais le ketiv est aussi "vekibel", etc. Le sujet est : parce qu'il a été expliqué plus haut que par la messirout nefech qui était en eux, tous s'unirent comme un seul homme, à la manière de ce qui fut au don de la Torah, car il est écrit : "et Israël campa" (Exode 19, 2), etc.
Mais au moment du don de la Torah, parce qu'il n'y avait encore là que l'aspect du commencement et non l'achèvement, comme il a été dit plus haut, c'est pourquoi le kri et le ketiv sont identiques : "vekibel" a le sens du singulier, parce qu'il n'y avait pas encore l'aspect de la révélation des lumières dans la multiplicité des kelim, de kelim divers, etc. Et c'est "et les Yehoudim reçurent ce qu'ils avaient commencé à faire" au moment du don de la Torah, le tout au singulier, etc.
Mais ensuite "ils confirmèrent et reçurent, les Yehoudim, sur eux" (Esther 9, 27), etc., c'est-à-dire au temps de Mordekhaï et d'Esther, le kri et le ketiv ne sont pas identiques : le kri "vekibbelou" a le sens du pluriel.
והכתיב וקבל לשון יחיד. והטעם הוא לפי שמבואר עיקר הטעם לזה שהיו חשובים כאיש אחד כו' שהוא מפני בחי' הרצון הפשוט שבנקודת הלב שהוא אחד גם ברוב עם לפי שנק' בחי' יחידה בפרט וגם בכלל בכללות נש"י נקרא בחי' יחידה כו' ואמנם זהו דוקא בכתיב שהוא אותיות הכתובים שהן בהעלם ע"ג הכתב ולכך הכתיב וקבל אבל בקול ודיבור שהוא בקריאה של האותיות מן ההעלם לגילוי כו' צריך לקרות וקבלו לשון רבים דוקא לפי שכבר הוכנו להיות כלי גמור לאור שיתיישב בהן ויתקבל בהן בכאו"א לפושע"ד ממש כמ"ש למעלה באריכות שבזה הי' יתרון מעלה ומדרגה אז בימי אחשורוש יותר מבזמן מ"ת כו' במה שנתקבל בהן האור ונעשו בחי' כלי בית קיבול למעשה המצות כו' והרי יש ס"ר ניצוצות והרי יש כאן ס"ר כלים לאורות ולכך נאמר וקבלו בקרי לשון רבים לפי שיש ריבוי הכלים המקבלים וכמשל המבואר שם שבאותיות המחשב' יש בחי' ריבוי כו'.
משא"כ בבחי' רעו"ד כו' וכך הענין כאן דבקריאה בקול ודבור שבא מאותיות המח' הרי כאו"א קורא כדרכו לכך הקרי וקבלו אבל הכתיב וקבל מפני שבבחי' ההעלם שבכנ"י הרי הם רק כאיש א' בלבד כו' וד"ל וזהו שאמר גבי ענין ימי משתה ושמחה דוקא ענין הקרי והכתיב דוקבל וקבלו וכמ"ש להיות עושים את שני הימים ימי משתה ושמחה כו' כי פי' ימי משתה ושמחה היינו בחי' התגלות האורות בכלים דוקא וכמבואר שם דבשמחה נגלה ההעלם בבחי' כלי היפוך הבכיי' שהוא מצד דחיקת המוח כו' ולכך כדי להיות עושים ימי משתה ושמחה נזכר קיימו וקבלו לשון רבים בקרי וד"ל. וזהו שאמר אם ישים אליו לבו לשון יחיד משום שהוא בבחי' ההעלם דיחידה כנ"ל כו' וד"ל:
Et le ketiv "vekibel" a le sens du singulier. Et la raison est : selon ce qui a été expliqué, la raison principale de ce qu'ils furent considérés comme un seul homme, etc., c'est à cause de l'aspect de la volonté simple qui est dans le point du cœur, qui est un, même dans une multitude de peuple, parce qu'elle est appelée aspect de ye'hida en particulier, et aussi en général, dans l'ensemble des âmes d'Israël, elle est appelée aspect de ye'hida, etc.
Cependant cela est précisément dans le ketiv, qui sont les lettres écrites, lesquelles sont dans le caché, au-dessus de l'écriture, et c'est pourquoi le ketiv est "vekibel". Mais dans la voix et la parole, qui est la lecture des lettres, du caché vers le révélé, etc., il faut lire "vekibbelou", qui a le sens du pluriel précisément, parce qu'ils ont déjà été préparés à être un keli complet pour la lumière, afin qu'elle se pose en eux et soit reçue en eux, en chacun (לפושע"ד) véritablement, comme il a été dit plus haut longuement, qu'en cela il y eut alors un avantage de degré et de rang, aux jours d'A'hachvéroch, plus qu'au temps du don de la Torah, etc., en ce que la lumière fut reçue en eux et qu'ils devinrent l'aspect d'un keli, réceptacle, pour l'accomplissement des mitsvot, etc.
Et voici qu'il y a six cent mille étincelles, et voici qu'il y a ici six cent mille kelim pour les lumières, et c'est pourquoi il est dit "vekibbelou" dans le kri, qui a le sens du pluriel, parce qu'il y a multiplicité des kelim qui reçoivent, et selon la parabole expliquée là, que dans les lettres de la pensée il y a un aspect de multiplicité, etc. Ce qui n'est pas le cas dans l'aspect de reouta deliba, etc.
Et tel est le sujet ici : dans la lecture par la voix et la parole qui vient des lettres de la pensée, voici que chacun lit selon sa manière, c'est pourquoi le kri est "vekibbelou". Mais le ketiv est "vekibel", parce que dans l'aspect du caché qui est dans la Knesset Israël, voici qu'ils ne sont qu'un seul homme seulement, etc.
Et cela suffit pour qui comprend. Et c'est ce qu'il a dit au sujet des jours de festin et de joie précisément le sujet du kri et du ketiv de "vekibel" et "vekibbelou", et comme il est écrit : "pour faire ces deux jours, jours de festin et de joie" (Esther 9, 22), etc.
Car l'explication de "jours de festin et de joie", c'est l'aspect de la révélation des lumières dans les kelim précisément, et comme il est expliqué là, que dans la joie le caché se révèle dans l'aspect du keli, à l'inverse des pleurs, qui viennent du côté de la pression du cerveau, etc. Et c'est pourquoi, afin d'être "faisant des jours de festin et de joie", il est mentionné "kiyemou vekibbelou", qui a le sens du pluriel, dans le kri.
Et cela suffit pour qui comprend. Et c'est ce qu'il a dit "s'il met vers Lui son cœur", qui a le sens du singulier, parce que c'est dans l'aspect du caché de la ye'hida, comme ci-dessus, etc.
Et cela suffit pour qui comprend.