Pourquoi la joie de Pourim dépasse-t-elle celle d'un jour de fête, bien que le travail y soit permis ? L'Admour Hazaken explique qu'au don de la Torah, l'effacement d'Israël provenait d'un éveil d'en haut. En revanche, sous A'hachvéroch, les Juifs ont fait preuve d'un don de soi total de leur propre initiative, atteignant l'essence divine au-delà de la raison et de l'enchaînement des mondes. Cette lumière suprême transcende la division des degrés et rend les ténèbres égales à la lumière, d'où une ivresse dépassant la connaissance. Le haut et le bas y étant identiques, l'élévation par l'arrêt du travail n'y a pas sa place.
Aussi : la Torah comme parabole pour saisir l'Ancien du monde ; le musc purifié de Morde'haï et la transformation du mal en bien ; l'absence du nom de D.ieu dans la Meguila.
חייב אינש לבסומי בפוריא עד דלא ידע בין ארור המן לברוך מרדכי. וצ"ל מפני מה שמחת פורים גדולה הרבה משמחת יום טוב (דחייבי' בהו בשמחה מדאורייתא ועכ"ז ודאי אין לבסומי כ"כ.
וכמ"ש הרמב"ם גבי שמחת יו"ט לא ימשך ביין כו') שנעשה בהם ניסים לאבותינו כמו בפסח קי"ס ובשבועות מ"ת כו'. ובמעלה הרי היו"ט קדושים יותר שאסורים בעשיית מלאכה.
משא"כ בפורים דמרדכי גזר ולא קבלו עלייהו. ויובן בהקדים ענין וקבל היהודים את אשר החלו לעשות.
דפי' החלו היינו בשעת מתן תורה. וכמאמר רז"ל ע"פ קימו וקבל היהודים קיימו מה שקבלו כבר כי בשעת מתן תורה כפה עליהם הר כגיגית כו'.
ומכאן מודעא רבא לאורייתא אלא דהדר וקבלוה בימי אחשורוש כו'. וצ"ל מפני מה נחשב מה שכפה עליהם הר כו' יותר אונס ממעשה דאחשורוש.
"Un homme est tenu de s'enivrer à Pourim jusqu'à ne plus savoir distinguer entre maudit soit Haman et béni soit Mordekhaï" (Meguila 7b). Et il faut comprendre pourquoi la joie de Pourim est bien plus grande que la joie d'un jour de fête (alors qu'on y est tenu à la joie d'après la Torah, et malgré cela il ne faut certes pas s'enivrer à ce point.
Et comme l'écrit le Rambam au sujet de la joie d'un jour de fête : qu'on ne se laisse pas entraîner par le vin, etc.), alors que des miracles y furent accomplis pour nos pères, comme à Pessa'h le passage de la mer des Joncs et à Chavouot le don de la Torah, etc. Et en degré, les jours de fête sont plus saints, puisqu'il y est interdit de faire un travail.
Ce qui n'est pas le cas de Pourim, car Mordekhaï décréta et ils n'acceptèrent pas sur eux. On le comprendra en préfaçant le sujet de "et les Juifs acceptèrent ce qu'ils avaient commencé de faire" (Esther 9, 23).
Le sens de "ils avaient commencé" vise le moment du don de la Torah. Et comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie, sur le verset "les Juifs confirmèrent et acceptèrent" (Esther 9, 27) : ils confirmèrent ce qu'ils avaient déjà accepté, car au moment du don de la Torah Il fit peser sur eux la montagne comme une cuve, etc.
(Chabbat 88a). Et de là une grande protestation à l'égard de la Torah ; mais ils l'acceptèrent de nouveau aux jours d'A'hachvéroch, etc.
Et il faut comprendre pourquoi ce qu'Il fit peser sur eux la montagne, etc., est compté comme une contrainte plus grande que l'épisode d'A'hachvéroch.
והנה מתחלה צ"ל מהו ענין מתן תורה. וגם מה שארז"ל אשרי מי שבא לכאן ותלמודו בידו הלא בג"ע מתענגים מגילוי אוא"ס ב"ה.
ומה שייך בזה שיהיה דוקא תלמודו בידו שהם הלכות שנתלבשו בענינים גשמיים.
Or, il faut d'abord comprendre quel est le sujet du don de la Torah. Et aussi ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : "Heureux celui qui vient ici et dont l'étude est en sa main" (Pessa'him 50a), alors que dans le Gan Eden on jouit du dévoilement de l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il.
Et qu'est-ce qui s'y rapporte pour que ce soit précisément son étude en sa main, qui sont des halakhot revêtues dans des sujets matériels.
וגם מ"ש רז"ל שכל מי שאפשר לו לעסוק בתורה ואינו עוסק עליו נאמר כי דבר ה' בזה הכרת תכרת הנפש. וזה תמוה לכאורה דמאחר שמי שא"א לו לעסוק בתורה כ"כ יוצא י"ח בפרק א' שחרית ופרק א' ערבית א"כ למה יהי' האפשר לו לעסוק ואינו עוסק גדול עונו כ"כ לומר עליו הכרת תכרת כו'.
אך הענין כי הנה התורה נק' משל הקדמוני כמ"ש כאשר יאמר משל הקדמוני מרשעים יצא רשע.
Et aussi ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : quiconque peut s'occuper de Torah et ne s'en occupe pas (Sanhedrin 99a), de lui il est dit : "car il a méprisé la parole de ה', elle sera assurément retranchée, cette âme" (Nombres 15, 31). Et cela est étonnant en apparence, car puisque celui qui ne peut pas s'occuper de Torah à ce point s'acquitte de son obligation par un chapitre le matin et un chapitre le soir, pourquoi celui qui peut s'occuper et ne s'en occupe pas aurait-il une faute si grande que l'on dise de lui "elle sera assurément retranchée", etc.
Mais le sujet est que voici, la Torah est appelée la parabole de l'Ancien, comme il est écrit : "comme dira la parabole de l'Ancien : des méchants sort le méchant" (I Samuel 24, 14).
והוא מ"ש והאלקים אנה לידו. וכן שלמה המלך ע"ה אמר להבין משל ומליצה כו'.
והענין כי פי' הקדמוני היינו קדמונו של עולם שהוא אור א"ס ב"ה עצמו. כי בחי' סובב כל עלמין וממלא כל עלמין זהו מה שנמשך ממנו ית' הארה להיות חיות להעולמות.
Et c'est ce qui est écrit : "et Elokim fit rencontrer en sa main" (Exode 21, 13). Et de même le roi Chelomo, paix sur lui, dit : "pour comprendre la parabole et l'allégorie", etc.
(Proverbes 1, 6). Et le sujet est que le sens de "l'Ancien" vise l'Ancien du monde, qui est l'Or Ein Sof, béni soit-Il, Lui-même.
Car l'aspect de sovev kol almin (qui entoure tous les mondes) et de memalé kol almin (qui remplit tous les mondes), c'est ce qui est attiré de Lui, béni soit-Il, une illumination pour être la vitalité des mondes.
וא"כ בחי' זו היא שייך לעולמות. כי גם בחי' סובב הוא בחי' ששייך לעלמין שהוא מה שמחיה העולמות רק שהוא בחי' אור מקיף.
וממכ"ע הוא בחי' אור פנימי. אבל מהותו ועצמותו ית' אינו בגדר עלמין כלל ולא שייך לומר עליו סוכ"ע כו' ולכן נק' קדמונו של עולם.
Et alors cet aspect appartient aux mondes. Car même l'aspect de sovev est un aspect qui appartient aux mondes, étant ce qui vivifie les mondes, seulement c'est un aspect de lumière makif.
Et memalé kol almin est un aspect de lumière intérieure. Mais Son essence et Son être, béni soit-Il, n'est pas du tout dans la catégorie des mondes, et il ne convient pas de dire de Lui sovev kol almin, etc.
C'est pourquoi Il est appelé l'Ancien du monde.
והתורה שנק' משל הקדמוני היינו שהתורה היא משל לבחי' קדמונו של עולם שכמו שע"י המשל יושג הנמשל כך ע"י שתלמודו בידו יזכה לגלוי מבחי' זיו ואור מא"ס ב"ה מה שלמעלה מבחי' סוכ"ע וממכ"ע.
Et la Torah, qui est appelée la parabole de l'Ancien, c'est que la Torah est une parabole (machal) pour l'aspect de l'Ancien du monde : de même que par le machal on saisit le nimchal (le comparé), ainsi, par le fait que son étude est en sa main, il méritera un dévoilement de l'aspect de l'éclat et de la lumière d'Ein Sof, béni soit-Il, ce qui est au-dessus de l'aspect de sovev kol almin et de memalé kol almin.
ואינו בגדר עלמין כלל. כי הנה בהשגת התורה יש רבוי מדרגות אין קץ בעילוי אחר עילוי כמו מהות ההשגות שבג"ע התחתון אינן ערוך למהות ההשגה שמשיגים בג"ע העליון ולכן ההשגות שבג"ע התחתון לגבי השגה שבג"ע העליון הוא רק כמו ערך המשל לגבי הנמשל.
Et qui n'est pas du tout dans la catégorie des mondes. Car voici, dans la saisie de la Torah il y a une multitude de degrés sans fin, en élévation après élévation, comme l'essence des saisies du Gan Eden inférieur n'est pas comparable à l'essence de la saisie que l'on atteint dans le Gan Eden supérieur ; c'est pourquoi les saisies du Gan Eden inférieur, par rapport à la saisie du Gan Eden supérieur, ne sont que comme le rapport du machal par rapport au nimchal.
ועד"ז יש מדרגות אין קץ וגם למעלה מג"ע העליון. וכמ"ש וקדושים בכל יום יהללוך סלה.
וכמ"ש בלקוטי הש"ס להאריז"ל על מארז"ל צדיקים אין להם מנוחה לא בעוה"ז ולא בעוה"ב שנאמר ילכו מחיל אל חיל.
Et de même il y a des degrés sans fin, et aussi au-dessus du Gan Eden supérieur. Comme il est écrit : "et les saints Te loueront chaque jour, séla".
Et comme il est écrit dans le Likoutei haChas de l'Ari z"l sur ce qu'ont dit nos Sages : "les justes n'ont de repos ni dans ce monde-ci ni dans le monde à venir, car il est dit : ils iront de force en force" (Berakhot 64a, Psaumes 84, 8).
וכל השגה לגבי מה שלמעלה ממנה נק' משל. וז"ש בשלמה וידבר שלשת אלפים משל.
פי' על כל דבר מד"ת. דהיינו שהדבר הזה מושג בג"ע התחתון כך ובג"ע העליון דבר זה עצמו הוא בענין רוחני ונעלה יותר עד שבחי' ראשונה הוא רק כמו משל לבד לבחי' זו והשיג כך שלשת אלפים מדרגות על כל דבר מדברי תורה.
ובאמת נאמר יהללוך סלה בלי קץ כו' וזהו ולתבונתו אין מספר.
Et toute saisie, par rapport à ce qui est au-dessus d'elle, est appelée machal. Et c'est ce qui est dit de Chelomo : "et il dit trois mille paraboles" (I Rois 5, 12).
Le sens est : sur chaque parole de la Torah (Erouvin 21b). C'est-à-dire que cette chose est saisie dans le Gan Eden inférieur ainsi, et dans le Gan Eden supérieur cette chose même est dans un sujet spirituel et plus élevé, au point que le premier aspect n'est qu'un machal seul pour cet aspect ; et il saisit ainsi trois mille degrés sur chaque parole des paroles de la Torah.
Et en vérité il est dit "ils Te loueront, séla", sans fin, etc. Et c'est : "et à Son intelligence il n'est pas de nombre" (Psaumes 147, 5).
והנה אורייתא מחכמה נפקת והיא מקור ושרש לכל בחי' ההשגות הנ"ל כמ"ש ונהר יוצא מעדן כו'. ובחי' ח"ע עצמה היא בחי' משל לבחי' קדמונו של עולם ממש כי הגם שאור א"ס ב"ה מרומם ומתנשא לאין קץ מבחי' חכמה וכל הע"ס שראשיתן היא בחי' חכמה נק' בזהר רזא דשמא קדישא כמו השם שקוראים לאדם שאינו נוגע לעצמותו ומהותו כלל (וכמש"ל פ' תרומה בד"ה מי יתנך) מ"מ אור א"ס ב"ה שורה ומתלבש בחכמה עלאה.
כמ"ש הוי"ה בחכמה. ולכן התורה דמחכמה נפקת נקראת משל הקדמוני דכמו המשל אע"פ שאינו ממהות הנמשל כלל עכ"ז הנמשל מלובש בתוך המשל ובו ועל ידו דוקא ישיגו הנמשל.
כך החכמה והתורה היא לבוש לאוא"ס ב"ה. וכמ"ש עטה אור כשלמה.
לכן ע"י עסק התורה יוכל ליהנות מזיו אור א"ס ב"ה ממש מבחי' קדמונו של עולם. (והענין כמ"ש באגה"ק ד"ה אשת חיל עט"ב והנה אור זה הגנוז לצדיקים לעתיד לבוא הנק' בשם נועם ה' וצחצחות להתענג כו'.
שהוא הארה מבחי' עתיק שבו הוא בחי' הצחצחות כמבואר בע"ח והוא בחי' פנימי' הכתר. דהנה רצון העליון הוא נק' סוכ"ע כמבואר במ"א בענין כל אשר חפץ ה' עשה ורצון העליון נק' כתר.
ולכן כתר הוא מלשון כתרו את בנימין דפי' מקיף והיינו סוכ"ע אך זהו הבחי' שבכתר שנק' שורש הנאצלים. אמנם בחי' עתיק שהוא פנימי' הכתר הוא למעלה מבחי' זו כי הוא בחי' תחתונה שבא"ס לכן לא שייך לקרותו אפילו שרש לנאצלים.
וזהו פי' עתיק יומין שנעתק ונבדל מבחי' ימות עולם כמ"ש המתנשא מימות עולם ובחי' זו הוא הנק' קדמונו של עולם שאינו בגדר עלמין שהוא מובדל ומרומם גם מהיות נק' סוכ"ע שזה אינו רק הבחי' השנית שבכתר הנק' שרש הנאצלים דהיינו בחי' סוכ"ע וגם נק' ע"י קדמונו של עולם שהוא נמשך ממל' דא"ק כו' ואיך זוכים הצדיקים לגילוי אור זה זהו ע"י הלבושים הנעשים מהתורה ומצות כמש"ש באגה"ק. וזהו שנק' התורה משל הקדמוני.
וגם עלזה נאמר ועתיק יומין יתיב לבושיה כתלג חיור. דלבושיה קאי על התורה שנמשלה לשלג שהוא עד"מ קרישת המים כך הוא ענין המשל שמעלים על הנמשל.
וכמ"ש פי' לבושיה כתלג בפרשת אחרי ע"פ כי ביום הזה יכפר ע"ש בד"ה הנה חיי כו'. ולכן איתא בזהר ענין ת' עלמין דכסופין דירתין צדיקייא שנק' ארבע מאות שקל כסף עובר לסוחר.
כי סוחר לשון סחור דפי' מקיף לסוכ"ע ועלמין דכסיפין ותענוג עליון דירתין צדיקייא לעתיד לבא הוא מבחי' שלמעלה מבחי' סוכ"ע כנ"ל וזהו עובר לסוחר):
Or la Torah sort de la 'hokhma, et elle est la source et la racine de tous les aspects des saisies susdites, comme il est écrit : "Un fleuve sortait d'Éden", etc. (Genèse 2, 10).
Et l'aspect de la 'hokhma supérieure elle-même est un aspect de machal pour l'aspect de l'Ancien du monde véritablement. Car bien que l'Or Ein Sof, béni soit-Il, soit élevé et exalté sans fin au-dessus de l'aspect de la 'hokhma, et que toutes les dix sefirot, dont le commencement est l'aspect de la 'hokhma, soient appelées dans le Zohar "le mystère du Nom saint", comme le nom par lequel on appelle un homme, qui ne touche en rien à son essence et à son être (comme expliqué plus haut, paracha Terouma, au discours "Mi yitnekha"), néanmoins l'Or Ein Sof, béni soit-Il, réside et se revêt dans la 'hokhma supérieure.
Comme il est écrit : "ה' par la 'hokhma" (Proverbes 3, 19). C'est pourquoi la Torah, qui sort de la 'hokhma, est appelée la parabole de l'Ancien : de même que le machal, bien qu'il ne soit en rien de l'essence du nimchal, néanmoins le nimchal est revêtu à l'intérieur du machal, et c'est en lui et par lui seulement que l'on saisit le nimchal.
Ainsi la 'hokhma et la Torah sont un vêtement pour l'Or Ein Sof, béni soit-Il. Comme il est écrit : "Il S'enveloppe de lumière comme d'un manteau" (Psaumes 104, 2).
C'est pourquoi, par l'étude de la Torah, on peut jouir de l'éclat de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, de l'aspect de l'Ancien du monde. (Et le sujet est comme il est écrit dans l'Igueret Hakodech, au discours "Une femme vaillante est la couronne de son mari" (Proverbes 12, 4) : et voici, cette lumière cachée pour les justes dans l'avenir, appelée du nom de "la douceur de ה'" et "les clartés", pour se délecter, etc.
C'est une illumination de l'aspect d'Atik, en lequel se trouve l'aspect des clartés, comme il est expliqué dans l'Ets 'Haïm, et c'est l'aspect de l'intériorité du keter. Car voici, la volonté supérieure est appelée sovev kol almin, comme il est expliqué ailleurs au sujet de "tout ce que ה' désire, Il le fait" (Psaumes 135, 6), et la volonté supérieure est appelée keter.
C'est pourquoi keter a le sens de "ils ont entouré Binyamin" (Juges 20, 43), dont le sens est makif, c'est-à-dire sovev kol almin ; mais ceci est l'aspect du keter qui est appelé la racine des émanés. Cependant l'aspect d'Atik, qui est l'intériorité du keter, est au-dessus de cet aspect, car il est l'aspect inférieur de l'Ein Sof ; c'est pourquoi il ne convient pas de l'appeler même racine des émanés.
Et c'est le sens d'Atik Yomin : qui a été transféré et séparé de l'aspect des jours du monde, comme il est écrit : "Celui qui est exalté depuis les jours du monde", et cet aspect est appelé l'Ancien du monde, qui n'est pas dans la catégorie des mondes, qui est séparé et élevé même d'être appelé sovev kol almin, car ceci n'est que le second aspect du keter, appelé la racine des émanés, c'est-à-dire l'aspect de sovev kol almin, et Atik Yomin est aussi appelé l'Ancien du monde, en ce qu'il est attiré de la malkhout d'Adam Kadmon, etc. Et comment les justes méritent-ils la révélation de cette lumière ?
C'est par les vêtements qui sont faits de la Torah et des mitsvot, comme il est écrit là-bas dans l'Igueret Hakodech. Et c'est pourquoi la Torah est appelée la parabole de l'Ancien.
Et sur cela aussi il est dit : "Et Atik Yomin était assis, Son vêtement blanc comme la neige" (Daniel 7, 9). Car "Son vêtement" se rapporte à la Torah, qui est comparée à la neige, qui est par exemple la congélation de l'eau ; ainsi est le sujet du machal, qui voile le nimchal.
Et comme il est écrit l'explication de "Son vêtement blanc comme la neige" dans la paracha A'harei, sur le verset "Car en ce jour il fera expiation" (Lévitique 16, 30), voir là-bas, au discours "Hineh 'hayai", etc. C'est pourquoi il est dit dans le Zohar le sujet des quatre cents mondes de la nostalgie dont héritent les justes, qui sont appelés "quatre cents sicles d'argent, ayant cours chez le marchand" (Genèse 23, 16).
Car "marchand" a le sens de faire le tour, dont le sens est makif, pour le sovev kol almin, et les mondes de la nostalgie et la délectation supérieure dont héritent les justes dans l'avenir viennent d'un aspect qui est au-dessus de l'aspect de sovev kol almin, comme ci-dessus, et c'est "ayant cours chez le marchand".)
וזהו שארז"ל אשרי מי שבא לכאן ותלמודו בידו. דכמו בנמשל ומשל.
א"א לעמוד על הנמשל אם לא שיבין מתחלה את המשל אז עי"ז יעמוד על הנמשל. ואם יחסר מלהשיג איזו דברים מהמשל לא יוכל להשיג את הנמשל כלל (מאחר שהנמשל אין אופן להשיגו כ"א ע"י המשל א"כ כשאינו מבין כל המשל בטוב אין דרך לעמוד על הנמשל).
ועד"ז כיון שהתורה היא היא בחי' המשל שעי"ז יושג קדמונו של עולם ע"כ צ"ל תלמודו בידו כשבא לכאן שע"י שמשיג המשל היטיב אז דוקא יוכל לחזות בהנמשל שהוא נועם הוי"ה להשביע בצחצחות נפשו כו'. משא"כ כשאין בידו המשל אין לו דרך להשיג בחי' הנמשל הנ"ל.
Et c'est ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : "Heureux celui qui vient ici et dont l'étude est en sa main". Comme pour le nimchal et le machal.
Il est impossible de pénétrer le nimchal si l'on ne comprend pas d'abord le machal ; alors, par cela, on pénétrera le nimchal. Et s'il manque de saisir quelques choses du machal, on ne pourra pas du tout saisir le nimchal (puisque le nimchal n'a pas de manière d'être saisi sinon par le machal, alors, lorsqu'on ne comprend pas bien tout le machal, il n'y a pas de voie pour pénétrer le nimchal).
Et de même, puisque la Torah est elle-même l'aspect du machal par lequel est saisi l'Ancien du monde, il faut donc que son étude soit en sa main lorsqu'il vient ici, car c'est en saisissant bien le machal qu'alors seulement il pourra contempler le nimchal, qui est "la douceur de ה'" (Psaumes 27, 4), "pour rassasier de clartés son âme" (Isaïe 58, 11), etc. Ce qui n'est pas le cas lorsqu'il n'a pas le machal en main : il n'a pas de voie pour saisir l'aspect du nimchal susdit.
ובזה מתורץ ומובן משארז"ל דכל מי שאפשר לו לעסוק בתורה ואינו עוסק עליו נאמר הכרת תכרת כו'. אע"ג דמי שא"א לו די לו בפרק א' שחרית ופרק א' ערבית.
והענין כמו ע"ד דוגמא בנמשל ומשל שלמטה שבשכל האדם. הנה לא כל השכליים הנק' נמשל הם שוים לענין המשלים.
שיש שכל ונמשל אשר יכולים לעמוד עליו ע"י משל אחד ופשוט וקל. ויש שכל גדול יותר שכדי להשיגו הוא ע"י משלים יותר.
וגם המשל הוא נעלה ועמוק יותר (וכמו שידוע מענין משלי שלמה. וכן בר' מאיר אמרו משמת ר"מ בטלו מושלי משלים.
כי מי שחכמתו עמוקה יותר נצרך למשלים יותר כדי לעמוד על ידם על עומק חכמתו. וכשאין החכמה עמוקה א"צ למשל ויכולים להשיגה בלי משל.
ולכן כל שהחכמה עמוקה יותר נצרך יותר לרבוי משלים עד שיעמדו עליה עד שלחכמת שלמה היה צ"ל שלשת אלפים משל. ואצל ר"מ תילתא משלי כו'):
Et par cela est résolu et compris ce qu'ont dit nos Sages, de mémoire bénie : que quiconque peut s'occuper de Torah et ne s'en occupe pas, de lui il est dit "elle sera assurément retranchée", etc. Bien que celui qui ne le peut pas se contente d'un chapitre le matin et d'un chapitre le soir.
Et le sujet est à la manière de l'exemple, en bas, du nimchal et du machal dans l'intellect de l'homme. Voici, tous les intellects appelés nimchal ne sont pas égaux quant au sujet des machalim.
Il y a un intellect et un nimchal que l'on peut pénétrer par un seul machal, simple et facile. Et il y a un intellect plus grand, pour lequel, afin de le saisir, c'est par davantage de machalim.
Et le machal aussi est plus élevé et plus profond (et comme il est connu du sujet des paraboles de Chelomo. Et de même pour Rabbi Meïr, ils ont dit : "depuis que mourut Rabbi Meïr, ont cessé les faiseurs de paraboles" (Sota 49a).
Car celui dont la sagesse est plus profonde a besoin de davantage de paraboles afin que l'on pénètre par elles la profondeur de sa sagesse. Et lorsque la sagesse n'est pas profonde, on n'a pas besoin de parabole et on peut la saisir sans parabole.
C'est pourquoi, plus la sagesse est profonde, plus on a besoin d'une multitude de paraboles jusqu'à ce qu'on la pénètre, au point que pour la sagesse de Chelomo il fallait trois mille paraboles. Et chez Rabbi Meïr, "un tiers de paraboles", etc.
(Sanhedrin 38b)).
וכך הנה גם למעלה הרי אין כל השגות של הנשמות שוים. ויש בהם מדרגות ומעלות אין קץ וכמארז"ל שכל צדיק נכוה מחופתו של חבירו (ולכן מי שדי לו בפרק א' שחרית ופרק א' ערבית שדי לו במשל זה לערך ההשגה של שרש נשמתו).
והיינו דוקא כשא"א לו לעסוק כו' שזו הוראה שדי לו בזה. (או דכיון שא"א לו ועוסק כל מה שאפשר לו ישלים לו הקב"ה לבוש ומשל להשיג על ידו מה שצריך להשיג.
ואיתא כה"ג בזוהר פ' אמור דק"א ע"ב קוב"ה אשלים ליה כו' ע"ש) אבל מי שאפשר לו לעסוק בתורה זהו הוראה שנשמתו מבחי' שיוכל להשיג הרבה למעלה לכן צ"ל המשל ג"כ גדול ורב מאד כשיעור הזמן שאפשר לו לעסוק בתורה שהיא בחי' משל הקדמוני. וכשאינו עוסק כ"ז שאפשר לו לעסוק הרי הוא מחסר מן המשל הצריך.
ולכן עליו נאמר הכרת תכרת כו'. דהיינו שמחמת חסרון שחסר בבחי' משל הקדמוני לא יוכל להשיג נועם ה' כו' שהוא הנמשל (וגם הקב"ה לא ישלים לו לבוש ומשל שחסר כיון שהיה אפשר לו לעסוק ולא עסק ועל זה נאמר כי דבר ה' בזה כו'):
Et ainsi, voici, en haut aussi, toutes les saisies des âmes ne sont pas égales. Et il y a en elles des degrés et des élévations sans fin, comme l'ont dit nos Sages : "chaque juste est brûlé par le dais de son compagnon" (Bava Batra 75a) (et c'est pourquoi celui à qui suffit un chapitre le matin et un chapitre le soir, ce machal lui suffit à la mesure de la saisie de la racine de son âme).
Et c'est précisément lorsqu'il ne peut pas s'occuper, etc., ce qui est une indication que cela lui suffit. (Ou bien, puisque cela lui est impossible et qu'il s'occupe de tout ce qui lui est possible, le Saint, béni soit-Il, lui complétera un vêtement et un machal pour saisir par eux ce qu'il doit saisir.
Et il est dit de cette manière dans le Zohar, paracha Emor, folio 101b : "le Saint, béni soit-Il, lui complétera", etc., voir là-bas.) Mais celui qui peut s'occuper de Torah, c'est une indication que son âme est d'un aspect par lequel il pourra saisir bien au-dessus ; c'est pourquoi le machal aussi doit être grand et très abondant, à la mesure du temps pendant lequel il lui est possible de s'occuper de Torah, qui est l'aspect du machal de l'Ancien. Et lorsqu'il ne s'occupe pas tout le temps qu'il lui est possible de s'occuper, voici qu'il manque du machal nécessaire.
C'est pourquoi de lui il est dit "elle sera assurément retranchée", etc. C'est-à-dire qu'à cause de ce qui lui a manqué dans l'aspect du machal de l'Ancien, il ne pourra pas saisir "la douceur de ה'", etc., qui est le nimchal (et le Saint, béni soit-Il, ne lui complétera pas non plus le vêtement et le machal qui manquent, puisqu'il lui était possible de s'occuper et qu'il ne s'est pas occupé, et sur cela il est dit : "car il a méprisé la parole de ה'", etc.).
והנה ישראל זכו למתן תורה על ידי יסורים דגלות מצרים בחומר ובלבנים. והקדימו נעשה לנשמע כי א"א להיות גילוי והמשכה מאור א"ס ב"ה אלא במקום שיש בחי' בטול דוקא (דלכך אור א"ס ב"ה שורה בחכמה דוקא לפי שהיא בחי' בטול כח מ"ה כנודע).
וזהו ענין הקדמת נעשה לנשמע שהוא בחי' הבטול שמבטל רצונו מכל וכל כאלו אין לו רצון בפ"ע רק שירצה כל מה שהוא רצון העליון ב"ה וזהו בחי' עבודה ואותו תעבדו. שהעבד אין לו דעה בפ"ע רק את אשר יאמר רבו עושה.
וע"י שהקדימו בחי' נעשה שהוא בטול זה יוכל להיות ונשמע דהיינו לקבל הגלוי והאור מאין סוף ברוך הוא. (וזהו שקשרו להם שני כתרים כנגד נעשה ונשמע שהן בחינת שני המדרגות הנ"ל שבכתר הבחי' העליונה נק' קדמונו של עולם כנ"ל.
והבחינה השנית נקראת סובב כל עלמין וממלא כל עלמין) אך כדי שיבאו לבחי' בטול זה דהקדמת נעשה לנשמע. שהרי ביציאת מצרים היו עדיין בבחי' קטנות (כמש"ל בד"ה זכור את אשר עשה לך עמלק כו') ואיך יבאו לבחי' בטול גדול כזה הנה לזה היה ענין שכפה עליהם הר כגיגית שהוא בחי' וימינו תחבקני דהיינו התגלות אהבה העליונה מלמעלה על ישראל כמ"ש אהבתי אתכם אמר ה' (ע' בד"ה ועשית בגדי קדש מש"ש בפי' אהבתי אתכם כו') שאהבה זו תחבקני לכנס"י ומקפת אותו מכל צד אפי' לבחי' אחוריים עד שאינו מניחו לפנות ממנו ומוכרח להיו' עומד עמו פב"פ.
דהיינו שע"י אהבה עליונה זו נתעורר ג"כ האהבה בנשמות ישראל עד שבאו למעלה ומדרגה שהקדימו נעשה כו' וכמ"ש כמים הפנים לפנים כן לב האדם אל האדם פי' לב האדם העליון הוא מ"ש ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם שהוא בחי' רמ"ח מצות עשה דאינון רמ"ח אברים דמלכא.
Or Israël mérita le don de la Torah par les souffrances de l'exil d'Égypte, dans le mortier et les briques. Et ils firent précéder "nous ferons" à "nous entendrons", car il est impossible qu'il y ait un dévoilement et une attraction de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, sinon dans un lieu où il y a précisément l'aspect du bitoul (effacement de soi) (c'est pourquoi l'Or Ein Sof, béni soit-Il, réside précisément dans la 'hokhma, parce qu'elle est l'aspect du bitoul, la force de Mah (45), comme il est connu).
Et c'est le sujet de faire précéder "nous ferons" à "nous entendrons", qui est l'aspect du bitoul par lequel il annule sa volonté totalement, comme s'il n'avait pas de volonté en propre, seulement qu'il veuille tout ce qui est la volonté supérieure, béni soit-Il ; et c'est l'aspect du service : "et Lui vous servirez" (Deutéronome 13, 5). Car l'esclave n'a pas d'avis en propre, seulement ce que dira son maître, il le fait.
Et par le fait qu'ils firent précéder l'aspect de "nous ferons", qui est ce bitoul, pourra être "et nous entendrons", c'est-à-dire recevoir le dévoilement et la lumière de l'Ein Sof, béni soit-Il. (Et c'est qu'on leur lia deux couronnes en regard de "nous ferons" et "nous entendrons", qui sont l'aspect des deux degrés susdits dans le keter : l'aspect supérieur est appelé l'Ancien du monde, comme ci-dessus.
Et le second aspect est appelé sovev kol almin et memalé kol almin.) Mais afin qu'ils arrivent à cet aspect de bitoul de faire précéder "nous ferons" à "nous entendrons". Car à la sortie d'Égypte ils étaient encore dans l'aspect de la petitesse (comme expliqué plus haut, au discours "Souviens-toi de ce que t'a fait Amalek", etc.), et comment arriveraient-ils à un aspect de bitoul aussi grand ?
Voici, pour cela il y eut le sujet qu'Il fit peser sur eux la montagne comme une cuve, qui est l'aspect de "et Sa droite m'enlace" (Cantique des Cantiques 2, 6), c'est-à-dire le dévoilement de l'amour supérieur d'en haut sur Israël, comme il est écrit : "Je vous ai aimés, dit ה'" (Malachie 1, 2) (voir au discours "Et tu feras des vêtements sacrés" ce qui y est dit dans l'explication de "Je vous ai aimés", etc.), que cet amour "m'enlace" : il enlace la Knesset Israël et l'entoure de tout côté, même jusqu'à l'aspect des a'horayim (l'arrière), jusqu'à ne pas le laisser se détourner de Lui, et il est contraint de se tenir avec Lui face à face. C'est-à-dire que par cet amour supérieur s'éveilla aussi l'amour dans les âmes d'Israël, jusqu'à ce qu'ils arrivent à une élévation et à un degré où ils firent précéder "nous ferons", etc.
Et comme il est écrit : "comme dans l'eau le visage répond au visage, ainsi le cœur de l'homme vers l'homme" (Proverbes 27, 19). Le sens de "le cœur de l'homme" supérieur est ce qui est écrit : "et sur la ressemblance du trône, une ressemblance comme l'aspect d'un homme" (Ézéchiel 1, 26), qui est l'aspect des 248 commandements positifs, qui sont les 248 organes du Roi.
ושס"ה לא תעשה הם שס"ה גידים. אל האדם היינו בחי' אדם שבבי"ע כמ"ש ודמות פניהם פני אדם.
הנה הוא כמים הפנים לפנים דהיינו שע"י התגלות אור האהבה מלמעלה בחינת אהבתי אתכם על ידי זה מתעורר גם כן האהבה מלמטה למעלה והוא העלאת כנסת ישראל בכלות הנפש אליו ית' (וכמ"ש משכני אחריך נרוצה כו'). ולכן נק' כנסת ישראל כלה ע"ש כלות הנפש וכמ"ש אחותי כלה מה טבו דדיך מיין כו'.
וזהו ענין על כל דבור פרחה נשמתן. שע"י הדבור והגילוי מלמעלה פרחה נשמתן בבחינת בטול לאור א"ס ב"ה.
(ועיין מ"ש כיוצא בזה בפרשת לך לך בפי' מארז"ל בשעה שהדבור יוצא מפי הקב"ה חשות. חשות היינו בחי' שתיקה ובטול כו').
וזהו ענין שכפה עליהם הר הוא בחינת אהבה עליונה שנק' הר (כמ"ש במ"א בענין אברהם שקראו הר. ובענין אהרן א' ה"ר ן').
כגיגית שהוא בחי' דבר המקיף סחור כל עלמין שעי"ז נתעורר בהם האהבה (ובזה יתורץ מה שאומרים מקדש עמו ישראל על ידי חופה וקדושין. והקשו למה שינו הסדר להקדים חופה לקדושין.
אלא כי החופה הוא בחינת מקיף והוא ענין שכפה עליהם הר כגיגית שזה בחינת התגלות המקיף כנ"ל. ולכן הוצרך להקדים החופה לקדושין שכדי שיבואו לקבלת התורה שהוא בחינת הקדושין הוא על ידי המשכת המקיף תחלה שעל ידי זה באו לבחינת הבטול להקדים נעשה כו'.
ואז יוכל להיות ההמשכה והגילוי בחינת התורה כנ"ל). וזהו פירוש מה שאמרז"ל מכאן מודעא רבא לאורייתא.
דהיינו שהתעוררות זו בלבם לקבלת התורה בבחי' מסירת נפש ובטול עד שהקדימו נעשה לנשמע לא היה זה מצדם בבחירה ורצון אשר מעצמם לבד אלא שעל ידי הגילוי מלמעלה דבחי' אהבתי אתכם על ידי זה דוקא נתעורר בהם הרצון והאהבה כו'. ואע"פ כן הדר וקבלוה ברצון גמור בימי אחשורוש.
שהיה מסירת נפש בכל ישראל מעצמם שלא ע"י התעוררות מלמעלה בתחלה ע"ד גלוי בחינת וימינו תחבקני. דהא אז היה בחינת הסתר פנים (ע"ד ועת לרחק מחבק) וכמארז"ל אסתר מן התורה מנין דכתיב ואנכי הסתר אסתיר פני ביום ההוא.
ואם כן היה בחינת אתערותא דלתתא מצד עצמם וזהו הדר וקבלוה ברצון גמור:
Et les 365 interdits sont les 365 nerfs. "Vers l'homme", c'est-à-dire l'aspect d'homme qui est dans Beria, Yetsira, Assiya, comme il est écrit : "et la ressemblance de leurs faces, face d'homme" (Ézéchiel 1, 10).
Voici, c'est "comme dans l'eau le visage répond au visage", c'est-à-dire que par le dévoilement de la lumière de l'amour d'en haut, l'aspect de "Je vous ai aimés", par cela s'éveille aussi l'amour d'en bas vers en haut, et c'est l'élévation de la Knesset Israël dans le kelot hanefech (la consumation de l'âme) vers Lui, béni soit-Il (et comme il est écrit : "Entraîne-moi, après Toi nous courrons", etc. (Cantique des Cantiques 1, 4)).
Et c'est pourquoi la Knesset Israël est appelée fiancée, d'après le kelot hanefech, et comme il est écrit : "ma sœur, ma fiancée, que tes caresses sont bonnes, meilleures que le vin", etc. (Cantique des Cantiques 4, 10).
Et c'est le sujet de : sur chaque parole leur âme s'envola. Car par la parole et le dévoilement d'en haut leur âme s'envola dans l'aspect du bitoul envers l'Or Ein Sof, béni soit-Il.
(Et voir ce qui est écrit de manière semblable dans la paracha Lekh lekha, dans l'explication de ce qu'ont dit nos Sages : "au moment où la parole sort de la bouche du Saint, béni soit-Il, elles se taisent" ('Haguiga 13b). "Elles se taisent" a le sens de l'aspect du silence et du bitoul, etc.) Et c'est le sujet qu'Il fit peser sur eux la montagne : c'est l'aspect de l'amour supérieur, qui est appelé montagne (comme il est écrit ailleurs au sujet d'Avraham, qu'on l'appela montagne.
Et au sujet d'Aharon : aleph, har, noun). Comme une cuve, qui est l'aspect d'une chose qui entoure en faisant le tour de tous les mondes, par quoi s'éveilla en eux l'amour.
(Et par cela sera résolu ce que l'on dit : "qui sanctifie Son peuple Israël par la 'houppa et les kiddouchin". Et l'on a objecté pourquoi ils ont changé l'ordre pour faire précéder la 'houppa aux kiddouchin.
Mais la 'houppa est l'aspect du makif, et c'est le sujet qu'Il fit peser sur eux la montagne comme une cuve, qui est l'aspect du dévoilement du makif, comme ci-dessus. Et c'est pourquoi il fallut faire précéder la 'houppa aux kiddouchin, car pour qu'ils arrivent à l'acceptation de la Torah, qui est l'aspect des kiddouchin, c'est par l'attraction du makif d'abord, par quoi ils arrivèrent à l'aspect du bitoul pour faire précéder "nous ferons", etc.
Et alors pourra être l'attraction et le dévoilement, l'aspect de la Torah, comme ci-dessus.) Et c'est le sens de ce qu'ont dit nos Sages : de là une grande protestation à l'égard de la Torah. C'est-à-dire que cet éveil dans leur cœur pour l'acceptation de la Torah, dans l'aspect de la messirout nefech (don de soi) et du bitoul, jusqu'à ce qu'ils fissent précéder "nous ferons" à "nous entendrons", cela ne fut pas de leur part par un choix et une volonté qui seraient d'eux-mêmes seulement, mais c'est par le dévoilement d'en haut de l'aspect de "Je vous ai aimés" que, par cela précisément, s'éveillèrent en eux la volonté et l'amour, etc.
Et néanmoins ils l'acceptèrent de nouveau d'une volonté entière aux jours d'A'hachvéroch. Ce fut une messirout nefech dans tout Israël, d'eux-mêmes, non par un éveil d'en haut d'abord à la manière du dévoilement de l'aspect de "et Sa droite m'enlace".
Car alors c'était l'aspect de la dissimulation de la face (à la manière de "et un temps pour s'éloigner de l'étreinte" (Ecclésiaste 3, 5)), et comme l'ont dit nos Sages : Esther, d'où dans la Torah ? Car il est écrit : "et Moi, Je cacherai assurément Ma face en ce jour-là" (Deutéronome 31, 18 ; 'Houlin 139b).
Et alors c'était l'aspect de l'itarouta diletata (éveil d'en bas) de leur propre fait, et c'est : ils l'acceptèrent de nouveau d'une volonté entière.
וביאור הענין יובן ע"פ מ"ש איש יהודי כו' ושמו מרדכי כו' איש ימיני. וצ"ל דימיני פי' שהוא משבט בנימין כדפי' רש"י ואם כן למה קרי ליה יהודי דהוא על שם שבט יהודה.
גם צ"ל דבגזרת המן נאמר להשמיד להרג כו' היהודים והרי בשבע ועשרים ומאה מדינה מלכות אחשורוש היה גם מכל השבטים אפרים ומנשה אלא שנקראו כולם יהודים מפני בחינת הבטול שיש בהם לאור א"ס ב"ה. כמו שאנו אומרים בשמונה עשרה מודים אנחנו לך.
שעל שם זה נק' יהודי כמ"ש לאה הפעם אודה את ה' ע"כ קראה שמו יהודה. (ויש בכל אחד מישראל בחינת הודאה ובטול זה.
וכמש"ל פרשת ויחי ע"פ יהודה אתה שזהו בחי' ומדרגת שמונה עשרה שהוא בחינת כריעות והשתחואות וכמאמר ואנחנו כורעים ומשתחוים ומודים). ולכן נק' מרדכי איש יהודי.
פי' שר ליהודים כמו איש הר הבית כי הוא היה מקור הבטול כמארז"ל מרדכי מן התורה מנין דכתיב מר דרור ומתרגמינן מירא דכיא. ומר זה לדעת הרמב"ם ושאר מפרשים הוא (רק הראב"ד והרמב"ן פי' בע"א) מושק הנזכר בגמ' פ' כיצד מברכין שהוא דם חיה ידוע שנקרש בחטוטרת שבצוארה ונעשה בושם הנק' מר.
והיינו במדות הנפש בחי' אתכפייא ואתהפכא ממרירו למיתקו כי הדם הוא הנפש החיונית נפש המתאוה וכשמהפך תאוותיו הבהמיות מתענוגי עוה"ז להיות כל חפצו ותענוגיו בה' זהו ענין שנעשה ממנו בושם.
Et l'explication du sujet se comprendra d'après ce qui est écrit : "Un homme juif", etc., "et son nom Mordekhaï", etc., "un homme yemini" (Esther 2, 5). Et il faut comprendre : yemini a le sens qu'il est de la tribu de Binyamin, comme l'explique Rachi, et alors pourquoi l'appelle-t-on juif, ce qui est d'après le nom de la tribu de Yehouda.
Il faut aussi comprendre que dans le décret de Haman il est dit "pour anéantir, pour tuer", etc., les Juifs (Esther 3, 13), or dans les cent vingt-sept provinces du royaume d'A'hachvéroch il y avait aussi de toutes les tribus, Éphraïm et Menaché, mais ils furent tous appelés Juifs à cause de l'aspect du bitoul qu'ils ont envers l'Or Ein Sof, béni soit-Il. Comme nous disons dans les dix-huit bénédictions : "nous Te rendons grâce".
C'est d'après cela qu'on est appelé juif, comme il est écrit de Léa : "cette fois je rendrai grâce à ה', c'est pourquoi elle appela son nom Yehouda" (Genèse 29, 35). (Et il y a en chacun d'Israël cet aspect de hodaa (reconnaissance) et de bitoul.
Et comme expliqué plus haut, paracha Vaye'hi, sur le verset "Yehouda, toi" (Genèse 49, 8), que c'est l'aspect et le degré des dix-huit, qui est l'aspect des génuflexions et des prosternations, et comme on dit : "et nous, nous fléchissons, nous nous prosternons et nous rendons grâce".) Et c'est pourquoi Mordekhaï est appelé un homme juif. Le sens est : chef des Juifs, comme "l'homme du mont du Temple" (Middot 1, 2), car il était la source du bitoul, comme l'ont dit nos Sages : Mordekhaï, d'où dans la Torah ?
Car il est écrit "mor deror", et l'on traduit "mira dakhya" ('Houlin 139b, Exode 30, 23). Et ce mor, selon l'avis du Rambam et des autres commentateurs (seul le Raavad et le Ramban l'expliquent autrement), est le musc mentionné dans le Talmud, chapitre "Comment bénit-on", qui est le sang d'un animal connu, qui se coagule dans la bosse de son cou et devient le parfum appelé mor.
Et c'est, dans les middot de l'âme, l'aspect de l'itkafia et de l'ithapkha, de l'amertume vers la douceur, car le sang est l'âme vitale, l'âme qui désire, et lorsqu'on transforme ses désirs animaux, des délectations de ce monde, pour que tout son vouloir et ses délectations soient en ה', c'est le sujet qu'il en est fait un parfum.
ועל דרך זה יש לפרש מחלוקת הפוסקים במור הנ"ל שרבינו יונה מתירו אפילו באכילה ויש אוסרים אותו באכילה דס"ל שלא נתהפך אלא ריחו אבל גופו אסור באכילה. והרר"י ס"ל שחזר לגמרי להיות היתר.
וכמ"ש בטור א"ח סימן רי"ו. ומחלוקתם ע"פ חסידות תלוי בענין הנזכר בגמ' ביומא (דף פו ע"ב) גבי תשובה אם זדונות נעשו כשגגות או כזכיות כי שניהם ענין א' שהוא מה שהרע נהפך לטוב.
שהרי חיה ידוע הנ"ל הוא ידעוני הנזכר בתורה בפרש' שופטים שהוא מקליפות הטמאות כמ"ש ושאל אוב וידעני ודרש אל המתים.
Et de cette manière il y a à expliquer la discussion des décisionnaires au sujet de ce mor : que Rabbénou Yona le permet même en nourriture, et il y en a qui l'interdisent en nourriture, car ils tiennent qu'il ne s'est transformé que son odeur, mais que son corps est interdit en nourriture. Et Rabbénou Yona tient qu'il est revenu entièrement à être permis.
Et comme il est écrit dans le Tour Ora'h 'Haïm, paragraphe 216. Et leur discussion, selon la 'hassidout, dépend du sujet mentionné dans le Talmud à Yoma (folio 86b) au sujet de la techouva : si les fautes volontaires sont devenues comme des fautes involontaires ou comme des mérites, car les deux sont un seul sujet, qui est que le mal se transforme en bien.
Car cet animal connu susdit est le yideoni mentionné dans la Torah, dans la paracha Choftim, qui est des kelipot impures, comme il est écrit : "qui interroge l'ov et le yideoni, et qui consulte les morts" (Deutéronome 18, 11).
ולכן זה שיהיה הבושם הלז מותר אפילו באכילה הוא כמו שבתשובה מאהבה הזדונות נעשו כזכיות שהרע נהפך לגמרי להיות טוב ממש. ועל זה אמרו במקום שבעלי תשובה עומדים אין צדיקים גמורים יכולים לעמוד.
אבל בתשובה שלא מאהבה רבה הזדונות הם כשגגות אבל לא נתהפכו לגמרי להיות טוב וזהו מ"ד שהמור הנ"ל אע"פ שריחו טוב מ"מ לא חזר להיות מותר באכילה כו'.
Et c'est pourquoi, que ce parfum-là soit permis même en nourriture, c'est comme dans la techouva par amour : les fautes volontaires sont devenues comme des mérites, le mal s'étant entièrement transformé pour être véritablement bien. Et sur cela ils ont dit : "à l'endroit où se tiennent les baalei techouva, les justes parfaits ne peuvent pas se tenir" (Berakhot 34b).
Mais dans une techouva qui n'est pas d'un grand amour, les fautes volontaires sont comme des fautes involontaires, mais elles ne se sont pas entièrement transformées pour être bien, et c'est l'avis que le mor susdit, bien que son odeur soit bonne, néanmoins n'est pas revenu à être permis en nourriture, etc.
והנה מרדכי שנק' מירא דכיא היינו שהוא מקור הבטול שהוא בחי' יסוד אבא שחכמה היא כח מ"ה ובחכמה אתברירו. ולכן נק' איש יהודי דוקא.
והנה המן הי' לעומת זה של בחי' זו דוקא כמו שאמר למי יחפוץ המלך לעשות יקר יותר ממני שהיה יש ודבר בעיניו ונפרד מאחדותו ית' לומר אני ואפסי עוד כי היה מזרע עמלק וכתיב ראשית גוים עמלק כי ז' אומות הכנעני והחתי כו' שבפסוק הם ז' מדות רעות תאות ורציחה כו'. ועמלק הוא גסות הרוח והוא ראשית להם.
כי גסות הרוח היא שרש כל המדות רעות.
Or Mordekhaï, qui est appelé mira dakhya, c'est qu'il est la source du bitoul, qui est l'aspect du yessod d'Abba, car la 'hokhma est la force de Mah (45), et "dans la 'hokhma elles furent triées". Et c'est pourquoi il est appelé précisément un homme juif.
Or Haman était en regard de cela, de cet aspect précisément, comme il dit : "à qui le roi voudrait-il faire honneur plus qu'à moi ?" (Esther 6, 6), car il était yech (l'être, le moi) et une chose à ses yeux, et séparé de Son unité, béni soit-Il, pour dire "moi, et rien d'autre que moi" (Isaïe 47, 8), car il était de la semence d'Amalek, et il est écrit : "le commencement des nations, Amalek" (Nombres 24, 20), car les sept nations, le Cananéen et le Hittite, etc., qui sont dans le verset, sont sept middot mauvaises, le désir et le meurtre, etc. Et Amalek est la grossièreté de l'esprit, et il est le commencement pour elles.
Car la grossièreté de l'esprit est la racine de toutes les middot mauvaises.
ולכן המן שהוא בחי' גסות רצה להשמיד ולהרוג את כל היהודים שהם בבחי' בטול הפך היש והגסות. ואם היו כופרים ח"ו לא היו עושי' להם כלום שהרי לא גזר רק על היהודים.
אך כולם כאחד לא עלה על דעתם מחשבת חוץ ח"ו ומסרו נפשם על אחדותו ית' וזהו בחי' בטול הנ"ל וישנו בכח בכל אחד מישראל ואפי' קל שבקלים יכול למסור נפשו בפועל ממש שלא ליפרד מאחדותו ית' בשום אופן בעולם. ומה שעובר שאר עבירות היינו מפני הרוח שטות שמטעהו לחשוב שאינו נפרד מהקב"ה על ידי עבירה ההיא כיון שלובש ציצית ומניח תפלין.
C'est pourquoi Haman, qui est l'aspect de la grossièreté, voulut exterminer et tuer tous les Juifs, qui sont dans l'aspect du bitoul, l'opposé du yech et de la grossièreté. Et s'ils avaient renié, à D.ieu ne plaise, on ne leur aurait rien fait, puisqu'il n'avait décrété que contre les Juifs.
Mais tous comme un seul, il ne leur monta pas à l'esprit une pensée étrangère, à D.ieu ne plaise, et ils livrèrent leur âme pour Son unité, béni soit-Il ; et c'est là l'aspect du bitoul susmentionné, et il existe en puissance en chacun d'Israël, et même le plus léger des légers peut livrer son âme en acte véritable, pour ne pas se séparer de Son unité, béni soit-Il, d'aucune manière au monde. Et s'il commet les autres transgressions, c'est à cause de l'esprit de folie qui le trompe en lui faisant penser qu'il ne se sépare pas du Saint, béni soit-Il, par cette transgression-là, puisqu'il revêt le tsitsit et pose les téfilines.
והנה בחינת מסירת נפש נמשך מחמת אהבה המסותרת שהיא למעלה מן הדעת ולכן לא נזכר בתורה טעם על מסירת נפש רק על אהבה נאמר טעם כמ"ש לאהבה את הוי' אלקיך כי הוא חייך.
Or l'aspect de la messirout nefech est attiré du fait de l'amour caché, qui est au-dessus de la daat ; c'est pourquoi il n'est pas mentionné dans la Torah de raison pour la messirout nefech, mais seulement pour l'amour il est dit une raison, comme il est écrit : "pour aimer ה' ton Elokim, car Il est ta vie" (Deutéronome 30, 20).
ואין זה טעם על מסירת נפש כיון שהטעם הוא כי הוא חייך והרי מסירת נפש הוא להשליך חייו מנגד. אלא הענין שאין שייך טעם ושכל על מסירת נפש כי המס"נ נלקח מבחינ' שלמעלה מן הדעת כי הנה פירוש כי הוא חייך היינו מה שהוא ית' ממכ"ע וסוכ"ע שעי"ז מחיה ומהוה כ"ע וכבר נת' לעיל דבחינת ממלא וסובב הוא רק הארה לבד ממנו ית' אבל מהותו ועצמותו ית' אינו בגדר עלמין כלל אפילו להיות סובב וממלא לעלמין.
כי לא זה היא עיקר האלקות מה שהעולמות מתהוים ממנו ומקבלים חיותם ממנו ית'. שהרי אתה הוא עד שלא נברא העולם ולאחר שנברא בשוה ממש.
Et ce n'est pas une raison pour la messirout nefech, puisque la raison est "car Il est ta vie", or la messirout nefech consiste à jeter sa vie de côté. Mais le sujet est qu'il n'y a pas lieu à raison ni à intellect pour la messirout nefech, car la messirout nefech est prise d'un aspect qui est au-dessus de la daat.
Car voici, l'explication de "car Il est ta vie", c'est ce qu'Il est, béni soit-Il, memalé kol almin et sovev kol almin, par quoi Il vivifie et fait exister tous les mondes. Et il a déjà été expliqué plus haut que l'aspect de memalé et de sovev n'est qu'une illumination seule venant de Lui, béni soit-Il ; mais Son essence et Sa substance, béni soit-Il, ne sont absolument pas dans la catégorie des mondes, même pour être sovev et memalé envers les mondes.
Car ce n'est pas là l'essentiel de la Divinité, que les mondes viennent à l'existence de Lui et reçoivent leur vitalité de Lui, béni soit-Il. Puisque "Toi, Tu es avant que le monde ne fût créé", et après qu'il fut créé, de manière absolument égale.
וגם אילו לא היה בורא העולמות היה הכל שוה לפניו ית' אלא מה שמחיה ומהוה העולמות זהו רק הארה ממנו ית' וכמ"ש במ"א דלכך נק' הבריאה יש מאין. שבחי' התהוות היש הוא רק ע"י הארה לבד שנק' אין לגבי מהותו ועצמותו יתברך (כמש"ל פ' שלח ד"ה וירא ישראל) וכמ"ש ואתה מחיה את כלם.
פירוש ואתה היינו כ"ב אותיות דבר ה' מא' ועד תי"ו וה' מוצאות שעל ידי האותיות מחיה את כולם. והאותיות הם רק הארה לבד כמו האותיות באדם הן רק לבושי הנפש כו'.
וא"כ מהותו ועצמותו ית' הוא למעלה גם מבחי' ומדרגה זו הנזכר כי הוא חייך כי זהו רק היותו ממלא וסובב ומזה נמשך לאהבה כי הוא חייך. וכמ"ש נפשי אויתיך כמ"ש בתניא (פמ"ד).
אבל המס"נ להשליך חייו מנגד נמשך שלא ליפרד ממהותו ועצמותו ית' שהוא למעלהמחיי החיים וקמיה כלא ממש חשיבי ואתה הוא קודם שנברא כו'. והנה כ"ז הוא שיש בכח כל א' מישראל (כי הנצוץ אלהות שבנשמה הוא ג"כ נמשך מבחי' שלמעלה מהשכל וכמו שכתוב במ"א ועיין בע"ח שמ"א פ"ג והכוונה כי יש נצוץ כו') ולכן היה אז מסירת נפש בפו"מ אצל כל ישראל שלא ליפרד מאחדותו יתברך.
וזהו ואת מאמר מרדכי כי מרדכי היה מקור הבטול איש יהודי כנ"ל. וזהו וקבל היהודים את אשר החלו לעשות.
שבמתן תורה שהקדימו נעשה לנשמע ועל כל דבור פרחה נשמתם שהוא בחי' בטול ומס"נ שלכך זכו למ"ת התגלות אלקות.
Et même s'Il n'avait pas créé les mondes, tout aurait été égal devant Lui, béni soit-Il ; mais ce par quoi Il vivifie et fait exister les mondes n'est qu'une illumination venant de Lui, béni soit-Il. Et comme il est écrit ailleurs, c'est pourquoi la création est appelée un yech venant de l'ayin (le néant).
Car l'aspect de la venue à l'existence du yech n'est que par une illumination seule, qui est appelée ayin par rapport à Son essence et à Sa substance, béni soit-Il (comme expliqué plus haut, paracha Chela'h, au discours Vayar Israël). Et comme il est écrit : "et Toi, Tu fais vivre eux tous" (Néhémie 9, 6).
Explication : "et Toi", ce sont les vingt-deux lettres de la parole de ה', depuis le aleph jusqu'au tav, et les cinq articulations, par lesquelles, au moyen des lettres, Il fait vivre eux tous. Et les lettres ne sont qu'une illumination seule, de même que les lettres chez l'homme ne sont que les vêtements de l'âme, etc.
Ainsi donc, Son essence et Sa substance, béni soit-Il, sont au-dessus même de cet aspect et de ce degré mentionnés dans "car Il est ta vie", car cela n'est que Son être memalé et sovev, et de là est attiré l'amour de "car Il est ta vie". Et comme il est écrit : "mon âme T'a désirée" (Isaïe 26, 9), comme il est écrit dans le Tanya (chapitre 44).
Mais la messirout nefech, pour jeter sa vie de côté, est attirée afin de ne pas se séparer de Son essence et de Sa substance, béni soit-Il, qui est au-dessus de la Vie des vies, et devant Lui ils ne comptent absolument pour rien, et "Toi, Tu es avant que [le monde] ne fût créé", etc. Or tout cela existe en puissance en chacun d'Israël (car l'étincelle de Divinité qui est dans l'âme est elle aussi attirée d'un aspect qui est au-dessus de l'intellect, et comme il est écrit ailleurs, et vois dans Ets 'Haïm, chaar 41, chapitre 3, et l'intention est qu'il y a une étincelle, etc.) ; c'est pourquoi il y eut alors une messirout nefech en acte véritable chez tout Israël, pour ne pas se séparer de Son unité, béni soit-Il.
Et c'est là "et la parole de Mordekhaï" (Esther 2, 20), car Mordekhaï était la source du bitoul, "un homme juif", comme mentionné plus haut. Et c'est là "et les Juifs acceptèrent ce qu'ils avaient commencé à faire" (Esther 9, 23).
Car au don de la Torah, ils firent précéder "nous ferons" à "nous entendrons", et à chaque parole leur âme s'envola, ce qui est l'aspect du bitoul et de la messirout nefech ; c'est pourquoi ils méritèrent le don de la Torah, le dévoilement de la Divinité.
וכך היה בימי אחשורוש הבטול הזה ביתר שאת כי במ"ת היה בטול זה מחמת כח האתעדל"ע שכפה עליהם הר כו'. וכמים הפנים כו'.
אבל בימי אחשורוש היה הבטול מצד עצמם בחינת אתעדל"ת תחלה. ולכן גם ההמשכה שנמשך עי"ז הוא ממקום עליון יותר עד שהגילוי שבמ"ת נק' רק החלו התחלה לגבי אור ההמשכה שנמשך להם בפורים שנק' וקבל שזהו הגמר וזהו וקבל היהודים כו'.
(והענין הוא דהנה כתיב מה ראו על ככה ומה הגיע אליהם. מ"ה הוא בחינת בטול ומ"נ הגיע אליהם כנודע שיש מ"ה וב"ן.
ב"ן הוא בחינת ירידה והשתלשלות להיות התהוות יש ודבר. ומ"ה הוא בחי' בטול כח מ"ה.
ומ"ה ובטול זה הגיע אליהם דהנה אף שבימי אחשורוש היה הבטול באתעדל"ת מצד עצמם היינו שההתחלה היה מהם. אבל ודאי שאלמלא עוזרו כו'.
א"כ נמשך ג"כ אתעדל"ע להולדת בטול זה וזהו מה ראו כו' ומה הגיע אליהם. משא"כ במ"ת היה ההתחלה באתעדל"ע.
והחילוק הוא ע"ד אשה מזרעת תחלה יולדת זכר דכנסת ישראל נקראת אשה וכשהתחלת ההולדה הוא ע"י אתעדל"ת ואח"כ באתעדל"ת אתעדל"ע אזי יולדת זכר שהוא בחי' מ"ה ובטול אמתי. משא"כ בשעת מ"ת שהיה ההתחלה ע"י אתעדל"ע שכפה עליהם הר כגיגית ואע"פ שע"י אתעדל"ע זו נתעוררו באתעדל"ת ובטול להקדים נעשה לנשמע מ"מ כיון שהוא על דרך איש מזריע תחלה לכן יולדת נקבה שהוא בחי' ב"ן.
כי גם שם ב"ן הוא בחי' בטול היש וכנודע מענין משה ואליהו שאליהו בגימטריא ב"ן והיה בו בטול הגוף עד שעלה בסערה כו' ומ"מ בטול דבחי' משה שהוא בחי' מ"ה ממש כמ"ש ונחנו מה היה גדול יותר מבטול דאליהו כו'. או י"ל החילוק בין הבטול דשעת מ"ת לבטול דבימי אחשורוש ע"ד שנתבאר במ"א גבי משה ואהרן שבשניהם נאמר ונחנו מה ומ"מ משה הוא מ"ה דמ"ה ואהרן ב"ן דמ"ה ובחי' בטול דב"ן דמ"ה זהו בחי' הנק' יולדת נקבה לגבי בטול מ"ה דמ"ה שהוא בטול עליון יותר כו'.
והנה על כל פנים מובן שהבטול ומס"נ דכללות ישראל בימי אחשורוש היה גדול יותר במדרגה מבחי' הבטול דשהקדימו נעשה כו' והיינו בחי' אשה מזרעת תחלה יולדת זכר. והנה כמו שהוא בענין הבטול כך הוא ג"כ בענין עצם גלוי האור שלמעלה שהוא בחי' התורה נק' במ"ת החלו לעשות לגבי פורים שנק' וקבל כו' הדר וקבלוה כו' שהוא גלוי עליון יותר ממקור התורה שנקראת משל הקדמוני כנ"ל.
כי אשה מזרעת תחלה יולדת זכר משא"כ איש מזריע תחלה יולדת נקבה. וזהו תורה צוה לנו משה מורשה מאורשה כו' ושייך בחינה זו גם באור התורה ע"פ מ"ש בע"ח שי"א פ"א כי עתיק יומין כו' ובחי' מ"ה שבו כו' ע"ש [ועיין מ"ש בביאור ע"פ שימני כחותם] וזהו מה ראו כו' ומה הגיע אליהם מה ראו היינו בחי' הבטול ומה הגיע אליהם היינו בחי' התורה דמחכמה נפקת כח מ"ה שהיא בחי' משל הקדמוני כנ"ל):
Et ainsi en fut-il aux jours d'A'hachvéroch : ce bitoul, avec une force accrue. Car au don de la Torah, ce bitoul était du fait de la force de l'itarouta dile'ela (éveil d'en haut), en ce qu'Il fit peser sur eux la montagne, etc., et "comme dans l'eau le visage répond au visage", etc.
(Proverbes 27, 19). Mais aux jours d'A'hachvéroch, le bitoul venait d'eux-mêmes, l'aspect de l'itarouta diletata d'abord.
Et c'est pourquoi aussi l'attraction qui fut attirée par cela vient d'un lieu plus élevé, au point que le dévoilement du don de la Torah n'est appelé que "ils commencèrent", un commencement, par rapport à la lumière de l'attraction qui leur fut attirée à Pourim, qui est appelée "et ils acceptèrent", ce qui est l'achèvement ; et c'est là "et les Juifs acceptèrent", etc. (Et le sujet est : voici qu'il est écrit "qu'ont-ils vu pour cela, et qu'est-il arrivé jusqu'à eux" (Esther 9, 26).
Mah (45) est l'aspect du bitoul, et (מ"נ) arriva jusqu'à eux, comme il est connu qu'il y a Mah (45) et Ban (52). Ban (52) est l'aspect de la descente et de l'enchaînement, pour la venue à l'existence du yech et de la chose.
Et Mah (45) est l'aspect du bitoul, la force de Mah (45). Et ce Mah (45) et ce bitoul arrivèrent jusqu'à eux.
Car voici : bien qu'aux jours d'A'hachvéroch le bitoul fût par itarouta diletata, de leur propre fait, c'est-à-dire que le commencement venait d'eux, néanmoins assurément "si [le Saint, béni soit-Il] ne l'aidait pas", etc. (Kiddouchin 30b) Ainsi donc une itarouta dile'ela fut aussi attirée pour l'engendrement de ce bitoul, et c'est là "qu'ont-ils vu", etc., "et qu'est-il arrivé jusqu'à eux".
Ce qui n'est pas le cas au don de la Torah, où le commencement fut par itarouta dile'ela. Et la différence est à la manière de "la femme qui émet la semence la première enfante un mâle" (Nidda 31a) : car Knesset Israël est appelée femme, et lorsque le commencement de l'engendrement est par itarouta diletata, et qu'ensuite, par l'itarouta diletata, [vient] l'itarouta dile'ela, alors elle enfante un mâle, qui est l'aspect de Mah (45) et du bitoul véritable.
Ce qui n'est pas le cas au moment du don de la Torah, où le commencement fut par itarouta dile'ela, en ce qu'Il fit peser sur eux la montagne comme une cuve (Chabbat 88a) ; et bien que par cette itarouta dile'ela ils se fussent éveillés en itarouta diletata et en bitoul pour faire précéder "nous ferons" à "nous entendrons", néanmoins, puisque c'est à la manière de l'homme qui émet la semence le premier, c'est pourquoi elle enfante une femelle, qui est l'aspect de Ban (52). Car le nom Ban (52) aussi est l'aspect du bitoul du yech, et comme il est connu du sujet de Moché et d'Élie : Élie a pour guématria Ban (52), et il y avait en lui le bitoul du corps, au point qu'il monta dans la tempête, etc.
(II Rois 2, 11) ; et néanmoins le bitoul de l'aspect de Moché, qui est l'aspect de Mah (45) véritablement, comme il est écrit "et nous, que sommes-nous" (Exode 16, 7), fut plus grand que le bitoul d'Élie, etc. Ou bien l'on peut dire que la différence entre le bitoul du moment du don de la Torah et le bitoul des jours d'A'hachvéroch est à la manière de ce qui a été expliqué ailleurs au sujet de Moché et d'Aharon, chez qui tous deux il est dit "et nous, que sommes-nous", et néanmoins Moché est Mah (45) de Mah (45), et Aharon est Ban (52) de Mah (45) ; et l'aspect du bitoul de Ban (52) de Mah (45), c'est l'aspect appelé "elle enfante une femelle", par rapport au bitoul de Mah (45) de Mah (45), qui est un bitoul plus élevé, etc.
Or en tout cas il est compris que le bitoul et la messirout nefech de l'ensemble d'Israël aux jours d'A'hachvéroch furent plus grands en degré que l'aspect du bitoul de ceux qui firent précéder "nous ferons", etc., et c'est là l'aspect de "la femme qui émet la semence la première enfante un mâle". Or de même qu'il en est pour le sujet du bitoul, de même en est-il aussi pour le sujet de l'essence du dévoilement de la lumière d'en haut, qui est l'aspect de la Torah : au don de la Torah elle est appelée "ils commencèrent à faire", par rapport à Pourim, qui est appelé "et ils acceptèrent", etc., "ils l'acceptèrent de nouveau", etc.
(Chabbat 88a), ce qui est un dévoilement plus élevé, depuis la source de la Torah, qui est appelée "la parabole de l'Ancien" (I Samuel 24, 14), comme mentionné plus haut. Car la femme qui émet la semence la première enfante un mâle, ce qui n'est pas le cas de l'homme qui émet la semence le premier : elle enfante une femelle.
Et c'est là "La Torah que Moché nous a commandée, un héritage", [lue aussi] fiancée, etc. (Deutéronome 33, 4).
Et cet aspect se rapporte aussi à la lumière de la Torah, selon ce qui est écrit dans Ets 'Haïm, chaar 11, chapitre 1, car Atik Yomin, etc., et l'aspect de Mah (45) qui est en lui, etc., vois là-bas [et vois ce qui est écrit dans l'explication sur le verset "Place-moi comme un sceau" (Cantique des Cantiques 8, 6)]. Et c'est là "qu'ont-ils vu", etc., "et qu'est-il arrivé jusqu'à eux" : "qu'ont-ils vu", c'est l'aspect du bitoul, et "qu'est-il arrivé jusqu'à eux", c'est l'aspect de la Torah, car de la 'hokhma elle sort, la force de Mah (45), qui est l'aspect de "la parabole de l'Ancien", comme mentionné plus haut.)
ועפ"ז יובן מארז"ל חייב אינש לבסומי בפוריא עד דלא ידע כו'. ששמחת פורים עצומה ויתירה מהשמחה שביו"ט.
כי הנה על כל יו"ט כתיב רננו צדיקים בהוי"ה. וכמבואר בזוהר תרומה (ד' קל"ז ע"ב) דלכך אומרים מזמור זה בשבתות וימים טובים.
והנה הוי"ה הוא בחי' השתלשלות העולמות יו"ד חכמה ה' בינה כו' ורננו בהוי"ה היינו שממשיכים תוספת אור וגלוי מלמעלה מהשתלשלות בסדר ההשתלשלות. וכמו שכתבתי במ"א על פסוק שוש אשיש בהוי"ה דהפי' שכנ"י מפעילים השמחה בשם הוי' כו'.
ועד"ז הוא פירוש רננו צדיקים בהוי"ה. וצדיקים היינו צדיק עליון וצדיק תחתון.
והנה תוספת אור זה הוא ג"כ בשיעור ומדה (ע"פ קו המדה כו') מאחר שנמשך בהשתלשלות חו"ב ואינו ערוך למהותו ועצמותו ית' הפשוט בתכלי' הפשיטו' וסדר ההשתלשלו' הוא רק כטפה מן הים כו' ולכן מצות שמחת יו"ט שנאמר ושמחת בחגך היא בגבול ומדה בשלמי שמחה אין שמחה אלא בבשר ועכשיו משחרב בהמ"ק אין שמחה אלא ביין וברביעית יין יוצא ידי חובת שמחת יו"ט שהשמחה היא בגבול ושיעור (וכמו שלמעלה תוספת האור מתלבש בחו"ב כו' כך הוא למטה שהשמחה מתלבשת בהדעת כו') משא"כ שמחת פורים שהשמחה גדולה יותר למעלה מהדעת עד דלא ידע כו' והוא מפני ענין המבואר למעלה שע"י המס"נ שהיה בהם אז כל השנה שהוא בחי' שלמעלה מהטעם ודעת הנה באתעדל"ת ובטול זה הגיעו למעלה מעלה בעצמות א"ס ב"ה שלמעלה מעלה מגדר ההשתלשלות שאינו בגדר סובב וממלא כו' שמזה דוקא נמשך בחי' המס"נ כנ"ל באריכות.
Et d'après cela on comprendra ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : "Un homme est tenu de s'enivrer à Pourim jusqu'à ce qu'il ne sache plus", etc. (Meguila 7b).
Car la joie de Pourim est immense et supérieure à la joie de Yom Tov (jour de fête). Car voici : sur chaque Yom Tov il est écrit "Jubilez, justes, en ה'" (Psaumes 33, 1).
Et comme il est expliqué dans le Zohar, Terouma (folio 137b), c'est pourquoi l'on dit ce psaume les Chabbats et les jours de fête. Or Havaya est l'aspect de l'enchaînement des mondes : youd, 'hokhma ; hé, bina, etc.
Et "jubilez en Havaya", c'est qu'ils attirent un supplément de lumière et de dévoilement, d'au-dessus de l'enchaînement, dans l'ordre de l'enchaînement. Et comme je l'ai écrit ailleurs sur le verset "Je me réjouirai assurément en ה'" (Isaïe 61, 10), dont l'explication est que Knesset Israël fait agir la joie dans le nom Havaya, etc.
Et de la même manière est l'explication de "Jubilez, justes, en Havaya". Et "justes", c'est le juste supérieur et le juste inférieur.
Or ce supplément de lumière est lui aussi dans une proportion et une mesure (selon la ligne de la mesure, etc.), puisqu'il est attiré dans l'enchaînement de 'hokhma et de bina, et qu'il n'est pas à la mesure de Son essence et de Sa substance, béni soit-Il, simple dans l'extrême de la simplicité ; et l'ordre de l'enchaînement n'est que comme une goutte de la mer, etc. C'est pourquoi le commandement de la joie de Yom Tov, dont il est dit "et tu te réjouiras en ta fête" (Deutéronome 16, 14), est dans une limite et une mesure : dans les chelamim de la joie, "il n'y a de joie que dans la viande", et maintenant que le Beit Hamikdach est détruit, "il n'y a de joie que dans le vin" (Pessa'him 109a), et avec un réviit de vin on s'acquitte de l'obligation de la joie de Yom Tov, car la joie est dans une limite et une mesure (et de même qu'en haut le supplément de lumière se revêt dans 'hokhma et bina, etc., de même en bas la joie se revêt dans la daat, etc.).
Ce qui n'est pas le cas de la joie de Pourim, dont la joie est plus grande, au-dessus de la daat, "jusqu'à ce qu'il ne sache plus", etc. Et cela est à cause du sujet expliqué plus haut : par la messirout nefech qui fut en eux alors toute l'année, qui est un aspect au-dessus de la raison et de la daat, voici que par cette itarouta diletata et ce bitoul ils atteignirent très haut, dans l'essence de l'Ein Sof, béni soit-Il, bien au-dessus de la catégorie de l'enchaînement, qui n'est pas dans la catégorie de sovev et de memalé, etc., d'où précisément est attiré l'aspect de la messirout nefech, comme mentionné plus haut en longueur.
ולכן השמחה מגלוי זה הוא למעלה מהדעת. והיינו עד דלא ידע בין ארור המן לברוך מרדכי כי בהגלות נגלות הארת עצמותו ית' כולם שוים ממש וכחשכה כאורה כמ"ש גם חשך לא יחשיך.
Et c'est pourquoi la joie de ce dévoilement est au-dessus de la daat. C'est-à-dire "jusqu'à ce qu'il ne sache plus [distinguer] entre maudit soit Haman et béni soit Mordekhaï", car, lorsque se dévoile l'illumination de Son essence, béni soit-Il, tous sont absolument égaux, et les ténèbres comme la lumière, comme il est écrit : "même les ténèbres n'obscurcissent pas" (Psaumes 139, 12).
וכמ"ש אם צדקת מה תתן לו ורבו פשעיך מה תעשה לו. אמנם לענין איסור עשיית מלאכה הוא דוקא ביו"ט ולא בפורים וכמארז"ל ולבסוף כתיב לעשות אותם ימי משתה ושמחה ואילו יו"ט לא כתיב.
Et comme il est écrit : "Si tu es juste, que Lui donnes-tu ? Et si tes fautes se multiplient, que Lui fais-tu ?" (Job 35, 7 et 6).
Cependant, pour ce qui est de l'interdiction de faire un travail, c'est précisément à Yom Tov et non à Pourim, et comme nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : et à la fin il est écrit "pour en faire des jours de festin et de joie" (Esther 9, 22), alors que Yom Tov n'est pas écrit (Meguila 5b).
והענין כי היא הנותנת כי הנה ענין איסור דעשיית מלאכה שהוא עליות השכל והמדות לשרשן שזהו ענין השביתה והוא ענין עליות העולמות כנודע מענין כי בו שבת כו' כ"ז אינו שייך אלא בההארה שבסדר ההשתלשלות דשייך שם מעלה ומטה במדרגה.
Et le sujet est que c'est justement cela qui le veut. Car voici : le sujet de l'interdiction de faire un travail, qui est l'élévation de l'intellect et des middot vers leur racine, ce qui est le sujet de la cessation, et c'est le sujet de l'élévation des mondes, comme il est connu du sujet de "car en lui Il cessa", etc.
(Genèse 2, 3) ; tout cela ne concerne que l'illumination qui est dans l'ordre de l'enchaînement, où il y a lieu à haut et à bas en degré.
ולכן ששת ימים תעשה מלאכה ואח"כ ביום השביעי שהוא מדרגה יותר נעלית הרבה תשבות להיות עליות העולמות ממדרגה שלמטה למדרגות עליונות יותר וכן עד"ז בכל היו"ט שנמשך בהם תוספת אור וגלוי ועי"ז שייך איסור מלאכה ושבתון מהמלאכה שהוא בחי' עשייה למדרגה העליונה המתגלה אז וכ"ז אינו אלא בסדר השתלשלות דשייך שם מדרגת מעלה ומטה רוחניים. אבל בעצמותו ומהותו ית' שאינו בגדר עלמין כלל אין שייך כלל בחי' שביתה שהוא עליות המדרגות שהרי מעלה ומטה שוין אצלו לגמרי שהעשייה גשמיות עם ח"ע שניהן שוין ממש כלא חשיבי ולכן גבי שבת נא' שבת להוי"ה.
וכנ"ל בענין רננו צדיקים בהוי"ה. ולכן בפורים מותר בעשיית מלאכ' כו'.
(ועמ"ש בד"ה למנצח על השמינית בענין ששאל מין א' לר' יהושע כתיב כי בו שבת כו'. והלא הקב"ה מוריד גשמים ומצמיח דשאים כו' והשיב לו משל מעירוב והוצאה שברשות א' א"צ עירוב והוצאה כך כל העולם שלו הוא.
ולכאורה אינו מובן התירוץ שהרי שאר כל ל"ח אבות מלאכות זולת מלאכת ההוצאה אינן תלויות בחילוק רשויות כלל שאסור לחרוש ולזרוע ברה"י כמו ברה"ר. אלא שהתירוץ הוא כי ענין השביתה לא שייך רק בסדר ההשתלשלות שיש שם מדרגות רבות כמו חילוק רשויות אבל בבחי' המקיף את כל העולמות בשוה הרי כל העולם כולו שלו הוא והכל בבחי' השוואה אחת לפניו כחשכה כאורה הרי בבחי' זו לא שייך ענין שביתה כו' וע"ש.
ומזה יובן יותר למ"ש לענין הא דפורים מותר בעשיית מלאכה. אך עדיין צריך למודעי דא"כ דהא דפורים מותר בעשיית מלאכה הוא מפני שכשהגילוי הוא מבחי' עליונה יותר אין שייך איסור מלאכה א"כ איך מרדכי גזר בעשיית מלאכה ורצה שיהיה פורים יו"ט לאסור במלאכה.
ובודאי לא עלה על דעתו למעט במדרגת הגלוי שלא יהיה מבחי' עליונה כ"כ. ועוד דבכמה דרושים דלעיל מבואר דפורים ויוה"כ בחד דרגא אינון דכמו שבמקדש ביוה"כ היה גורלות גורל א' להוי"ה כו' כן נק' פורים ע"ש הפור הוא הגורל כו' עמש"ל בד"ה כי אברהם לא ידענו.
וגם מהא דאיתא דכל המועדים בטלים לע"ל חוץ מימי הפורים ויוה"כ משמע כן. והרי יוה"כ אסור בעשיית מלאכה יותר משאר היו"ט.
והענין הוא דעם היות כי אמת נכון הדבר דהא דפורים אין בו איסור בעשיית מלאכה כביו"ט הוא מפני שהאור מבחי' עליונה הרבה יותר מביו"ט. מ"מ מצד א' יש בקדושת יו"ט מעלה יתירה משא"כ בפורים.
והוא בהקדים מש"ל )(בד"ה כי אברהם לא ידענו) בענין הטעם שבזמן הגלות על הרוב כל הניסים והנפלאות נעשים דרך הטבע וכמו נס דפורים שלא היה דבר נראה לעין שהוא למעלה מהטבע משא"כ בזמן הבית שהיו ניסים יוצאים מהטבע שהוא מפני שנסתלקו המדות דאצי' שהיו מאירים פב"פ בזמן הבית ונשארה ההארה ממקום עליון יותר שלמעלה מהמדות ע"כ צריך להתלבש בדברים תחתונים שהוא ע"פ הטבע מפני שמרוב מדרגתו הגבוה אין לו כלום במה להתלבש אלא במקום היותר נמוך.
C'est pourquoi "six jours tu feras ton ouvrage, et ensuite le septième jour", qui est un degré beaucoup plus élevé, "tu cesseras" (Exode 23, 12), afin qu'il y ait élévation des mondes depuis un degré d'en bas vers des degrés plus élevés. Et de même en est-il pour tous les Yom Tov, en lesquels est attiré un supplément de lumière et de dévoilement, et par cela il y a lieu à l'interdiction du travail et au chabbaton par rapport au travail, qui est l'aspect de l'action par rapport au degré supérieur qui se dévoile alors.
Et tout cela n'est que dans l'ordre de l'enchaînement, où il y a lieu au degré de haut et de bas spirituels. Mais dans Son essence et Sa substance, béni soit-Il, qui ne sont absolument pas dans la catégorie des mondes, il n'y a absolument pas lieu à l'aspect de la cessation, qui est l'élévation des degrés, puisque haut et bas sont complètement égaux auprès de Lui : l'Assiya matérielle et la 'hokhma ilaa, les deux sont absolument égales, ne comptant pour rien.
Et c'est pourquoi, au sujet du Chabbat, il est dit "un Chabbat pour ה'" (Exode 20, 10). Et comme plus haut au sujet de "Jubilez, justes, en Havaya".
Et c'est pourquoi à Pourim il est permis de faire un travail, etc. (Et vois ce qui est écrit au discours Lamnatséa'h al hacheminit, au sujet de ce qu'un min demanda à Rabbi Yehochoua : il est écrit "car en lui Il cessa", etc.
Or le Saint, béni soit-Il, fait descendre les pluies et fait croître les herbes, etc. Et il lui répondit par une parabole, de l'érouv et du transport : dans un seul domaine, on n'a pas besoin d'érouv ni de transport ; ainsi le monde entier est à Lui.
Et à première vue la réponse n'est pas comprise, car toutes les autres trente-huit catégories principales de travaux, à l'exception du travail du transport, ne dépendent absolument pas de la distinction des domaines, puisqu'il est interdit de labourer et de semer dans un domaine privé comme dans un domaine public. Mais la réponse est que le sujet de la cessation ne concerne que l'ordre de l'enchaînement, où il y a de nombreux degrés, comme la distinction des domaines ; mais dans l'aspect du makif de tous les mondes également, voici que le monde entier est à Lui, et tout est dans un seul aspect d'égalité devant Lui, les ténèbres comme la lumière ; voici que dans cet aspect il n'y a pas lieu au sujet de la cessation, etc., et vois là-bas.
Et de là on comprendra mieux ce qui a été écrit au sujet de ce qu'à Pourim il est permis de faire un travail. Cependant il faut encore éclaircir : s'il en est ainsi, que ce qu'à Pourim il est permis de faire un travail est parce que, lorsque le dévoilement vient d'un aspect plus élevé, il n'y a pas lieu à l'interdiction du travail, alors comment Mordekhaï décréta-t-il au sujet du travail, et voulut-il que Pourim fût un Yom Tov, pour interdire le travail ?
Et assurément il ne lui monta pas à l'esprit de diminuer le degré du dévoilement, pour qu'il ne fût pas d'un aspect si élevé. Et de plus, dans plusieurs discours précédents il est expliqué que Pourim et Yom Kippour sont dans un même degré : de même que dans le Sanctuaire, à Yom Kippour, il y avait des sorts, "un sort pour ה'", etc.
(Lévitique 16, 8), de même Pourim est appelé d'après "le pour, c'est le sort" (Esther 3, 7), etc. ; vois plus haut au discours "car Avraham ne nous a pas connus". Et aussi de ce qui est enseigné, que toutes les fêtes seront annulées dans l'avenir, excepté les jours de Pourim et Yom Kippour, cela l'indique de même.
Or Yom Kippour est interdit quant au travail plus que les autres Yom Tov. Et le sujet est que, bien qu'il soit vrai et exact que ce qu'à Pourim il n'y a pas d'interdiction de faire un travail comme à Yom Tov, c'est parce que la lumière vient d'un aspect beaucoup plus élevé qu'à Yom Tov, néanmoins, d'un côté, il y a dans la sainteté de Yom Tov une supériorité, ce qui n'est pas le cas à Pourim.
Et c'est en faisant précéder ce qui a été dit plus haut (au discours "car Avraham ne nous a pas connus") au sujet de la raison pour laquelle, au temps de l'exil, le plus souvent tous les miracles et les merveilles se font par la voie de la nature, et comme le miracle de Pourim, où il n'y eut rien de visible à l'œil qui fût au-dessus de la nature, ce qui n'est pas le cas au temps du Temple, où il y avait des miracles qui sortaient de la nature : c'est parce que se retirèrent les middot d'Atsilout, qui éclairaient face à face au temps du Temple, et il resta l'illumination d'un lieu plus élevé, au-dessus des middot ; c'est pourquoi elle doit se revêtir dans les choses inférieures, ce qui est selon la nature, parce que, du fait de la hauteur de son degré, elle n'a rien en quoi se revêtir, sinon dans le lieu le plus bas.
וכנזכר המשל שם מענין פני אריה כו' ע"ש ונמצא עם היות דניסים אלו שבהתלבשות הם ממקום עליון יותר. אעפ"כ ודאי יש ג"כ מעלה יתירה כשהניסים הם בהתגלות שלא ע"י לבוש הטבע כלל שהרי זהו התגלות אלקות נראה לעין ולכן קובל הנביא אותותינו לא ראינו כו'.
Et comme il est mentionné là-bas la parabole au sujet de la face de lion, etc., vois là-bas. Et il se trouve que, bien que ces miracles qui sont dans le revêtement viennent d'un lieu plus élevé, néanmoins assurément il y a aussi une supériorité lorsque les miracles sont dans le dévoilement, non point par le vêtement de la nature du tout, puisque c'est là le dévoilement de la Divinité visible à l'œil ; et c'est pourquoi le prophète se plaint : "nos signes, nous ne les avons pas vus", etc.
(Psaumes 74, 9).
וע' בזהר ר"פ ויקרא ע"פ שאל לך אות כו' שכוונתו שהניסים שבהתלבשות הם ע"י אות ה' אחרונה דשם הוי"ה ונק' העמק שאלה שמתלבשת בלבושים המסתירים. והניסים נגלים הם ע"י אות י' דשם הוי"ה ונק' הגבה למעלה א"כ הרי הניסים שבהתגלות הן בחי' הגבה למעלה וכמ"ש ג"כ לקמן בס"ד גבי פסח (בד"ה להבין מפני מה) אלא שמעלה יתירה זו הוא רק ענין ההתגלות בלי לבוש אבל בעצם האור הרי מבואר דבניסים שבהתלבשות הוא ממקום עליון יותר הרבה שזהו פי' כי אתה אבינו כי אברהם שהוא בחי' המדות עליונות לא ידענו כו' ע"ש.
Et vois dans le Zohar, au début de la paracha Vayikra, sur le verset "Demande pour toi un signe", etc. (Isaïe 7, 11), dont l'intention est que les miracles qui sont dans le revêtement le sont par la lettre hé finale du nom Havaya, et sont appelés "approfondis la demande", qui se revêt dans des vêtements qui occultent.
Et les miracles dévoilés le sont par la lettre youd du nom Havaya, et sont appelés "élève vers le haut". Ainsi donc, les miracles qui sont dans le dévoilement sont l'aspect d'"élève vers le haut", et comme il est écrit aussi plus loin, avec l'aide de D.ieu, au sujet de Pessa'h (au discours "pour comprendre pourquoi").
Seulement, cette supériorité n'est que le sujet du dévoilement sans vêtement ; mais quant à l'essence de la lumière, voici qu'il est expliqué que, dans les miracles qui sont dans le revêtement, elle vient d'un lieu beaucoup plus élevé, et c'est là l'explication de "car Tu es notre père", car Avraham, qui est l'aspect des middot supérieures, "ne nous a pas connus", etc. (Isaïe 63, 16), vois là-bas.
וכעין זה הוא ג"כ ענין הפרש שבין קדושת יו"ט לפורים כי הנה מה שיו"ט אסור במלאכה היינו מפני השראת קדושה עליונה למטה שבששת ימי המעשה נמשך האור והחיות ע"י ההתלבשות בעשייה משא"כ ביו"ט נמשך מעולם הבריאה כו'. וכמ"ש בפע"ח שער מקראי קדש פ"ג וזהו בחי' השבתון מהמלאכה והעשייה.
וא"כ בפורים שלא נאסר בעשיית מלאכה היינו מפני שאין למטה הגילוי מעולם הבריאה כמו ביו"ט אלא ע"י התלבשות ומ"ש גם כן גבי ר"ח דמותר בעשיית מלאכה (ע' בד"ה והיה מדי חדש בחדשו כו'). וא"כ מצד זה יש מעלה יתירה ביום טוב שבא האור בהתגלות משא"כ בפורים הוא בהתלבשות והוא דוגמת מעלת הנס שבהתגלו' על הניסים שבהתלבשות.
ולכן נק' יו"ט מקרא קדש משא"כ פורים. אמנם מצד עצם האור שבהלבוש הרי מבואר שבפורים הוא המשכת אוא"ס ב"ה ממש ע"י המס"נ העצום שלמעל' מעלה מהאור שביו"ט.
Et d'une manière semblable, c'est aussi le sujet de la différence entre la sainteté de Yom Tov et Pourim. Car voici : ce que Yom Tov est interdit quant au travail, c'est à cause de l'habitation d'une sainteté supérieure en bas ; dans les six jours de l'action, la lumière et la vitalité sont attirées par le revêtement dans l'Assiya, ce qui n'est pas le cas à Yom Tov, où elle est attirée depuis le monde de Beria, etc.
Et comme il est écrit dans Pri Ets 'Haïm, Chaar Mikraé Kodech, chapitre 3 ; et c'est là l'aspect du chabbaton par rapport au travail et à l'action. Ainsi donc, à Pourim, où l'on n'a pas interdit de faire un travail, c'est parce qu'il n'y a pas en bas le dévoilement depuis le monde de Beria comme à Yom Tov, mais par le revêtement.
Et ce qui est écrit aussi concernant Roch 'Hodech, qu'il est permis de faire un travail (vois au discours "Et il arrivera, de mois en mois", etc.). Ainsi donc, de ce côté, il y a une supériorité à Yom Tov, en ce que la lumière vient dans le dévoilement, ce qui n'est pas le cas à Pourim, où c'est dans le revêtement ; et c'est à l'image de la supériorité du miracle qui est dans le dévoilement sur les miracles qui sont dans le revêtement.
Et c'est pourquoi Yom Tov est appelé convocation sainte, ce qui n'est pas le cas de Pourim. Cependant, du côté de l'essence de la lumière qui est dans le vêtement, voici qu'il est expliqué qu'à Pourim c'est l'attraction de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, réellement, par la messirout nefech immense, bien au-dessus de la lumière qui est à Yom Tov.
וגם זה ההתלבשות אינו העלם גמור רק כמו דוגמת הנס דפורים שאע"פ שלא היה דבר נראה לעין שהוא למעלה מהטבע רק ע"י אהבת אסתר מ"מ נראה בחוש שכל הסיבות היו רק למעלה מהטבע רק שנשתלשל ובא להתלבש בדרך הטבע. וא"כ אין זה העלם גמור וכך ע"ד זה גם גלוי אוא"ס ב"ה בפורים מאיר על כל א' מישראל בחי' כי אתה אבינו כו'.
עוד יובן דוגמא לכ"ז ממ"ש בפ' שלח (סד"ה והיה לכם לציצית) דכ' האריז"ל שקדושת הטלית גדלה מעלתה במאד מאד על קדושת הציצית שהן רק נימין נמשכים מהטלית רק שמפני גודל מעלת קדושתה אינה יכולה להתלבש בטלית הגשמי' ממש כמו בציצית ולכן אין בטלית הגשמית שום קדושה כלל ומותר להשתמש בה דברי חול משא"כ בציצית.
Et aussi, ce revêtement n'est pas un occultement total, mais seulement à l'image du miracle de Pourim : bien qu'il n'y eût rien de visible à l'œil qui fût au-dessus de la nature, si ce n'est par l'amour d'Esther, néanmoins on voyait de façon sensible que toutes les causes n'étaient qu'au-dessus de la nature, seulement qu'elles s'enchaînèrent et vinrent se revêtir par la voie de la nature. Ainsi donc, ce n'est pas un occultement total ; et de la même manière aussi, le dévoilement de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, à Pourim illumine sur chacun d'Israël l'aspect de "car Tu es notre père", etc.
On comprendra encore une analogie à tout cela de ce qui est écrit dans la paracha Chela'h (à la fin du discours "Et ce sera pour vous en tsitsit"), que l'Ari z"l a écrit que la sainteté du talit a une supériorité très grande sur la sainteté du tsitsit, qui ne sont que des fils attirés du talit ; seulement, à cause de la grandeur de la supériorité de sa sainteté, elle ne peut se revêtir dans le talit matériel réellement comme dans le tsitsit, et c'est pourquoi il n'y a dans le talit matériel aucune sainteté du tout, et il est permis de s'en servir pour des choses profanes, ce qui n'est pas le cas du tsitsit.
וכך עד"ז האור הנמשך בפורים גדלה מעלתו במאוד מאד על האור שמאיר ביו"ט ולכן שמחת פורי' גדלה במאד משמחת יו"ט כנ"ל רק שמפני גודל האור בבחי' א"ס ממש אינו יכול להאיר בגלוי כמו האור המאיר ביו"ט ולפיכך אין איסור בעשיית מלאכה בפורים משא"כ ביו"ט.
Et de la même manière, la lumière attirée à Pourim a une supériorité très grande sur la lumière qui illumine à Yom Tov ; et c'est pourquoi la joie de Pourim est très grande par rapport à la joie de Yom Tov, comme mentionné plus haut ; seulement, à cause de la grandeur de la lumière dans l'aspect de l'Ein Sof réellement, elle ne peut illuminer dans le dévoilement comme la lumière qui illumine à Yom Tov, et c'est pourquoi il n'y a pas d'interdiction de faire un travail à Pourim, ce qui n'est pas le cas à Yom Tov.
ומרדכי דגזר בעשי' מלאכה בפורים רצה שיהי' ב' המעלות בפורים שהאור הגדול הזה יאיר ג"כ בגילוי ע"ד שהאור שביו"ט מאיר בגלוי וכמו בחי' יוה"כ שהוא בחד דרגא עם פורים שמאיר בו ג"כ בבחי' האור הגדול הזה וזהו ענין הגורל במקדש כו' ששם אין עונות מבדילין וזדונות נעשו כזכיות ונק' שבת שבתון שהוא למעלה מבחי' שבת כמ"ש במ"א (בד"ה האזינו השמים) והרי האור מאיר בגלוי שלכן יוהכ"פ אסור בעשיי' מלאכה יותר מיו"ט לכן עד"ז רצה מרדכי שיהיה בפורים ג"כ מאיר בחי' זו בגלוי. ולכן רצה לגזור בעשיית מלאכה.
ולא קבלו עלייהו כי ביוה"כ שהוא דאורייתא מי מונע ומי מעכב וג"ז הוא ע"י קדימת עשי"ת וממעמקים קראתיך כו' ויום אסו' באכילה ושתיה כו' אבל בפורי' אין לנו כח להמשיך בחי' זו בגלוי ממש.
Et Mordekhaï, qui décréta au sujet du travail à Pourim, voulut qu'il y eût les deux supériorités à Pourim : que cette grande lumière illumine aussi dans le dévoilement, à la manière dont la lumière de Yom Tov illumine dans le dévoilement, et comme l'aspect de Yom Kippour, qui est dans un même degré avec Pourim, en ce qu'illumine en lui aussi cet aspect de cette grande lumière ; et c'est là le sujet du sort dans le Sanctuaire, etc., où les fautes ne séparent pas, et les fautes volontaires deviennent comme des mérites, et il est appelé Chabbat Chabbaton, qui est au-dessus de l'aspect de Chabbat, comme il est écrit ailleurs (au discours "Prêtez l'oreille, cieux"). Or la lumière illumine dans le dévoilement, c'est pourquoi Yom Kippour est interdit quant au travail plus que Yom Tov ; c'est pourquoi, de la même manière, Mordekhaï voulut qu'à Pourim aussi cet aspect illumine dans le dévoilement.
Et c'est pourquoi il voulut décréter au sujet du travail. Et ils ne l'acceptèrent pas sur eux, car à Yom Kippour, qui est de la Torah, qui empêche et qui retient ?
Et cela aussi est par la précédence des Dix Jours de Techouva, et "des profondeurs je T'ai appelé", etc. (Psaumes 130, 1), et un jour interdit pour le manger et le boire, etc. ; mais à Pourim nous n'avons pas la force d'attirer cet aspect dans le dévoilement véritable.
ועוד מפני שהענין היה בימי הגלות שזה גורם בחי' ההתלבשות כו' שאותותינו לא ראינו וכמו שגם הנס נתלבש כו' כנ"ל. והגם דלעיל נת' דמצד עצם האור שבפורים אין שייך איסו' עשיית מלאכה משום שהוא מבחי' שלמעלה מגדר התחלקות מדרגות מעלה ומטה את"ל דפורים ויוה"כ חד דרגא אינון ויוה"כ אסור במלאכה עכצ"ל דמצד האור כמו שהוא למעלה הוא כך אבל כשנמשך להאיר בגלוי באבי"ע ודאי לא כמו שמאיר באצי' כך מאיר בבריאה כו' וא"כ מצד התגלותו בעולמות שייך ענין שבתון שהיא עליית המדרגות כו'.
וזהו איסור המלאכה ביוה"כ. ומרדכי גזר גם בפורים ולא קבלו עלייהו משום שבפורים אין מאיר למטה בהתגלות מעולם הבריאה כמו ביו"ט כ"א ע"י התלבשות כו' כנ"ל.
Et encore, parce que le sujet était aux jours de l'exil, ce qui cause l'aspect du revêtement etc., "nos signes, nous ne les avons pas vus" (Psaumes 74, 9), et de même que le miracle aussi s'est revêtu etc., comme expliqué plus haut. Et bien qu'il ait été expliqué plus haut que, du côté de l'essence de la lumière qui est dans Pourim, il n'y a pas lieu à l'interdiction de faire un travail, parce qu'elle est d'un aspect qui est au-dessus de la limite de la division des degrés de haut et de bas - si l'on veut dire que Pourim et Yom Kippour sont un seul degré, et que Yom Kippour est interdit dans le travail, il faut nécessairement dire que, du côté de la lumière telle qu'elle est en haut, il en est ainsi ; mais lorsqu'elle est attirée pour éclairer en révélation dans Atsilout, Beria, Yetsira, Assiya, assurément ce n'est pas comme elle éclaire dans Atsilout qu'elle éclaire dans Beria etc.
Et s'il en est ainsi, du côté de sa révélation dans les mondes, il y a lieu au sujet de chabbaton, qui est l'élévation des degrés etc. Et c'est là l'interdiction du travail à Yom Kippour.
Et Mordekhaï a décrété aussi à Pourim, et ils ne l'ont pas accepté sur eux, parce qu'à Pourim elle n'éclaire pas en bas en révélation depuis le monde de Beria comme à Yom Tov, si ce n'est par le moyen du revêtement etc., comme expliqué plus haut.
והנה בכ"ז יובן הטעם שלא נזכ' שם הוי"ה במגלה ולא שאר שמות של הקב"ה והענין הוא ע"ד המשל המבוא' בזהר ס"פ בחקתי גבי לכלתם כתי' כמשל החתן שהולך ללון לבורסקי בשביל הכלה כו' ע"ש כן מל' דאצי' נשפלת למטה מאד בעולמות תחתוני' ומתלבשת בק"נ ולמטה יותר וכמארז"ל גלו לבבל שכינה עמהם.
Et voici, par tout cela on comprendra la raison pour laquelle le nom ה' n'est pas mentionné dans la Meguila, ni les autres noms du Saint, béni soit-Il. Et le sujet est à la manière de la parabole rapportée dans le Zohar, à la fin de la paracha Be'houkotaï, au sujet de "pour les anéantir (lekhalotam)" (Lévitique 26, 44) [que le Zohar lit kallatam, leur fiancée], il est écrit : comme la parabole du fiancé qui va loger chez le tanneur pour la fiancée etc., vois là-bas.
Ainsi malkhout d'Atsilout est abaissée très bas dans les mondes inférieurs et se revêt dans kelipat noga et plus bas encore, et comme ont dit nos Sages, de mémoire bénie : "Ils ont été exilés à Babylone, la Chekhina est avec eux" (Meguila 29a).
ועכ"ז החתן העליון בחי' חסד שלמעלה נמשך ויורד לשם וא"כ אדרבה אז נראה ונפלאה האהבה יותר ועד"ז הוא ג"כ התלבשות הנס בלבוש הטבע כו' שהוא מעוצם האהבה הולך ג"כ להתלבש בבית הבורסקי שהוא לבוש הטבע כו' וע"כ לא נזכר שם הוי"ה במגלה מפני שאז הי' הכלה הכלולה בתכלית השפלות שמסתתרת כו'. ע"כ מוכרח להיות גלוי החסד שלמעלה ג"כ בבחינת התלבשות לירד לשם אל המקום אשר הם ולכן לא נז' השמות שהוא בחי' הגלוי שבלי לבוש כו'.
אך כמו שבהמשל הנה ירידה זו הוא מורה על עוצם האהבה כמ"ש בזהר שם. כמו"כ האור המלובש במגלה זו הוא למעלה מבחי' שמות.
Et malgré cela, le fiancé d'en haut, aspect de 'hessed d'en haut, est attiré et descend là. Et s'il en est ainsi, au contraire, alors l'amour apparaît et est plus merveilleux.
Et de cette manière est aussi le revêtement du miracle dans le vêtement de la nature etc., car c'est de par l'intensité de l'amour qu'il va aussi se revêtir dans la maison du tanneur, qui est le vêtement de la nature etc. Et c'est pourquoi le nom ה' n'est pas mentionné dans la Meguila, parce qu'alors la fiancée incluse était dans l'extrême de l'abaissement, qui se cache etc.
C'est pourquoi il est nécessaire que la révélation du 'hessed d'en haut soit aussi dans l'aspect du revêtement, pour descendre là, vers le lieu où ils sont ; et c'est pourquoi les noms ne sont pas mentionnés, ce qui est l'aspect de la révélation sans vêtement etc. Mais de même que dans la parabole, voici que cette descente indique l'intensité de l'amour, comme il est écrit dans le Zohar là-bas.
De même, la lumière revêtue dans cette Meguila est au-dessus de l'aspect des noms.
ותדע שהרי ארז"ל שהנביאים עתידים להבטל לע"ל ומגלת אסתר לא תבטל אע"פ שאין בה שם ובנביאים יש שמות הרבה אלא הענין כי השם שהוא גלוי הארה שבסדר ההשתלשלות יו"ד חכ' ה' בינה כו' הוא רק כטפה מהים לגבי עצמיות אוא"ס ב"ה וכמו שם האדם שאין זה עצמיותו. אבל בפורים ע"י המס"נ הגיעו לעצמות א"ס ב"ה שלמעלה מבחי' שם הוי"ה ועמש"ל בד"ה ובבואה לפני המלך בענין א"ת שמות אלא שמות כו' ע"ש א"כ האור המלובש במגלה זו היא למעלה מבחי' השמות אלא שמ"מ ההתלבשות בהמגלה הוא ע"י לבושי' שלמט' מבחי' השמות בסיפור המעשה דמרדכי ואסתר ואחשורוש והמן ושתי.
אסתר הוא בחי' מל' דאצי' כשמסתתרת בראש הבריאה ושבע נערותיה הראויות לתת לה מבית המלך הן ז' היכלות דבריאה. מרדכי הוא בחי' יסוד אבא.
וענין קריאת המגלה הוא כמו קורא בתורה שקורא וממשיך גלוי האור:
Et sache-le, car nos Sages, de mémoire bénie, ont dit que les prophètes sont destinés à être annulés dans les temps à venir, et que la Meguila d'Esther ne sera pas annulée, bien qu'il n'y ait pas en elle de nom, alors que dans les prophètes il y a beaucoup de noms (Yerouchalmi Meguila 1, 5). Mais le sujet est que le nom, qui est la révélation d'une illumination dans l'ordre de l'enchaînement - youd, 'hokhma, hé, bina etc. - n'est que comme une goutte de la mer par rapport à l'essence de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, et comme le nom de l'homme, qui n'est pas son essence.
Mais à Pourim, par la messirout nefech, ils sont parvenus à l'essence de l'Ein Sof, béni soit-Il, qui est au-dessus de l'aspect du nom ה'. Et voir ce qui a été expliqué plus haut au discours "Et lorsqu'elle vint devant le roi", au sujet de "ne lis pas chamot (désolations) mais chemot (noms)" (Berakhot 7b, sur Psaumes 46, 9), etc., vois là-bas.
S'il en est ainsi, la lumière revêtue dans cette Meguila est au-dessus de l'aspect des noms ; seulement, néanmoins, le revêtement dans la Meguila se fait par des vêtements qui sont en dessous de l'aspect des noms, dans le récit des faits de Mordekhaï, d'Esther, d'A'hachvéroch, de Haman et de Vachti. Esther est l'aspect de malkhout d'Atsilout lorsqu'elle se cache à la tête de Beria, et ses sept jeunes filles dignes de lui être données de la maison du roi (Esther 2, 9) sont les sept palais de Beria.
Mordekhaï est l'aspect de yessod d'Abba. Et le sujet de la lecture de la Meguila est comme celui qui lit dans la Torah, qui lit et attire la révélation de la lumière.