À partir du verset indiquant que les Juifs reçurent ce qu'ils avaient commencé à faire, l'Admour Hazaken identifie ce commencement au Sinaï et interroge sa supériorité sur la pratique d'Avraham. Le patriarche s'annule devant la lumière infinie de D.ieu par la racine exceptionnelle de son âme. Pour transmettre cet état, la Torah instaure les mitsvot comme des réceptacles matériels capables de capter la lumière divine. Le vêtement et le cheval royaux illustrent l'union nécessaire entre l'accomplissement concret et l'effacement de soi (bitoul). Si le Sinaï amorce ce processus, les Juifs l'achèvent sous Haman, attirant la plénitude divine par leur don de soi (messirout nefech).
Aussi : la différence entre les noms divins et l'essence de D.ieu ; la soumission des forces de l'autre côté (sitra a'hra) par la méditation ; la distinction entre la bénédiction et la reconnaissance.
וקבל היהודים את אשר החלו לעשות. פי' החלו במתן תורה שאמרו נעשה ונשמע ואז היתה עדיין נקרא' בשם התחלה.
אבל בימי המן וקבל היהודים וגו'. קבלה גמורה.
ולהבין זה צריך להבין ענין מתן תורה שניתנה לישראל. והלא אברהם אבינו ע"ה קיים את כל התורה עד שלא ניתנה ומה זו מעלת נתינתה:
"Et les Juifs reçurent ce qu'ils avaient commencé à faire" (Esther 9, 23). L'explication : ils commencèrent au don de la Torah, lorsqu'ils dirent "nous ferons et nous entendrons" (Exode 24, 7), et alors cela était encore appelé du nom de commencement.
Mais aux jours de Haman : "et les Juifs reçurent, etc.", une réception complète. Et pour comprendre cela, il faut comprendre le sujet du don de la Torah qui fut donnée à Israël.
Or Avraham notre père, que la paix soit sur lui, observa toute la Torah avant qu'elle ne fût donnée, et quelle est donc cette supériorité de son don ?
אך הנה מעלת אברהם אבינו ע"ה שהיה הלוך ונסוע. דהיינו שהיה בבחי' רצוא ושוב בשביל שהיתה מדתו מדת האהבה בבחינת בטול אליו ית' כי אברהם אבר מ"ה כו'.
ובטול זה הוא ע"י ההתבוננות כמ"ש יהללו את שם ה' כו' בחינת שם בלבד שאינו מערך עצמותו ומהותו כו'. כי הוא דהיינו עצמותו ומהותו ית' צוה ונבראו שלא שייך עליו ית' לומר שברא את העולמות כנ"ל.
כי לשון ברא משמע שיש כח הפועל בנפעל ולא שייך זה אלא בשמותיו ית' כמ"ש בראשית ברא אלהים הוא שמותיו של הקב"ה. אבל עצמותו ומהותו כביכול הוא רק כאלו צוה ונבראו ממילא שאין להם ערך ויחוס כלל אליו ית' כי נשגב שמו לבדו.
פי' אפילו בחינת נשגב. דהיינו בחי' סובב כל עלמין אינו אלא בחינת שמו לבדו.
Mais voici la supériorité d'Avraham notre père, que la paix soit sur lui, qui était "allant et voyageant" (Genèse 12, 9). C'est-à-dire qu'il était dans l'aspect de ratso vachov, parce que sa mida était la mida de l'amour dans l'aspect du bitoul (effacement de soi) envers Lui, béni soit-Il, car Avraham, c'est "ever mah" (membre de mah), etc.
Et ce bitoul se fait par la méditation, comme il est écrit : "Ils loueront le nom de ה'" etc. (Psaumes 148, 5), aspect du nom seulement, qui n'est pas à la mesure de Son essence et de Son être, etc.
Car "Lui", c'est-à-dire Son essence et Son être, béni soit-Il, "a commandé et ils furent créés", en sorte qu'il ne convient pas de dire de Lui, béni soit-Il, qu'Il a créé les mondes, comme ci-dessus. Car l'expression "créa" signifie qu'il y a la force de l'agent dans le patient, et cela ne convient que dans Ses noms, béni soit-Il, comme il est écrit : "Au commencement Elokim créa" (Genèse 1, 1) : ce sont les noms du Saint, béni soit-Il.
Mais Son essence et Son être, pour ainsi dire, ce n'est que comme s'Il avait commandé et qu'ils furent créés d'eux-mêmes, de sorte qu'ils n'ont aucune mesure ni relation du tout envers Lui, béni soit-Il, car "sublime est Son Nom seul" (Psaumes 148, 13). L'explication : même l'aspect de sublime, c'est-à-dire l'aspect de sovev kol almin (qui entoure tous les mondes), n'est que l'aspect de Son Nom seul.
ואי לזאת תתבטל אליו ית' הנפש בבחי' בטול באור א"ס ב"ה ממש שאין כח בנפש להכיל את אור האהבה זו כי אם בבחי' רצוא ושוב וזו היתה מעלת ומדרגת אברהם הלוך ונסוע. אך לעתיד לבא כתיב כי עין בעין יראו לפי שאז נאמר בבכי יבאו שהבכיה היא מחמת קבלת השמחה הגדולה ורוב התענוג המתגלה למעלה מעלה מאשר תוכל הנפש שאת שלכן הוא בוכה ומוריד דמעות לפי שאין מעצור בבחי' כלי וגבול כנודע:
Et c'est pourquoi l'âme s'efface envers Lui, béni soit-Il, dans l'aspect du bitoul dans l'Or Ein Sof (lumière infinie), béni soit-Il, véritablement, car il n'y a pas de force dans l'âme pour contenir cette lumière de l'amour, si ce n'est dans l'aspect de ratso vachov, et ce fut la supériorité et le degré d'Avraham qui allait et voyageait. Mais dans les temps à venir il est écrit : "car œil à œil ils verront" (Isaïe 52, 8), parce qu'alors il est dit : "en pleurant ils viendront" (Jérémie 31, 9), car les pleurs viennent de la réception de la grande joie et de l'abondance du délice qui se dévoile bien au-dessus de ce que l'âme peut porter ; c'est pourquoi il pleure et verse des larmes, parce qu'il n'y a pas de retenue dans l'aspect de keli et de limite, comme on le sait.
והנה מעלת אברהם היתה גדולה מאד מצד שרש נשמתו ולא כל האדם זוכה לזה. לכך נתנה התורה רמ"ח מ"ע ושס"ה לא תעשה שהן הן בחי' רצוא ושוב.
רצוא במצות עשה. ושוב במצות לא תעשה.
כי המצות הן כלים לאור א"ס ב"ה המלובש בהם.
Et voici, la supériorité d'Avraham était très grande du côté de la racine de son âme, et tout homme ne mérite pas cela. C'est pourquoi fut donnée la Torah : 248 mitsvot positives et 365 négatives, qui sont précisément l'aspect de ratso vachov.
Ratso dans les mitsvot positives, et chov dans les mitsvot négatives. Car les mitsvot sont des kelim pour l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est revêtu en elles.
וכמו שכתוב וירד ה' על הר סיני. כי רמ"ח פקודים הם רמ"ח אברים דמלכא.
כמו האבר שהוא כלי שבו מלובש החיות מן המוח כך המצות הם כלים ואברים להחיות הנמשך מן החכמה דאורייתא מחכמה נפקת שבה מלובש אור א"ס ב"ה ממש וע"י זה יהיה גילוי אור א"ס ב"ה ממש בנפש האדם.
Et comme il est écrit : "Et ה' descendit sur le mont Sinaï" (Exode 19, 20). Car "les 248 préceptes sont les 248 membres du Roi" (Tikouné Zohar 30).
De même que le membre est un keli dans lequel est revêtue la vitalité provenant du cerveau, ainsi les mitsvot sont des kelim et des membres pour la vitalité qui est attirée depuis la 'hokhma, car "la Torah est issue de la 'hokhma" (Zohar II, 121a), en laquelle est revêtu l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, et par cela il y aura un dévoilement de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, dans l'âme de l'homme.
וזהו ענין נעשה ונשמע. נעשה היא בחי' כלי בעשיית המצות בפועל ממש.
ונשמע מלשון וישמע שאול לשון אסיפה שיתאסף ויתקבץ לתוכן המשכות מאור א"ס ב"ה. כי המשכת אור א"ס ב"ה בתורה ומצות תלוי במעשה המצות וקיומן בפועל ממש כי אין אור בלי כלי כנודע מענין יסוד האש ע"ד משל שהוא הגבה למעלה מכל הד' יסודות תחת גלגל הירח ואעפ"כ אינו מאיר בלילה לפי שהאור הבא ממנו אינו מאיר אלא א"כ יש דבר למטה שנאחז בו ודולק כמו פתילה ועצי' ואחר שכלו ונשרפו העצי' והפתילה מסתלק והיה כלא היה ואינו עולה בשם אור כלל.
וזהו ולא עם הארץ חסיד. חסיד הוא בעל מדות האהבה והיא היא בחי' אור (כי ב' פעמים אור בגימטריא ואהבת) ואי אפשר להיות גילוי אור האהבה כי אם שיהיה בחי' כלי למטה שיתפעל בו.
ובחינת כלי זו הוא ע"י תורה ומצות. משא"כ עם הארץ.
וגם עיקר הגורם להמשכ' אוא"ס ב"ה שיהי' מתלבש בתורה ומצות ולהיות אנת חכים ולא וכו'. הוא הוא עיקר התורה ועשיית המצות עצמן שבחי' הכלי קדמה לאור בשרשו ומקור חוצבו.
Et c'est le sujet de "nous ferons et nous entendrons". "Nous ferons", c'est l'aspect de keli dans l'accomplissement des mitsvot en acte véritable.
Et "nous entendrons" a le sens de "et Chaoul rassembla" (I Samuel 15, 4), le sens de rassemblement, afin que se rassemblent et se regroupent en elles les attractions depuis l'Or Ein Sof, béni soit-Il. Car l'attraction de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, dans la Torah et les mitsvot dépend de l'acte des mitsvot et de leur accomplissement en acte véritable, car il n'y a pas de lumière sans keli, comme on le sait du sujet de l'élément du feu, à titre de parabole, qui est élevé au-dessus de tous les quatre éléments, sous la sphère de la lune, et néanmoins il n'éclaire pas la nuit, parce que la lumière qui vient de lui n'éclaire que s'il y a une chose en bas qui s'y attache et brûle, comme une mèche et des bois ; et après qu'ils ont été consumés et que les bois et la mèche ont brûlé, elle se retire et c'est comme si elle n'avait pas été, et elle ne mérite pas du tout le nom de lumière.
Et c'est : "et un am haarets n'est pas un 'hassid" (Avot 2, 5). Un 'hassid est maître des middot de l'amour, et c'est précisément l'aspect de lumière (car deux fois or en guématria égale veahavta), et il est impossible qu'il y ait un dévoilement de la lumière de l'amour si ce n'est qu'il y ait un aspect de keli en bas dans lequel elle agisse.
Et cet aspect de keli est par la Torah et les mitsvot. Il n'en va pas de même d'un am haarets.
Et aussi, la cause principale de l'attraction de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, pour qu'il se revête dans la Torah et les mitsvot, et pour être "C'est Toi qui es sage, mais non d'une sagesse connue" etc. (Pata'h Eliyahou), c'est précisément l'essentiel de la Torah et de l'accomplissement des mitsvot elles-mêmes, car l'aspect du keli précède la lumière dans sa racine et la source d'où elle est taillée.
וכמ"ש במ"א על פסוק ואלה המלכים אשר מלכו בארץ אדום לפני מלך מלך וגו'. וכנודע ששרש וחיות המאכל שמדומם צומח חי הוא הגבה למעלה מחיות ונפש החיונית של האדם שלכן המאכל מחיה את האדם ומשיב את נפשו כו'.
Et comme il est expliqué ailleurs sur le verset : "Et voici les rois qui régnèrent dans le pays d'Édom, avant qu'un roi ne régnât" etc. (Genèse 36, 31).
Et comme on le sait, la racine et la vitalité de la nourriture, qui est du minéral, du végétal et de l'animal, sont élevées au-dessus de la vitalité et de l'âme vitale de l'homme ; c'est pourquoi la nourriture vivifie l'homme et restaure son âme, etc.
ולכן עיקר המשכת אור א"ס ב"ה תלוי בבחי' כלי שע"י מעשה המצות וקיומן בפועל ממש שעושין בחי' כלי מזה נמשך האור ומתלבש בהם. וזהו ג"כ ענין ולא עם הארץ חסיד שאי אפשר להיות המשכת אור האהבה מלמעלה כי אם ע"י כלים שהם התורה ומצות.
Et c'est pourquoi l'essentiel de l'attraction de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, dépend de l'aspect de keli : par l'acte des mitsvot et leur accomplissement en acte véritable, qui font un aspect de keli, de là la lumière est attirée et se revêt en elles. Et c'est aussi le sujet de "et un am haarets n'est pas un 'hassid", qu'il est impossible qu'il y ait une attraction de la lumière de l'amour d'en haut si ce n'est par des kelim, qui sont la Torah et les mitsvot.
ובזה יובן שלפעמים מצינו שנחשב מעלת אברהם גדולה שקיים את כל התורה. וכמ"ש וישמר משמרתי וגו'.
ולפעמים מצינו שנחשב לו לגרעון שלא זכה לתורה. דשניהם אמת כי מצד שרש נשמתו היה הגבה למעלה עד שהיתה נשמתו מרכבה ובחי' כלי לאור התורה ואור א"ס ב"ה הנמשך ומתלבש בתורה.
כי אברהם אבר מ"ה אבר וכלי. אבל כל המצות עצמן שהם מדרגות עליונות יותר מלפני מלך וגו' עדיין לא ניתנו בימי אברהם:
Et par là on comprendra que parfois nous trouvons que la supériorité d'Avraham est considérée comme grande, en ce qu'il a accompli toute la Torah, comme il est écrit : "et il a gardé Ma garde" etc. (Genèse 26, 5).
Et parfois nous trouvons que cela lui est compté comme une déficience, de n'avoir pas mérité la Torah. Car les deux sont vrais : du côté de la racine de son âme, il était élevé en haut, au point que son âme était une merkava et un aspect de keli pour la lumière de la Torah et l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui est attiré et se revêt dans la Torah.
Car Avraham, c'est ever mah : un membre et un keli. Mais toutes les mitsvot elles-mêmes, qui sont des degrés plus élevés, d'"avant qu'un roi ne régnât" etc., n'avaient pas encore été données aux jours d'Avraham.
אך על ענין המשכה זו נאמר יביאו לבוש מלכות. וסוס אשר רכב עליו המלך והלבישו את האיש וגו'.
והענין כי הנה לבוש מלכות היינו בחי' תורה ומצות כמ"ש עוטה אור כשלמה ואין אור אלא תורה דאורייתא מחכמה נפקת והוא בחינת לבוש לאור א"ס ב"ה המתלבש בתוכה אנת הוא חכים וכו' והמצות נקראין לבושין שבהם מלובש חסד דרועא ימינא כו' והמשכת בחי' לבוש זה שיהיה התלבשות אור א"ס ב"ה בתורה ומצות במעשה המצות וקיומן בפועל ממש הוא ע"י בחי' סוס וכמ"ש גבי מתן תורה כי תרכב על סוסיך מרכבותיך ישועה.
Mais au sujet de cette attraction il est dit : "qu'on apporte un vêtement royal, et le cheval sur lequel le roi est monté, et qu'on revête l'homme" etc. (Esther 6, 8-9).
Et le sujet : voici, le vêtement royal, c'est l'aspect de la Torah et des mitsvot, comme il est écrit : "Il s'enveloppe de lumière comme d'un manteau" (Psaumes 104, 2), et il n'est de lumière que la Torah, car "la Torah est issue de la 'hokhma" (Zohar II, 121a), et elle est un aspect de vêtement pour l'Or Ein Sof, béni soit-Il, qui se revêt en elle : "C'est Toi qui es sage" etc. Et les mitsvot sont appelées vêtements, en lesquels est revêtu "'hessed, le bras droit" etc.
(Pata'h Eliyahou) Et l'attraction de cet aspect de vêtement, pour qu'il y ait revêtement de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, dans la Torah et les mitsvot, par l'acte des mitsvot et leur accomplissement en acte véritable, se fait par l'aspect du cheval, comme il est écrit au sujet du don de la Torah : "car Tu chevaucheras Tes chevaux, Tes chars sont le salut" (Habacuc 3, 8).
וביאור ענין זה כי הנה סוס הוא בגימטריא ב"פ ג"ס והיינו בחי' כי גאה גאה דהיינו להיות ע"י זה בבחינת בטול אליו ית' כי מצות צריכות כוונה דהיינו רעותא דלבא אם ישים אליו לבו כו' שאין אור א"ס ב"ה שורה אלא במי שבטל אליו כו':
Et l'explication de ce sujet : voici, le mot sous (cheval) a pour guématria deux fois Sag (63), c'est-à-dire l'aspect de "car Il s'est souverainement élevé (gao gaa)" (Exode 15, 1), c'est-à-dire être par cela dans l'aspect du bitoul envers Lui, béni soit-Il. Car les mitsvot ont besoin d'intention, c'est-à-dire la volonté du cœur, "s'il met son cœur vers Lui" etc.
(Job 34, 14), car l'Or Ein Sof, béni soit-Il, ne réside que sur celui qui est en bitoul envers Lui, etc.
והנה ענין הסוס הוא שמוליך הסוס לרוכבו למקום שאין יכול להגיע לשם מצד עצמו. ויש בזה ב' בחינות שמעלהו הרים גדולים ומורידו בקעות גדולות כך הנה יש בבחי' בטול זה ב' בחינות ממטה למעלה למקום שאין יניקה ואחיזה לסטרא אחרא עלמא דחירות גיאה על גיותניא שלא ניתן להם שפע וחיות אם תגביה כנשר וגו'.
Et voici, le sujet du cheval est que le cheval conduit son cavalier vers un lieu où il ne peut arriver de par lui-même. Et il y a en cela deux aspects : il le fait monter sur de grandes montagnes et le fait descendre dans de grandes vallées.
Ainsi, il y a dans cet aspect de bitoul deux aspects, de bas en haut, vers un lieu où il n'y a pas de nourriture ni de prise pour le sitra a'hra (l'autre côté), le monde de la liberté, élevé au-dessus des orgueilleux, à qui il n'a pas été donné influx et vitalité : "quand tu t'élèverais comme l'aigle" etc. (Abdias 1, 4).
וזהו שכתוב סוס ורוכבו רמה בים. רמה לשון רוממות ולשון השלכה ושניהם אמת כי מחמת רוממות נעשה בחי' השלכה כו' וממעלה למטה להיות נמשך גילוי בחי' בטול זה למטה דאתהפכא סטרא אחרא ואתכפייא כו' כי א"א להיות התהפכות המדות ע"י המדות דקדושה עצמן מאחר שהם זה לעומת זה.
Et c'est ce qui est écrit : "Le cheval et son cavalier, Il a précipité dans la mer" (Exode 15, 1). Rama a le sens d'élévation et le sens de jet, et les deux sont vrais, car c'est à cause de l'élévation qu'il se fait un aspect de jet, etc., et de haut en bas, afin que soit attiré le dévoilement de cet aspect de bitoul en bas, d'ithapkha (le sitra a'hra transformé) et d'itkafia (soumis), etc., car il est impossible qu'il y ait le renversement des middot par les middot de sainteté elles-mêmes, puisqu'elles sont ceci en face de cela.
וכמאמר לא כאברהם שיצא ממנו ישמעאל אלא עד יערה עליו רוח ממרום בחי' בטול באור א"ס ב"ה. וזהו מרומז בדברי רז"ל תבא אמו ותקנח את בנה כו' וכמ"ש אם רחץ ה' אל תקרא אם אלא אם כו' אם הבנים היינו אם ומקור המדות היא בחי' התבוננות באור א"ס ב"ה ממש בבחי' בטול ושם מתהפכין כל המדות מהפך להפך לפי שהיא בחי' מקיף כמו ע"ד משל מחשבה שמקפת וסובלת ב' דברים הפכיים ואין שם שליטת בחי' זה לעומת זה:
Et selon la parole : "non comme Avraham, de qui est sorti Yichmaël" (Sifré Devarim 312), mais "jusqu'à ce qu'un esprit d'en haut soit répandu sur lui" (Isaïe 32, 15), aspect de bitoul dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il. Et c'est ce à quoi font allusion les paroles de nos Sages, de mémoire bénie : "que vienne sa mère et qu'elle essuie son fils", etc.
(Bamidbar Rabba 19, 8) Et comme il est écrit : "si ה' a lavé" (Isaïe 4, 4), ne lis pas im mais em (mère), etc. "La mère des enfants" (Psaumes 113, 9), c'est-à-dire la mère et la source des middot, c'est l'aspect de la méditation dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement, dans l'aspect de bitoul, et là toutes les middot se renversent d'un contraire à l'autre, parce qu'elle est un aspect de makif, comme par exemple la pensée qui entoure et supporte deux choses contraires, et là il n'y a pas de domination de l'aspect de ceci en face de cela.
וזהו כי תרכב על סוסיך מרכבותיך ישועה. שנמשך בחינת ישועה להושיע משופטי נפשו ולאהפכא כו'.
ועי"ז נותנין הלבוש והסוס על יד איש משרי המלך הפרתמים הוא מיכאל כהנא רבא ענף החסד שהוא המלביש את הנשמה בג"ע כו'. וקרא לפניו ככה יעשה וגו'.
יובן ע"פ מארז"ל עתידים צדיקים שיאמרו לפניהם קדוש כו'. כי הנה קדוש הוא ענין המשכת קודש העליון בוי"ו המורה על המשכה.
ולעתיד לבא תהיינה כל המשכות ממטה למעלה שעיקר הגלוי יהיה למטה. ומלאכי מעלה יקבלו הארה ממטה כו'.
Et c'est : "car Tu chevaucheras Tes chevaux, Tes chars sont le salut" (Habacuc 3, 8). C'est-à-dire qu'est attiré l'aspect de salut, "pour sauver des juges de son âme" (Psaumes 109, 31), et pour transformer, etc.
Et par cela l'on donne le vêtement et le cheval "par la main d'un homme d'entre les princes du roi, les partemim" (Esther 6, 9) : c'est Mikhaël, le grand cohen, la branche du 'hessed, qui revêt l'âme dans le Gan Eden, etc. "Et l'on criera devant lui : Ainsi sera-t-il fait" etc.
(Esther 6, 9). On comprendra selon le dit de nos Sages, de mémoire bénie : "À l'avenir, on dira devant les tsadikim : Saint", etc.
(Bava Batra 75b). Car voici, kadoch (saint) est le sujet de l'attraction du kodech (sainteté) supérieur par le vav, qui indique l'attraction.
Et dans les temps à venir, toutes les attractions seront de bas en haut, car l'essentiel du dévoilement sera en bas. Et les anges d'en haut recevront une illumination d'en bas, etc.
והנה המשכת אור א"ס ב"ה בבחי' הנ"ל החלו במ"ת שאז היתה התחלת ההמשכה וכענין מעט מעט אגרשנו. אבל בימי המן וקבל היהודים קבלה גמורה בבת אחת כי יהודים נק' על שם בחי' הודיה.
כי יש ברכה והודיה. ברכה היא בחי' גלוי מעולם ועד עולם.
אבל הודאה אינו בחינת גלוי לפי שהיא בחינת הודאה באור א"ס ב"ה עצמו אשר אי אפשר לבא לידי גלוי ואינו נתפס בשום מחשבה רק בבחי' הודאה והיא בחי' בטול ממש וזכו אז ישראל למדרגת הבטול הגדול ע"י מסירת הנפש על קדוש השם שהרי אם רצו להמיר דתם לא היה המן עושה להם כלום שלא גזר אלא על היהודים אלא שהם מסרו עצמן למות כל השנה כולה ולא עלה להם מחשבת חוץ ח"ו וע"י בחינת מסירת נפש זכו לבחי' קבלה גמורה שנכנס ונמשך להם בחי' אוא"ס ב"ה ממש:
Et voici, l'attraction de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, dans l'aspect susdit, ils commencèrent au don de la Torah, car alors ce fut le commencement de l'attraction, et comme le sujet de "peu à peu Je le chasserai" (Exode 23, 30). Mais aux jours de Haman, "et les Juifs acceptèrent" (Esther 9, 27) : une réception complète d'un seul coup, car les yehoudim sont appelés du nom de l'aspect de hodaa (reconnaissance).
Car il y a berakha et hodaa. La berakha est l'aspect de dévoilement d'un monde jusqu'à un monde.
Mais la hodaa n'est pas un aspect de dévoilement, parce qu'elle est l'aspect de reconnaissance dans l'Or Ein Sof, béni soit-Il, Lui-même, lequel il est impossible d'amener au dévoilement, et il n'est saisi dans aucune pensée, seulement dans l'aspect de hodaa, et elle est l'aspect de bitoul véritablement. Et Israël méritèrent alors le degré du grand bitoul par le messirout nefech (don de soi) pour la sanctification du Nom, car s'ils avaient voulu changer de religion, Haman ne leur aurait rien fait, puisqu'il n'avait décrété que contre les Juifs ; mais eux se livrèrent eux-mêmes à la mort toute l'année entière, et il ne leur monta pas une pensée étrangère, à D.ieu ne plaise, et par l'aspect de messirout nefech ils méritèrent l'aspect de réception complète, qu'entra et fut attiré pour eux l'aspect de l'Or Ein Sof, béni soit-Il, véritablement.